Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Seniors Dehors !
  • Seniors Dehors !
  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
  • Contact

Recherche

23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 19:23

Le MOI dans tous ses états...
Peut-on parler de soi sans être narcissique ?
Peut-on dire JE sans se prendre pour le centre du monde ?
Le problème ne se pose pas en terme de langage. celui qui répète moi, moi , moi à longueur de journée ne s'aime pas plus que celui qui prend bien soin de ne jamais proposer le mot interdit gonflant ainsi son amour de soi bien audelà de ceux qui, selon lui,se vautre dans le discours du moi.De même qu'il ne suffit pas de dire pour faire, on peut parler de soi sans s'aimer.C'est dire que la question du moi, plus qu'une question de langage: qui est ce moi qui parle et quel est cet objet moi dont il me parle,est toujours d'une façon ou d'une autre une question d'amour.De l'amour de soi nécessaire à notre identité,jusqu'à l'amour propre qui nous fait réclamer indument l'amour des autres,pour notre propre personne au-delà de toute
question de mérite ou de légitimité.
Pris dans les filets du langage et dans une histoire d'amour et de haine de soi et des autres,le Moi à la fois sujet et objet n'a donc pas de lieu propre,sa nature est inateignable, et bien que l'on puisse en parler, il nous échappe toujours.
De cette impossibilité de situer le MOI et du refus de l'aimer qui peut en découler nous analyserons les Pensées de Blaise Pascal en compagnie du philosophe Pierre Magnard.
Sketch de Guy Bedos puis lecture de Pascal, Pensées, 597-455 :"le moi est haïssable" par Anna Mougladis.
Pascal s'adresse-t-il aux MOI qui dont preuve d'excès dont parlait Elisabeth Roudinesco,dans le narcissisme et la mégalomanie d'un Guy Bedos, ou bien désigne-t-il le MOI en général ? Qu'est-ce qui est haissable dans le MOI, ses excès ou le MOI en tant que tel ?
cette formule de Pascal "le MOI est haissable" ou "la seule et unique vertu est de se haïr" nous fait frémir et on se doit de la replacer exactement dans son contexte.
Première remarque, "le MOI est haissable" il faut souligner que c'est le pronom personnel substantivé et précédé d'un article,qui donne lieu à cette détestation et non pas le pronom personnel simple: je ou moi.
Il faut faire cette remarque aussi de l'apparition du pronom substantivé précédé de l'article est quelque chose de tardif dans notre langue.La première occurence que j'ai pu trouver est dans un Dictionnaire du tendre de 1583.Dans Montaigne aucune occurrence du Moi précédé de l'article.C'est donc après Montaigne bien que Montaigne fut encore vivant en 1583 qu'apparaît cet usage et il s'inscrit tout à fait dans la littérature pascalienne,ce qui veut dire qu'il faut faire un distingo entre moi et le moi. Moi, Pascal en parle,il en parle même parfois avec attendrissement; souvenez vous de cette belle remarque sur ces portraits de lui même de vingt ans en vingt ans,que Montaigne regardait déjà. Montaigne disait: "J'ai des portraits de ma forme de 20 ans 25 ans et 35 ans, je les compare avec ceux d'aujourd'hui, combien de fois,ce n'est plus moi".Ce qui donnait à Pascal d'écrire en écho: "je me sens une malignité qui m'empêche de convenir de ce que dit Montaigne,que la vivacité et la fermeté s'affaiblissent surtout avec l'âge,je ne voudrais paqs que cela fût, je me porte envie à moi même, ce moi de vingt ans n'est plus moi. "invidia" au XVIIè c'est l'équivalent de notre mot haine) Autrement dit cette haine de soi, cvous la trouverez dès l'énoncé de son portrait ou la comparaison qu'il peut faire de deux portraits de lui même. 
Peindre le moi c'est déjà une manière de faire du moi un objet et donc de le substantiver si on fait la distinction netre moi et le moi.
