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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 17:17

Paru dans le Nouvel Observateur du 25 mars 2009

De 4 000 a 984 euros


Comme elle serait heureuse, Christine, 58 ans, responsable du recrutement dans des labos pharmaceutiques, au chômage depuis deux ans, de pouvoir «travailler jusqu'à 70ans» !

 


Petit à petit, elle largue ce qui a fait son ancienne vie. Bazardée, la maison qu'elle louait tout près de la mer, à Concarneau, «un petit paradis», et remplacée par un appartement loué à Brest. Abandonnée aussi, la voiture pourtant bien utile en province. Oubliés, les achats de vêtements : «Heureuse ment, j'avais une belle garde-robe.» Depuis plus de deux ans que Christine, 58 ans, rame pour trouver du travail, elle vit ce que la majorité des Français redoutent désormais : le début de la dégringolade. Ancienne commerciale puis responsable du recrutement dans des labos pharmaceutiques, elle a envoyé plus de deux cents lettres, s'est déplacée pour des entretiens d'embauche à Nantes, Rennes et Paris. Sans succès. Elle a même postulé pour des ménages : «Surdimensionnée pour le poste !» Travailler jusqu'à 70 ans ? Elle juge le mot d'ordre «absurde» : elle ne demanderait pas mieux.
Histoire banale, représentative de toute une génération de cadres en colère. «Boomers» (nés au lendemain de la guerre), ils sont encore en pleine forme. Cadres, ils aiment leur travail et veulent l'exercer le plus longtemps possible. Mais, seniors, ils sont les premiers touchés en période de récession. Avec les jeunes.
Les droits de Christine aux Assedic se sont vite épuisés car elle avait démissionné d'un emploi pour un autre qui n'a pas duré. Fondu aussi, par conséquent, le petit pécule d'un plan d'épargne-retraite. Cette célibataire sans enfant vit donc de l'AER (Allocation Equivalent Retraite), soit 32,30 euros par jour, une somme peu en rapport avec son ancien salaire de 4 000 euros. Alors elle écrit aux journaux pour dire son énerve- ment. Et elle prouve son efficacité de commerciale en décrochant des dons de la grande distribution pour le Secours populaire : «Je leur ai déjà procuré plusieurs tonnes de nourriture.» Elle est consciente qu'il y a des situations pires que la sienne : un frère secourable lui paie son appartement et elle sait qu'à 60 ans elle touchera sa retraite, soit 1800 euros par mois.
Ils sont 17% de chômeurs âgés de 50 ans et plus, donc avec un très mince espoir de réinsertion. Certes, depuis le 1er janvier, la loi a supprimé les mises à la retraite d'office et oblige les entreprises à conclure des accords pour l'emploi des seniors. Que faire en attendant que ces me sures - si tant est qu'elles soient appliquées - fassent de l'effet ? «Hiberner, se faire cryogéniser, renoncer, se suicider- ?», interroge Christine avec une ironie amère.

 

Jacqueline de Linares
Le Nouvel Observateur
http://tempsreel.nouvelobs.com/index.html

Emploi : le plongeon des seniors

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