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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 17:45

U n  r é s e a u  c u l t u r e l  e n  p é r i l 

PAR ALAIN KIMMEL in "Spectacle du Monde" - Mars 2013

 

Depuis vingt ans, malgré de nombreux cris d'alarme, l'action culturelle de la France ne cesse de reculer. Une responsabilité partagée par tous les gouvernements, de gauche comme de droite.

SOUS LA IIIè RÉPUBLIQUE, LA FRANCE A créé un important réseau d'Alliances françaises (à partir de 1883) et d'Insti­tuts ou centres culturels (à partir de 1907) chargés de dispenser des cours de français, d'organiser des conférences et des expositions, de présenter des films et des spec­tacles. Leur mission était de contribuer au rayon­nement de la langue et de la culture françaises à l'étranger. A partir de 1945 et la création de la direction des relations culturelles du ministère des Affaires étrangères, qui succédait au service des œuvres françaises, ce réseau a regroupé, jusqu’'en 2010, les services culturels des ambassades, les Centres culturels et les instituts français. Depuis 2011, il est rattaché à l'Institut français (IF), qui, toujours sous la tutelle du Quai d'Or­say, est « l'opérateur de la politique culturelle exté­rieure de la France ». Tous les anciens centres et instituts ont désormais pour unique appellation « institut français de... » (nom du pays).

L'Institut Français, dont l'objectif est d'« apporter le concours de la culture à la stratégie diplomatique française », est présidé par l'ancien ministre de 1’Education nationale Xavier Darcos. Parmi ses missions figurent la promotion de la langue et de la culture française, la diffusion des savoirs et des idées ainsi que les échanges artistiques et l'accueil en France des cultures étrangères.

Auditionné au Sénat, il y a deux ans, Xavier Darcos ancien ministre de l'Éducation nationale (2007-2009)et président exécutif, depuis 2010, de l'Institut français (IF),

« l'opérateur de la politique culturelle extérieure de la France ».avait déclaré :

« Dans la guerre des influences — le soft power —, nous sommes face à une terrible concurrence. Les réseaux de diffusion culturelle sont américains. La Chine a constitué [...] un réseau puissant : il y a aujourd'hui plus d'instituts Confucius (NDLR: plus de 350 dans 90 pays) que d'instituts français.  

Problème : la diminution constante des budgets depuis 1994.

« La stratégie d’influence est un enjeu majeur [...1, c'est une stratégie décisive dans le contexte de la mondialisation, de l'indifférenciation de cultures, de l'américanisation des savoirs ». Pour tenir son rang dans cette « guerre de influence », la France dispose aujourd'hui d'un réseau représenté dans 161 pays par 101 instituts français et plus de 125 annexes, auxquels s'ajoutent 1 040 Alliances françaises. Cet ensemble a longtemps suscité dans le monde l'admiration, et parfois l'envie, mais, depuis la fin du précédent millénaire, force est de constater qu'il s'est progressivement et régulièrement appauvri. Il y a près de vingt ans, en effet, que tous les gouvernements, de droite comme de gauche, semblent accepter l'affaiblissement de l'action culturelle extérieure de la France.

Des voix venues d'horizons divers n'ont pas manqué de dénoncer cette situation. En 2001, dans un rapport présenté à l'Assemblée nationale, le député Yves Dauge (PS) lançait un véritable cri d'alarme sur la situation de notre réseau culturel, qu'il estimait « en péril sans crédits, sans unité ni mémoire, sans vision d'avenir ». En 2008, Domi­nique Wolton, auteur de Demain la francophonie (Flammarion 2006), s'écriait : « La France brade son réseau culturel à l'étranger », (le Nouvel Observateur,11 décembre 2008). Deux ans plus tard, deux anciens ministres des Affaires étrangères, Alain Juppé et Hubert Védrine, cosignaient dans le Monde (6 juillet 2010) une tribune dans laquelle ils se disaient «  inquiets de conséquences pour la France d'un affaiblissement sans précédent de ses réseaux diplomatiques et culturels ».

