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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 10:51

Alain Finkielkraut dans son émission Répliques du 20 juillet 2013 revient sur la loi Fioraso , nouvelle bataille d'Hernani comme le titrait le Monde du 10 mai dernier, ou simple querelle théologique.

Pour se faire il a invité pour en débattre deux journalistes: Dominique SEUX (le Monde, les Echos, France Inter...) et Emmanuel Constantin (Causeur)
En préliminaire,il est bon de donner des définitions intrinsèques de la langue et de citer la devise des Romantiques: " La langue est l'âme d'un peuple" ou selon Novalis "il n'est d'écrivain qu'habité par la langue".
Mais les deux contradicteurs vont s'opposer sur un fait marginal et déjà acquis à savoir que les Ecoles de Commerce enseignent déjà 50% en anglais dans les disciplines de Sciences Economiques, Marketing et Management et que Science Po leur emboîte le pas et veut devenir le laboratoire de cette réforme en embauchant en priorité des enseignants anglophones au risque de mettre en péril la recherche universitaire française.
Alors l'exception culturelle est-elle réactionnaire ? Non, dit Dominique SEUX qui se réjouit de voir les films les Choristes ou Intouchables traduits dans le monde entier !
"La Culture globale n'est pas un sous culture" proclame-t-il mais en pensant monolinguisme et Finkielkraut de réagir à l'instar de Claude Hagège du Collège de France,en arguant que "la culture anglo-saxonne n'est pas seule au monde et pourquoi domine-t-elle au détriment de la diversité culturelle et linguistique" !
Un rappel de la Loi Toubon de 1994 amène à se demander si elle a été efficace ou réactionnaire ? Non dit Dominique SEUX car elle a levé des lignes Maginot, des digues dans la société dans les domaines de la publicité, de l'espace public, les colloques scientifiques, les programmes....Il n'en retient que les interdits et les "défense de..".Rappelons que le dénommé Toubon pantoufle à la Cité de l'Immigration à Vincennes (merci qui ?) et se soucie comme de sa derière guigne de ces débats anciens et ne répond pas à mes courriers sur l'invasion des "playlists" anglophones sur le service Public (parenthèse refermée et le CSA de soupirer)
Finkielkraut rappelle que les Etudes comparatives Cèdre montrent le faible niveau en anglais des élèves du secondaire.
Puis on incrimine la déresponsabilité des chercheurs qui se documentent en anglais mais qui n'enseignent plus, face à des Enseignants aux prises avec la pratique de leur discipline et des langues de leurs élèves ou étudiants.
Il est opportun de mettre en face à face les deux publications dans la presse des Collectifs de Défense de la loi Fioraso par Françoise Barré-Sinoussi (Prix Nobel de médecine), Vincent Berger (président de l'université Paris-Diderot ), Alain Fuchs (président du CNRS ), Serge Haroche (Prix Nobel de physique et administrateur du Collège de France), Antoine Petit (directeur général adjoint d'Inria ) et Cédric Villani (médaille Fields) louent le nouvel "esperanto du commerce" et celui dans Libération par des enseignants étrangers intitulé: "Français gardez votre langue à l'Université " et nos amis étrangers de pour rendre la suprématie commerciale des Starbuck et autres Mac Donald. (voir la manif Place du Tertre récemment)
On remarquera le silence du MAE et de ses escadrons d'Attachés de Coopération Linguistique et Educative qui semblent muets, car le nez dans le guidon, à "vendre" du DELF DALF en quête de nouveaux publics ciblés et de nouvelle élites francophones à conquérir, alors que leur avenir même est en jeu. Mais rappelons que c'est le nouvel académicien et ancien Maire de Périgueux, Xavier Darcos qui est aux commandes de l'Institut français (merci qui ?)
Alors la question est, faut-il faire une pâle copie des enseignements américains de Harvard ou de l'UCLA voire du MIT pour être visible. le mieux placé pour en parler est bien sûr Michel Serres pour qui "une langue qui ne s'approprie pas une technologie technique ou scientifique se meurt..."
Alors comment parler aux Chinois, aux Coréens,aux Indiens, aux Russes ou au Brésiliens se demande Dominique SEUX ? les meilleurs iront bien sûr à Harvard ou à l'UCLA mais ne faites pas une pâle copie pour les autres,, ceux qui opteront pour la France par défaut, comme une 2è chance, en option de rattrapage...reste la clientèle francophone traditionnelle , ce qui n'est pas négligeable et tout le champ africain, (pays arabes, du moyen orient ou du maghreb sans parler des très convoités Emirats et Quatar promus pays francophones !!) et anciens pays de l'empire colonial en Asie (Vietnam, Laos, Cambodge) Mais la bataille n'est-elle pas déjà perdue là bas même si on ouvre à grands frais des Universités Francophones avec l'OIF et renfort de missionnaires...

