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  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
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25 juin 2007 1 25 /06 /juin /2007 15:23

Je ne résiste pas au plaisir de citer encore Gaston Kelman et qu'il m'en excuse mais tant de Missions sur le Continent africain (Tunisie, Niger, Sénégal, Mozambique, Malawi Namibie...) pour le compte de la Ligue de l'Enseignement ou du Ministère de la Coopération m'ont amené à vivre ou à gérer de pareilles situations. Un regard autorisé et non sans humour ne peut que me réjouir pour me prémunir de pareilles erreurs de vue. 
Kelman2.jpg
"Le sommet de l'aberration, le nec plus ultra de l'action produisant des résultats diamétralement opposés à ce que
l’on attend, ce sont certainement les voyages organisés par les maisons de quartier (MQ) et les mairies pour ramener les enfants à leurs racines africaines ou faire connaître celles-ci à des petits Français blancs-blancs ou blancs-maghrébins. Alors, un beau jour, on vous prend cinq petits Noirs, on dira un d’origine sénégalaise, deux d’origine malienne, un d’ori­gine zaïroise, et un d’origine antillaise. On y ajoute deux petits d’origine maghrébine et trois Blancs français.

Votre mission, si vous l’acceptez jeunes gens, leur dit-on en substance, est d’aller construire une maison de quar­tier ou des salles de classes à 500 pauvres petits Maliens. Vous allez reprendre le flambeau civilisateur de votre mère patrie et sortir les petits Noirs de la misère morale, matérielle et intellectuelle. Si l’un de vous était en danger à cause des bestioles tropicales, d’une indigestion de tiebdien, ce plat typique sénégalais, de gingembre, ou pour une tout autre raison, refluez tous en rangs serrés vers le consulat de France le plus proche où une logistique adaptée se chargera de vous rapatrier vers le monde civilisé.

Mission impossible! Certes, pour 500 petits Maliens qui n’ont pas pu reconstruire le mur effondré de leur MQ ou le toit crevé de leur école. Mission impossible pour la négraille en 500 exemplaires, mais pas pour dix petits tartarins-banlieusards de la région parisienne. Alors, tisonnant leur bravoure et bardés d’élan missionnaire, sinon messianique, nos petits héros s’en vont sauver les petits Maliens. Ils arrivent dans leurs chaussures Nike dernier cri, leurs survêtements de grandes marques, leur accent français. Des grappes de marmots les suivent à longueur de journées, rêvant du pays qui a vu naître et qui héberge de tels héros, et se jurant qu’un jour, ils deviendront comme eux. Tout le monde tombe en pâmoison dès qu’ils touchent un seau pour puiser l’eau du puits ou une pelle pour remuer le mortier.

Deux ou trois semaines plus tard, tout ce petit monde rentre en France avec des pellicules de photos et des cas­settes vidéo qu’ils montreront un soir à la MQ, en présence du directeur des lieux, écolo post-soixante-huitard, en présence de quelques Blancs toujours les mêmes, mordus de vie associative et de lien social, militant pour l’Afrique, la Palestine ou une quelconque guérilla d’Amérique latine, les peuples opprimés, en somme. Les enfants parleront de l’Afrique qui est très accueillante, de la misère qui y est pal­pable, du boulot de titan qu’ils ont exécuté, de tout le monde qui les aimait, des pauvres gens qui attendent tellement qu’on les aide, de tel enfant qui... de telle femme que... Nihil novi sub sole, en somme! Rien que du très classique colonial. Les petits Noirs de la délégation se sentiront investis d’une mission messianique et vous jureront tout le mois suivant leur retour, mais pas au-delà, qu’ils vont tout faire pour retourner là-bas aider l’Afrique.

Leurs racines? Tiens, oui à propos des racines qu’ils sont allé chercher, où sont-elles passées? Personne ne leur posera la moindre question. En fin de compte, dix jeunes Européens seront repartis perpétrer le mythe selon lequel l’Afrique ne peut rien faire seule sans l’aide de l’Occident. Que 500 élèves d’une école africaine ont besoin de dix ban­lieusards français pour élever le mur écroulé de leur MQ ou réparer le toit effondré de leur école.

  Et cerise sur le gâteau, un petit Blanc rentrera le coeur chavirant d’amour pour une beauté locale qu’il retournera épouser  s’il se nomme Michel et qu’elle, c’est Cathy. Et ils sont adorables !
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Réentendre Gaston Kelman présentant son dernier livre 
"Parlons enfants de la patrie".(Editions Max Milo2007) 
dans l'émission la Bande à Bonnaud sur France Inter du 14 mai 2007: (décapant et jubilatoire garanti ! Si besoin je vous poste le fichier par megaupload
 )
En prime un Florilège de blagues sur les Noirs offert par Gaston Kelman dans son livre "Je suis noir et je n'aime pas le manioc" à retrouver sur ma page sur les Auto-Stéréotypes dans le cadre d'un cours de Maitrise FLE à l'Université de Nantes sur l'Interculturel.
Parlonsenfantsdelapatrie.jpg



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