Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Seniors Dehors !
  • Seniors Dehors !
  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
  • Contact

Recherche

23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 20:39
Pourquoi les décideurs prennent-ils parfois des décisions absurdes !
décider, de pas décider, se tromper dans ses décisions, faut-il décider seul, en petit comité ou à plusieurs ? Telles sont les questions que se posait  "Rue des Entrepreneurs" sur France Inter, ce samedi 23 mai 2009.
Plusieurs invités y répondent mais l'adaptation au contexte de l'Education et plus particulièrement dans le management d'un établissement au jour le jour mérite qu'on s'y intéresse au vu des dérives managériales actuelles.(suivre le lien)
D'abord qu'est-ce qu'une décision ?
Les situations ont évolué, le contexte, les savoirs et les outils d'analyse ont changé pour ceux qui ont à prendre des décisions.
Le recours systématique aux experts rend les situations plus délicates.
1) l'approche rationnelle est une illusion si elle n'est pas prise avec méthode et risque de conduire à la non décision voire à la décision absurde.La science multiplie les outils d'aide à la prise de décision mais avec quels succès ?
2) "Discerner et décider: deux mots indissociables si on veut donner un sens à une action. Une décision ce n'est pas un coctail plus ou moins réussi de contraintes Elle devrait être l'incarnation d'un idéal".telles sont les premiers mots de la préface de Pascal Lamy Directeur général de l'OMC dans l'ouvrage "Pratique de la décision" chez Dunod.  En France, le responsable, le chef c'est celui qui décide . mais la décision est l'aboutissement de chemins complexes et parfois contradictoires ou se mélangent émotion et raison.
Il faut d'abord décider entre CHOIX et DECISION.
- Choisir suppose avoir posé clairement une alternative et donc on n'est pas dans la décision par principe c'est au regard d'options il est préférable d'opter pour l'une.Une fois que j'ai choisi, j'ai donc indiqué ma préférence et après je vois de quelle façons je la mets en oeuvre donc la mise en oeuvre est une autre question de choix. Si on ne fait pas la différence entre choix et décision on passe directement entre "j'ai un problème"  les solutions sont simples et la décision c'est ça. En anglais on dit :"decision making" en français on ne peut pas le dire et donc derrière décision on a bien un processus.
La question de prise de décision de comment elle se prend soit un rapport de force soit comment elle tombe, c'est derrière "decision making".
Une décision va dépendre du contexte et une personne différente n'arbitrerait pas de la même façon sur les mêmes arguments.
On voit bien là que le chef d'établissement est en position de pouvoir hiérarchique sur ses enseignants et agents et sans aucun contrôle de sa propre hiérarchie.  La décision n 'est donc pas forcément bonne et parfois totalement à la tête du client.
Les décisions sont prises par des personnes qui incarnent des rôles et des responsabilités, qui ont une vision de leur contribution dans le monde d'aujourd'hui,soit parce qu'il faut faire respecter un certain nombre de bonnes pratiques liées à l'intérêt général, parce que l'Education a une stratégie, mission, une vision, et que donc ce sont les personnes qui incarnent ça, les décideurs,qui vont faire la différence parce qu'ils vont articuler un argument autour de cette option la, qui pour eux a plus de sens par rapport à telel ou telle finalité qui est visée.
Et la question devient, quelle est la finalité que nous visons de façon à identifier quel va être la raison pour laquelle on va choisir telle option plutôt qu'une autre.Il s'agit de dissocier ce que j'ai envie de faire pour moi et ce que j'ai envie de faire pour bien agir.
 Faut-il se débarrasser des enseignants qui ne souscrivent pas au projet ou les conserver et les placardiser ?
 Comment se prend une décision collégiale lors des grandes messes rituelles tout au long de l'année présidée par le Chef d'Etablissement ?
 Ou bien on fait appel à l'expert extérieur à l'établissement: un IDEN chargé de l'introduction des langues à l'école, un universitaire, un psychologue scolaire, un membre d'une ONG ou d'une Association ou des intervenants qui n'ont pas d'autorité hiérarchique ou morale sur le corps enseignant.
Christian MOREL:Dans les mécanismes de groupe, il y a beaucoup de processus qui conduisent justement à faire d'énormes erreurs. Chacun anticipe ce que pense l'autre. Supposons que dans un groupe, vous avez dix personnes qui pensent A et puis 4 personnes qui pensent B, si les 4 personnes qui pensent B chacune pensent individuellement qu'elles sont la seule à penser B , elles vont hésiter à intervenir et c'ets ce qui se passe régulièrement dans les AG d'établissement.
  Et donc alors qu'il y a eu 4 personnes qui pensaient B ce qui n'est pas négligeable, et bien le groupe va penser qu'il y a unanimité. C'est ce qu'on appelle "l'illusion de l'unanimité" particulièrement dans la cas des ATP/ PPRE.
  Vous pouvez très bien avoir dans un groupe, un nombre important de personnes qui pensent le contraire de la majorité et on va avoir l'impression que tout le monde pense la même chose, ce qui n'est pas le cas.
On ne prend pas forcément de meilleures décisions à plusieurs.
 Parfois le fait d'être beaucoup peut-être contre productif c'est le cas dans les réunions sur l'organisation des "Portes Ouvertes du Collège" où chacun a déjà mentionné sa participation et son type d'action..
 Christian Morel cite le cas d'un prisonnier en Allemagne évadé 6 fois qui avait constaté que plus il y avait de gardiens et moins la surveillance était efficace.
 Quand on est nombreux, chacun pense que c'est l'autre qui va intervenir, l'attention se relâche et donc pardoxalement avec moins de gardiens,on a une  meilleure surveillance. Transposons ce paradoxe au Collège, avec moins de Surveillants , meilleur encadrement des élèves ! Tollé chez les syndicalistes !
On peut rajouter le mépris de la hiérarchie, je suis le dernier, le "n moins que quelque chose",et je n'oserais pas ouvrir la bouche pour dire quelque chose et donner le fin fond de ma pensée alors que j'ai peut-être raison, que je suis le seul à avoir la vraie connaissance du terrain. Combien d'enseignants chevronnés et expérimentés baillonnés ou fatalistes dans une autocensure face à une hiérarchie omnipotente et fière de son bon droit reçue comme un onction lors de la sacro-sainte réunion de service à l'Académie.
  Il n'y a pas que la hiérarchie, un phénomène que l'on observe est que les gens vont se taire sur un problème dans un groupe ou parce qu'ils vont privilégier la bonne entente dans le groupe plutôt que d'expimer une opposition et d'apparaître comme quelqu'un qui ne participe pas vraiment à l'esprit de groupe. Par exemple, l'invasion de la Baie des Cochons à Cuba, de nombreux conseillers (Rusk et Shlessinger) autour de Kennedy étaient opposés à cette opération, ils préféraient une opération aérienne
mais se sont tus. Combien aujourd'hui avalent des couleuvres dans l'actuel gouvernement, dans les entreprises et aussi dans les établissements scolaires...!

 (à suivre)



Partager cet article

Repost 0

commentaires

Pages

Catégories