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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 17:32
La Meslerie
La Meslerie

Visite du patrimoine sur Saint Julien de Concelles. pendant que les foules du canton s’enivrent de muscadet, de rocks et de twists des années 60, entre les vieilles voitures exposées et décapotées au soleil. J'ai choisi de redécouvrir la gentilhommière voisine de la commune.

Le propriétaire des lieux M. Guillaume Bonnet (assis à une table de jardin) nous accueille à l'entrée de l'allée du château où se trouve la dite chapelle entourée de prés ou paissent des moutons de Bretagne. Très vite on entre dans le vif du sujet avec un rapide rappel historique de la Seigneurie du Gué au Voyer et du château d'origine qui a brûlé avant la Révolution. Il ne reste donc rien sinon les écuries et la "Cour du Château".

C'est le Seigneur Damien de Champenier (ou Chandenier) fils aîné qui hérite du domaine et entreprend de construire sur ses terres une dépendance dite "la Meslerie". Ayant émigré à la Révolution, ce sont ses soeurs qui revendiquent en 1794 leur droits sur les terres (Inventaire de 1794 en atteste) Le domaine appartenait à une fille de la famille Colbert épouse Rochechouart Mortemart et donc Baronnesse du Gué au Voyer.

Une famille de bourgeois nantais les Saint Aignan rachètent le Gué au Voyer en 1719. Un violent ouragan ayant détruit la toiture de l'église de St Julien, c'est la Chapelle de la Meslerie qui servira de 1734-1739 pour les offices de la paroisse.

Lorsqu'on pénètre dans la chapelle, on découvre une charpente d'époque de 1701 qui devait être recouverte d'un plafond de bois. Le retable lavallois inscrit aupatrimoine comporte deux statues rapportées de St Antoine de Padoue et de St Marc (cf photos), un blason aux armes de la famille. Sur l'autel, (dont il existe un dessin de 1860), une console avec une tête d'ange.

Lorsque la famillle de Gérald et Reynald Van der Kemp (d'origine protestante) occupent le domaine au début du siècle, ils délaissent la chapelle qui n'est plus consacrée puisque n'ayant plus de reliques.

L'actuel propriétaire a rajouté un parquet "versailles", des boiseries du XVIIè, une croix de procession de 1760 et divers objets de la famille dont un curieux tableau représentant André Ripoche (marinier de son état au Loroux qui transportait le muscadet sur la Loire) lors de son arrestation à un calvaire du Bas Briacé en mars 1794. Il sera torturé , exécuté sur la route du Landreau par les bleus, attaché à la queue d'un cheval et trainé...devenant ainsi le martyr du bas Briacé.

L'évocation des liens de Mlle Bretonnière avec Gérald Van der Kemp élevé par Mme Bouyer dans les années 20 permet de resituer les deux gentilhommières face aux menues erreurs de Frank Ferrand sur les caves voutées du château et face à un destin historique tourmenté en période révolutionnaire.

Autel de la chapelle Saint Antoine et Saint Marc ; Arrestation d'André Ripoche en 1794  au Bas Briacé.
Autel de la chapelle Saint Antoine et Saint Marc ; Arrestation d'André Ripoche en 1794  au Bas Briacé.
Autel de la chapelle Saint Antoine et Saint Marc ; Arrestation d'André Ripoche en 1794  au Bas Briacé.

Autel de la chapelle Saint Antoine et Saint Marc ; Arrestation d'André Ripoche en 1794 au Bas Briacé.

Chapelle consacrée en 1701 - le manoir de la Meslerie (XVIIIème siècle). Il s'agit d'un démembrement du Gué-au-Voyer. Propriété successive des familles de Mercy, Castonnet et Guille des Buttes. Charles Guille des Buttes y est décédé en 1850. Le domaine, dont dépendait le manoir, est acheté avant la Révolution par le baron Chandenier, propriétaire de la seigneurie du Gué-au-Voyer ;
Chapelle consacrée en 1701 - le manoir de la Meslerie (XVIIIème siècle). Il s'agit d'un démembrement du Gué-au-Voyer. Propriété successive des familles de Mercy, Castonnet et Guille des Buttes. Charles Guille des Buttes y est décédé en 1850. Le domaine, dont dépendait le manoir, est acheté avant la Révolution par le baron Chandenier, propriétaire de la seigneurie du Gué-au-Voyer ;
Chapelle consacrée en 1701 - le manoir de la Meslerie (XVIIIème siècle). Il s'agit d'un démembrement du Gué-au-Voyer. Propriété successive des familles de Mercy, Castonnet et Guille des Buttes. Charles Guille des Buttes y est décédé en 1850. Le domaine, dont dépendait le manoir, est acheté avant la Révolution par le baron Chandenier, propriétaire de la seigneurie du Gué-au-Voyer ;
Chapelle consacrée en 1701 - le manoir de la Meslerie (XVIIIème siècle). Il s'agit d'un démembrement du Gué-au-Voyer. Propriété successive des familles de Mercy, Castonnet et Guille des Buttes. Charles Guille des Buttes y est décédé en 1850. Le domaine, dont dépendait le manoir, est acheté avant la Révolution par le baron Chandenier, propriétaire de la seigneurie du Gué-au-Voyer ;
Chapelle consacrée en 1701 - le manoir de la Meslerie (XVIIIème siècle). Il s'agit d'un démembrement du Gué-au-Voyer. Propriété successive des familles de Mercy, Castonnet et Guille des Buttes. Charles Guille des Buttes y est décédé en 1850. Le domaine, dont dépendait le manoir, est acheté avant la Révolution par le baron Chandenier, propriétaire de la seigneurie du Gué-au-Voyer ;

Chapelle consacrée en 1701 - le manoir de la Meslerie (XVIIIème siècle). Il s'agit d'un démembrement du Gué-au-Voyer. Propriété successive des familles de Mercy, Castonnet et Guille des Buttes. Charles Guille des Buttes y est décédé en 1850. Le domaine, dont dépendait le manoir, est acheté avant la Révolution par le baron Chandenier, propriétaire de la seigneurie du Gué-au-Voyer ;

Gentilhommière  de  LA  MESLERIE ,  à  Saint  Julien  de  Concelles .  Cette  gentilhommière,  typique du style de Seheult (début XIX), est un bel exemple de maison de campagne de  la  région  nantaise  dont  l'originalité  réside  dans  un  salon  circulaire,  débordant  sur  la  façade arrière. L’ensemble est inscrit MH

Gentilhommière de LA MESLERIE , à Saint Julien de Concelles . Cette gentilhommière, typique du style de Seheult (début XIX), est un bel exemple de maison de campagne de la région nantaise dont l'originalité réside dans un salon circulaire, débordant sur la façade arrière. L’ensemble est inscrit MH

14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 11:01
Paysage à Chailly (1865) Huile sur Toile 81x101cm, The Art Institute,Charles H.and Mary FS/Worcester Colection,Chicago
Paysage à Chailly (1865) Huile sur Toile 81x101cm, The Art Institute,Charles H.and Mary FS/Worcester Colection,Chicago

