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Notes prises lors de la conférence de Catherine Audart sur son dernier livre : Qu'est-ce que le libéralisme ?( Ed.Gallimard) Musée Fabre - Montpellier le 19 décembre 2009
Le libéralisme est une tradition de pensée philosophique et une théorie normative qui a évolué dans l'Histoire du XVIIè et XVIIIè siècle et jusqu'au XXIè siècle. C.Audart avait déjà travaillé sur l'historique d'un cas désespéré: "l'utilitarisme" auquel se sont opposés les Chercheurs en Sciences sociales du groupe MAUSS pour lui opposer un "anti utilitarisme".
Quels sont les points de départ de cet ouvrage ?
1 - De 1980 à 1989 C.Audart avec JP vernant et J derrida créent un Comité de soutien aux philosophes tchèques dissidents de Brno, Bratislava et Prague autour de Patochka qui étaient curieusmenet mais passionnément solidaires avec le néo libéralisme d'une Margaret Thatcher.
2 - Devant la vaugue d'hostilité extrême en france des intellectuels face au libéralisme alors que ce sont 3 libéraux français Montesquieu, Constant et Toqueville qui en sont les initiateurs .Aron a perpétué leur courant de pensée.
3 - La Campagne électorale de 2002 a joué un rôle essentiel dans ma réflexion sur le libéralisme,lorsque j'entendis Chirac déclarer: "Il faut arracher la France au caracn du libéralisme"
4 - L'arrivée d'Obama sur la scène mondiale a fait ressurgir le conflit entre les partisans du communautarisme et du socialisme et relancé le débat du multiculturalisme anglo saxon.
 Dans ce livre je tente:
1- de redéfinir Les concepts clés du libéralisme original au XVIIè et XVIIIè siècle. 2- de montrer les changements de sens et les oscillations entre le conservatisme et le socialisme.
3- de montrer les filiations et transformations au cours de l'Histoire. L'Université anglo saxonne est traditionnellement un laboratoire des nouvelles idées politiques autour d'une nébuleuse libéraliste. Le progressisme américain tel qu'il s'expose dans la revue New Politics montre la fluidité des concepts philosophiques à la différence des concepts politiques. Ainsi les concepts d'individu, de liberté, d'Etat de droit sont des concepts ouverts indépendamment des idéologies et des appareils de partis. Le libéralisme est une théorie politique normative soumise aux aléas de la réalité politique de l'époque. Les idéologies politiques cherchent à comprendre la réalité et à l'interpréter.
Quels sont les objectifs que je me suis fixés ? Il s'agissait de dépasser les 3 préjugés habituels lorsque l'on parle du libéralisme: 1 - l'accusation d'individualisme, d'égoïsme et d'atomisme. la société des individus exige co-opération et cohésion entre ces derniers. L'affreux système de Hobs doit pouvoir s'exercer sans le principe d'autorité quel qu'il soit (Royauté, Eglise, Pouvoirs..)
2 - L'ordre spontané du marché tels qu'il est défini par Hayek dans le concept de "la main invisible" Lire:Gilles Dostaler : le libéralisme de Hayek (La Découverte) où l'auteur analyse la tension entre le volontarisme d'Etat et la liberté des échanges.
3 - Le rôle de l'Etat: le Libéralisme oscille entre la confiance dans l'individu et la méfiance envers tout pouvoir (Etats (systèmes francophones) , gouvernements (systèmes anglo-saxons) Le pouvoir étatique ets un mal nécessaire qui protège l'individu.
Il convient également de souligner 3 points qui ont fait échouer le libéralisme selon les théoriciens.
1 - On a sous estimé les structures de pouvoir et de domination.
2 - Le Mal a été sous estimé ainsi que l'irrationalité des acteurs chacun se voilant la face dans des illusions sur la nature humaine. Schumpeter a dit à peu près la même chose. 3 - la peur de la liberté est plus prégnante que l'amour de la liberté.
A - Question de l'individualisme libéral entre moi même et autrui à l'intéreieur de moi même. Il y a toujours eu une tension entre une conception de l'individu fait d'observation de la réalité humaine et l'atomisme social des individus cherchant avant tout à survivre. Locke ajoute que c'est aussi une instance de responsabilité, une individuation liée à l'action et donc au droit. Désubstantification de l'individu qui devient relationnel dans son contact avec les autres. Comment envisager une conscience de soi indépendamment de la relation à autrui ? la philosophie sentimentaliste du XVIIIè siècle a été marquée par des penseurs anglais du sentiment (pitié, compassion, self-love (amour de soi) qui ont influencé JJ Rousseau.
