Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Seniors Dehors !
  • Seniors Dehors !
  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
  • Contact

Recherche

1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 13:02

Winston Spencer CHURCHILL, "le plus célèbre inconnu du XXè siècle" par François Kersaudy
            François Kersaudy, vous êtes Professeur de langues anglaises et anglo-saxonnes à l’Université Paris I Panthéon – Sorbonne, et avez enseigné l’Histoire à l’Université d’Oxford. Auteur de nombreux ouvrages historiques, vous avez consacré plusieurs livres à Winston Spencer Churchill. Votre biographie de ce dernier, parue en 2000 et rééditée en 2009 aux éditions Tallandier, sous-titrée « Le pouvoir de l’imagination », a obtenu le Grand Prix d’Histoire de la Société des gens de lettres et le Grand Prix de la biographie politique. Vous avez également dirigé la publication et traduit les Mémoires de guerre de Churchill, reparues en 2010 (Tallandier).

            Prix Nobel de littérature en 1953, Winston Churchill est l’auteur de quelques trente-sept livres, quatre-cents articles et trois milles discours. C’est dans ce vaste corpus, à quoi il faut ajouter le millier d’ouvrages écrits par des collaborateurs, amis, militaires ou hommes d’Etats, que vous avez puisé pour extraire les six-cent citations qui composent votre dernier livre, Le monde selon Churchill (Tallandier, 2011). Classés selon une vingtaine de chapitres thématiques, ces extraits donnent à entendre la voix de cet homme que vous décrivez en conclusion comme « un monument de contradictions ». Cette idée est développée dans une énumération d’oppositions qui caractérisent aussi bien le caractère de Winston Spencer Churchill que son parcours, ou ses choix politiques. Vous écrivez ainsi : « (…) ennemi juré de l’Allemagne pendant deux guerres mondiales, mais fervent apôtre de la réconciliation avec l’Allemagne après celle-ci ; député renfrogné et dépressif, mais qui érige l’humour en arme absolue dans le discours parlementaire ; ministre exerçant ses fonctions avec zèle, mais cherchant constamment à exercer celles de ses collègues par la même occasion ; Premier ministre qui est un chef d’orchestre admirable, mais qui descend perpétuellement de son pupitre pour jouer la partition du violoniste ou celle du trompettiste tout en prétendant continuer à diriger l’orchestre ;Illingworth-s-cartoon-published-on-August-5--1941W-copie-1.gif lauréat du Prix Nobel de littérature 1953, auquel son père écrivait six décennies plus tôt : « Je te renverrai ta lettre, pour que tu puisses de temps à autre revoir ton style pédant d’écolier attardé » ; vieil homme inusable que ses jeunes assistants s’essoufflent à suivre dans tous ses déplacements, il a traversé des épreuves terrifiantes, pris des risques effarants, et bénéficié toute sa vie d’une chance parfaitement anormale… ».

 

 

 

A cela, on pourrait ajouter une autre contradiction, au cœur de la formule par laquelle vous le désignez en introduction, en le qualifiant de « plus célèbre inconnu du XXè siècle ».

A quelle forme de méconnaissance faites-vous ici allusion ? A quoi tient-elle ?
Les contradictions de Churchill sont profondément réjouissantes, vertigineuses et énergétiques: Il est roux, reporter, a un caniche "Edouard" comme Tintin mais pas de castafiore et ce jusqu'à 34 ans.
"Si les professeurs m'interrogeaient sur ce que je sais,j'aurais de meilleures notes mais ils s'obstinent à m'interroger sur ce que je ne connais pas" écrit avec insolence et panache Winston Churchill à sa mère dès l'âge de huit ans et plus loin, à propos du professeur de latin, "je ne comprends pas pourquoi il veut que certains mots se terminent par i ou par o, quel est vraiment le poids de cette différence".churchill-young.jpg

On voit bien qu'il reste quelque chose de cassé dans son rapport avec les femmes, il y a chez cet homme quelque chose de très original,qui est cette capacité non seulement à surmonter mais peut-être à tranformer en force et en énergie une enfance qui me paraît être extrêmement malheureuse.
Il a une mère frivole et un père déséquilibré mais quatre grands parents exceptionnels avec une vitalité, une intelligence, une culture, un esprit d'entreprise. La neurse a compensé beaucoup de choses dirait le Dr Cyrulnik, sans Miss Everest,(tout un programme...!) elle a fait que le  manque d'affection qu'il éprouvait pouvait être compensé par cette dame qui  a rendu un grand service à l'Empire britannique.
Malgré tout cela a laissé des trace avec de grandes périodes de dépression,ou "black dog" (le chien noir) qui selon certains est héréditaire,cependant lui avait quatre moyens de  combattre la dépression:

- l'alccol à haute dose,

- l'hyper activité,

- l'écriture

- et l'humour.

Moyens qu'il lui arrivait d'exercer en même temps.
Churchill, c'est un équilibre très fragile, car c'est un dépressif jubilatoire, c'est très rare car le dépressif normalement il déprime les autres, Churchill c'est le contraire, c'était quelqu'un qui rechargeait vos batteries; quand vous étiez avec lui, il y avait une sorte d'électricité dans le bâtiment, on sentait qu'il y était car on était poussé à faire des choses qu'on ne serait jamais cru capable de faire et cela se traduisait aussi par l'écrit, quand on recevait ses notes,ses rapports, ses lettres,cela fonctionnait aussi. Fréquenter ses discours, ses archives et parler avec ses témoins qui vous rapportent ses paroles, est extrêmement tonique et vos batteries sont rechargées. C'est le contraire de passer quelques semaines ou quelques mois avec des gens comme Hitler ou comme Staline, leurs archives et propos sont profondément déprimants, ces gens sont des malades et cela se communique, si vous y restez trop longtemps cela n'est pas bon pour votre santé,

Churchill c'est le contraire après avoir lu sa biographie, "on a envie de tuer tous les dragons de la Terre.". Alan Brooks son chef d'Etat Major qui le trouvait insupportable et abominable, affreux, horrible, enfant gâté mais disait : "je ne donnerais ma place pour rien au monde".
 
        

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Pages

Catégories