Avez-vous remarqué dans le square Planchon, en face du temple protestant et de la gare SNCF, un monument édifié par le sculpteur Baussan où un jeune homme offre une grappe de raisin à Planchon ? Ce jeune homme n'est autre que Frédéric Bazille né en 1841 au n°11, de la Grand'Rue, aujourd'hui rue Jean Moulin, d'une longue lignée d'artisans installée à Montpellier depuis au moins le XIIIe siècle. Cette vieille bourgeoisie, orfèvre et protestante, se convertira dans le négoce, la banque, l'agriculture après la Révolution française. Son père, Gaston Bazille, grand bourgeois libéral, d'abord avocat puis horticulteur, puis viticulteur, puis agronome, président de la Société agricole de l'Hérault, a découvert le phylloxéra avec Planchon. Ce qui explique l'édification de ce monument-symbole à la mémoire de Frédéric tué à la guerre de 1870, à l'âge de 29 ans !
Durant ses années de jeunesse, la vie culturelle et artistique montpelliéraine est animée. Courbet est reçu par le banquier Bruyas en 1856. Louis Tissié, banquier et peintre, est l'ami de Bruyas et le futur beau-père de son frère Marc. Louis Bazille, son cousin, est collectionneur de Delacroix. Auguste Fajon, censeur de la Banque de France, peintre du dimanche est un modèle et ami de Courbet auquel il recommandera Bazille à l'automne 1863. Esprit éclectique, Bazille, outre la peinture, est ouvert à tous les arts : danse, opéra, théâtre, musique — il joue du piano à quatre mains avec son ami Edmond Maître, immortalisé dans L'Atelier de la rue de la Condamine (1870). Tandis que roman et poésie l'amènent à côtoyer Coppée et Verlaine.
Son oeuvre se développe de 1863 à 1870. Elle est inclassable et complexe, trente de ses toiles sont en rapport avec Montpellier ou peintes à Montpellier, huit durant les années 1863 à 1866 et vingt-deux durant les années 1867 à 1870. En 1862, il " monte à Paris " et entre dans l'atelier de Gleyre, lequel donne un enseignement classique à ses élèves, mais sans aucune contrainte, en leur laissant une liberté totale. 11 y rencontre Monet, Sisley, Renoir... qui vont former le groupe " Les Intransigeants " que rejoindra Pissarro un peu plus âgé. Autant de jeunes peintres à la recherche d'expressions totalement nouvelles. Le sujet devient la vie quotidienne, la nature vivante, le feuillage frémissant. La lumière et la couleur qui changent constamment au soleil recouvrent un nouvel intérêt. La structure et le format se modifient en fonction de ces innovations qui vont caractériser le début de la modernité.
Pour tout jeune peintre du Second Empire, la réception au Salon qui se tient tous les deux ans est déterminante, en ce sens que, sous le feu des critiques, elle décide de sa réputation. Nous sommes au début des années soixante, au lendemain du scandale des Baigneuses (1853) de Gustave Courbet qui, après le refus de L'Enterrement à Ornans (1855) par le jury du Salon, organise une exposition de quarante tableaux dans son propre " Pavillon du Réalisme " qui va sonner la rupture entre l'art officiel et l'art indépendant. Devant le nombre excessif de 3000 tableaux refusés par le jury, sur les 5000 présentés, en 1863, Napoléon III autorise sous la pression, le Salon des Refusés. Ce qui aura pour conséquence immédiate de priver l'Académie d'une partie de ses pouvoirs et de son monopole et de signer par là même l'acte de naissance de l'art moderne. Le Déjeuner sur l'herbe d'Edouard Manet fait scandale. Et c'est au même " Pavillon du Réalisme " du même Courbet, que deux ans plus tard le même scandale éclatera avec Olympia du même Manet !

Paysage à Chailly (1865) Huile sur Toile 81x101cm, The Art Institute,Charles H.and Mary FS/Worcester Colection,Chicago

En compagnie de Monet, Renoir, Sisley, au printemps 1862, Bazille exécute ses premiers paysages à Chailly, en forêt de Fontainebleau — lieu où il posera pour le Déjeuner sur l'herbe et pour Les Promeneurs de Manet.
Le Paysage à Chailly expérimente une touche plus large et des couleurs plus riches appropriées à ces rochers et à ces masses de feuillage que la lumière vibrante traverse avec peine. Des formes amples semblent plutôt avancer vers le spectateur. Pas de personnage qui anime de façon anecdotique ou sentimentale les paysages de l'école de Barbizon, ni de sentier pour nous entraîner dans l'espace. La lumière découpe les choses, met en évidence des plans et des contours. Pas d'impressions visuelles, pas d'interprétation comme le font Monet, Sysley, Pissarro.
Plus tard, les sources d'inspiration de ses paysages, se feront en plein air dans le Midi, au domaine de Méric, de Lattes... Les Remparts d'Algues-Mortes (1867) ; Vendange (1868/69) ; Les bords du Lez (1870)...
Les ateliers
Bien évidemment, les Intransigeants travaillent aussi en atelier et toujours en commun. Début janvier 1865, Bazille partage avec Monet l'atelier de la rue de Furstenberg, au-dessus de l'ancien atelier de Delacroix ; puis, en 1866, il partage avec Renoir celui de la rue Visconti.
Souvent guidés par un souci d'économie, et faute de modèles dont la location est onéreuse, ils se prennent pour modèles respectifs. Pierre-Auguste Renoir (1867) de Bazille, répond au Bazille peignant à son chevalet de Renoir qui le représente en train de peindre son Héron. Portrait " collectif " qui témoigne des amitiés nouées entre les futurs impressionnistes et de l'intérêt partagé pour les mêmes sujets.
Dans l'Atelier de la rue de la Condamine (1870), Edmond Maître joue du piano. A l'autre bout de l'atelier, penché sur la rampe, Zola parle avec Renoir assis sur une table. Au premier plan à droite, le poêle rougi et au deuxième plan le fauteuil vert Voltaire de L'Atelier de Furstenberg.
Conversation aussi devant la toile que Bazille présente à Manet et à Monet. Et pour tenir tête à la sentence du jury, sur le mur gauche, le Pêcheur à l'épervier — refusé au salon de 1869 — et une toile de Renoir, face au spectateur, refusée au Salon de 1866.
La Vue de village (1868)
Nous avons vu que le rôle de la lumière jouant sur une figure moderne et la couleur qui change constamment au soleil revêtent pour ces jeunes artistes un intérêt grandissant. Ainsi, La Vue de village, (admise au salon de 1869), présentée côté terrasse du domaine de Méric, associe une figure humaine en plein air, un portrait inclus dans le paysage : celui de la fille du métayer de ses parents, jeune fille grave et un peu raide qui pose au premier plan, assise à contre-jour, au pied d'un pin parasol. Timide dans sa robe de fête blanche à fines rayures roses, soulignée d'une ample ceinture corail, elle pose, un ruban rouge éclatant dans les cheveux. Le noir est limité à ses yeux, à ses cheveux, à la fine écharpe de velours
autour du cou — clin d'oeil à l'Olympia de Manet ! Son regard est direct — rares sont les femmes de Bazille qui regardent droit dans les yeux. Dans ses mains un brin de glycine décline une tâche mauve.
Du visage au paysage, les plans sont étagés en hauteur et font apparaître un manque d'homogénéité entre la figure de premier plan et le paysage, qui est dû en partie à une déformation de la perspective, en plaçant la ligne d'horizon et l'eau du Lez trop haut. La rivière devrait se situer en contrebas moins visible. Il ramène le paysage en avancée par un étagement en hauteur des plans et l'abandon de la perspective aérienne (volontaire ?). A droite, la verticale ascendante du pin parasol stabilise et dynamise la composition.
Depuis le bois de Bel-Air du mas Méric, la vue sur le Lez, avec en arrière-plan le village de Castelnau coiffé du clocher roman de l'église Saint Jean-Baptiste, est inondée de lumière et de soleil. Une extraordinaire luminosité sur les pierres roses des maisons disséminée sur les ocres des toits accentue la rigueur architecturale... et préfigure peut-être
Cézanne ? La variété des verts de la végétation, la gamme des bleus du ciel et du Lez, expriment la recherche acharnée des impressionnistes. « Le grand Bazille » s'est exclamée Berthe Morisot, « a fait une chose que je trouve fort bien, il cherche ce que nous avons si souvent cherché, mettre une figure en plein air. Cette fois, il me paraît avoir réussi ! »
Bazille, à la différence de Monet, n'affirme pas de " palpitation " de l'instant visuel, comme ses Gares empanachées de vapeur, mais un intérêt manifeste pour la ligne qui reste solide, une lumière du midi jamais uniforme, des zones d'ombre et de clarté qui contribuent à la construction du tableau et suggèrent l'espace. Contrairement à Degas pour qui tout est affaire de mouvement, à Renoir et ses parties sous la tonnelle, ses canotages, ses bals populaires, il propose l'immobilité, l'harmonie et le silence dans une pose calme, non conventionnelle — exceptés le geste du petit jardinier, le mouvement du nageur et des lutteurs de Scène d'été.
La Toilette (1870)


