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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 13:51
Un belle aventure vitivinicole en bord de Loire

Sur les côteaux du bord de Loire à deux lieues de chez moi, il existe un endroit rare et préservé qui a connu une aventure humaine comme on les aime. Son égérie à la forte personnalité a régné pendant 40 ans sur ce domaine avant de disparaître ce printemps à l'âge de 94 ans laissant ses enfants désemparés. Fort heureusement les lieux ont une histoire que l'une de ses filles Anne a bien su décrire dans son roman "Alba" c'est pourquoi Elisabeth Poulain a su rendre en 2004 un bel hommage à cette femme de caractère dans un ivre intitulé : "le vin aussi est affaire de femmes " (Editions Cheminements.fr 49260 le Coudray Macouard Tél.0241677454 - Lire aussi "Vignerons et vigneronnes de l'Anjou")

A partir de 1995 on a pu découvrir cette "Cuvée des Rebelles" qu'Anne voudrait faire redécouvrir aujourd'hui , la seule vendange faite uniquement par des femmes, quel défi !

Armelle de Bascher Gérante de la SCEA « La Berrière » créée avec ses enfants.

Domaine de la Berrière - Barbechat – Loire Atlantique.

Le Château et Domaine de la Berrière

Le Château est entré dans la famille en 1737 et y est resté depuis lors. Il a été reconstruit en style Directoire après l’incendie qui l’a détruit pendant l’insurrection vendéenne et a conservé d’une époque plus ancienne ses douves, le pont d’entrée et ses anciennes écuries d’après la plaquette du Château.

Le Domaine

Surface 30 ha pratiquement d’un seul tenant1 ha de gros plant et 13 ares de cabernet.

Sol : rocaille, limons sablonneux.

Personnel : 4 personnes

Muscadet Sèvre et Maine Château de la Berrière. Les Ardelières Saint Clément, Muscadet Côteaux de la Loire, Clos Saint Roch, Blanc de Blancs en méthode traditionnelle.

SCEA la Berrière.

____________________________________________________________________

Armelle de Bascher tient l’Express « Spécial Vins » à la main. Elle est vraiment furieuse : « Rendez-vous compte, l’Express commence sa présentation des vins de Loire en Anjou. Il n’y a rien, mais vraiment rien sur le Muscadet. Le Point et le Nouvel Observateur, c’est encore pire. Le Val de Loire n’est même pas cité dans leur spécial « Vins » ! C’est décourageant. Comment peut-on persuader les acheteurs que nous faisons du bon vin su personne ne le dit ? La crise est bien réelle. Tout le monde craint que de nombreux viticulteurs ne lâchent prise cette année ».

Au Domaine de la Berrière elle aussi ressent la crise même si les causes sont autres. En effet elle a basé toute sa stratégie sur l’export. Elle a exporté jusqu’à 97% de sa production. Certaines années, elle a dû imposer à ses importateurs distributeurs des quotas de livraison. Elle n’avait pas assez de bouteilles à leur livrer. Maintenant ce n’est plus vraiment le cas et elle se retrouve dans une situation inédite depuis 28 ans qu’elle s’est jetée dans l’aventure du vin, celle de subir une concurrence tout à fait nouvelle, particulièrement en Europe qui constituait sa chasse gardée jusqu’alors.

La concurrence

Celle subie est en fait triple :

