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  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 20:57

"Je ne crois pas que deux personnes auraient pu être plus heureuses que nous l'avons été" Virginia Woolf (quelques heures avant son suicide)


Empêtré dans les filets de l'âge et de la dissimulation je retourne à mon impuisance et à ma solitude comme Marcel Proust. J'ai toujours les yeux verts en amande, des cheveux noirs mais plus courts, plus drus. toujours une peau de fille, où pousse difficilement une barbe clairsemée. J'ai 63 ans, cela pourrait être le début de quelque chose, je pourrais donner un sens à ma vie, une direction, un but, je pourrais entrer dans la grande photo du monde, prendre ma place dans la société des hommes. pourtant je reste seul, un peu à l'écart, un peu au dehors, je disparais au coin des rues, on perd vite ma trace, vieille habitude de fugueur. je n'aime pas ce siècle qui a piétiné mes espérances, qui m'a tellement déçu. Mieux je le maudis.


Car à la fin, on est forcément égoïste dans la rupture, égoïste est  seul; nul n'est en mesure de nous y atteindre. certains tentent de s'approcher, d'accomplir des pas dans notre direction, ils cherchent des paroles, des gestes, mais ça ne pèse rien, c'est du vent, du sable. On est là dans la solitude absolue, intouchable. (...)


Les écrivains repoussent la mort, c'est pour cela qu'ils écrivent.


Je me souviens de tout. J'aurais aimé quelquefois perdre la mémoire, ne pas être assailli par les souvenirs, ne pas être rongé, dévoré, me débarrasser de toi, mon amour, mon triste amour. certains soirs, j'ai même songé qu'il eût été préférable de ne jamais te connaître. Cependant mes combats étaient absurdes. Toujours j'étais ramené à toi. Toujours revenaient les images du temps d'avant, le bonheur. C'est terrible le bonheur. Quand on y a goûté, impossible de faire comme si on ne savait pas.
 

 

Extrait de "Retour parmi les hommesPhilippe BESSON.retour-parmi-les-hommes_m.jpg

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