Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Seniors Dehors !
  • Seniors Dehors !
  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
  • Contact

Recherche

3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 19:47

CAMUS objet de condescendance:
Jean Paul Sartre : " J'aurais au moins ceci de commun avec Hegel que vous ne nous aurez lu ni l'un ni l'autre, mais quelle manie vous avez de ne pas aller aux sources "
Jean Jacques Brochier : "raillant la morale de croix rouge d'un philosophe pour classes terminales"
Pierre Bourdieu:" Que l'on pense seulement au camus de l'homme révolté, ce bréviaire de philosophie édifiante sans autre unité que le vague à l'âme égotiste qui sied aux adolescences hypokagneuses et qui assure à tout coup une réputation de belle âme, cette période semble bel et bien révolue"
Après Maurice Weyembergh, qui a publié Albert Camus ou la mémoire des origines, voici "L'ordre libertaire: la vie philosophique d'Albert Camus" par Michel ONFRAY

.Albert Camus écrivait en 1953 dans ses Carnets: "Je demande une seule chose, et je la demande humblement, bien que je sache qu'elle est exorbitante : être lu avec attention." Pour lui rendre justice, croiser sa pensée et son existence, saluer une vie philosophique exemplaire, j'ai souhaité écrire ce livre après l'avoir lu avec attention. Michel Onfray Pour mettre fin à une légende fabriquée de toutes pièces par Sartre et les siens, celle d'un Camus "philosophe pour classes terminales", d'un homme de gauche tiède, d'un penseur des petits Blancs pendant la guerre d'Algérie, Michel Onfray nous invite à la rencontre d'une oeuvre et d'un destin exceptionnels. Né à Alger, Albert Camus a appris la philosophie en même temps qu'il découvrait un monde auquel il est resté fidèle toute sa vie, celui des pauvres, des humiliés, des victimes. Celui de son père, ouvrier agricole mort à la guerre, celui de sa mère, femme de ménage morte aux mots mais modèle de vertu méditerranéenne : droiture, courage, sens de l'honneur, modestie, dignité.

La vie philosophique d'Albert Camus, qui fut hédoniste, libertaire, anarchiste, anticolonialiste et viscéralement hostile à tous les totalitarismes, illustre de bout en bout cette morale solaire. (Flammarion)
Voici venu le temps de la réhabilitation philosophique et politique de l'auteur de "l'homme révolté" en le qualifiant de "nietzchéen de gauche".1628446_6_ae80_couverture-de-l-ouvrage-de-michel-onfray.jpg
 Michel ONFRAY :
 Qu'est-ce qu'être nietzchéen ? qu'estce que ne pas être nietzchéen ? Qu'est-ce qu'être de gauche ?