Pour Bazille, tout a valeur de durée : intérêt pour la forme, l'attitude, le pli des étoffes de La Toilette (refusée au Salon en même temps que la Grenouillère de Monet). Tout ici est précision. Les mains sont vivantes, parlent, étonnent. La jeune Esther (ou Bethsabée ?), figure centrale, sort du bain, nue, de face, sur un divan recouvert d'une fourrure, nonchalante, abandonnée. Elle se laisse parer, une jambe encore couverte par une serviette de bain. une babouche abandonnée (nouveau peut clin a* wu, cette fois-ci aux Femmes d'Alger de Delacroix). Entourée de soins délicats et de gestes harmonieux, elle est peu aguichante, sans aucun frémissement, elle manque de structure interne, de fermeté, avec quelque chose de retenu et de guindé. Ce qui ne saurait gâter l'opulence de la composition, rythmée de trois formes et de trois mouvements. Une femme agenouillée, une assise, une debout et active. Trois figures subtilement liées les unes aux autres, aux textures habilement contrastées. La servante — celle de La Négresse aux pivoines vêtue jusqu'à la taille d'un madras rouge vif aux rayures rouges horizontales, qui vient en contrepoint du fichu qui couvre sa tête, enfile une babouche au pied de sa maîtresse. Le châle présenté par la servante debout, vêtue d'une robe aux rayures noires verticales, les cernes, la tenture murale d'arabesques, paraissent des concessions à l'influence orientale, à la mode de l'époque. Auprès de ces motifs foisonnent les matières, fourrure blanche
et rousse en opposition aux broderies de soie chinoise du châle, à la laine du tapis.
Il semblerait que l'influence de Véronèse soit visible, aussi bien par les couleurs riches, le jeu ombre/lumière, la délicatesse des touches saturées que par la disposition des personnages du tableau Le Mariage mystique de Sainte Catherine qu'il a copié au Musée Fabre. En particulier dans la figure à gauche, agenouillée, vue par derrière et de profil, la forme verticale du personnage à droite et le format carré. Le tableau est transformé en scène de femmes. Son intérêt pour ce mariage mystique symbolise-t-il son mariage avec la peinture ?
On peut y voir aussi l'influence de Delacroix — Bazille exprimant ici la forte émotion éprouvée devant Les Femmes d'Alger — la femme qui s'ennuie, la chair nue contre les fourrures, la servante, les arabesques, la babouche, autant de détails qui suggèrent l'exotisme et qui placent l'oeuvre hors du temps et de l'espace. Ou encore, en filigrane, l'influence d'Olympia de Manet. Avec des différences sensibles, cependant. Un regard vide, mélancolique, des regards mutuels perdus entre la jeune femme et ses servantes, contrairement au regard effronté d'Olympia. Pudique, elle se voile de sa chevelure étalée, ni aguichante, ni sensuelle. Seule, la main blanche posée sur l'épaule noire et nue de la servante, pleine de sensualité, suscite une émotion.
Oeuvre inclassable et complexe en ce sens que tout au long de sa courte activité, il a su affirmer une sorte de compromis entre ses instincts et son admiration pour ses précurseurs et maîtres, Delacroix, Courbet, Manet, les paysagistes de Barbizon et de Honfleur...
Par son refus des règles d'un académisme imposé, par son choix de peindre la vie moderne, par le rôle original donné à la lumière, par la sélection de ses sujets — les intérieurs d'ateliers austères, les vues familières de la campagne montpelliéraine, sa famille — par la vie suggérée dans l'immobilité, l'harmonie et le silence, gageons que nous avions affaire à un préimpressionniste, disparu dans les balbutiements de l'impressionnisme.

BETTY GAVAZZY ( in La Rencontre- Revue des Amis du Musée Fabre N°113 3è Trimestre 2015 p.26-29

Frédéric Bazille : Pierre-Auguste Renoir, 1867, h/t, 61,5 x 50 cm musée Fabre, Montpellier Métropole Frédéric Bazille : La Toilette, 1870, huile sur toile, 130 x 128 cm musée Fabre, Montpellier Métropole
Frédéric Bazille : Pierre-Auguste Renoir, 1867, h/t, 61,5 x 50 cm musée Fabre, Montpellier Métropole Frédéric Bazille : La Toilette, 1870, huile sur toile, 130 x 128 cm musée Fabre, Montpellier Métropole
Frédéric Bazille : Pierre-Auguste Renoir, 1867, h/t, 61,5 x 50 cm musée Fabre, Montpellier Métropole Frédéric Bazille : La Toilette, 1870, huile sur toile, 130 x 128 cm musée Fabre, Montpellier Métropole
Frédéric Bazille : Pierre-Auguste Renoir, 1867, h/t, 61,5 x 50 cm musée Fabre, Montpellier Métropole Frédéric Bazille : La Toilette, 1870, huile sur toile, 130 x 128 cm musée Fabre, Montpellier Métropole

Frédéric Bazille : Pierre-Auguste Renoir, 1867, h/t, 61,5 x 50 cm musée Fabre, Montpellier Métropole Frédéric Bazille : La Toilette, 1870, huile sur toile, 130 x 128 cm musée Fabre, Montpellier Métropole

8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 18:32
Les Briérons et la Brière
Les Briérons et la Brière

Largement épaulée par le Sillon-de-Bretagne, qui lui sert d'échine, la Brière s'étend dans cette cuvette géographique qui conduit insensiblement vers le fleuve : la Loire, puis l'Océan. Quand on l'aborde soudain, le paysage change. Sur un horizon plat, frémit la houle des roseaux ponctués de bosquets verts et roux. A perte de vue, 20.000 hectares de marais se referment sur le silence et le mystère. On n'en finira sans doute jamais de cerner le charme de ces lieux magiques. Certes, viscéralement, les hommes préfèrent se colleter avec les forces des quatre éléments, sans mélange. Dès lors, on s'interroge sur le fait étonnant de l'implantation de groupes ethniques en des lieux dangereux où s'affron­tent et se mêlent, par exemple, la terre et le feu - les pays volcaniques. la terre et l'eau - les marécages. Jung aurait eu, probablement. son mot à dire sur ce fait.
On s'étonne donc de la présence en Brière d'une ethnie dont on sait encore peu de chose. Mais il est sûr que le Briéron appartient à un type humain particulièrement original. Les menaces sournoises de l'eau, la précarité d'un sol qui se dérobe, les pièges d'un réseau ramifié de chemins d'eau, les séductions des automnes brumeux, la désolation des hivers sans fin ont
contraint les autochtones à une lutte acharnée. Cette empoignade avec les forces hostiles a affirmé les tempéraments : la rudesse aiguise la dignité. La fascination des étendues silencieuses a nourri la méditation. L'intimité avec les plantes et les bêtes a ouvert l'esprit et l'âme à la connaissance des puissances invisibles. Il suffirait de peu pour qu'on dise le Briéron mystique. Il est sûr, en tout cas. qu'il tire une fierté légitime de cette dure vie endurée en ces lieuxdésolés. Terrien, il l'est par son attachement à sa terre, la tourbe, sa richesse; marin, il l'est par l'appel du large; îlien, enfin, il l'est par ce caprice de la nature qui fit de la Brièreune étendue ponctuée d'îles longtemps isolées, six mois de l'année,

