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  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 00:38
Tzvetan TODOROV né en 1939 en Bulgarie entré au CNRS en 1960 à 27 ans comme Barthes et genette. Prix Prince des Asturies pour l'ensemble de son oeuvre sur la pensée humaniste européenne (Rappelons "La conquête de l'Amérique", "la peur des barbares").tzvetan-todorov.jpg
Tzvetan TODOROV était en visite à Montpellier ce Mercredi pour présenter son dernier livre: "La signature humaine" (Essais parus entre 1988 et 2008)
Rappel du plan de l'ouvrage par Régis Penalva, brillant connaisseur et liseur de Todorov et très sûr de lui au point d'impressionner l'invité pour un exercice de style très maîtrisé.
L'auteur se livre alors à une lecture commentée de la table des matières de son livre
I - Présentation de nos contemporains à travers quelques portraits choisis de personnalités qu'il a cotoyées.
- Germaine Tillon décédée en 2008, ethnologue, historienne, combattante et militante sur de nombreux fronts, résistante, emprisonnée à fresnes et à Auschwitz. Engagée auprès du FLN contre la torture et les attentats, défénseure de bien des individus ordinaires et anonymes qui lui doivent tant.sa vie fut une alternance d'études et de combats.
- Raymond Aron (l'élégant mandarin et témoin privilégié d'une époque)
- Edouard Saïd  (exilé Palestinien et citoyen américain à la rencontre des cultures)
II - Histoire des mondes totalitaires que sont le nazisme et le communisme même s'ils ne doivent pas être placés sur le même plan.    
III - Les lectures traditionnelles d'auteurs tels que la Rochefoucault, Stendhal, Benjamin Constant,Goethe ou  Samuel Beckett.
Une grande unité dans ce livre peut être relevée dans ce questionnement cohérent sur la condition humaine ( Malraux) devenu sous la plume de Todorov "la signature humaine" (titre soufflé par une amie de l'auteur)  dans le sens d'une empreinte de toute chose sur l'Humanité. Il ya des signatures politiques, sociétales, littéraires ou morales.signature humaine
 Ces questionnements que Cioran appelait "exercices d'admiration" contituent ainsi un portrait de l'univers intérieur de Todorov.
 Ces portraits sont débarrassés de grilles de lectures idéologiques toutes faites. Ce sont des vies exemplaires qui sont révélatrices d'une fragilité car empreintes d'échecs avec des parcours ambigüs et complexes. Ce ne sont pas des héros lisses,triomphants qu'il nous propose.
Ainsi Edouard Saïd mort de leucémie à 68 ans a publié un "essai sur les causes perdues";
Romain Rolland parlait du "pessimisme de l'intelligence et de l'optimisme de la volonté".
Todorov refuse l'enfermement dans des schémas d'ennemis ou de héros et les catégories stéréotypées.Il mêle dans ses signatures vie et réflexions de ces auteurs.
Il y a parfois des contradictions entre le "dire" et le "faire" chez un Jakobson généreux et chaleureux animateur dans la vie ordinaire mais un théoricien froid du structuralisme formel.
le Russe
Bakhtine  lui etait un théoricien du dialogue mais dans la vraie vie, un parfait autiste et un misanthrope redoutable refusant même de répondre au téléphone.
En revanche la vie et l'oeuvre sont étroitement mêlés dans le destin d'une Germaine Tillon ou chez un Raymond Aron, mandarin du Collège de France qui était un être tourmenté et fragile. rappelons qu'il se destinait à être critique littéraire de Proust mais la guerre l'a détourné de son projet initial.
Edouard Saïd est un Tiermondiste attaché à l'Egypte, à la Palestine et en même temps un new yorkais cosmopolite  dans une ville où tout le monde est étranger et où il avait fait ses études comme Lycéen puis où il est devenu Professeur.
Il représente parfaitement "l'homme dépaysé" (titre d'un précédent ouvrage de Todorov) tout comme Tzvetan Todorov qui a peu de contact avec sa Bulgarie natale .
La condition d'exilé a parfaitement été étudiée pat Edouard Saïd .Tout intellectuel est un exilé car il doit se détacher du réel qui l'entoure et porter un regard distancié. Lévi Strauss parlait de "regard éloigné".Il faut apprendre à porter un regard plus frais, plus distancié sur le monde qui nous entoure.
Dans "Hors Lieux" (E.Saïd nous montre cette prise de distance progressive avec le monde de l'enfance (la Palestine) et le monde d'accueil (les USA)
Régis Penalva: Le totalitarisme met en échec l'humanité. Comment lui résister ?
Par les armes sous l'Occupation (G.Tillon)
En 1949, face au PCF dominant en Europe, David Rousset s'est engagé contre les camps de concentration qui demeurent dans le monde (URSS,Chine,Yougoslavie,Grèce,Espagne,maroc,Algérie...)
David Rousset a créé face à l'enfermement les prémices d'Amnesty International avant l'heure.
"l'Opium des intellectuels" selon Aron c'était les goulags soviétiques.
Toorov cite le cas des Juifs du Danemark et de Bulgarie qui ont échappé à la déportation grâce à un faisceau de solidarités du Bien et du courage qui vont du Parti Communiste Bulgare jusqu'au Roi Siméon de Bulgarie.mais entre les deux, il y avait des personnalités publiques qui se sont opposées de toutes leurs forces:l'Eglise Orthodoxe (le Métropolite de Sofia) Le Roi a donc été amené à protéger 20 000 juifs en bout de chaîne et apporter ainsi une solution heureuse.
