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  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 22:12

Une rencontre avec Serge PEY l'ami de longue date,  lorsque nous animions le Teatro del Riel au Lycée franco-mexicain dans les années 70, est toujours un moment magique et dérangeant dans les certitudes acquises. Aussi, quarante ans après, l'ami Sergio, le visionnaire revient avec son nouveau livre "Lèpre à jeune poète" aux accents de Rilke et de Max Jacob réunis.serge_pey.jpg

Il ya ce soir là tous les amis proches et lointains, les vrais lecteurs, les habitués de la Maison de la poésie de Montpellier, des figures connues (qui se congratulent ) ou inconnues qui s'observent et se jaugent.La présentation par Jean Joubert est sobre et rappelle fraternellement  la bio académique et et marginale d'un passeur qui vient d'achever sa tournée chinoise là où nous l'avions quitté juste l'année dernière à la médiathèque Zola et à la galerie Alma.

Puis c'est au tour de Pierre Manuel l'ami de toujours d'interroger Serge Pey sur son dernier livre et de le questionner sur ce lapsus volontaire de "lettre" à "lèpre".

C'est,  dit Pey une façon d'accentuer ses défauts: quand il était jeune on lui reprochait de trop crier, hurler ses poèmes, et bien au lieu de se taire , il a crié plus fort, de plus en plus fort comme un écho à "la peste" d'Antonin Artaud.

Une lettre à soi même, comme un débordement de soi où l'on se met en risque pour faire naître ce qui est absent ou celui qui est devant soi. C'est comme une naissance à naissance entre celui qui dit et celui qui reçoit. 

Puis PEY en vient au coeur de ce qu' est ou devrait être la poésie.

Pour être poète il ne suffit pas d'aimer la poésie, il faut attaquer "la poétisation", celle de l'Ecole qui tue le poème en impulsant sa dénaturalisation. La copie du poème est inculquée dès l'école primaire tout comme aujourd'hui l'éthique de la modernité engendre aussi une caricature de la modernité.

Il faut savoir se mettre dans lma brisure des frontières de l'Art.

Les récitals de Poésie sont selon Pey des lieux où se succèdent  des poètes qui vident les lieux de la poésie et leur public (pas d'allusion aux Maisons de la poésie)

Il cite l'exemple de Jules CELMA dans son Journal d'un éducastreur (Ed. Maspero) qui en CE2 montra combien la liberté était dangereuse surtout à l'Ecole car laisser des enfants raconter librement leurs rêves est fondamentalement subversif. Le fait qu'un jeune élève avoue avoir rêvé "d'embrasser une fesse de femme" a valu à l'instituteur d'être radié de l'EN.Je parle du risque de la liberté dialectique entre la vie et le langage. 

Pierre Manuel rappelle ensuite que PEY a reçu le Prix Antonin Artaud comme Bernard Noêl et beaucoup d'autres et lui demande comment il l'interprète.

Lors de la remise du prix à Rodez, PEY mit le feu aux poudres en parlant du poète de la douleur, de la défonce, des hallucinations devant les journalistes d'ART PRESS et de quelques doctes professeurs de Fac qui glosaient sur la prise ou non de peyotl par Artaud dans son "Voyage au pays des Tarahumaras" . PEY comme LE CLEZIO pensent qu'il n'a pas vraiment expérimenté cela contrairement à PEY qui peut parler de sa relation mexicaines aux hallucinogènes. 

Après avoir avoué son "amour" pour St Jean de la Croix , Serge PEY s'intéresse  à ses trois références majeures que sont: Jeanne d'Arc , Ste Thérèse d'Avila et Bernadette Soubirous.

Les trois étaient engagées dans une quête de Dieu dans une performance poétique qu'il détaille dans son livre:

Bernadette Soubirous dans un espace mythique des Pyrénées du XIXème siècle baigne dans des histoires d'histéries, de lecture des "hadas" (fées) et "fadas"Bernadette_Soubirous.png

Ste Thérèse d'Avila qui consomme abondamment une tisane à base de natura voit son rétrécissement du champ visuel et est sujette à des formes de lévitation virtuelles.Dans son couvent elle tournait telle un derviche pour voir Dieu dans des rites très orientaux ce qui fait dire à PEY que ces quêtes de Dieu se font dans une performance d'action poétique.

Philippe Soupault raconte une anecdote où invité chez Saint Pol Roux, André Breton est pris d'une transe qui l'amène à se jeter sur un lustre qu'il balance dans la pièce (1) rappelant par ce geste le poème de Baudelaire : "Mon coeur mis à nu" où ce dernier  ne voit rien dans le théâtre que le lustre.

Pierre Manuel demande ensuite quelle différence PEY fait entre "Performance" et "Poésie d'Action" PRINCIPES ELEMENTAIRES DE PHILOSOPHIE DIRECTE.

Dans "performance" il y a compétition, ici et maintenant, un présent or le marathon de diction n'intéresse évidemment pas Serge PEY.