On comprend et partage la passion éprouvée par des chercheurs pour ce pays unique. Autour de ['Abbé A. Vince, une petite équipe s'est constituée et nous livre ici le fruit de ses travaux, fruit d'une qualité exceptionnelle puisque le tour de force consiste à unir les méthodes d'investigation scientifiques les plus rigoureuses (dépouillement d'archives, ana­ lyses de statistiques, de recensements, enquêtes et témoignages directs) à un pouvoir d'évocation profondément poétique.
L'Abbé Vince, historien et géographe, parle. en même temps, avec son cœur et sa mémoire de briéron. Il nous offre ici des pages vibrantes sous forme de récits conçus comme des «documentaires» où revivent ses propres ancêtres.
Il fallait une ethnologue de race pour faire apparaitre les mécanismes compliqués de cette société. La famille briéronne est un élément fondamental de durée et de stabilité.
Farouchement repliée sur quelques patronymes très connus, elle a pratiqué l'endogamie(cette endogamie si cruellement évoquée naguère par Alphonse de Châteaubriant). Madame Sylvie Postel-Vinay, avec un talent et une humanité hors pair, a essentiellement étudié les généalogies. En outre la présentation du tourbage et de la batellerie abordés
sous l'angle technique et humain est un modèle du genre.
A Madame Claude Gracineau-Alasseur était départi le soin de montrer l'évolution de la population active depuis un siècle, un siècle et demi. Cette spécialiste des sciences écono­miques et sociales déploie une virtuosité élégante dans le dépouillement de nature austère des statistiques et recensements. A travers chiffres et tableaux, elle a le don de restituer la vie et l'évolution des communes de Brière. Ces pages fourmillent de détails passionnants sur la dure et parfois terrible condition de ces gens qui, de l'adolescence à la vieillesse, avec une dignité et un acharnement bouleversants, s'épuisaient au travail.
Tout imprégnés de science cynégétique, Paul Martel et son fils Jacques nous proposent une étonnante évocation poétique de la chasse dans «cette terre des eaux, terre des oiseaux», patrie de ces hommes qui, traquant le gibier, participent, ainsi, en fin de
compte, à un rite immémorial.
Assurément ce travail collectif fera date. Certes, la mode est à l'étude socio-historique des pays et régions. Mais ici, cette approche prend un relief particulier, d'abord, parce que ce XIXème siècle fut, pour la Brière, qui n'avait pas changé de vie depuis des siècles, un moment-clé : le choc de la Révolution dans un pays profondément attaché aux traditions chrétiennes continuera de retentir jusqu'au milieu du XXème siècle. A la différence des autres provinces, la Brière connaissait un statut social original, puisque les Briérons «maîtres chez eux», ont vécu une vie communautaire fondée sur l'exploitation indivise du marais.
Or, comme le souligne !'Abbé Vince, «issu de la Révolution, des idées de J.J.Rousseau en particulier, le code napoléonien prônait les droits de l'individu, incitant chacun à avoir sa part de marais». Par chance et par instinct de conservation, les Briérons surent partiellement échapper à cette parcellisation qui leur eût été fatale. La Brière est toujours là avec ses 6.700 hectares indivis.
L'autre choc fut l'irruption de l'industrialisation dans une société rurale puissamment organisée à partir de ses structures d'exploitation (tourbage, pacage, pêche, chasse). «La mutation se produis1t lors de l'apparition de la construction navale à St-Nazaire et de la fonderie de Trignac en 1880». On en verra les conséquences. Mais. en dépit de l'éclatement des traditions qu'elle engendra. il semble bien que les habitants soient toujours restés des «Briérons dans l'âme». Il faudrait même souligner la réputation d'ignorance et de sauva­gerie qu'ils entretinrent longtemps pour s'opposer, en fait, avec une extrême habileté, à toute
ingérence de «l'étranger», en particulier, de l'administration. A travers ce siècle décisif. les Briérons, farouchement jaloux de leur originalité, ne se soumettront ni à l'influence du clergé, ni à la protection des notables, ni à l'autorité des pouvoirs publics...
Qu'en est-il aujourd'hui ?


Pour parachever la qualité de cet ouvrage, outre le soin parfait que l'éditeur a mis pour réaliser un beau livre. le texte est ponctué d'illustrations passionnantes. Aux photos et documents judicieusement choisis se mêlent des dessins combien poétiques de l'admirable sculpteur de Batz-sur-Mer, Jean Fréour, de l'imprimeur Jean Le Fur et de Guy Gourdin. Une réussite.
donc. qui fait honneur à la Brière et aux Briérons «ces seigneurs du pays noir»...

Yves COSSON de l'Académie de Bretagne

Yves Cosson (1919-2012) fut mon professeur de Poésie et Littérature puis collègue à l'Université de Nantes avec Daniel Briolet (1933-2003) et Christian Robin

19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 14:55
En passant par La Roque d'Anthéron...

Voilà donc la 36ème édition qui se termine ce jeudi 18 août.France Musique la grande "absenthe" (allusion au coffret d'absinthe et de pastis locaux que l'on offrait jadis généreusement aux artistes en les remerciant d'être venus parfois de si loin en gage de souvenir et de revenez-nous vite ) donc la Radio nationale confidentielle a déjà plié bagage et les larmes versées de Nicolas Lafitte sur son tweet ,si triste de quitter la vie de château, en témoignent .

La terrasse de Suzanna sur la place du village reste animée ce midi grâce aux pensionnaires de la Cure thermale qui viennent surtout entretenir leur stress et leurs bobos personnels par des conversations à bâtons rompus pour tuer la solitude.Mais les amis de FM sont partis et AK et AP sont hélas en sieste.

Cette année sous l'ère Marc Voinchet après les péripéties de 2015, plus d'extras ni de chargés de réa en surnombre.On a vu l'édition du Festival de Radio France Montpellier réduite à sa version light sans magazine, sans directs et sans communication (DIRECTION Jean-Pierre ROUSSEAU Directeur Jany MACABY Directrice Adjointe Corinne DELAFONS totalement absents) . C'est ça la nouvelle Occitanie ( version Delga saupoudrée de Saurel).Ici on préfère les Festivals de Musiques Emergentes et le Tohu Bohu... moi je préfère Piano sous les arbres de LUNEL-VIEIL et les Opéras à SETE (Offenbach, Verdi): chacun ses goûts...

Même si la programmation n'a pas été touchée à La Roque et dans les concerts environnants ce qui a rassuré le public très fidèle et conservateur: on ne bouscule pas les perruques et seniors grisonnants qui descendus dans la famille en Luberon ou chez tantine aixoise adorent leur rendez vous pique nique dans le parc avec panier en osier et nappe en vichy ! Les verres à pied pour le champagne et le rosé sont toujours là au frais, mais le coctail privatisé dans un enclos jalousement gardé ne ressemble plus à ceux si conviviaux de Paul Onoratini ( 1920-2010 ) les fils Onoratini et Martin sont des managers ne l'oublions pas et on cageole les sponsors et les huiles locales ou nationales dont un certain André VALLINI Secrétaire d’Etat chargé du développement de la Francophonie auprès du Ministre des Affaires étrangères et du développement international.

