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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 18:18

Dernière conférence à l’UTT à la salle Pétrarque, ce mardi de M.Gérard Cholvy sur "Religion et culture au XIXè". Que vivent les Seniors intervenants et assistance nombreuse fidèle et attentive. Il faut dire que ce rendez vous du mardi est toujours vibrant de références languedociennes et de citations, de noms connus ou inconnus. Quel plus bel exercice pour entretenir ses neurones. Bref que savons nous des Juifs au XIXè en France et des réactions que leur réussite a engendré, tel était le thème du jour.

En 1865 on ne comptait plus que 122 juifs à Montpellier et on se souviendra bien sûr de la grande période du Moyen Age et de l’évocation précédente du Mikvé et de la Synagogue de Montpellier.

59% des Juifs sont à l’est de la France en Alsace Lorraine surtout ashkénazes repliés sur eux-mêmes autour de leur langue et leur culture le yiddish et catalogués comme usuriers et donc assez mal intégrés. M. Cholvy se réfère à la thèse de David COHEN  qui recensait alors dans la France du IIè Empire : 25% de Juifs « aisés » alors que seuls 12% des Français sont considérés comme « aisés » Cette réussite de quelques uns va attiser les convoitises ou les sentiments de rejet.

Quelques noms de ces Juifs devenus célèbres à divers titres : Les Lorrains : Michel Godechaux  lorrain http://judaisme.sdv.fr/histoire/historiq/lorraine/lorraine.htm  et Achille Fould, banquier puis Ministre des Finances,’ la dynastie est connue par Aymard Achille Fould.), les Bordelais : les fameux Frères Pereire saint simoniens qui ont fait fortune dans le chemin de fer,Isaac Mirès dans la Presse ou Moïse Polydor Millaud qui crée le « petit Journal » à 5 centimes et enfin le Nîmois, Adolphe Crémieux, qui s’illustrera dans l’affaire Mortara en 1858 en Italie.

Il faut citer aussi Jacques Godechaux, Doyen à la Faculté de Toulouse. Certains contemporains commencent à reprocher aux Juifs  en 1858 « leurs pratiques burlesques et leur patois yiddish comme obstacle à leur intégration »

Il demeure une certaine ambiguïté sur l’intégration des Juifs à cette époque car certains baptisent leurs enfants.En 1870, Adolphe Crémieux devenu Ministre fait adopter un Décret qui donne la nationalité française à tous les Juifs  d’Algérie alors que ceux des protectorats voisins du  Maroc et de Tunisie émigreront vers Israël en 1950 après la décolonisation.

Israêl Bédarride originaire de Pézenas fut Bâtonnier à Montpellier, Eugène Lisbonne fut Avocat, puis Préfet de l’Hérault et enfin député et Sénateur. Un contemporain montpelliérain dira non sans humour : « On s’entend mieux avec ses ascendants qu’avec ses collatéraux ».Faisant allusion à la bonne cohabitation avec les Israélites mais aux conflits habituels avec les Protestants !

Ainsi Villevayrac était une ville protestante qui se choisit en 1830 un Maire israélite Alfred Gabriel (fils de Israel Bédarride) pour servir de médiateur dans les querelles entre catholiques et protestants. 

On passera rapidement sur les Rothschild qui essaimèrent de Francfort à Vienne puis de Naples à paris, fondant en 1852, l’Hôpital Rothschild puis un Orphelinat.

L’ascension individuelle des israélites évoquée ci-dessus ne doit pas masquer l’impiété grandissante des familles. Ainsi la célèbre chanteuse des rues devenue la Cantatrice et actrice sous le nom de  Rachel est née en 1821 et morte en 1858 dans la religion juive mais a vécu en parfaite profane sans avoir pratiqué tout au long de sa vie. On abandonne peu à peu le Shabbat, la nourriture kacher, on fréquente peu la synagogue, et on abandonne la pratique religieuse après 13 ans c’est à dire après sa bar-mitsva . On continue à se faire circoncire mais on observe de nombreuses conversions au catholicisme.

Parmi les Fondations qui œuvrent en France pour le maintient de la culture juive : l’Alliance Israélite Universelle et la Fondation Charles Necker pour l’agriculture.

C’est dans ce contexte que paraît « la France juive » du journaliste Edouard Drumont. Ce livre connaît un réel succès et défend la thèse du bouc émissaire dans une France en crise entre 1875 et 1880. C’est ainsi que se développe l’antisémitisme. 

A cela il faut ajouter une immigration nouvelle en France qui vient s’ajouter à la présence israélite traditionnelle et bien implantée et intégrée. Il s’agit des 42000 Juifs de l’Est (Askénazes de Lorraine ) qui se déplacent vers l’intérieur  du pays. Puis la vaugue des immigrants chassés par les pogroms tsaristes  de Pologne, d’Ukraine, de galicie et de Roumanie, ceux que l’on appelait les « Ost Juden » parqués aux confins de l’Empire.

A partir de 1881 surviennent des conflits entre communautés juives sur le territoire de la République.

A  cette époque, 1400 étudiants à l’Université de Montpellier  mais seulement 34 étudiantes et 27 étudiants israélites.

« Le darwinisme social » triomphe et promeut la différence des races. En 1868  Jules Carvalho (1820-1893) un des fondateurs de l'Alliance Israelite Universelle compare la proéminence des crânes des Chrétiens et des Juifs.

On peut noter qu’en Italie (Piémont Savoie Nice) il y a environ 40 000 juifs à Livourne, Venise, Rome. « Ils sont aimés s’ils sont baptisés !  Donc les Italiens ne sont pas racistes ! » On assistera plus tard  à un refus des lois raciales mussoliniennes par les habitants de ces contrées.

En France un Préfet du Gard écrit : « Ici, il n’ ya pas d’antisémitisme, nos Juifs ce sont les protestants ! »

L’antisémitisme est présent dans tous les discours à droite comme à gauche des Socialistes aux communistes et anarchistes : la haine du juif est présente chez Proudhon, Auguste Blanqui, et même chez une socialiste franc maçonne montpelliéraine Clémence Royer qui a donné son nom à un Collège de la ville et qui n’a pas de mots assez durs pour stigmatiser les Juifs. 

L’Antisémitisme se développe aussi sous la forme d’une concurrence corporatiste entre les bouchers de la Villette et les bouchers juifs mais aussi entre médecins de souche et médecins d’origine israélite.

Doit on rappeler que Pétain en février 41 au sommet de sa popularité est accueilli comme le bouclier sauveur et fait une visite triomphale à Montpellier applaudi par un René Barjavel qui n’a pas encore fait son pèlerinage à Katmandou ! Yvonne Azalis-Kribiler de l’Université d’Aix se souvient que le Doyen Frisch de l’Université de Montpellier pendant l’Occupation vole au secours des étudiants juifs menacés par la gestapo en ordonnant de les cacher.

Jean Guitton a été enseignant à l’Université de Montpellier à cette période où on a même envisagé une déportation massive des Juifs vers l’ Afrique du Nord . Il y aurait beaucoup à dire sur l’antisémitisme plus ou moins avoué dans l’entourage deGaulle et de la France Libre mais aussi dans les rangs communistes dès  1940. Pour conclure il faut dire que les Juifs se sont sauvés eux-mêmes et parfois avec l’aide des « Justes » non juifs anonymes et francs maçons.

 

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