Il y a un compagnonage entre Nietzche et Camus du début dans Sud la revue de Roger Grenier son prof de philo à la fin.Camus écrit un texte sur "Nietzche, Shopenhauer et la musique" qui console. Il a lu Daniel Halévy. Ensuite les citations d'Inactuel de Nietzche en prologue à Actuel -chroniques journalistiques de Camus sont un clin d'oeil direct (*). Il possède une photo de Nietzche dans son appartement et lorsqu'il meurt dans un accidnet de voiture il possède dans son cartable un manuscrit du "Premier homme" et un exemplaire du "gai savoir".
* Il y a deux façons d'aborder Nietzche chez Camus, celui d'avant la guerre dans "Noces" six pages d'exercice de style nietzchéen où on s'expérimente comme un fragment du cosmos, on conçoit qu'il n'y a pas l'homme et le monde séparés, mais l'homme dans le monde et c'ets un exercice de natation qui lui permet de montrer la grande adhésion au monde.
Comment peut-on être nietzchéen après Auschwitz, les facsismes  et la libération des camps: on ne peut pas dire oui à tout.Il y aura toujours un Hitler, un de Gaulle et une shoah, ça se répétera éternellement nous dit Nietzsche dans le gai savoir alors que Camus dit non: on doit dire oui à ce que qui dit oui à la vie,et non à ce qui dit non à la vie et c'est l'Homme révolté.Son nietzchéisme n'est pas intégriste et il passe à autre chose c'est à dire un nietzchéisme de gauche.On ne peut pas consentir au monde tel qu'il est , il y a des choses insupportables,on ne peut pas supporter l'insupportable et il est de gauche mais pas comme Sartre qui se considérait marxiste parce que c'était l'horizon indépassable à cette époque là et Camus dit non, on peut être un socialiste libertaire on peut aller voir du côté de Proudhon plutôt que Marx avec un socialisme humaniste, de la liberté, de la justice et non pas un socialisme césarien, un socialisme des barbelés.ce socialisme libertaire a été maîtrisé par sarte qui nous a dit que ça n'en n'était pas un.        
"Il vaut mieux périr que haïr et craindre,il vaut mieux périr de foi que se faire haîr et redouter, telle devra être un jour la suprême maxime de toute société organisée politiquement
La lecture de la mort heureuse est une lecture nietzchéenne et il y a une violence chez le premier Camus de la jeunesse qu'il va ensuite tempérer après la guerre , la résistance et les camps et il dit "Il y a chez Nietzche de quoi corriger Nietzsche." et c'est ce qu'il va faire dans sa deuxième période, dans "l'homme révolté" qui est un commentaire de Nietzche. Il conservera tout de même le Nietzche artiste dans le Discours de Suède. Camus dit dans l'homme révolté que l'adhésion forcenée à tout de Nietzche n'est plus recevable et il refuse le thème du Sur homme quel qu'en soit le contenu.
Chez Camus la révolte est dans l'homme,dans le refus d'être traité comme une chose,et d'être réduit à la simple histoire. Elle est l'affirmation d'une nature commune à tous les hommes.L'homme dans sa révolte pose une limite à l'histoire et il le met en délicatesse avec toute idée selon laquelle l'humanité serait à construire qu'elle soit marxiste ou nietzchéenne.
"Amor fati" aime ton destin a été reprise par le marxisme léninisme via Hegel selon laquelle l'histoire se réalise selon l'idée du  concept et de l'idée et donc il sufirait d'accepter ce que l'Histoire nous propose y compris sous forme de camps,et de goulags, de police et de socialisme des barbelés,il faut souscrire à cela et Camus nous dit non, on doit pouvoir vouloir autre chose dans l'histoire, qui n'est pas écrite selon une dialectique aveugle,on doit pouvoir manifester son vouloir dans l'Histoire.On ne peut pas accepter l'idée du surhomme car l'homme authentique existe déjà. Camus est un penseur de la limite, de la mesure car il voit chez Nietzche une pensée de la démesure incarnée par la bomme atomique; l'essentiel de Camus se trouve hors de l'horizon nietzchéen. Il n'y a pas de plus grande histoire d'amour que celle de Camus et l'Algérie mais pour St Germain des Prés, l'Algérie c'est la province.Dans la mesure, Camus défend un rapport simple au monde, une lecture directe du réel, les civilisations ont mis la culture entre la réalité et le monde, il oppose Tipaza à Florence, il découvre la lecture et l'Algérie au travers de modèes grecs. Dans les mots Sartre émet un adieu à la littérature dans laquelle il était enfermé dans une sorte de névrose, il veut aller vers une réalité plus concrète que la culture elle même  alors que dans "le premier homme" doit sa tête à M. Germain qui l'a fait entrer dans le monde et grâce à qui il a pu rendre hommage aux muets, à la famille analphabète dont il vient car il a reçu la culture qui lui a permis de le faire. Il y a donc chez Camus un rapport de gratitude à l'égard de la culture mais pas de religion du livre qui le différencie de Sartre un bourgeois.
 Il découvre dans "la Douleur" d'André de Richaud ou "les Croix de bois" de Dorgelès sa propre histoire ou elle de son père mort au front.Les livres ne sont pas des fins en soi, il n'est pas dans la religion du livre mais dans le culte en espérant faire accéder le plus grand nombre à la culture.Il a en même temps une méfiance de la culture par amour de la culture quand il voit ce que St Germain intellectualiste en a fait.