A18h, quand l'orchestre danois d'Odense fait son raccord sous la baguette du chef Kalle Kuusava (qui remplace au pied levé le titulaire Alexander Vedernikov) pour Grieg et Brahms, on attend toujours Maître Boris qui termine sa sieste, et le fameux Steinway est encore sous les mains expertes de Denijs de Winter.

Ses proches s'inquiètent, le jeune chef fait passer le temps... Enfin le voilà en Tshirt jaune, tout à ses fonctions de grand père. Mais soudain voilà qu'un sbire issu de l'armée de bénévoles fort peu physionomistes mais dûment badgés, intime à Sieur Boris qui a sa partition de Grieg sur les genoux , l'ordre de quitter les gradins in peto...! Même scénario grotesque pour ses proches...! (Demain celui là virera un Ministre si on n'y prend pas garde avant!)

Enfin le raccord a lieu , le piano a été placé face au public pour que le soliste soit parmi les musiciens danois au plus prêt. Il ne manquera pas de les féliciter chaleureusement.

Celui qui avait rêvé de repartir avec le disque de la 36è édition 2016 restera sur sa faim: "rupture de stocks" lui répond-on sèchement. Le libraire nantais requis qui assure aussi les Folles Journées fait travailler sa calculette mais le public en a vu d'autres et a ses propres sources et références. La dame au Chapeau mauve a doublé sa surface et impressionne derrière son stand mais ne veut pas que l'on touche à ses Catalogues Prestiges dédicacés. Bref tout cela sent bon la mauvaise affaire et le marché du temple pour gogos.

A 19h30 les gradins se remplissent et le bar marche à plein régime, non mais ! Angelich ou Berezovsky, on fait le plein de sandwichs et de champagne....

Très beau concert et concerto de Grieg toujours superbe dont on bissera le 2è Mouvement et sa partie solo. On commence à oublier le Varsovia et on découvre les grands danois tous blonds et ethniquement très danois comme leur chef Kalle !

A l'entrac'te René Martin vient saluer les habitués qui suivent l'aventure depuis plus de 30 ans et nul doute que la garde rapprochée fera le bilan de cette saison chiffres à l'appui.

Les moments rares ce sont ces quelques notes de Bach et de Mozart égrenées sur le piano des Master Classes sous le chapiteau par le pianiste et chef chinois de Hong Kong Yongse Kang que j'ai attiré à la Roque depuis Montpellier après sa tournée marathon d'un mois avec ses élèves de Boston, Francfort, Vienne, Salzbourg, Nice...

Le retour vers 23h nous oblige à franchir les chicanes sous le regard vigilant des gendarmes qui patrouillent sur tout le site et c'est déjà Arles, Nîmes et Montpellier. Je regretterai toujours que la Roque n'ait pas programmé plus souvent le norvégien Leif Ove Andsnes pour ses magnifiques interprétations de Grieg, Sibelius et Mendelsohn.mais l'écurie MIRARE est très fermée et ne laisse que peu de chances aux talents venus d'ailleurs. J'ai bien demandé le CD Horizons de Leif Ove Andsnes: on m'a répondu: il ne joue pas chez nous donc on n'a pas. Voilà voilà...

La Folles Journées et la Roque ne sont pas de pépinières et encore moins des pouponnières. On n'y vient que rarement pour être surpris ou bousculés.Mes tentatives pour y placer mes pianistes et violoncellistes se sont avérées vaines.

L'édition 2017 sur le thème de la Danse montrera si j'ai eu tort.

En passant par La Roque d'Anthéron...
En passant par La Roque d'Anthéron...
En passant par La Roque d'Anthéron...
En passant par La Roque d'Anthéron...
En passant par La Roque d'Anthéron...
En passant par La Roque d'Anthéron...
En passant par La Roque d'Anthéron...
En passant par La Roque d'Anthéron...
En passant par La Roque d'Anthéron...
20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 14:28
Calvaire de la Crétinière
Calvaire de la Crétinière

Ce monument édifié sans doute à l'initiative de la famille BOURET habitant à la Crétinière (1799), sur le bord de la route de Saint Julien de Concelles au Loroux Bottereau date du milieu du 19è siècle, si on se réfère à la date inscrite à son fronton (10 mai 1850) date qui indique sa bénédiction par Monseigneur Jacquemet alors évêque du diocèse de Nantes.

Il faisait face au village de la CRETINIERE, cet endroit alors désert est maintenant entouré de lotissement de maisons récentes (qui ont été bâties sur les terres viticoles du domaine entre rue des Fauvettes et rue des Roitelets devenues le Port Egaud)

C'est une importante construction en maçonnerie et tuffeau formant une grande niche pour une statue de la Vierge.

Elle était surélevée par rapport à la route, on y accédait par six marches. De petits murets formant enclos entouraient l'ensemble.

Quatre grands piliers avec châpiteaux encadraient le terre plein du haut des marches et devaient donner fière allure à ce monument surmonté de la croix.

Pendant longtemps il fut sur fond de verdure, des sapins ayant été plantés à l'arrière.

Très abimé par l'âge et le temps. Il fallut un jour envisager sa restauration.Celle-ci eut lieu en 1956 à l'occasion d'une mission prêchée dans la paroisse.

Confiée à l'entreprise Joseph Mainchain (qui entretenait aussi la Crétinière) elle nécessita la consolidation de l'ensemble par l'arrière, une réfection du socle, et de son accès (on ne conserva que trois marches) Des quatre piliers très abîmés il ne resta que les bases que l'on garnit de sphères en ciment.

Des dons et des offrandes permirent de couvrir les frais de cette restauration.

L'inauguration et la bénédiction par le curé de l'époque Joseph PETIT clôturèrent cette mission de 1956. La statue actuelle n'est pas l'originale. celle-ci représentait la Vierge avec l'enfant Jésus sur sa droite, étendant les bras dans un geste d'accueil., malheureusement et malgré la protection d'une vitre et d'une grille, cette statue fut victime dans les années 1950, d'actes de vandalisme; non réparable, elle fut remplacée dans sa niche par une autre statue de la vierge se trouvant à la cure et propriété de la paroisse.(Vierge écrasant un serpent)

A noter le petit poème gravé sur une plaque au pied de la Vierge:

Si l'amour de Marie

En ton coeur est gravé

En passant ne t'oublie

De lui dire un Avé.

Ce quatrain avait été composé par le Père Grignon de Montfort lorsqu'il évangélisait au diocèse de Poitiers vers 1703.

Il était donc connu dans la paroisse, propagé sans doute par les missions qu'il donna dans les environs.

Ce lieu fut toujours l'occasion de rassemblements de prières, notamment aux fêtes de la Vierge (mois de Marie ou du Rosaire) Mais maintenant, sur le bord d'une route de plus en plus fréquentée ils deviennent quasi impossibles et ne subsiste que la réunion du 3è dimanche de Rosaire (en Octobre)

Concernant ce monument, il existe un testament de Mademoiselle BOURET , de la Crétinière en date du 24 décembre 1863, dont j'ai extrait ce passage:

Devant Maître Alfred LE SANT, notaire à la résidence de Saint Julien de Concelles et en la présence réelle de quatre témoins

"Je veux que celui qui aura le pré dans lequel est élevé un monument à la Vierge, entretienne ce monument à ses frais; et pour cela, il donnera chaque année au curé de la Paroisse de Saint Julien de Concelles la somme de vingt francs;le curé ar suite de ce paiement sera chargé de faire lui même les réparations nécessaires."

dont acte fait et passé à la Crétinière, commune de Saint Julien de Concelles en la demeure de la testatrice le 24 décembre 1863 à six heures et demi du soir.