Todorov nous signale ensuite la relation singulière entre les chefs totalitaires et les artistes d'Avant Garde. Curieuse complicité entre des artistes dictateurs créateurs de "l'Homme nouveau" ainsi Mussolini se proclamait "sculpteur de l'homme italien nouveau"
Il attribuait l'échec de son projet sculptural à la glaise alors que Michel Ange lui travaillait dans le marbre !
Staline aussi déclarait "les écrivains sont des ingénieurs des âmes humaines" On sait à quoi a abouti cette utopie meurtrière.
Régis Penalva :Les usages de la mémoire sont aujourd'hui très divers.
Un précédent ouvrage de Todorov chez Arlea s'intitulait "Devoir de Mémoire"
La mémoire n'ets ni bonne ni mauvaise. les pires crimes ont été commis en référence à la mémoire.
Exemple: Pour Hitler, il s'agissaitde laver l'affront du Traité de Versailles et ainsi que restaurer l'honneur du peuple allemand et engager la revanche de 1914/18.
les abus de la mémoire varient selon les circonstances, d'ailleurs "devoir de mémoire" est une mauvaise formule. Deux exemples symptomatiques et contradictoires: la Commission "Vérité et Réconciliation" en Afrique du Sud et le procès des Khmers rouges au Cambodge.
Il est dangereux d'ériger un mur entre le Mal et nous mêmes.Quand il s'agit de crimes contre l'humanité, ne jamais oublier la complexité et la noirceur de l'Humanité. "L'inhumanité fait partie de l'humain" disait Romain Gary.
Les tortionnaires s'identifient à leur victime et savent où ça fait mal.
"Délivre nous du mal"dit l'Evangile selon St Mathieu. Tout cela reste un voeu pieu car nous ne seront jamais délivrés du mal, nous ne pouvons le mettre sous chape.
Régis Penalva: En matièrede littérature, vous avez été très influencés par un La Rochefoucault, Stendhal ou un Beckett. Que représentent-ils pour vous ?
La critique est dialogique . elle est aujourd'hui en péril car si elle constitue un art d'agrément elle est surtout "la première sciences humaine" dans le sens où la sagesse humaine s'exprime d'abord par les mythes (Oedipe, Antigone, l'Illiade, ou même chez des auteurs plus modernes  Flaubert ou un Balzac.)
Il vaut mieux lire un roman puissant de Vassili Grossman "vie et destin" pour connaître en profondeur la vie en URSS plutôt que des études historiques.
Même un Beckett nous fait pénétrer dans la littérature du désespoir offre finalement une leçon qui est un message d'espoir dans l'écriture même grâce à son humour et à des constructions attentives à un monde absurde.
Il y a comme une tension entre la théorie du désespoir d'un Godot et la manière de construire le texte autour du comique.
La littérature est avant tout une construction de sens bien avant d'être un simple art d'agrément futile;  
Questions de la salle:
Je ne ctrois pas au Diable. le Mal est le seul moyen d'atteindre un objectif qui leur paraît indispensable. dans vérité et réconciliation , l'ANC était perçu comme une nécessité. Dans nos représentations, essayer de voir que le mal est en nous mêmes, selon les circonstances historique sparticulières.
Poser la question de comment on devient un délateur. Comment se produit un enchaînement de dérives et de faiblesses. Il ne faut pas s'empresser de se distancer face à la tentation d'aveuglement (Rwanda)
L'Education passe par les journaux, la télévision, les disours politqiues, les livres.
Quelle empreinte laisser à l'Humanité ?
La "signature humaine"  est une chose qui s'impose malgré nous et hors de nos intentions.
L'instrumentalisation des devoirs de mémoure actuels:
- Quel ets le symbole de la cérémonie du 11 novembre à Ayglières par sarkozy.
- Qu'évoque historiquement la lettre de Guy Moquet fusillé à 18 ans à part la charge émotionnelle.
- Que représente la lettre d 'un enfant juif chez un enfant de 11 ans aujourd'hui. 
Les usages de la mémoire sont à encadrer dans un enseignement de l'Histoire. le Ministère de l'Education Nationale a pour mission première de préparer une vision jusqu'à 16 ans de l'Identité Nationale. C'ets le rôle du Collège qui est le seul à pouvoir  amener à la réflexion et pas seulement à l'émotion.
Questions de la salle:

Signature/humaine c'est un pléonasme
Comment poyuvez vous affirmer que "la fin justifie les moyens" = c'est l'objectif de tout acte
Vous semblez mettre sur un même plan nazisme et communisme comme 2 totalitarismes. 
Un spectateur lance une question sur les Fleurs du mal de Baudelaire puis sur Sade et le mal esthétisé, sur la beauté du Mal et sur le Mal positif . Il ya longtemps que Régis Penalva n'écoute plus et a quitté son rôle de modérateur et d'animateur du débat pour envoyer des textos dans des apartés à sa dulcinée du premier rang au mépris du public présent salle Rabelais. Son attitude dans la fin de ce débat   
est proprement scandaleuse pour le spectateur et pour l'invité de ce soir qui peine à répondre à ces monologues du public livré à lui même. Manifestement ces hyperbolisations esthétisantes en mode au XVIIIè  et le sado masochisme comme moyen d'accéder à l'autre par le mal au Japon ennuie Régis Penalva et déconcerte Tzvetan Todorov, la séance est levée.
 

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