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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 12:51

Faut-il avoir peur du populisme avec Laurent Bouvet et JP Legoff
Depuis la fin des années 60 et l'entrée dans l'ère du vide des années 80 nous sommes rentrés dans une société des individus c'est à dire pour reprendre la définition de Norbert Elias, "une société née de multiples projets mais sans projets, animée par de multiples finalités mais sans finalités", or voici que le peuple revient en force sinon dans les faits du moins dans le vocabulaire politique.

Les candidats à l'élection présidentielle ne parlent que du peuple et au peuple. Le peuple contre les élites, le peuple contre les riches, le peuple qu'il faut protéger de la mondialisation et/ou de l'immigration . et le candidat centriste François Bayrou va même jusqu'à déclarer dans l'un de ses meetings: "Je viens de  prononcer devant vous le mot de peuple c'est un mot qui parait-il est suspect, je trouve que c'est un symptôme de la dégradation de l'esprit public que dans notre temps, l'injure suprême dans le monde politique ce soit devenu "populisme".Que du mot de peuple,du grand mot de peuple, on forme un qualificatif qui est une injure c'est révélateur de la manière de la manière de ceux qui se croient les élites regardent ceux qu'ils croient être le peuple".
Que signifie le grand retour du peuple dans la France de 2012 ?

Le populisme a été stigmatisé avec le "non" au référendum du Traité européen ce qui a empêché de prendre du recul sur ce qu'il signifiait pour essayer de le comprendre avant de le juger.
Définitions du peuple:
Sans parler du "genos" ou "ethnos" ou "laïos" (la foule) des Grecs, le peuple "demos"au sens politique revêt dès le début une ambiguïté : c'est le tout légitimant de l'ordre de la cité, le bon peuple, celui sur qui on fait reposer cet ordre et en même temps le mauvais peuple,la partie, c'ets à dire le bas peuple,les pauvres sont toujours les plus nombreux nous dit Aristote,et c'ets le peuple remuant celui qui met à bas le peuple de la Cité lorsqu'il est mécontent et qui conduit les dirigeants à la démagogie, à vouloir plaire au peuple. On va retrouver cette ambiguïté à l'âge démocratique moderne avec le peuple souverain et les trois figures de peuple qu'on peut identifier et qui se démarquent avec cette année pivot de 1848:
1. le peuple démocratique du suffrage universel, de l'égalité devant la politique.
2. Le peuple social qui commence à émerger avec la révolution industrielle, le peuple de l'égalité, celui qui revendique dans la production économique, le rapport de force avec le capital.
3. le peuple national,qui se constitue selon l'Europe des nationalités sur un projet civique à la française,ou une nation organique à l'allemande.
Ces peuples du XIXè sont touchés par les guerres du XXè siècle et les totalitarismes qui sont l'exacerbation du peuple dans la classe, le communisme sous la forme stalinienne et l'exacerbation du peuple dans la race sous le nazisme ce qui va conduire après 1945 à un fort individualisme malgré les dispositifs protecteurs comme la sécurité sociale. Le peuple va mourir progressivement avec le souvenir du totalitarisme dont il a été l'un des objets.bouvet.jpg
Quand les candidats de tous bords, de droite comme du gauche et même du centre en appellent au peuple, à quel peuple s'adressent-t-ils ?
A tous et c'est cette indétermination qui fait la force de cette interpellation et en même temps toute sa faiblesse. Qu'est-ce que le peuple réduit aux catégories populaires ? les employés et les ouvriers tels que les ont catégorisés par l'INSEE soit plus de la moitié de la population active aujourd'hui, très hétérogènes et sans intérêts communs auxquels il faut ajouter les retraités qui ont fait gagner Sarkozy en 2007 enfin les jeunes des catégories populaires qui ne sont pas encore dans la vie active.
Si ce peuple démocratique s'abstient, la gauche rique de remporter cette élection alors que si le peuple se mobilise sous la forme des catégories populaires, la gauche perd les référendums pour lequels le PS avait demandé de voter oui en 2002 et 2005..D'où l'enjeu social et démocratique actuel. "La gauche sans le peuple" après Mai 68 selon le titre d'Eric Conan (1970)s'est coupée de ses bases traditionnelles en donnant des leçons de  morale aux couches populaires qui avaient mal voté.
Pour ne pas s'adresser aux Noirs de France,candidats de la diversité aux patronymes qui ne sonnent pas français,et sur des femmes,dans quel univers mental la gauche est-elle passée par rapport à la dimension républicaine. ? Comment dépasse-t-on ces segmentations ? Essentiellement par une articulation entre un passé qui est lié à une histoire collective de la Nation ouverte (on peut en discuter) et un projet d'avenir qui dépasse les aspirations propres à ces couches.Sarkozy a tenté de renouer à travers un roman national à travers l'articulation de la France et del'Europe mais ce qui manque à cette campagne c'est la réinsertion de ces différentes dimensions éconoomiques de satisfaction de ces différentes catégories dans  un récit historique qui donne un sens à tout cela et qui dépasse les catégories qu'ils soient jeunes, vieux, Noirs Arabes etc..
Encore faut-il aimer cette histoire et que nous nous projetions ensemble vers l'avenir.
Rapport très discutable d'une fraction du PS,du "think tank "Terra Nova" (Mai 2011) deux erreurs sur les catégorisations artificielles, et sur les banlieues abstentionnistes(ZUS: Zones urbaines sensibles) coupées du territoire et de la gauche bobo et des zones périurbaines lepénistes.                   

Hégémonie des analyses rassurantes économico sociales de la gauche et grande difficulté à penser la dimension anthropologico culturelle et donc identitaire.

Entre l'identité substantielle et la fuite en avant, choisissez votre camp.Legoff.GIF
Comment les politiques s'emparent du débat sur l'Islam ? Il faut laisser le débat intellectuel qui doit demeurer libre, il n'y a pas de question taboue.On assiste à une gauche qui empêche le libre débat, confrontation argument sur argument pour immédiatement pratiquer le chantage, vous êtes dans un camp.depusi 1980, la gauche morale l'a emporté sur la gauche sociale, et elle a cadenassé le débat intellectuel et les débats refoulés reviennent par la fenêtre, avec des associations qui sont devenues la police de la parole et il faut s'interroger sur un certain nombre d'associations qui ont pour fonction de surveiller la parole et porter plainte. La gauche bête et moralisante va s'engouffrer dans les débats du Front National en creusant le fossé avec les classes populaires et les hameçons lancés par la droite ont marché.
Marine Lepen a séparé au nom de la Laîcité,les bonnes minorités de l'Islam des mauvaises ainsi que des bonne minorités homsexuels ou Juifs attaqués dans les quartiers, et la gauche est restée dépourvue devant ce discours car elle protège toutes les minorités.

Laurent Bouvet, professeur de science politique à l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et enseignant à Sciences Po ParisAuteur de :"Le sens du peuple : la gauche, la démocratie et le populisme"
Jean-Pierre Le Goff, sociologue, auteur "La gauche à l'épreuve : 1968-2011
Lire : Pierre-André Taguieff   "Le nouveau national-populisme"

http://www.franceculture.fr/emission-repliques-faut-il-avoir-peur-du-populisme-2012-03-17

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