L'année suivante, le romancier Benoît Duteurtre observait « Jusqu'ici l'un des plus puissants au monde, le réseau culturel français repues ut en charpie » (Marianne, 26 novembre 2011). Enfin, Christophe Girard, adjoint au maire de Paris chargé de la culture, constatait, dans le Monde du 15 mars 2012, que, « depuis l'entrée dans le troisième millé­naire et l'accélération d'un monde globalisé soumis aux règle marchandes, nous assistons, désoeuvrés ou révoltés, à un appauvrissement, tant idéologique que budgétaire, de notre politique culturelle internationale »

De fait, cette politique est la principale victime des réductions de crédits qu'a subies le Quai d'Orsay ces dernières années. : moins 20 % entre 2007 et 2012, soit une baisse de 10 millions d'euros, dont plus de 6 millions pour la diplomatie culturelle. Lors d'une récente réunion de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, François Loncle (PS), rapporteur pour la diplomatie culturelle et d'influence, a affirmé que les moyens des instituts français avaient diminué de 4 % en 2012 et allaient enregistrer une baisse de 7 % en 2013.

« Cette diminution, a-t-il expliqué [...], poursuit une tendance lourde qui a commencé [—] en 1994 et n'a cessé depuis lors – hormis en 1998 et 1999. »

De fait, depuis 2000, environ un tiers de nos instituts et centres culturels en Europe ont été fermés, dont plus de la moitié en Allemagne (onze demeurent), mais aussi en Autriche, en Grèce, en Italie, au Portugal... Dans ces conditions, nul ne s'étonnera que l'usage de la langue française et la connaissance de notre culture soient en recul dans le monde, même si l'on ne suit pas Times Magazine, qui titrait, en couverture, en 2007:«La mort de la culture française».

Une chose est sûre, néanmoins si, pendant longtemps, les responsables de notre politique extérieure se sont efforcés d'œuvrer au rayonnement culturel de la France, tel ne semble plus être leur objectif aujourd'hui. Une évolution que l'on ne peut que condamner, car « ce que pèse un pays dans le monde tient à sa puissance stratégique, garante de sa politique étrangère, et à sa présence culturelle, qui assure son rayonnement et son influence » (Maurice Druon).

NDLR : Il est pour le moins étonnant dans cet article de notre ancien éditorialiste du CIEP et fin connaisseur de la culture et la civilisation dans le monde, quand il était à la tête du très respecté magazine "les Echos de Sèvres", d'entendre les mêmes voix qui ont été à la tête du réseau s'étrangler du manque de moyens alors qe les mêmes politiques: Juppé, Védrines ou Darcos ont participé à cet étranglement des budgets, sans oublier Alain Touraine qui dès 1985 réclamait à corps et à cri la disparition des mêmes entités culturelles,cependant que Jack  Lang créait son propre réseau international parallèle au sein de son ministère pour court circuiter celui de la DGRC...! Toutes ces voix discordantes réunies d'un seul choeur pour déplorer la perte de moyens laisse rêveur  alors que certains comme Dominique Wolton ou Erik Orsenna ont largement profité des subsides du réseau et du pouvoir pour leur propres missions et leur propre promotion....

Quant aux larmes de crocodiles de Xavier Darcos, permettez moi de rire, quant on connaît le prix de cette sinécure, en remerciement des services rendus au pouvoir sarkozyste et du peu d'éclat et de renommée dont bénéficie depuis sa nomination, son "Institut français" dont personne ne parle et que personne ne connaît.

Oui la Francophonie est moribonde mais il est bon parfois de désigner les coupables ,et au premier chef, celui de la Loi qui porte son nom, récompensé par une autre sinécure à la Cité de l'immigration de Vincennes et qui ne daigne pas répondre sur le sujet, qui jadis lui fut cher, lors de la défense de sa Loi au Parlement...

Une langue française bafouée sur les ondes du service public, une anglomanie galopante voulue par le CSA, celui la même qui devrait se porter garant du respect des quotas et de la diffusion de la langue, pardon des langues régionales et européennes dans un souci de diversité linguistique. Au lieu de cela écoutez les "playlists" de France Inter qui nous assène à longueur de journée les "nanards" et fonds de tiroirs de Mrs Chérèze, Montud et Varod !!! 

 

 

 

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