Qu'en pensent-ils ? Silence dans les rangs du petit soldat "Lolo"" (alias Fabius) et de son docile éternel Darcos.
Mais revenons à notre vieille Europe: et à l'inévitable comparaison franco-allemande...
Thomas Mann assumait tout l'héritage de sa germanité y compris le nazisme tout comme le Romantisme allemand .
En 2005, Thomas Friedmann écrivait "la terre est plate" et les frontières ont disparu mais aujourd'hui le débat est périmé car la mondialisation est en train de muer en régionalismes et en blocs géostratégiques non plus est ouest , ni nord-sud.
"Il faut donc dit Dominique SEUX, parler la langue de cette cette mondialisation,l'écrire et publier dans cette langue pour être visible et donc se l'approprier".
Ce à quoi répond Emmanuel Constantin, "les cours en anglais à centrale ou dans les Ecoles de Commerce nous font perdre notre temps.Lui même ancien élève de Polytechnique raconte les fous rires pendant les cours de professeurs français baragouinant la langue de Shakespeare : "When the biznesssaïqueul is down, euh... BAM ! craïse ! the enterpraïsis die !"!!!

Les jeunes allemands ou norvégiens en oublient leur langue maternelle et on revient en arrière.Voir le dossier du Nouvel Observateur Education du 30 mai 2013 sur: Fac : le péril anglais.

Dans le Monde du 27 Juin la journaliste Maryline Baumard a montré "le faible niveau des élèves de 3è en Histoire Géo "Au collège, la part des moins bons élèves est passée de 15 % à 21 % de 2006 à 2012. Les collégiens qui passent l'épreuve nationale d'histoire-géographie du diplôme national du brevet, vendredi 28 juin, vont devoir se surpasser. Si l'on en croit la toute première photographie effectuée par l'éducation nationale pour connaître le niveau des élèves dans cette matière, les collégiens ne sont que 51,8 % à répondre à au moins la moitié des questions. Le même test a été réalisé à six ans d'écart, en 2006 et en 2012. Il montre que la situation se dégrade : si l'on ne retient que les questions strictement comparables, les élèves de collège en avaient réussi 58,7 % en 2006 contre 54,4 en 2012".et aussitôt un enseignant de réagir car "les niveaux sont masqués par les problèmes de langue"(!)

Bon alors intéressons nous au prix de la Carpette anglaise attribué à juste titre à Claude Thélot auteur du fameux rapport.
Il y a, dit Dominique SEUX à l'évidence un divorce entre les élites de l'enseignement supérieur capables d'absorber l'anglais et même le chinois et la masse estudiantine qui rame avec des lacunes abyssales en tous domaines...
"Il y aujourd'hui un snobisme de la distinction" pour emprunter au vocabulaire bourdieusien et de relancer le débat Bourdieu/Milner sur cette antenne.
Emmanuel Constantin de Causeur rappelle dans un article édifiant: "le passage à l'anglais est une mode et une fin en soi comme Erasmus est prétexte à standardisation festive et alcoolique !" Où est l'enrichissement linguistique dans tout cela et pour pousser plus loin culturel...(voir le film de Klapish: "L'Auberge espagnole")
Les cours en anglais à l'Ecole Centrale concède Dominique SEUX sont en "globish" assez désastreux. Mais la bonne nouvelle selon SEUX et en conclusion est que l'indéniable appport des Brésiliens, Chinois, Indiens et Coréens (et donc en anglais) ont fait progresser la recherche et ont multiplié les découvertes scientifiques par dix .

Alleluah !
Patrick CHEVREL

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