Suivent les signatures de la testatrice et des quatre témoins.

René Laurent; A Duranceau; A. Bénureau et Janneau.

D'après Pierre TERRIEN Croix et calvaires - Saint julien de Concelles- Patrimoine architectural concellois. (Mairie St Julien)

NB: Le calvaire passera donc à la mort de Mlle BOURET dans la famille GUICHETEAU Juge à Nantes puis la famille TREBUCHET (Joseph Marie Trébuchet oncle de Victor Hugo et frère de Sophie Trébuchet) puis aux frères Théophile et Alphonse BRETONNIERE originaires de Vallet respectivement Directeurs d'école, instituteurs et Maire de la Commune jusqu'en 1963 . (Mlle BRETONNIERE (fille unique de Monsieur Théophile Bretonnière Maire de Saint Julien de Concelles) devient nouveau propriétaire du domaine en 1963 et lègue ce calvaire à la commune et vend les terres viticoles environnantes.

2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 14:43
"Le frère allemand" de Chico Buarque

"Le frère allemand" un roman atypique de Chico Buarque (Gallimard) qui croise entre Rio de Janeiro, Sao Paulo, Paris et Berlin des musiciens de jazz Thelonious ou Wes Montgomery dans une quête du frère perdu, lui même en quête de son père disparu. Palpitant !

"Me revient alors à l’esprit la lettre découverte par hasard l’autre jour et, involontairement, je me surprends à imaginer l’idylle secrète de mon père à Berlin, je joue déjà à me chercher un frère allemand dans la salle. Il sera un homme d’une trentaine d’années, probablement avec des lunettes, blond, avec une mâchoire proéminente, un visage très long, un crâne haut. Pour l’instant, le seul à répondre à une partie de ces conditions c’est le tromboniste de l’orchestre, un gars roux très blanc et joufflu comme devait l’être mon père avant de vieillir. Mais à l’exception du maestro, un brun aux jambes velues, plutôt grotesque dans ses culottes courtes, les artistes sur la scène doivent être des enfants d’immigrants, peut-être les petits-fils de Poméraniens de l’État d’Espírito Santo, et je ne pense pas que mon frère soit devenu un musicien d’orchestre typique au Brésil. De toute façon, il me semble naturel qu’à un certain stade de sa vie il se soit montré inquiet, qu’il ait interrogé sa mère à propos de l’origine de son nom, qu’il ait insisté sur son droit de connaître l’identité de son père. Et après avoir réuni quelques économies, même sans la bénédiction maternelle, il débarquerait tôt ou tard à Rio de Janeiro avec l’adresse de la demeure paternelle dans le quartier du Jardim Botânico. Il vérifierait facilement que Sergio de Hollander, à peine remis de la mort successive d’Arnau de Hollander et de Clementina Moreira de Hollander, avait été engagé comme superviseur général du CAMBESP, le Conseil d’administration des musées et des bibliothèques de l’État de São Paulo.Dans l’annuaire téléphonique de la capitale pauliste il y avait bien un Hollander Sergio de, mais avant de composer le 518776, il hésiterait un long moment, car le dialogue s’annonçait difficile. Le téléphone à la maison sonnerait enfin et de cette langue bizarre maman comprendrait seulement le nom répété à l’autre bout du fil : Sergio de Hollander ! Sergio de Hollander ! Elle tendrait l’appareil à mon père, lequel en perdrait la voix dans un premier moment, puis se lancerait à grand-peine dans cette langue rouillée, puis en aurait les yeux tout humides et, pendant ce temps-là, maman aurait déjà tout compris et pleurerait elle aussi. Et elle s’offrirait sûrement à préparer des lasagnes à la maison, où le beau-fils serait accueilli comme un fils et, le cas échéant, elle le logerait pendant quelque temps dans la chambre d’un de ses demi-frères. Pour le bien du jeune homme, maman serait même capable de faire venir de Berlin Anne en personne, laquelle était peut-être dans le besoin dans un pays encore affecté par la guerre. Et nous habiterions tous respectueusement sous le même toit (...)

CHICO BUARQUE

Le frère allemand

Francisco est le fils du célèbre critique littéraire Sergio de Hollander, personnalité très respectée au Brésil. La maison familiale regorge de livres que sa mère range avec un dévouement maniaque, alors que dans la chambre de son frère ce sont les conquêtes féminines qui défilent. Deux choses qui réjouissent tout particulièrement Francisco, lui qui aime conquérir les amantes déçues par son frère et emprunter en cachette les ouvrages de son père. C’est justement dans l’un de ces livres qu’il découvre une lettre écrite en allemand, datée de 1931, adressée à Sergio de Hollander.

Le jeune homme fait traduire ce courrier et y découvre l’existence d’un fils que son père aurait eu avec une certaine Anne Ernst, à Berlin. En secret, Francisco décide de retrouver ce frère inconnu qui s’immisce peu à peu dans son quotidien et dans ses rêves, une figure qui l’obsède et le hante. Francisco le poursuit autant qu’il le fantasme, à travers l’histoire revisitée de son père et la recherche de cette Allemande énigmatique.

Chico Buarque construit avec une grande finesse cette figure du frère allemand, figure onirique et pourtant bien réelle qui habite un récit passionnant, émouvant. L’investigation, d’où l’auteur fait surgir une œuvre bouleversante, dépasse la quête personnelle pour explorer l’histoire brésilienne et européenne des années 30 jusqu’aux années 60, ainsi qu’un héritage familial silencieux, douloureux.

Chico Buarque est né à Rio de Janeiro en 1944. Après une carrière musicale commencée dans les années 60, qui fait de lui l’un des musiciens brésiliens les plus célèbres, il se lance dans l’écriture au début des années 90. Le frère allemand est son quatrième roman. Aux Éditions Gallimard ont paru Embrouille (1992), Court-circuit (1997), Budapest (2005) et Quand je sortirai d’ici (2012).

11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 17:44
Rue de la Tour Gayraud
Rue de la Tour Gayraud

Un bon petit Blog voisin et ami qui sait de quoi il parle en toute franchise et ne se laisse pas compter sornettes, la preuve à lire son dernier billet sur les Zatouilleries de Figuerolles nous enchante car il saisit là bien des vérités pas toujours bonnes à dire dans un climat de consensus mou et de culture(s) galvaudée(s) à faire hurler Philippe Murray.

Car dans ces gesticulations où l'on côtoie le pire et le meilleur, le temporaire de service venu de Marseille (s'il vous plait !) nous fit avaler bien des couleuvres au point que les "Invisibles du quartier" pouvaient commenter à loisir, l'intrusion de leur territoire par les bobos, depuis les places Salengro ou Plan Cabanes.

Il y a bien des leçons à tirer de ces sympathiques glissements et frémissements qui nous ont chatouillé les sens sinon les papilles.

Bravo à tous ceux qui ont joué le jeu des marionnettistes pour un Art de Rue créatif sinon convivial qui était promis en effet par ses concepteurs à un grand succès, avant même le lacement de l'opération.

Quand la COM dépasse ses communicants on est dans ce qu'un veilleur a appelé le "foutage de gueule" mais qu'importe pour 500.000 € l'enthousiasme a côtoyé le délire...

http://palavazouilleux.canalblog.com

Blog de palavazouilleux...
8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 22:31
Réunion de quartier Centre Saurel
Réunion de quartier Centre Saurel

Ce vendredi 8 avril c'est au tour du 7è Quartier "Centre" de voir de près Phiphi son édile préféré et toute son équipe. Ils sont donc venus nombreux Salle Pagézy, pas loin de 500 se pressent et veulent être au premier rang. Oui mais voilà les 3 premiers rangs sont réservés aux adjoints et conseillers qui ont été priés de faire nombre et d'écouter" la voix de son maître". On les reconnaît concentrés sur leurs tablettes en éveil au cas où ils seraient interrogés sur un détail technique.