  • Celle des pays européens membres de l’Union Européenne, gros exportateurs comme l’Italie, premier exportateur mondial ou l’Espagne,
  • Celle des pays nouvellement producteurs, comme l’Australie, le Chili, l’Afrique du Sud surtout, qui prennent des parts de marché significatifs en Angleterre mais aussi en Allemagne, aux Pays bas….
  • Et enfin celle des maisons de vins français qui cherchent à gonfler leur chiffre d’affaires, en vendant à l’étranger. Elle dénonce très clairement le jeu de certains négociants qui cassent les prix à l’achat et paient 75 jours après. Des centaines de viticulteurs l’ont appris à leurs dépens quand les Caves de Saint Florent situées à Saint Florent le Vieil (Maine et Loire) ont été placées en liquidation judiciaire dans le courant de l’année 2003. Ils n’ont pu récupérer le montant des créances qu’ils détenaient sur le négociant. Ils ont bien livré le vin mais n’ont pas été payés en contrepartie.
  • « Je suis chassée d’Europe » dit-elle avec un certain étonnement, mais sans aucune
  • résignation. Pourtant l’aventure du vin a commencé pour elle de façon éclatante qu’elle compte appliquer à nouveau la méthode qui a si bien fait ses preuves la première fois et à laquelle elle recourt maintenant à chaque soubresaut du marché.
  • La méthode d’exportation
  • D’abord elle sélectionne quelques marchés porteurs. Pour cela elle lit beaucoup, elle écoute ses amis, elle regarde où vendent les confrères. Elle se fait sa propre opinion.
  • C’est ce qu’on appelle en théorie marketing la sélection de marché. Puis elle contacte le CFCE (Centre français du commerce extérieur) pour se procurer des études de marchés et les coordonnées des conseillers commerciaux en poste dans les ambassades françaises. Elle les contacte et ceux-ci font parvenir, via le CFCE , la liste d’importateurs en place dans le marché étranger sélectionné. Ensuite il lui faut sélectionner quelques importateurs distributeurs : « Ni trop grands ni trop petits, juste ce qu’il faut, pour les intéresser et ne pas être noyé dans la masse des fournisseurs ». Elle les appelle, leur propose ses vins, leur envoie des échantillons sur la base de trois bouteilles au moins et, pour finir, les invite au château pour découvrir in situ le vignoble du domaine et le chai.
  • La première fois qu’elle a prospecté de cette façon, elle a réussi à intéresser cinq importateurs distributeurs implantés en Belgique, aux Pays bas, en Allemagne, en Grande Bretagne et au Danemark. Elle a conservé ces importateurs depuis le début. Certains l’appellent pour lui demander
  • « Comment va notre vignoble ? » Ce qui est la meilleure façon de lui faire plaisir.
  • Le domaine va bien. Il s’est même beaucoup développé depuis les premiers plants de vigne mis en terre avec l’argent de sa dot, à côté d’un très petit ilôt de pieds de vigne qui avait subsisté au fil des ans et qui n’était plus traité depuis longtemps. Quand elle a repris le vignoble en 1975, il y avait 12 hectares de plantés. Il y en a maintenant 30 qui entourent le château de La Berrière à Barbechat. Elle a appris le métier de viticultrice qui est devenu une passion. Elle est d’origine creusoise et connaît bien l’élevage des vaches limousines et des chevaux.
  • Sa gestion des domaines
  • Comme le déclare Armelle de Bascher : « je gère le domaine et j’ai la chance d’être entourée par une équipe irremplaçable et compétente. Grâce à eux , l’aventure du renouveau du vin a été possible. Quand des membres du personnel partent en retraite, ils choisissent eux-mêmes leur successeur et le forment avant de partir. A mon arrivée au château, je les ai réunis et je leur ai dit : c’est vrai, je n’y connais rien. Vous vous savez…. Nous allons nous partager le travail. Vous me faites du bon vin et moi je vais le vendre. » C’est ce qu’elle a fait après avoir installé son bureau dans la cour carrée du chai qui jouxte le château. Elle ne l’a jamais plus quitté depuis. C’est là qu’elle vient travailler tous les jours au milieu des membres de son équipe, sous la direction du maître de chai, Pascal Leroux et du chef de culture, Luc Gourraud.
  • Dès ses débuts au domaine, elle a fait le choix de l’export. Après avoir vécu pendant de très nombreuses années avec son mari en Indochine (qui est maintenant le Vietnam) n’y est certainement pas étranger. La dimension interculturelle est une de ses caractéristiques.
  • La gestion des risques