 Dans la préface des "Iles" de Jean Grenier, Camus dit : "parmi les demi vérités dont s'enchante notre société intellectuelle figure celle ci excitante que chacque conscience veut la mort de l'autre aussitôt nous voilà tous maîtres et esclaves voués à nous entretuer mais le mot maître a un autre sens qui l'oppose seulement aux disciples dans une autre relation de respect et de gratitude, il ne s'agit plus alors d'une lutte des consciences mais d'un dialogue qui ne s'éteint plus dès qu'il a commencé et qui comble certaines vies". Voilà aussi ce que Camus a retiré de sa fréquentation des livres et surtout des intercesseurs qui lui ont permis d'accéder au royaume de la culture et par là d'avoir une meilleure compréhension du monde et de l'existence.
La lecture des rapports maîtres/esclaves chez Hegel a produit des effets désastreux chez les sartriens, chez Jeanson,l'idée que dans toute intersubjectivité il n'y a que du désir de mettre à mort est une catastrophe.
dans la Peste au contraire, Camus prône une amitié solidarité antifasciste dans la résistance.
Camus nietzchéen de gauche: pourquoi vouloir ancrer Camus à ce point à gauche ?
réponse à Francis Jeanson sur son article critique : Albert Camus ou l'âme révoltée:(âme entendez belle âme avec une connotation  dépréciative)
"On ne décide pas de la vérité d'une pensée selon qu'elle est à droite ou à gauche,et encore moins selon ce que la gauche ou la droite décident d'en faire, si enfin la vérité me paraissait à droite, j'y serais".
Autrement dit Camus nous explique dans ce moment de grand terrorisme intellectuel que ce n'est pas son problème,qu'il ne cédera pas à la pression, il ne se demande pas devant telle ou telle réalité s'il faut être de gauche ou de droite il veut même dépasser une opposition aussi tranchée précisément parce que la réalité ne se réduit pas à l'affrontement du maître et de l'esclave ou comme on dirait aujourd'hui des dominants et des dominés.       
 C'est ce qui définit la gauche libertaire, elle dit on est sur le terrain de la gauche mais quand la gauche à tort on n'ets plus de gauche on est ailleurs et quand la droite dit vrai,la droite dit vrai et peu importe que ce soit la droite qui le dise. Simplement il y a des gauches sectaires, des gauches de ressentiment qui considèrent que selon le catéchisme si la gauche l'a dit, la vérité est là.Et Sartre avait décidé qu'il était de gauche une bonne fois pour toute et que tout ce qui était de gauche était bon, il faisait du général de gaulle un fasciste et les entretiens récemments publiés le désservent et sont atterrants, il souscrit à toutes les dictatures et terrorismes de gauche du siècle: Septembre Noir, Cuba,Kim Ling Sung..;
La gauche libertaire dit la liberté est plus importante que la gauche et la gauche peut se tromper.Mais comme depuis l'opposition Marx/Proudhon , et Sartre/Camus n'a jamais été montrée telle qu'elle était,il y a en effet deux grands lignages dans les socialismes,et non pas comme le dit Marx un socialisme utopique et un socialisme scientifique,mais un socialisme césarien et un socialisme libertaire qui ne se laisse pas enfermer dans un catéchisme fut-il de gauche.
Le juste et l'injuste,le vrai et le faux sont des catégories plus pertinentes pour penser que les catégories de droite et de gauche.
Camus a des difficultés avec lea gauche mais que pourtant la gauche reste sa famille mais dans ses carnets il ajoute dans une note: "A la limite s'il doit choisir entre l'égalité et la liberté, il cite Toqueville à ce moment là qu'il admire ,je choisirais la liberté" et il ajoute "si la vérité était à droite, j'y serais" mais il dit "qu'on ne connaît pas la vérité on ne peut que l'approcher et comme on ne la connaît pas la seule chose dont on dispose à défaut de la liberté c'est l'honnêteté".
"Le démocrate est modeste, il avoue une certaine part d'ignorance, il reconnaît le caractère en partie aventureux de son effort et que tout ne lui est pas donné et à partir de cet aveu, il reconnaît qu'il a besoin de consulter les autres de compléter ce qu'il sait par ce qu'ils savent".
Comme le dit John Stuart Mill, on peut toujours être réfuté par les autres,et c'est ça le bonheur de la liberté d'expression, ce n'est pas seulement la possibilité pour soi de s'exprimer mais c'est la possibilité d'entendre des arguments qui vont vous contredire et vous permettre d'aller plus loin et cela peut venir de quelqu'un qui se trouverait précisément à votre gauche ou à votre droite.
Il y a plusieurs façons de penser la gauche, on peut la penser de façon viscérale c'était le cas de Camus: être de gauche c'est être du côté des miséreux, des sans grades, des pauvres, de son père de sa mère,de sa famille, fidèle à son enfance,à son époque,à son école républicaine, à la méritocratie; ensuite cela peut vouloir dire souscrire à la gauche immodeste et qui est dans la démesure Hégélienne avec Marx, Lénine, Staline etc..
Camus est aussi pluraliste:la civilisation européenne est pluraliste, je veux dire qu'elle est le lieu des oppositions des pensées,des valeurs contrastées et de la dialectique qui ne se termine pas; il y a donc chez lui une hostilité à toute pensée binaire,à tout dualisme facile,à tout réductionnisme manichéen.
Texte de Simone de Beauvoir: "la pensée de droite aujourd'hui" : "la vérité est une erreur multiple,ce n'est pas un hasard si la droite professe le pluralisme" et elle ajoute en citant Jules Romains: "Etre à droite c'est avoir peur pour ce qui existe" écrivait Jules Romains à une époque où il ne partageait pas encore cette peur,mais d'une certaine façon Camus partageait cette peur,je ne veux pas l'ancrer à droite, je veux simplement faire un sort à une phrase du Discours de Suède : " Chaque génération sans doute se croit vouée à refaire le monde, la mienne sait pourtnat qu'elle ne le refera pas,mais sa tâche est peut-être plus grande, elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse".