Certes mais essayez de voir comment naît ici la haine de soi ou comment elle survit "Je me porte envie à moi même" , je ne peux pas admettre l'image que me renvoie mon ultime portrait et qui atteste déjà les signes du vieillissement encore que Pascal à l'époque n'ait que 37 ans quand il écrit cela.
cependant c'est cela qu'il veut noter, le moi de 20 ans n'est plus moi autrement dit il y a détestation du moi actuel du moi de 38 ans,et il y a une sorte de complaisance dans le moi de 20 ans.Il s'apitoie sur son moi de 20 ans,et quand il reproche à Montaigne de parler trop souvent de soi,puisque c'est la formule qu'il utilise,il ne peut pas s'empêcher de faire cette remarque, ce n'est pas dans Montaigne mais dans moi que je trouve tout ce que j'y vois.Autrement dit Montaigne est pour lui comme un miroir tendu à son propre moi qui éprouve quelque joie, quelque complaisance,quelque plaisir à s'y retrouver. 
On voit donc qu'il y a une pratique du moi, voir un bon usage du moi, voir un amour du moi, une complicité entre Pascal et son propre moi qui est en contraste avec ce que désigne le moi, c'est à dire le pronom personnel substantivé qui est précédé de l'article,et je dirais que le moi ce n'est pas moi.
Le moi se distingue du moi comme une posture que chacun est libre d'adopter ou de ne pas adopter.. le moi c'est donc une attitude et cette attitude elle consiste en quoi si on prend le texte qui nous a été lu,elle consiste à se vouloir centre de tout, autrement dit la posture que désigne le moi, c'est une posture de centration de l'univers sur soi , c'ets une posture tyranique puisqu'elle en oblige aux autres et c'ets aussi une posture injuste car il n'y a aucune raison que je puisse me poser en centre de l'univers.
Adèle: la distinction entre moi d'un côté et le moi de l'autre, est celle qui est en jeu entre l'amour de soi et l'amour propre, puisque Pascal peut s'aimer lui même, peut aimer son moi, avoir de la tendresse pour son moi,tout en dénonçanyt l'excès du moi extérieur, c'est exactement la différence qu'il y a entre s'aimer et l'amour nécessauire que nous nous devons à nous même,pour rester en vie, nous maintenir en tant qu'être humain,et la déviation de cet amour la qui est l'amour propre qui  au contraire conduit à vouloir rechercher à tout prix l'amour des autres à chercher une forme de reconnaissance au sein du regard des autres.Est-ce que cette distinction là est fidèle ?
PM: L'amour propre tel qu'il est défini dans le fragment 978, la nature de l'amour propre et de ce moi humain est de n'aimer que soi et de ne considérer que soi mais que fera-t-il  ? Il ne sera empêché que cet obhet qu'il aime ne soit plein de défaut et de misère, il veut être grand, il se voit petit, il veut être heuerux, il se voit misérable,il veut être parfait, il se voit plein d'imperfections,il veut être l'objet de l'amour et de l'estime des hommes,et il voit que ses défauts ne méritent que leur aversion et leur mépris. Cet embarras où il se trouve, produit en lui la plus injuste et la plus criminelle des passions,qu'il soit possible de s'imaginer car il conçoit une haine mortelle contre la vérité qui le reprend et qui le convainc de ses défauts. Une haine mortelle de la vérité,pour précisément justifier cette adoration que le moi attend des autres, soumis en quelque sorte à sa tyranie, or,comment s'appelle cette haine de la vérité dans la littérature philosophique moderne et contemporaine ? Elle a un nom et ce nom c'est le ressentiment.J'ai nommé ici Nietzche à travers le ressentiment car c'estlui même qui forgera cette notion pour traduire très exactement cette haine de la vérité qui constitue l'alibi de celui qui voulant se faire passer pour le meilleur, pour le plus beau, pôur le plus grand,pour le plus savant, pour le plus digne d'être aimé,ne peut le faire qu'en faisant en quelque sorte sacrifice de toute vérité.
Adèle;: Et la vérité en l'occurence c'est de savoir que son moi n'est pas à la haureur de ce qu'il escompte, en demandant aux autres de l'aimer, il omet ses propres défauts sa propre faiblesse, si bien qu'il n'est pas un objet digne d'être aimé, c'ets en cela que du coup la vérité est haissable.
Et c'est là que la catégorie nietzchéenne s'impose car lorsque Nietzche définit le ressentiment, il y voit l'expression d'une rancoeur de celui qui voudrait être aimé,et qui précisément s'aperçoit bien qu'il ne parvient pas à mériter l'amour des autres.Or, comme cet amour il ne le mérite pas,il veut en quelque sorte l'imposer, l'extorquer et c'est pourquoi il se fait tyranique.
