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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 20:52

Le blasphème en rire ou en pleurer avec Henri Pena Ruiz et Olivier Bobineau  ( France Culture )
Jésus est un blasphémateur (relire l'Evangile de Marc au chapitre 14 Verset 62 à 65, Jésus dit: "je serai à la droite du Père, du tout puissant". Il se considère comme le proche et l'égal de Dieu).
Le blasphème marque un repli identitaire, c'est un signe d'appartenance pour les gens qui posent une hiérarchie dans la société démocratique où les gens sont égaux et souverains,et je pose un ordre où il y a des supérieurs et des inférieurs et là on a affaire à une vraie confrontation philosophique.Pour faire bref, dans une société où  c'est l'autonomie,où c'est l'étalon de la laïcité face à l'hétéronomie dans un cri de dséespoir on a pas réussi avec les syndicats , avec les partis politiques alors on essaye avec la religion.
Les trois monothéismes, le christianisme, le judaisme et l'islam, sont profondément divisés au niveau de leurs adeptes, dont certains sont d'accord avec les règles de la laïcité mais dont une minorité voudraient rétablir un statut de droit public pour les religions et à partir de là, créer de nouvelles normes qui recréeraient ou restaureraient les anciennes.Aisni une "Association Droit et Liberté" s'étaiet créée autour des catholiques intégristes,et qui demandaient un remise en cause du film la dernière tentation du Christ de Martin Scorcese parce qu'elle blessait les croyances des chrétiens.Ce à quoi il faut répondre que si quelqu'un est blessé dès que sa croyance est mise en cause,c'ets l'ouverture d'un nombre interminable de procès. Les protestants Born Again se sentent blessés en Arkansas parce qu'on enseigne la biologie évolutionniste de Darwin alors qu'ils interprètent littéralement le texte biblique qui dit : "Dieu créa les animaux selon leur espèce" et cela blesse notre interprétation de la Bible et il faut l'interdire.On assiste à une remise en cause de la loi commune de 1905 par la foi particulière de certains.L'étalon c'est la liberté de conscience pourvu qu'elle ne trouble pas l'ordre public.     
Il faut à ce stade faire un peu d'histoire de sociologie et d'anthroplogie avec Marcel Gauchet sur "le désenchantement du monde":
   En un mot on parle de retour de religiosité, de Dieu, du spirituel, ce n'est pas tant l'âge individuel que l'âge identitaire. dans un monde où depuis les années 80, augmentation des risuqe, augmentation des incertitudes,jusqu'à présent les sociétés étaient fdo,dées sur un projet commun, cequ'on appelle la convivance, on va vivre ensemble aujourd'hui l'enjeu c'ets que les horizons sont flous, incertains,économiques, financiers,politiques, les grandes idéologies se sont affaissées et détériorées,qu'est-ce qui reste à l'individu pour construire son identité ? Et bien aujourd"'hui il a une palette très variée et parmi celles ci il ya les traditions spirituelles, il y a les religions et l'individu va se servir, bricoler au sens de lévi strauss avec ce qu'il a sous la main,il va se l'approprier plus ou moins, tester et se construire.
Si l'on regarde la philosophie critique contemporaine, nous voyons un philosophe italien comme Giorgio Agamben,s'intéresser de près aux textes bibliques, nous voryons Denis Girard s'intéresser à la Bible comme un gigantesque somme d'anthropologie et d'ethnologie,nous voyons Alain Badiou écrire un texte sur st Paul considérer que c'est un peu le Lénine du christianisme,et pour finir Slavoj Žižek s'intréresser au Christ, est-ce à dire que ces figures, ces fables deviennent de gigantesque boites à outils de mythes,qui permettent de ieux comprendre la société contemporaine,comment interpréter ce retour des mythes religieux dans la pensée contemporaine ?
Le christianisme n'est pas une religion de sortie de religion comme le pense Marcel Gauchet, car pour sortir le christianisme de la sphère publique, il a fallu que le sang et les larmes coulent..Jusqu'à une période très récente, le christianisme ne reconnaissait pas la liberté de conscience il a fallu attendre Vatican II en 1862 pour reconnaître la liberté de conscience, le droit à l'apostasie aussi, aujourd'hui encore l'église ne reconnaît pas l'égalité puisqu'elle revendique des priovilèges comme par exemple, le salaire pour les prêtres de Alsace Moselle du régime Concordataire payés avec des impôts des athées....
Karl Marx dans la critique du droit politique hégélien en 1843 dit : "que la religion peut quelquefois servir de compensation" et il explique avec cette image célèbre : "le soupire de la créature opprimée, le supplément d'âme d'un monde sans âme".
Et nous y sommes, un monde sans âme,nous sommes dans l'ultralibéralisme qui voue le monde à l'inhumanité, on réduit les humains à des stocks que l'on va dégraisser, on a de soucis que de la spéculation, on critique des peuples quand ils rejettent les diktats des marchés, et dans ce contexte de mondialisation ultralibérale porteur d'inhumanité, il est clair qu'il ya une sorte de désespérance alors que certains se tournent vers la religion c'est une chose mais,il y en a d'autres qui se tournent vers un humanisme de reconquête des droits sociaux. Il n'y a pas fatalité à cette compensation identitaire par le seul religion et la sphère spirituelle ce n'est pas le religieux qui en a le monopole. Jean Paul sartre disant l''existentialisme est un humanisme,n'appuie pas la spiritualité sur la religion, mais sur l'humanisme critique.
Il faudrait donc arrêter de dire que le désenchantement du monde proviendrait  d'un reflux des religions,il provient de cet ultralibéralisme qui déshumanise profondément les relations humaines.
"La religion n'est plus l'opium du peuple mais la vitamine du faible"   Régis Debray
Dans le mot opium il y a deux dimensions comme le faisait remarquer Marx,c'est en même temps un sédatif et en même temps une fuite donc en même temps une protestation contre un monde , "c'est le soupir de la créature opprimée", mais une protestation contre un monde sans âme.
Depuis trois ans les musulmans de France sont montrés du doigt par les pouvoirs public dans les débats sur l'identité nationale, sur la burqa puis sur la Laïcité qui stigmatise les mauvais Français de la République.