  • C’est par la Belgique et les Pays Bas qu’elle a commencé sa percée export. Maintenant, elle continue sa prospection aussi bien dans l’Union Européenne qu’en dehors. Armelle de Bascher continue sa recherche documentaire sur les marchés étrangers pour être sûre de son choix. Elle sait que les risques sont nombreux. Elle vend « départ chai » c'est-à-dire en EXW ‘Ex Works selon le sigle anglais des incoterms), comme la très grande majorité des professionnels du vin. Cela limite les risques parce qu’elle ne prend en charge ni le transport ni l’assurance, ni le transport ni le dédouanement export, hors de France, ni le dédouanement import, à l’importation dans le pays étranger. C’est l’acheteur étranger qui s’occupe de toutes les démarches de sortie de France et d’entrée dans son pays, transport y compris.
  • Comme tout exportateur, Armelle de Bascher connaît les risques à l’export et cherche à en limiter la portée. Ses ventes en Grande Bretagne ont ainsi connu un certain ralentissement du fait du boycott lancé par les Etats Unis en 2003 et partiellement suivi par les Anglais sur leur marché, à la suite de l’attitude de la France face à l’intervention américaine en Irak. « Le boycott m’a personnellement beaucoup touchée et déçue.J’aime mon marché anglais » dit-elle. Ses liens avec l’Angleterre sont profonds.
  • Elle aime se souvenir d’une anecdote qui lui est arrivée quelques années auparavant et qui l’a bien amusée. Un de ses Muscadet, avait emporté la Médaille d’argent au concours à Bristol en Angleterre. Au cours d l’apéritif qui avait précédé le grand dîner de clôture, tous les lauréats de la médaille d’or avaient présenté leur gamme de vins sur les tables qui leur étaient réservées. En accord avec son agent, Armelle de Bascher avait fait le choix inverse. Un seule bouteille trônait au milieu de la table. La réaction de ceux qui devaient participer au repas avait été de se précipiter vers la table à l’unique bouteille. Quel était ce vin si prestigieux pour être présenté en une unique bouteille ? Un Muscadet de la Berrière. Un vin dont elle dit qu’il est encore meilleur quand on commence à le consommer un an après la vendange. « Le Muscadet, un vin si excellent et si méconnu » dit-elle en gardant espoir.
  • Les relations fortes qu’Armelle de Bascher entretient avec le château de la Berrière, le domaine et le vin sont certainement une des composantes de la très forte personnalité de cette dame qui s’est installée à la Berrière quinze jours après le décès de son mari, Antony de Bascher, à l’âge de 56 ans, au moment où il est rentré en France après une longue carrière au Groupe Shell, il s’apprêtait à lancer un nouveau projet de vie professionnelle dans les assurances, son domaine de compétence. Il n’a pas pu aller au bout de ce projet ni évidemment réaliser le second qui était plus tard, de relancer le vignoble de la Berrière. Ce qu’il n’a pas pu faire, sa femme le fait. « Je suis redevable au domaine qui m’a permis de surmonter ces drames affreux que sont la perte d’un mari et d’un enfant quelques années plus tard »dit-elle avec une grande pudeur.
  • C’est en hommage à son mari et à la demande de ses enfants qu’elle a revu les étiquettes de ses vins qui sont dorénavant rehaussées du blason de la famille, formé de deux chênes déracinés et deux groupes de trois quintefeuilles, qui sont des petites pervenches. Ce sont les armoiries de la famille de Bascher. Des chênes, en symbole de force et de noblesse, déracinés parce que la famille venant de l’Est s’est fixée à l’Ouest, et les pervenches en signe de vitalité. Elles foisonnent à la propriété.
  • Elisabeth Poulain (2004)
  • Les nouveaux pays européens à tradition vitivinicole
  • Le 1er Mai 2004 fête l’entrée dans l’Union Européenne (UE) et dix nouveaux états membres. Parmi ceux-ci –figurent des pays producteurs de vins. Au premier rang desquels se trouve la Hongrie qui a une tradition viticole ancienne date des Romains, un vignoble étendu (près de 100 000 hectares) et qui exporte 25% des 3 millions d’hectares produits. Le fameux Tokay est connu mondialement .Citons aussi la République Tchèque. La Slovaquie, la Slovénie, Chypre et malte. La Bulgarie et la Roumanie entreront ultérieurement dans l’UE La Pologne et les trois états baltes ne sont pas producteurs de vins.
  • L’héraldique en blason
  • C’est la connaissance et l’étude des armoiries, définies comme l’ensemble des signes codifiés. Qui permettent de distinguer, état, ville, ou famille. L’usage des armoiries s’est fortement développé au XIIè siècle et figurait sur les houchers des gens de guerre puis sur les sceaux. La première fonction des armoiries était d’identifier celui qui le portait. Actuellement c’est la dimension symbolique qui prime.
Un belle aventure vitivinicole en bord de Loire
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