L'amour propre est donc bien l'expression de cette redistribution de tout le champ de la représentation,autour de soi qui en somme en serait le centre,et à partir duquel tout devrait se définir. 
Adèle: Pierre Magnard, si on sort un instant du vocabulaire de l'estime de soi,de l'amour et de la haine de soi,pour adopter un vocabulaire qui était présent dans le texte entendu au début et qui est plus moral, qui est celui de la justice et de l'injustice: "Je hais le moi parce qu'il est injuste qu'il se fasse centre de tout et donc je le haïrai toujours." Vous en notez l'incommodité mais non pas l'injustice.Que vient faire ce terme d'injustice dans cette réflexion sur le moi, en quoi est-il injuste de ne pas haïr le moi ?
PM: Il y a une relation forte entre injustice et liberté,cette relation a été établie depusi l'origine de la philosophie occidentale,par Socrate,qui meurt précisément parce qu'il est le témoin de la justice et de la vérité conjointes.On ne peut défendre la justice sans défendre en même temps la vérité.Pascal se souvient très souvent de Platon,et de Socrate pour retrouver précisément cette connexion forte entre justice et vérité. Or si on lie justice et vérité,on ne peut accorder d'amour qu'au meilleur,qu'au parfait et c'ets là qu'apparaît dans la perspective pascalienne,la réalité de Dieu. Dieu c'est la connotation du meilleur, c'est la connotation du parfait,en dehors de toute référence théologique,en dehors de toute adhésion à un credo,en dehors de toute appartenance à une église; or l'homme laid  puisqu'il veut paraître beau, puisque mensonger il veut paraître vrai,et puisque petit il veut paraître grand,l'homme du ressentiment n'aura de cesse de vouloir régler son compte à cette instance qui le dérange,à savoir le parfait,l'absolu, Dieu.Et c'est pourquoi Pascal pourra dire:"l'amour propre est cet instinct qui porte l'homme à se faire Dieu" . L'homme du ressentiment dans cette exaltation de son propre moi et qui veut se faire juge de toute réalité et maître de toute chose,ne peut pas régler son compte à tout ce qu'on a pu nommer Dieu,c'est à dire à toute référence à une perfection et donc à un meilleur qui me dominerait ou me dépasserait.19:00
Adèle; PM, invoquer la perfection divine dans la réflexion du moi,permet d'introduire une notion que nous n'aons pas encore évoquée puisque en effet si les règles de la société demandent et imposent à ce que le moi soit le plus discret possible, il ne faut pas parler de soi c'est aussi "vous couvrez le moi mais vous ne l'ôtez pas" vous le recouvrez, vous le cachez, vous le maquillez,mais vous ne l'ôtez pas,  ce que la société chrétienne imopose c'est l'anéantissement du moi, on est là dans un lexique beaucoup plus fort et ces deux registres la, le moi social et le moi au regard de Dieu nous permettent de mioeux comprendre en quoi le moi n'est pas seulement redoutable ou méprisable,mais à proprement parler haissable car le terme est extrêmement fort, il s'oppose d'une manière frontale à l'amour, on est dans une pensée qui est dans les extrêmes,sans aucune forme de modération.
PM: Il y a deux termes qui résumeraient ici votre propos,c'est honnêteté et hulmilité. Miton est l'honnête homme, il va donc couvrir le moi, le dissimuler autant que faire se peut,sans parvenir à le réduire,c'est une nécessité sociale,c'est requis des bonnes manières, mais l'honneteté n'extirpe pas l'origine de l'amour propre, il faut pour cela l'humilité, ce que vous appelez l'anéantissement, je préférerais le dire l'humilité,c'ets à dire ce que Pascal a d'abaisser la superbe, comme il aime à le répéter, s'il s'abaisse je le vante, mais s'il se vante je l'abaissse. Il s'agit précisément de ce cet orgueil,de cet amour propre dans la pratique de l'humilité. De l'humilité pourquoi ?
