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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 22:08
Naples racontée par ses peintres et ses musiciens.

Conférence au CORUM de Montpellier par
Michel HILAIRE Conservateur du Musée Fabre de Montpellier et organisateur de l'Expos
ition "L'Age d'Or de la peinture napolitaine de Ribera à Luca Giordano" du 20 Juin au 11 Octobre 2015.
et Cécile Lartigau et Pierre Delolme du département musicologie du CNSMD de Lyon.

Naples fut une influente cité grecque placée sous les auspices de la Déesse Parténope, puis un duché byzantin ensuite elle devient au XVIIè capitale du Royaume de Sicile et accède au rang de capitale intellectuelle après Paris et Londres forte de ses 300 000 habitants. Devenue ville aragonaise sous le Roi Alphonse V d'Espagne, elle attendra 1871 pour intégrer la nouvelle Italie unifiée.
C'est en 1537 que fut créé le premier Conservatoire dans un hospice religieux pour jeunes filles qui rapportait de substantiels revenus à l'Eglise.
On y entend les villanelles napolitaines qui s'exporteront vers l'Allemagne et la France tout au long du XVIIè et XVIIIè siècle.
La peinture flamande de Rubens et Van Dijk est connue à Naples par Ribera qui est arrivé adolescent dans cette ville et y séjourne successivement en 1606, 1609 et 1610 avant de rejoindre Parme et Rome. Cet Espagnol s'installe définitivement à Naples en 1616.
La peinture française subira l'influence napolitaine avec Simon Voué (peintre de Louis XIII) et Lorrain.
L'espagnol Ribera a dû aussi rencontrer le romain Caravage qui séjourne 10 ans à Naples.
Les artistes italiens des autres provinces comme Viliano Codazzi de Bergame séjournent 10 ans à Naples ainsi que des artistes de Bologne.
Cette ville ouverte sur le monde rayonne littéralement et offre beaucoup de débouchés pour artistes et artisans. Ainsi le Roi Philippe IV d'Espagne passe une commande de tableaux aux artistes dont Falcone pour le Musée du Buen Retiro.
Comment les peintres représentent la musique dans leurs oeuvres ?
Tableau 01: "La cantatrice de Capodimonte" de Bernardo Cavallino (1616) offre un portrait d'une cantatrice qui ajuste sa natte avec sensualité et semble chanter une villanelle.
Le chant a toujours accompagné la vie des napolitains comme le montrera la chanteuse Luccila Galeazzi dans son récital de musique populaire napolitaine.
Audition 01 d'une voix de vendeur des rues .
Audition 02 d'une chanson napolitaine du XIIIè siècle "Lavandaie del Vomero" (Nuova Compagnia di Canto Populare)
La musique savante et la musique populaire sont intimement liées par la parole et le chant.
Audition 03 du mamento de "Semiramide riconosciata"de Nicholas Porpora compositeur,pédagogue et maître de chant. par Blandine Staskiewicz dans l'aire :"Votrei spiegar l'alfanno"
Tableau 02 : "La joueuse de clavicorde" (1645-1650) de Cavallino du Musée des Beaux Arts de Lyon. Il s'agit d'une commande d'une clientèle aristocratique émanant d'amateurs d'art.
le clavicorde a des cordes frappées et représente l'ancêtre du piano pour répertoire profane et intime alors que le clavecin a les cordes pincées et est donc plus sonore.
Tableau 03: Sainte Cécile de Carlo Sellito (1613) du Museo du Capodimonte de Naples est une commande du Maître de Chapelle du Comte de Lemos Vice Roi de Naples.
On y observe le maniérisme tardif (fin XVIIè- début XVIIIè) dabs la figure de l'ange élongué qui actionne l'instrument (un orgue positif) au moyen d'une cordelette . Les peintres napolitains se sont convertis au naturalisme ténébreux du Caravage. On notte l'influence de la culture romano bolognaise de Guido Reni qui a séjourné à Naples. le peintre Sellito meurt prématurément en 1614 alors qu'il ouvrait la voie au classicisme.
