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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 08:43
J'ai mal au travail ! l'invité d'Inter
Invitée :  Danièle Linhart Sociologue du travail, directrice de recherche au CNRS, membre de l'Observatoire du stress à France Télécom
. "Travailler sans les autres ?" (2009 /Le Seuil).
Le travail occupe quantitativement moins de place, depuis le début du XXe siècle, dans la vie des gens qui travaillent : les durées moyennes de travail se sont réduites de façon spectaculaire. Pourtant, on observe un phénomène paradoxal : le travail devient de plus en plus obsédant, il colonise de plus en plus la vie privée et, d’enjeu politique, enjeu social qu’il était, il devient affaire de plus en plus personnelle. Le rôle du travail est bien en train de se transformer sous nos yeux. Il n’est plus tant une expérience collective qu’un corps-à-corps solitaire de chacun avec son travail. Or, le travail reste l’activité majeure à travers laquelle chacun trouve à constituer son identité, à se socialiser, à prendre pied de façon citoyenne dans notre société. C’est l’activité majeure à travers laquelle on peut, légitimement, avoir le sentiment de contribuer à la société. Et cette prégnance de l’activité professionnelle s’accentue d’autant plus que la logique capitaliste exige un marché qui s’approfondisse sans cesse en inventant de nouveaux biens et services. Toutes les activités et les rôles sociaux sont ainsi convertis en marchandises incontournables, et se trouvent vidés peu à peu de leur sens. Autour du travail marchand, c’est un véritable désert social. Tous les membres de notre société se trouvent ainsi de plus en plus propulsés économiquement mais aussi socialement, symboliquement, vers le travail marchand. Être privé d’emploi est source d’une réelle souffrance identitaire. Mais avoir un emploi, c’est être confronté à des exigences d’engagement total de soi pour la cause de son entreprise, qui enrôle la subjectivité et impose une mise à contribution de la vie privée et familiale (disponibilité, flexibilité et mobilité sont requises). Cet engagement débouche souvent sur des conflits de valeurs, et pousse à exceller dans des directions qui peuvent nuire à la société : esprit exacerbé de compétition, de concurrence, stratégies pour tenir ses objectifs et obtenir des primes à tout prix, instrumentalisation de l’autre, rapport narcissique à son travail. Le travail modernisé ne s’éloignerait-il pas de plus en plus de la société ?

(*) Auteure de Travailler sans les autres ? Éditions du Seuil, 2009.

Invite Marie Pezé Psychanalyste, elle a mis en place en 1997 à l'hôpital de Nanterre la 1ère consultation "Souffrance et Travail" en France. "Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés" (Pearson)

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