Il faut bien s'aviser que l'homme est fait pour le bonheur et que être heureux c'est aimer, on est heureux que dans l'amour.Encore faut-il connaître un homme digne d'être aimé.Un être véritablement aimable.De telle sorte que le problème de Dieu se ramène en définitive chez Pascal,au problème du bonheur.Pascal est un hédoniste plus qu'il n'est un religieux. C'est un hédoniste pour qui le bonheur est véritablement la fin de toute existence or.si l'on veut vivre le bonheur, il faut vivre un amour qui soit un grand amour,et pour cela rencontrer un être véritablement aimable.Et cet être "véritablement aimable" c'est dans la religion que Pascal le cherchera.
Or , si le ressentiment est quelque chose de si odieux,c'ets parce que le ressentiment est la réaction du petit devant la grandeur,du laid devant la beauté,du minable devant la dignité. le ressentiment est donc,le rejet ou le refus de cet être véritablement aimable.La contestation qu'un tel être puisse être, un tel être n'a pas lieu d'être, car s'il était alors que serais-je moi ? C'ets donc à travers la pratique du ressentiment que le moi apparaît, se nomme, se dénomme,s'énonce, fait valoir ses titres,moi, dans une alternative dramatique, c'est moi ou lui, c'ets à dire mon petit moi infatué de lui même,mon petit moi narcissique et vaniteux,mon petit moi qui ne cesse de se gonfler à la mesure précisément de son ressentiment, ou lui , c'ets à dire l'absolu, le parfait, c'est à dire le digne d'être aimé, c'ets à dire l'être véritablement aimable.
Adèle: mais le problème ne se pose que si on met Dieu et soi sur la même  échelle de continuité où Dieu serait infiniment supérieur, or chez Pascal justement la distinstion des ordres montre que l'homme st infiniment éloigné de Dieu, et donc de cette infinité nous ne pouvons même pas nous comparer et que nous pouvons nous infatuer de nous même et faire valoir nos propres titres,danbs l'espace du monde dans lequel nous vivons, cela n'a aucune conséquence par rapport au royaume divin en tant que tel.
PM: Oui mais "l'homme passe infiniment l'homme" répète -t-il deux fois,ce qui veut dire que l'homme est toujours en train de surpasser,en quête desa propre réalité, vous parliez des trois ordres,je veux bien mais il ne s'agit pas,de minimiser chacun d'eux.Exceller dans l'ordre de la chair n'a rien qui soit préjudiciable à mon salut, si du moins je sais passer de chair à l'esprit et considérer que les oeuvres de l'art, de la science ou de l'intelligence,valent bien les conquêtes des capitaines ou des puissants.Mais qu'est-ce que l'esprit en regard de la charité qui me fait valoir une grandeur encore plus éclatante encore plus écrasante que celle que j'ai connue au plan de l'esprit.?
Autrement dit il y a là chez Pascal, non pas une volonté d'abaisser mais au contraire toujours d'élever davantage l'homme dans la conscience que l'ordre inférieur symbolise l'ordre supérieur et en quelque sorte le prépare,plutôt qu'il ne le nie; de sorte que nous avons une échelle, une échelle sainte sans doute,mais une échelle qui semble structurée. Toute la volonté de l'homme de s'élever au dessus de lui même et de parvenir à la plus haute noblesse qui puisse être.
Adèle: Mais est-ce que le problème dans ce cas n'est aps de savoir où se situe le moi puisque nous parlons de volonté, nous parlons d'humilité,mais peut-on assigner un espace pour le moi c'est la question que Pascal se pose: Qu’est-ce que le moi ?
"Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants ; si je passe par là, puis-je dire qu'il s'est mis là pour me voir ? Non ; car il ne pense pas à moi en particulier ; mais celui qui aime quelqu'un à cause de sa beauté, l'aime-t-il ? Non : car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus.

Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m'aime-t-on? moi ? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même. Où est donc ce moi, s'il n'est ni dans le corps, ni dans l'âme ? et comment aimer le corps ou l'âme, sinon pour ces qualités, qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu'elles sont périssables ? car aimerait-on la substance de l'âme d'une personne, abstraitement, et quelques qualités qui y fussent ? Cela ne se peut, et serait injuste. On n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualités.
Qu'on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n'aime personne que pour des qualités empruntées".
Blaise Pascal - Pensées (688 - Édition Lafuma, 323 - Édition Brunschvicg)
suit une Chanson stupide par Les chaussettes noires, "Je t'aime trop" 29.00 ( à suivre....)

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Pages

Catégories