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  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 21:30

I – La violence perverse au quotidien

De petits actes pervers sont si quotidiens qu’ils paraissent la norme. Cela commence par un simple manque de respect, du mensonge ou de la manipulation. Nous ne trouvons cela insupportable que si nous sommes atteints directement. Puis si le groupe social dans le quel ces conduites apparaissent ne réagit pas, cela se transforme progressivement en conduites perverses avérées qui ont des conséquences graves sur la santé psychologique des victimes. N’étant pas sûres d’être entendues, celles-ci se taisent et souffrent en silence.

Cette destruction morale existe depuis toujours, dans les familles où elle reste cachée, et dans l’entreprise où l’on s’en accommodait en période de plein emploi car les victimes aveint la possibilité de partir. Aujourd’hui, celles-ci s’accrochent désespérément à leur poste de travail au détriment de leur santé tant physique que psychique. Quelques-unes se sont révoltées, ont quelque fois intenté des procès ; le phénomène commence à être médiatisé et cela amène la société à s’interroger.

Il est courant dans notre pratique psychothérapeutique d’être témoins d’histoires de vie où l’on discerne mal la réalité extérieure de la réalité psychique.

Ce qui frappe dans tous ces récits de souffrance, c’est la récurrence. Ce que chacun croyait singulier  est en fait partagé par beaucoup d’autres.

La difficulté des transcriptions cliniques réside dans le fait que chaque mot, chaque intonation, chaque allusion ont de l’importance.

Tous les détails  pris séparément, paraissent anodins, mais leur ensemble crée un processus destructeur. La victime est entraînée dans ce jeu mortifère et peut réagir elle-même en retour sur un mode pervers, car ce mode de relation peut-être utilisé par chacun de nous dans un but défensif. C’est ce qui amène à tort, à parler de complicité de la victime avec son agresseur.

Il m’a été donné à voir au cours de ma pratique clinique qu’un même individu pervers tend à reproduire son comportement destructeur dans toutes les circonstances de sa vie : sur son lieu de travail, dans son couple, avec ses enfants, et c’est cette continuité de comportement que je veux souligner. Il est ainsi des individus qui jonchent leur parcours de cadavres ou de morts vivants. Cela ne les empêche pas de donner le change par ailleurs et de paraître tout à fait adaptés à la société.


Marie France HIRIGOYEN Le Harcèlement moral (Pocket 10680)  

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