La "poésie d'action"  vise à nommer le monde à pousser la rupture des frontières de l'Art comme le firent les dadaistes, les Duchamp et les actionnistes viennois.

les Huicholes ne s'appelent,pas Huicholes, pas plus que les Cheyennes ne s'appelent Cheyennes ni les Barbares Barbares... C'ets nous qui les avons nommés ainsi.  

Lors des Actions Poésie de Toulouse il fallait définir le champ de cette Action poétique: accepter ou non la forme Cabaret, Cirque ou autre...

L'écriture c'est vivre son corps qui se dit ou ne se dit pas; Henri Meschonnic a bien montré la présence du corps dans le poème.: la poésie c'est le lieu du corps.

Alors que Socrate fige et immobilise telle une piqure de sansue, Pey soulève et met en mouvement.

Il n'y a pas de différence entre poésie orale et poésie écrite, touite écriture contient son oralité et toute oralité contient son signe écrit car le signe linguistique est double.

Comment lire les livres se demande Serge PEY ? Il donne alors deux exemples:

Kafka veut dire Corbeau en Tchèque or l'écriture s'échappe pour transformer la vie. le rassemblement des corbeaux qui jugent l'un des leurs (ZULMA)  montre que le nom "corbeau" /kafka n'est habitable que poétiquement. 

de même Don Quichotte que Pey a relu récemment découvre une anecdote citée par Cervantes: Il cite le cas d'un peintre qui dessinait si mal qu'"il était obligé de sous titrer ses tableaux: Ex: "ceci est un coq" faisant écho au "ceci n'est pas une pipre" de Magritte. En effet en retournant la pipe de Magritte on voit un coq... mais par quel hasard Magritte s'est -il inspiré de cervantes et qui fut l'intercesseur de ce glissement métaphorique ? PEY a trouvé leur maître commun De Chirico  (kiriko, le cri du coq) Don Quichote mais oui c'est DALI qui fait découvrir Don Quichote à Magritte...

Et cela rappelle à PEY la scène où Diogène revient avec un poulet plumé et déclare: "ceci est l'homme de Platon !"

Cervantes a fait en son temps des performances sur les chiens péteurs dont l'intestin avait été gonflé par injection d'air par un un bambou  et qu'ensuite il lançait dans la bonne société affolée et humiliée.

Ces rencontres improbables, PEY les adore et de raconter l'anecdote rapportée par ZOLA dans ses Carnets/Registres sur Mme Paillasson et la fée blanche que l'église a traduit "immaculée conception". Tout cela permet d'accéder à une autre réalité du monde et de revenir sur la pauvre Bernadette Soubirous pauvre fille occitane exilée dans le nord de la France et ses hallucinations obtenues grâce à la "psychoxyline" des Pyrénées champignons bien connus de Claude Gudin,membre du Collège de Pataphysique et spécialiste au CNRS des cucurbitacées. C'est ce même Gudin qui signale que Bernadette avait autour du cou une mandragore qui donne des hallucinations auditives....

Pour revenir à son expérience mexicaine, PEY rappelle sa rencontre avec Octavio PAZ ("Octavio PEY") et surtout Roger Caillois tous joueurs d'échecs. ce qui passionne PEY dans les échecs ce n'est pas le calcul mais la particule, quelles similitudes en effet entre les déplacements  horizontaux et verticaux  du cheval et de l'hippocampe. C'est ce qu'a  mis formidablement en valeur Roger Caillois .

Le secret du cheval et de l'hippocampe voilà une vérité, une fulgurance que seul un poète pouvait mettre en valeur car il est le seul à savoir explorer le réel.

Patrick Y CHEVREL

Montpellier le 1 décembre 2010

Bagarres en tout genre
Dadaïstes contre cubistes
Dans son ouvrage sur Les hauts lieux de la littérature à Paris, Jean-Paul Clébert nous relate qu’un soir de février 1925, une séance tumultueuse opposa les dadaïstes (Tzara, Breton, Soupault, Picabia, Raymond-Dessaignes) aux cubistes dissidents de la section d’or.

« L’affrontement devint tel que le patron décida déteindre l’éclairage au gaz et de laisser les protagonistes s’expliquer dans l’ombre ».
L’auteur nous relate aussi une franche bagarre qui eut lieu en 1925 lors d’un banquet organisé par les Nouvelles littéraires en l’honneur du poète surréaliste Saint-Pol Roux. « Au moment d‘un triste colin à la sauce blanche, les insultes fusèrent et la bagarre devint générale. Soupault se pendit au lustre et balança des assiettes. Par provocation, Michel Leiris ouvrit la fenêtre et cria à la foule amassée : « A bas la France ». Lynché par les badauds d’abord puis par les flics ensuite, il se retrouva à l’hôpital. Rachilde accusa Marx Ernst de lui avoir donné un coup de pied dans le ventre…. ».

 


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