B - John Stuart MILL "de la liberté" la conception de l'individu devient historique, l'homme est en devenir et donc tributaire de la solidarité et de la société à laquelle il appartient.
C - les différentes conceptions de la liberté pour les Anciens et les Modernes selon Benjamin Constant. En 1818 Sismondi montre que la liberté selon les Grecs, les Allemands vise à une participation à la souveraineté alors que pour les Anglais, la liberté civile selon la Constitution britannique met en avant la sûreté, la sécurité de la famille contre tous les pouvoirs (Etat ou Eglise)La priorité ets donnée à la liberté de conscience qui est le facteur déclenchant du libéralisme. le droit de propriété est constitutif de la liberté religieuse de la famille selon Locke pour qui la famille doit pouvoir célébrer son Dieu dans un espace privé.On peut ainsi dire que la Liberté des Modernes naît de la Réforme protestante. Pour JJ Rousseau, il faut assurer la sûreté du foyer familial pour exercer sa liberté religieuse. l'individu est ainsi protégé et devient citoyen une fois par an quand il exerce son devoir électoral. Les Libertés civiles sont qualifiées de "subjectives" dans la Constitution de la république de Weimar alors que les Droits de la personne deviennent prioritaires dans la Constitution britannique. Les libertés politiques consistent à demander des comptes aux gouvernants et donc aux Gouvernements.
D - le rôle du Droit dans le fonctionnement politique: - l'espoir des libéraux n'est pas dans la démocratie si celle-ci n'est pas encadrée par de spouvoirs car il y a risque de dérive vers le populisme. "le despotisme bienveillant" préconisé par Montesquieu aboutit à une Monarchie Constitutionnelle. La cohésion et la stabilité sociale doivent être rendues possibles grâce au commerce qui peut remplacer la guerre car les ressources suffiront aux besoins des individus, tel est l'optimisme des Lumières; Il faut simplement trouver des solutions juridiques aux problèmes politiques. Les Constitutions ont mis les droits fondamentaux en préambule ou les ont intégrés dans le corps des articles. L'utopie du Libéralisme était de croire que le droit allait tout régler.
E - le nouveau libéralisme social (de 1870 jusqu'à la Crise de 1929) visait une rénovation de la pensée libérale qui était en panne. L'Ecole de Manchester était jusque là figée dans une liberté des marchés dans un laisser faire de la part des régimes conservateurs qui contrastait avec les crises industrielles et sociales de la fin du XIXè siècle. face à ce constat d'échec, l'espoir est décçu et amène John Stuart Mill à se rapprocher du socialisme naissant et à redéfinir les concepts d'égalité, de liberté, d'état de droit et de règles des marchés. Quelle formules adopter pour lutter contre le socialisme en France, en Grande Bretagne et bien sûr en Allemagne où un Max Weber est un libéral désespéré, en Italie également on doit se détacher du Liberismo et de slogans éculés. Les chantiers en Europe donnent naissance au Travaillisme anglais. les filiations sont très riches dans une méta-idéologie des mouvements politqiues démocratiques. Rappelons qu'Hilary Clinton ne se disait pas libérale pour ne pas tomber dans le piège du libéralisme mais progressiste.
F - le néo-libéralisme des années 30 rechercheune nouvelle identité face au communisme et au nazisme avec Walter Lippman. Pour Serge Audier Le « socialisme libéral »( La Découverte) désigne souvent un libéralisme économique à sensibilité sociale, adapté au capitalisme actuel. On nomme ainsi « sociale-libérale » une idéologie centriste, incarnée par les New Democrats et le New Labour, en rupture avec la « vieille » social-démocratie. Réfutant ces stéréotypes, ce livre retrace la généalogie de ce courant, porté en Italie par le groupe antifasciste « Justice et Liberté », en quête d’un socialisme rénové dépassant les limites du libéralisme classique et du socialisme autoritaire. Issu du « nouveau libéralisme », de la social-démocratie allemande et de la tradition républicaine et socialiste française, le socialisme libéral continue d’orienter une part de la réflexion à gauche. Sa redéfinition est en jeu dans la confrontation des diverses versions de la « troisième voie » et des positions – de Bobbio à Walzer, Giddens ou Habermas – cherchant à rénover le socialisme.Serge Audier montre une radicalisation confuse avec la guerre et les penseurs d'Europe Centrale qui ont vu les totalitarismes conscients de la fragilité des acquis du libéralisme (Hayek, Schumpeter...)