Tableau 04: l'Atelier du peintre ou allégorie des Beaux arts" (1635-1639) attribué à tort à Velazquez. C'est le spécialiste napolitain Nicolas Spinoza qui a reconnu "le Maître de l'annonce aux bergers" (1630-1650) dans ce tableau prêté par la Fondation Maseveu Peterson d'Oviedo.
On y relève la "tremenda materialida" ou stupéfiante matérialité dans cette nature morte mélancolique où se mélangent partitions, crâne, luth et un petit cartel où on peut lire "apprendi encore" (apprends encore)
Audition 04 : Alessandro Scarlatti "les Vêpres de Sainte Cécile; AMEN par le Philarmonia Baroque Orchestra et le Philarmonia Choir sous la direction de Nicholas McGegan.
La tarentelle est propre à chaque région du sud de l'Italie et se reconnaît par son rythme 6/8. C'est une danse sensée guérir de la piqure de la tarentule, c'est une danse de transe en cercle et très enivrante.
Tableau 05: "La place du marché à Naples pendant La révolte de Masaniello de Domenico Gargiulo 1647.Une révolte populaire contre le receveur des impots sur les fruits menée par un pêcheur amalfitain du nom de Masaniello qui a pris la tête de la révolte avec le peuple de Naples et a marché vers le palais du Gouverneur et Vice Roi. l'émeute a duré 7 jours et a fini par des massacres et dans un bain de sang à cause de la folie de son leader.
Addition 04: "O cunto e Masaniello" NCCP (rythme de tarentelle)
Tous les grands traumatismes historiques napolitains ont été immortalisés:
- l'irruption brutale du Vésuve de 1631 (les événements de Pompéi et Herculanum étaient inconnus au XVIIè) qui donnera naissance au culte de San Genaro.
- la peste de 1651
- la révolte de Masaniello de 1647
L'analyse des tableaux de la représentation physique de la ville de Naples offre une belle vision d'ensemble:
- Vue de la ville de Naples à vol d'oiseau de Didier Barra
- Place du marché de Naples pendant la révolte de Massaniello
C'est en 2012 lors de l'exposition "Corps et ombres" consacrée au Caravage au Musée Fabre que la rencontre avec Nicolas Spinoza grand spécialiste de la peinture napolitaine et conservateur du Musée Capodimonte de Naples a donné l'idée de faire une rétrospective sur cette période qualifiée d'âge d'or. Aucune rétrospective n'avait été faite depuis 1980 il y a 30 ans au Grand Palais.

Nicolas Spinoza parle de Jusepe de RIBERA :

https://www.youtube.com/watch?v=M9AgSYgyAlY
Il s'agissait:
1- de montrer la dimension européenne de la ville de Naples.
2- de valoriser les collections françaises disséminées dans les musées de Besançon, Nantes, Lille, Lyon Toulouse et Montpellier (12 Jusepe de RIBERA (1591 - 1652). dont l'Egyptienne et le Pied-bot au Louvre)
3 - Tous les musées napolitains ont été mis à contribution et ont offert leurs plus belles pièces.
Les tableaux napolitains ont pu être acquis par les musées grâce aux collections privées des mécènes Pierre et François Cacault, diplomate sous Napoléon et grand collectionneur clissonnais qui a rapporté un tableau inestimable de Filippo Vitale de 1615 ou d'un François Xavier Fabre (1766-1837) qui a lui aussi ramené des tableaux de la célèbre Collection Gerrini de Florence.
Le musée de Valence dans la Drôme a offert 2 de ses plus beaux tableaux de Porpora et les a extrait de leur écrin que le Musée venait de leur construire.

Prise de notes de Patrick CHEVREL (Montpellier) le 22 juillet 2015

Naples racontée par ses peintres et ses musiciens.
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