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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 13:17

Je ne suis certainement pas le seul à avoir été intrigué par ce nom et à me demander pourquoi les écrivains combattants avaient besoin d’une forêt ! S’agit-il de s’entraîner à des combats ? Et ces combats sont-ils militaires ou littéraires ? Les habitants de Lamalou les-Bains l’appellent aussi la « forêt du souvenir ». Une explication est sans doute nécessaire avant de partir marcher dans les monts de l’Espinouse, autour du mont Caroux, promenade facile à faire,en allant vers le sud, après avoir admiré le viaduc de Millau. Des inondations catastrophiques s’abattent en mars 1930, inondations peut-être dues à un déboisement anarchique, et l’Association des Écrivains Combattants, présidée alors par Claude Farrère, va participer, avec le Touring Club de France et l’Administration forestière, à la plantation d’un massif forestier de 135 hectares sur les pentes du mont Caroux, entre les bassins de l’Agoût et de l’Orb, à un endroit où le désastre avait été particulièrement grave. La jeune forêt, plantée de pins et de cèdres, était en pleine croissance en 1938 et les Écrivains Combattants, sous la présidence de Paul Chack, ont procédé au baptême des allées qui rayonnent autour d’une large table forestière figurant une croix de guerre couchée et qui portent chacune le nom d’un des écrivains morts pournom d’un des écrivains morts pour la France. Roland Dorgelès écrivit alors un bel article intitulé « La Forêt du Souvenir » : « Tuer des hommes, broyer des murs, coucher des arbres, éventrer le sol jusqu’à trouver la marne blanche et le caillou, c’est cela la guerre. Comme la paix est d’engendrer, de planter, de bâtir... C’est sans doute pourquoi, obéissant à ces obscurs souvenirs et poussés aussi par un besoin de pérennité, les Écrivains Combattants ont un jour résolu d’offrir à la France une forêt nouvelle, pour consoler de celles que nous avons perdues. » « (…) On a procédé au baptême de cette Forêt du Souvenir dont les allées et les ronds-points portent les noms des vingt-cinq écrivains français et alliés tués à l’ennemi. Nous aurions pu choisir à cet effet des écrivains illustres - de Péguy à Psichari les noms ne manquent pas - mais il nous a semblé plus juste d’honorer cette fois les jeunes, les méconnus, les débutants qui ne laissaient, pour survivre, que quelques pages dispersées;ceux dont j’ai dit un jour qu’ils ont peu versé d’encre mais tout leur sang. Ainsi revivront sous les branches les noms de cet Alan Seeger, engagé américain, qu’un unique poème : « J’ai rendez-vous avec la mort » devrait suffire à immortaliser. Et celui de Paul Lintier, qui n’eut le temps que d’écrire un chef-d’oeuvre : « Ma pièce ». Et celui de Sylvain Roye dont la « Prière des tranchées » est un admirable sanglot. Et celui de Lionel des Rieux, qui chantait les Saisons et les Nymphes. Ils grandiront avec les cèdres... et plus tard, quand la Fatalité voudra que le sang coule encore sur les funèbres Marches de l’Est, ces arbres prédestinés, gémissant sous le vent, sentiront s’ouvrir à leur flanc, comme des cicatrices,le nom de ces jeunes hommes partis à leur tour pour les boismaudits d’où l’on ne revient pas. » Le temps passe et, le dimanche 13 juillet 1952, Pierre Chanlaine, nouveau président des Écrivains Combattants, remet solennellement la Forêt des Écrivains Combattants à l’État, représenté par M. du Vignaux, directeur général des Eaux et Forêts. Le temps passe encore et entre 1965 et 1968 des Jeux Floraux sont organisés puis des visites guidées sont prévues pour les scolaires et c’est ainsi que le 12 juin 2003, à l’initiative du service départemental de l’ONAC de l’Hérault avec l’Inspection académique et les communes de Combes, Lamalou-les-Bains, Rosis, Saint-Pons de Thomières,Olargues et Bérarieux, une manifestation est organisée avec la participation d’une centaine d’enfants. Le matin, une conférence traitait de l’histoire de la Forêt, lieu symbolique du département de l’Hérault, et de la transmission de mémoire.La journée s’est achevée par un recueillement au monument des Écrivains Combattants. Il faut signaler, à cette occasion, la présence d’une soixantaine de drapeaux, d’un piquet d’honneur mis à disposition par le délégué militaire départemental et d’une musique qui ont donné toute sa solennité à cette cérémonie en présence du monde combattant local. Il est impératif que l’Association des Écrivains Combattants reprenne un peu d’intérêt pour « sa Forêt », bien qu’elle n’en soit plus la propriétaire car c’est vraiment un haut lieu de mémoire et d’histoire. Cet intérêt pourrait se manifester par une visite officielle de membres de l’Association et celui qui signe ces lignes est prêt à organiser cette manifestation. Avis à ceux qui sont intéressés :qu’ils se fassent connaître ! Jacques-Louis Delalande Comment la visiter Située dans l’Hérault, sur lescommunes de Combes et de Rossis, la Forêt domaniale des Écrivains Combattants est accessible à 6 km au nord-ouest de Lamalou-les-Bains, par la D.180. Traversée de soixante-cinq allées portant chacune le nom d’un écrivain dont l’A.E.C. a fourni la biographie, après une longue recherche, en juin dernier, dans les archives de l’association, elle s’étend sur 78 hectares. M. André Favard, président du Syndicat d’initiative de Lamalou-les-Bains attend les visiteurs. http://www.lesecrivainscombattants.org/AEC108.pdf

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