Camus ont le voit ici a peur pour ce qui existe ou pour utiliser le vocabulaire d'un autre philosophe, il est du principe de responsabilité pour la fragilité du monde plutôt que du principe d'espérance.Cela n'en fait pas un homme de gauche typique car il ose penser l'échec de la révolution et de l'action comme les philosophes de l'Ecole de Francfort.la gauche en général pense l'action et a du mal à imaginer que son action pourrait échouerdictionnaire_albert_camus20100423.jpg.
Au nom de la gauche marxiste on peut critiquer la gauche proudhonienne; on peut ainsi dire dis moi quelle est ta Révolution française et je te dirais qui tu es.Camus n'est ni pour Robespierre ni pour St Just, ni pour la décapitation de Louis XVI, il est contre la peine de mort.Dans la critique habituelle tout ce qui n'est pas jacobiniste et Robespierriste est antirévolutionnaire, Girondin ou Charlotte Corday. Camus préfère la Commune parce que la révolution est inséparable de 1793 et de la guillotine et de ce crime originel qui décapite un homme même un Roi comme le pratiquera plus tard le FLN. Camus soutient la CNT espagnole, l'autogestion, la gestion quotidienne du conflit social sans les délégués syndicaux et les professionnels de la politique.Marx a déboulonné Proudhon comme Sartre a évincé Camus et une gauche libertaire dont on n'avait pas besoin;
Toute action engagée peut être sans lendemains comme elle peut réussir dit-il dans le mythe de Sisyphe.Il se démarque aussi d'une gauche du tout politique et de sa promesse de bonheur dont la gauche est dépositaire si elle élimine l'ennemi à abattre. Camus dit : "On ne meurt pas toujours les armes à la main, il y a l'histoire et autre chose, le simple bonheur, la passion des êtres, la beauté naturelle" et il dit : "Ce sont là aussi des racines que l'histoire ignore et l'Europe parce qu'elle les a perdues est aujourd'hui un désert."
Le seul héritage que Camus a de son père puisqu'il avait 1 an lorsque celui ci est mort,c'est son directeur d'école à Alger M. Lévêque qui le lui apprend dans une conversation,que son père qui luttait en 1905 dans l'armée française au Maroc, découvre la sentinelle qu'il est censé relever,la tête renversée tournée vers la lune, il avait la bouche ouverte avec son sexe en entier et M. Lévêque trouve des justifications progressistes et  culturalistes: on est chez eux et ils ont raison de se battre et la fin justifie les moyens. Toutes ces objections sont balayées par le père de Camus qui a cette phrase:"un homme ça s'empêche" et on peut se demander si toute l'oeuvre de Camus n'est pas un long commentaire de cette phrase paternelle notamment dans l'Homme révolté puisqu'il voudra introduire de la mesure dans la révolte et cela André Breton ne le lui pardonnera pas. 
Il faut ajouter aux valeurs de l'anarcho syndicalisme et à la morale libertaire la liberté, l'équité, la justice,la modestie, la mesure qui constituent les fondements de l'éthique-politique.
La politique n'est pas supérieure à la morale.
Pour Camus il faut remettre l'éthique au centre du politique et c'est ce que les sartiens lui ont reproché, sa morale boy scout des antinomies où les limites changent sans cesse de place et de position. la position de l'Homme révolté est très difficile et roule son rocher comme Sisyphe, c'est ce qui en fait un livre moral , politique qui cherche des solutions partielles aux problèmes de l'instant.Peut-on résoudre des antinomies par des solutions provisoires, c'est le programme de l'anarcho syndicalisme qui ne sera pas définitif.

Ex Pouvait-on régler le problème algérien autrement que par la peine de mort, la torture et la guerre totale.Le patriotisme contre le nationalisme c'est aimer sa terre avant tout. Autodétermination algérienne et liberté association comme en Nouvelle Calédonie.Le Premier homme était la  réponse camusienne uchronique (posthume) à ce problème de la Guerre d'Algérie .          

.http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4384027  

Partager cet article

Repost 0

commentaires

clovis simard 09/09/2012 16:21

voir mon blog(fermaton.over-blog.com)

Pages

Catégories