L'homme est enjoué et rieur, même si une vilaine foulure du pied lui impose une chaise surélevée et l'agitation lycéenne qui a paralysé la ville ne l'a pas laissé en repos. L'homme est ponctuel et à18 heures pétantes il ouvre la séance.

Incontournable et interminable diaporama pour un bilan chiffré dont il connaît et parfois corrige chaque détail en prenant soin de demander le pointeur pour éclairer notre lanterne sur ses projets urbains ou architecturaux.

Le Bilan n'en est pas un car le bougre a déjà tellement servi et assimilé les dossiers avec son vieux compère Max Lévita pendant deux mandatures celles de Frèche et de Mandroux qu'il ne renie point. Après deux ans de "Maire à plein temps" les opposants (Roumégas, Vignal, Delafosse...) ne sont plus en embuscade et sont bel et bien absents tout comme ses chères minorités visibles ( très visibles même de la Mosson au Petit bard, de Figuerolles à Richter et du Polygone à Port Marianne...) Absents aussi dans les listes des représentants et volontaires des Quartiers que l'édile égrène avec conviction : absents aussi dans les 29 questionneurs de fin de séance ...

Mais entrons dans le vif du sujet.

L'exposé que l'orateur domine après 110 réunions en 3 ans, est rythmé comme les "slides" qui défilent et entrecoupées de blagues qui assurent le contact avec sa base sur sa foulure de cheville, sur la fougueuse jeunesse, sur "les jeunes hommes sortant de garnison"(sic) ou encore "Elle est vieille cette photo là, elle a dix ans !". Mais Saurel n'est pas Talleyrand (1754–1838) qui disait "Quand je me regarde, je me désole, quand je me compare, je me console " Il se compare oui, mais à Anne Hidalgo pour la prise en charge des cantines à 70% et à Joanna Rolland (EELV Nantes) pour le taux d'imposition stable de sa ville. Promesse tenue.

On le sent fier d'afficher le tirage au sort de ses membres de conseils de quartiers et son adhésion totale à Anticor signée par Limoges et Montpellier.Il aime à défendre les grandes causes de la canopée aux faucons crécelle, le Tour de France décroché auprès du président Christian Prudhomme pour les 13 et 14 juillet prochains, l' Election de Miss France où des millions de téléspectateurs ne regarderont pas seulement Montpellier !

De temps à autre il interpelle les soutiers aux ordres par un "Elle est où Brigitte (Roussel) ou "Bon là sabelle, faut lui répondre...ou plus tard :"M. Ferrand de la Maison de la démocratie, convoquez les représentants de quartiers".(Acte I)

On n'a aucun mal a sentir derrière cette fougue et ces airs bravaches, l'homme blessé par ses récentes mésaventures avec la Presse: traité par une stagiaire deLibération d'Al Capone. " Qu'est-ce qu'ils disent les journalistes ?" Je n'aime pas la désinformation . Annie Foot du Cabinet, positionnée à sa droite ne dira mot et se vengera sur bonne cigarette à la sortie.

On ne s'attardera que peu sur les chantiers culturels qu'il a défendus avec sa garde rapprochée à Paris:(lui qui fut l'Adjoint à la Culture d'Hélène Mandroux !) mis à part le chantier du prochain Conservatoire à Rayonnement Régional,(35M€ pour 2020) il ne jure que par la ZAT de Figuerolles et son artisan Pierre Sauvageot des Arts de Rues et Thierry Arcaix le régional de l'étape.On passe vite sur le Festival de Radio France, Pas un mot sur les Festivals en métropole dont Assas, Maguelone, Chorales . Un mot sur la Panacée qui offre à l'affiche ce soir "Nuit des Connasses" Tout un programme que réprouve une riveraine excédée par ce qu'elle a découvert après des mois de travaux..;

Comment croire à une véritable volonté de politique culturelle originale dont la presse nationale n'est pas dupe (lire les critiques sur les dernières productions de Rodrigo Garcia !) On cherchera en vain ce soir l'un de ses bras droits en charge de la Culture (Sonia Kerangueven absente) après les effets d'annonce et renoncements successifs (exit Cédric de Saint-Jouan), plus personne ne sait qui est aux commandes des chantiers. Qui pilotera "Domaine d'ö" qu'il a offert a son ami Rodrigo ? A la tribune il y a bien le 17è Adjoint à la Culture d'Oc Guy Barral lequel ne saura répondre à mes interrogations !!!

Il faut à ce stade du commentaire de cette soirée noter combien de fois l'édile aura prononcé à propos d'un soutien local ou national le mot "mon ami" ou "Mon amie Aurelie Filipetti Présidente de Cinemed" pour rappeler combien l'homme tient à la fidélité et à la loyauté.Pour les autres il lâche: " Y en a qui disent que..." ,"J'entends des critiques depuis dix ans..;" On a pu lire dans l’auto satisfecit sans appel de l'interview du maire dans lMidi libre de cette semaine et dans sa Tribune ouverte de la Gazette.

Luc Albernhe du Cadre de Vie et Isabelle Marsala (Education) seront interpellés à plusieurs reprises et joueront le jeu des questions réponses.Il reste une dominante sur la mixité sociale volontariste de tous ses programmes urbains à venir dans sa litanie de ZAC Route de Nîmes, Nouveau Saint Roch, ANRU 1 Petit Bard ANRU 2 La Mosson ANRU 3 Saint Gély avec son adjointe toute puissante à l'Urbanisme Stéphanie Jannin dont on connaît les effets ravageurs sur tous les quartiers livrés aux bâtisseurs (pardon bétonneurs)...

Derrière des formules choc du bâtisseur sur "les Halles de Laissac laissées en panne depuis 20 ans", l'édile s'exclame : " "Nous on démolit la vérue, on va reconstruire les Halles de Baltard contemporaines" on préférera finalement les accents de l'homme de culture qui respecte les orangers du parc de Montcalm et les plafonds de la Salle des mariages de l'Hôtel Richer de Belleval (Place de la Canourgue) confié au napolitain Federico Russo, là on reconnaît l'homme de culture que personnellement je préfère à celui qui jargonne sous les expressions toutes faites: " Dilater l'espace public pour donner de la Vie" en parlant du jeu de Paume ou de la Rue Jean Moulin...

Démocratie participative à Montpellier    ( Acte II )
Démocratie participative à Montpellier    ( Acte II )
Démocratie participative à Montpellier    ( Acte II )
Démocratie participative à Montpellier    ( Acte II )
Démocratie participative à Montpellier    ( Acte II )
20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 21:52
Ensemble Mos Azimans (Gérone)
Ensemble Mos Azimans (Gérone)

L'idée de donner une Journée de Musique Ancienne au Musée Fabre de Montpellier dans la (trop petite) Salle du Jeu de Paume est une riche idée qui a tout de suite séduit le public venu nombreux, malgré une météo hostile et un accueil du personnel du Musée comme toujours fort désagréable. Arrivés à 15h pour le Concert de 16h déjà complet, plus d'un prétendant a dû rebrousser chemin vers le cinéma voisin.

Installés au sec, c'est une présentation sobre et efficace du jeune Conservateur du Musée Pierre STEPANOF qui resitue historiquement la très belle salle du Jeune de Paume vestige XVIIè de l'Hôtel de Massilian qui a reçu Molière et la famille Béjart .

