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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 19:24

Week-end à Saint-Guilhem-le-Désert

LE MONDE | 08.06.05 | 12h47  •  Mis à jour le 13.06.05 | 13h26
Vue générale du village de Saint-Guilhem-le-Désert, situé sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. | AFP/DOMINIQUE FAGET Vue générale du village de Saint-Guilhem-le-Désert, situé sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.

AFP/DOMINIQUE FAGET

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Si charlemagne a inventé l'école, il a, sans le savoir, promu le tourisme à Saint-Guilhem-le-Désert. En offrant, en l'an 804, un morceau présenté comme venant de la Croix du Christ à Guillaume d'Orange, l'empereur carolingien ignorait sans doute que le soldat deviendrait moine et que l'abbaye de Gellone, qui abrite aujourd'hui la précieuse relique et les restes de Saint-Guilhem, serait un jour de 1998 classée au patrimoine mondial de l'Unesco.

Blottie dans un repli rocheux à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Montpellier, en bordure des gorges de l'Hérault, cette cité romane ancrée sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle rayonne depuis 1 200 ans d'une belle et délicate identité médiévale.

Celle du décor architectural, qui inspire sagesse et sérénité au promeneur ; celle de l'artisanat local, avec un étonnant Musée d'antan consacré à la fabrication des santons et, 1 200e anniversaire oblige, la création d'un couteau commémoratif doté d'un manche en buis et de sa cardabelle ; celle enfin de la culture avec un festival de musique ancienne qui, tout l'été, résonne au son de la viole de gambe et de l'orgue réalisée en 1789 par le facteur Cavaillé Coll.

Dans ce pays fait de parois rocheuses, de pitons dolomitiques et de végétation aromatique grillée par le soleil, les maisons séculaires abritent à peine 300 habitants à l'année. Une tribu bousculée, les beaux jours venus, par plus de 700 000 visiteurs qui arpentent les artères pavées et autres venelles tortueuses à la recherche des vestiges du passé. Comme l'église Saint-Laurent, transformée en office du tourisme, comme les bâtisses imbriquées de la longiligne rue du Four, comme les maisons Lorimi et Sandonato, magnifiquement flanquées de leurs arcs empierrés et de leurs fenêtres géminées à colonnettes centrales. Edifiées rue de la Chapelle-des-Pénitents, elles constituent un témoignage intact de l'architecture romane de Saint-Guilhem-le-Désert.

Place de la Liberté, à l'ombre des immenses platanes, le doux clapotis de la fontaine conduit le regard jusqu'à la façade occidentale de l'abbaye, dont l'imposant clocher-porche dissimule une nef épurée longue de 23 mètres.

Sauf à se rendre au Musée des cloîtres de New York pour y découvrir les colonnes et des sculptures extirpées de la galerie de Gellone, on ne peut contempler de l'ancienne abbaye qu'une très belle église du XIe siècle cernée par de puissantes fortifications, l'ensemble étant surplombé par les ruines d'un château du XIIe, d'où l'on découvre un panorama à couper le souffle.

Les initiés ne rateront pas le dépôt lapidaire, qui recèle encore le sarcophage dit d'Albane et Bertane, les deux soeurs de Guilhem. L'occasion aussi de déchiffrer le Christ en majesté, petite plaque de calcaire en forme de losange du XIIe siècle, d'une grande finesse dans le traitement des plis des vêtements et des motifs géométriques.

Au-delà, la rue du Bout-du-Monde invite le marcheur à prendre la direction du cirque de l'Infernet, à moins qu'il ne préfère redescendre vers les rives rafraîchissantes de l'Hérault, le temps d'une baignade ou d'une balade en canoë sous le pont du Diable.

Enregistré lui aussi par l'Unesco, cet édifice, situé à un jet de pierre de Saint-Guilhem-le-Désert, renferme bien des légendes. Afin que ce pont, oeuvre de l'abbaye de Gellone et de sa voisine d'Aniane, soit bâti dans les délais, Saint-Guilhem n'a-t-il pas conclu un pacte avec Lucifer, pacte par lequel le diable laissait le chantier se dérouler moyennant la première âme qui l'emprunterait ? Malheureusement pour lui, ce fut un petit chien qui, le premier, passa sur l'arche. De dépit, le diable se jeta au fond d'un gouffre noir et promis de terribles crues pour les siècles à venir.

Philippe Palat « Midi Libre » pour Le Monde

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