Qu'estce que ces questions d'Islamophonie et de Christianophobie nous disent de notre société qu'est-ce que le blapshème nous dit de notre laîcité à la française.  

  

Non, on ne coupe plus la langue des impies... On ne leur tranche plus la tête non plus, sinistre sort que connu le Chevalier de la Barre en 1776, accusé de ne pas avoir salué une procession.  Mais pour un « Charia hebdo » censé fêter la victoire du parti islamiste Ennahda en Tunisie, montrant un Mahomet joyeux et débonnaire promettant « 100 coup de fouets à ceux qui ne seraient pas mort de rire », le siège parisien de Charlie Hebdo a été ravagé par une bombe incendiaire, brûlé par les flammes de l’enfer, son site Internet piraté par des Hackers et sa page Facebook fermée pour cause d’insulte… Et pour la représentation d’une pièce « Sur le concept du visage du fils de Dieu » au Théâtre de la Ville, des catholiques intégristes aspergent d’huile de vidange des spectateurs pour protester que l'image du Christ soit aspergée d'excréments au début des représentations puis maintenant d'encre noire avec cette phrase « Tu n'es pas mon berger »...

Blasphèmes, islamophobie, christianophobie, ces mots ont de nouveau surgis du passé... Du Tartuffe de Molière à La Dernière Tentation du Christ de Scorsese, en passant par les caricatures danoises de Mahomet ou les Versets sataniques de Salman Rushdie, l’accusation de blasphème vient périodiquement remettre en question l’autonomie de l’art et sa prétention à traiter librement de tous les sujets…

 « Dieu est Dieu, nom de Dieu !  » écrivait déjà l’espiègle Maurice Clavel en 1976... Car oui  au pays de Voltaire et de Jeanne d’Arc, le blasphème n’est pas un délit et n’a plus de signification depuis 1789 que pour les croyants … Alors comment interpréter ces troubles, ces violences faites à la liberté d’expression : discriminations réelles ou ressenties ? Crispations victimaires ou affichage identitaire, cri de ralliement de croyants qui se sentent minoritaires ? Mais quel est donc ce sacré qui tremble devant le rire ou la critique 

Invité(s) :
Henri Pena-Ruiz
Olivier Bobineau, sociologue des religions

 


 

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