Puis le conservateur nous invite à un rapide coup d'oeil aux tableaux environnants qui révèle les primitifs flamands, un primitif parisien du XVè. Notre hôte associe fort justement les musiques polyphoniques de la Cour de Bourgogne avec l'apparition de la profondeur de champ dans les tableaux de la Renaissance des écoles anversoises,espagnoles puis italiennes. Une copie non censurée du Paradis de Michel Ange, côtoie une "Vénus et l'Amour" tout aussi dénudé.

Le public découvre enfin les musiciens du "Département de Musique ancienne de Beaux Arts Musiques" dont un jeune enfant pour un branle à la flute à bec de Praetorius fort joliment troussé. Le beau clavecin du facteur montpelliérain Martine Argellies trône sur une estrade où se succèdent nos artistes locaux pour un trio de Machaut,et un Greenleaves qui clôt cette prestation fort honorable.

C'est ensuite au tour de l'ensemble "Mos Azimans" de Gérone de nous surprendre avec ces airs du troubadour Bernart de Ventadorn (sans la chanteuse hélas) Occasion pour certains d'approcher le petit organetto portatif et la vielle sans oublier les percussions.

Le fameux "Tant que vivrai" d'Adam de la Halle méritait une voix pour donner réellement vie à ce récital dominical..

Terminer la soirée par une visite des grandes salles du Musée, sous le regard toujours peu amène des gardiens requis d'office, permettait de prolonger ce beau spectacle avant la soirée de Lundi dans la petite église romane Sainte Croix de Celleneuve avec les Saqueboutiers de Toulouse.

4è Edition de laJournée des Musiques anciennes au Musée Fabre de Montpellier : Muses en dialogue
4è Edition de laJournée des Musiques anciennes au Musée Fabre de Montpellier : Muses en dialogue
4è Edition de laJournée des Musiques anciennes au Musée Fabre de Montpellier : Muses en dialogue
4è Edition de laJournée des Musiques anciennes au Musée Fabre de Montpellier : Muses en dialogue
4è Edition de laJournée des Musiques anciennes au Musée Fabre de Montpellier : Muses en dialogue
4è Edition de laJournée des Musiques anciennes au Musée Fabre de Montpellier : Muses en dialogue
4è Edition de laJournée des Musiques anciennes au Musée Fabre de Montpellier : Muses en dialogue
4è Edition de laJournée des Musiques anciennes au Musée Fabre de Montpellier : Muses en dialogue
4è Edition de laJournée des Musiques anciennes au Musée Fabre de Montpellier : Muses en dialogue
4è Edition de laJournée des Musiques anciennes au Musée Fabre de Montpellier : Muses en dialogue
4è Edition de laJournée des Musiques anciennes au Musée Fabre de Montpellier : Muses en dialogue
4è Edition de laJournée des Musiques anciennes au Musée Fabre de Montpellier : Muses en dialogue
4è Edition de laJournée des Musiques anciennes au Musée Fabre de Montpellier : Muses en dialogue
4è Edition de laJournée des Musiques anciennes au Musée Fabre de Montpellier : Muses en dialogue
4è Edition de laJournée des Musiques anciennes au Musée Fabre de Montpellier : Muses en dialogue
4è Edition de laJournée des Musiques anciennes au Musée Fabre de Montpellier : Muses en dialogue
4è Edition de laJournée des Musiques anciennes au Musée Fabre de Montpellier : Muses en dialogue

4è Edition de laJournée des Musiques anciennes au Musée Fabre de Montpellier : Muses en dialogue

19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 23:56
MP Nounou Ars Vocalis
MP Nounou Ars Vocalis

Pour la 4ème édition 2016 de la "Journée Européenne des Musiques anciennes" à Montpellier à l'initiative du REMA et du réseau "les Muses en Dialogue" (Festivals de Maguelone, Pic St Loup et Musique en Catalogne Romane entre Gérone) animé par Philippe Leclant et ses équipes. Nous voici donc convoqués à la Médiathèque ZOLA pour 19 heures ce Samedi.

Mais déjà depuis 18h la file s'allonge jusqu'à la Place Dionysos et il faudra attendre 1 heure sous les regards hostiles de seniors aficionados inconditionnels (on croirait retrouver les hordes fidèles de la Folle Journée et de la Roque d'Anthéron) Personne ne se parle mais on jauge la catégorie sociale, l'âge et le vêtir. La préposée aux Publics et à la Communication s'affaire comme d'habitude et veille à ce que la file s'allonge en repérant les têtes connues qui mériteront de rentrer avant les autres. Puis elle fait avancer les prioritaires :les handicapés,les titubants, les éclopés de la vie, mais aussi les personnes dignes d'intérêt pour occuper les 40 places réservées aux VIP. Certains appellent cela le charme et les privilèges de la province...

Commencent enfin vers 19h30 les longs, trop longs discours des agélastes requis qui se perdent en remerciements interminables. On apprend que le Directeur et Conservateur de la Médiathèque Gilles Gudin de Vallerin est aussi l'époux de la Directrice de la DRAC Marie Pierre Gudin de Vallerin (sans que personne ne sourcille) et quand le représentant du Maire (en déplacement en Corse) prend la parole, mains dans les poches et sans notes (on craint le pire) d'autant qu' on découvre une fois de plus qu'après les 4 Adjoints à la Culture qui se sont succédé en 1an , ce n'est pas le dernier favori du Prince (Fabrice Manuel) qui prend la parole mais un inconnu du public Claude Barral (PS de Lunel) ...

Le même public s'impatiente après 45 minutes d'entre soi car enfin,les 200 personnes qui sont là veulent qu'on leur parle musique ancienne. la spécialiste des manuscrits anciens Gisèle Clément du Centre d'Etudes Médiévales de l'Université de Montpellier3 commente sans passion ses diaporamas et nous révèle que les archives sont très éclatées géographiquement et très composites pour un art oral non destiné à la mise en scène et au public actuel.(cf Ateliers avec Mora Vocis)

L'intérêt reprend vers 20h quand l'ensemble étudiant "Hortus Delicarium" nous entraine en latin pour des Polyphonies du XIVè. on aurait aimé plus d'inventivité et de sens de la mise en scène comme nous avons pu l'apprécier à la Réunion FEVIS/REMA de Berlin avec l'Ensemble l'Echelle de Caroline Marçot et Charles Barbier !.

Mais c'est sans nul doute Marie Paule Nounou et son ensemble vocal "Ars Vocalis" qui va savoir captiver le public qui attendait qu'on le sollicite et qui va réussir le pari de ce rendez-vous qui aurait pu rester dans la froideur du lieu et l'apathie apparente d'un public connaisseur. Il y a celle qui mâche depuis 3 ans son chewing gum et se fait les ongles, il y a les octogénaires retraités et avides de connaissances qui sont de toutes les soirées gratuites à la Médiathèque ou à la Salle Pétrarque, de rares étudiants du conservatoire, aucun ado ni pré-ado et des anonymes que Marie Paule saura dérider et entrainer dans des chansons grivoises d'Orlando di Lassus ou de Josquin des Prez.Un grand bravo à ces magnifiques interprètes dont les solistes pour leurs duos Pur ti miro de Claudio Monteverdi.

Le pari est tenu et Philippe Leclant peut être content même s'il n'exprime que rarement sa satisfaction et l'on attend la deuxième journée au Musée Fabre surtout pour les Ensembles les Ombres de Montpellier et Mos Azimans de Gérone.

JEMA : Choses vues... et entendues....(1)

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