A l'époque de l'après guerre, il fallait avant tout sauver les libertés individuelles. Le néo-libéralisme conteste l'impossible choix entre liberté et sécurité. Il faut choisir ! Seul le marché peut nourrir les gens mais c'ets une loterie, il n'est ni juste ni injuste, c'est un moyen.dans les "Nouveaux essais" Hayek lucide face à la Crise actuelle ne dit pas autre chose même si ses autres textes sont parfois contestables. La liberté des échanges est nécessaire mais l'Etat a undroit de regard essentiel mais circonscrit, surveillé, il doit être un filet de sécurité face aux dérives possibles. Hayek s'oppo
se à Keynes dans le rôle de l'Etat qui doit intervenir avant que ne survienne la Crise par une régulation des marchés.
G - L'Ultra-libéralisme est une "spontanéité encadrée" ou une utopie incohérente qui a oublié les fondamentaux du libéralisme. C'est Milton Frydman et l'Ecole de Chicago qui fixent les nouveaux principes. Nozick dans "Anarchie, etat et utopie" montre qu'il faut réconcilier les droits fondamentaux et la liberté économique. Toute intervention est une destruction des droits fondamentaux et un abus de pouvoir.La redistribution des aides est une imposture et une atteent à la liberté de l'individu. L'ultra libéralisme a été récupéré par la Nouvelle droite.
H - Pourquoi un Chapitre complet consacré à John Rawls ?
Il dépasse l'opposition entre liberté et économisme sur le terrain de la démocratie des marchés. Rawls cherche à dépasser la tyrannie des préférences majoritaires et prône un libéralisme républicain (ou républicanisme) L'Egalité doit être le principe directeur de la politique.
I - le multiculturalisme est-t-il en porte à faux avec le libéralisme contemporain ? Le problème est apparu au Canada, une socuété d'immigration. Commenet intégrer tout en respectant l'identité ? Le problème aux Etats Unis est différent car il cherche à réajuster le débat face aux erreurs passées (apartheid des Noirs, des Latinos et des Indiens) Il s'agit de moduler en fonction des traditions culturelles en présence. On parle de "discrimination positive" (en France) mais d'"affirmative action" chezz les Anglo-saxons. Là où sont les talents, il faut aider les immigrants à s'adapter et à réussir. Comment moduler les politiques pour essayer de tenir compte des différences culturelles ?
 Le Multiculturalisme conduit à des impasses :
 1 - Au Royaume Uni: la non intervention face aux communautés jusqu'à ce que certaines zones soient devenues des zones de non droit. Le multiculturalisme consistait à un laisser faire avec quelques cérémonies de citoyenneté sur le modèle américain. Les communautés n'ont plus rien à voir avec la Nation.
2 - Au Canada, le Québec te la francophonie a imposé la Loi 101 qui interdisait l'affichage en Anglais et obligeait les immigrants à scolariser leurs enfants dans des écoles francoophones.Il s'agissait de limitations de la liberté de choix des parents . Les autres minorités du Québec dont les premières nations indiennes Cree ont protesté et demandé à bénéficier aussi de droits. Pragmatisme face à la stérilité des débats de principe. Le communautarisme est en conflit avec le libéralisme. le Multiculturalisme a séduit un moment le libéralisme avec Tony blair mais aujourd'hui il en est revenu. C'est un cache misère face à l'absence de politique ou de choix.

QUESTIONS DE LA SALLE :

Au XIXè siècle on a assisté au boycott du sucre en Angleterre par la bonne société anglaise pour protester contre l'exploitation des pauvres indiens.
Faut-il que les mouvements de consommateurs boycottent les produits non écologiques et non éthiques venant de produits exploiteurs de main d'oeuvre enfantine ?
Faut-il prôner la décroissance pour remettre les pendules à l'heure ? L'appétit de consommation de milliards d'Indiens, de Chinois mais aussi de Brésiliens va amener les pays pauvres à s'enrichir pour consommer, ceci ets une donne inéluctable.
Le concept de LIBERALISME masque-t-il un vacance du pouvoir politqiue dans une techno structure aveugle ?
Le discours de Keynes critique face aux dirigeants politiques de l'époque qui ont fabriqué la Crise de 1929.
La question de la gouvernance économique pendant les 30 Glorieuses est un faux problème, on a assisté à la reconstruction du potentiel économique d'après guerre et non à un effet des politiques mises en oeuvre. la Crise actuelle a montré deux choses:
- l'Economie n'est pas une science
- L'Information n'est pas accessible à cause de la complexité du marché mondial. Nous devons avoir peur du manque de contrôle des politiques face aux produits financiers dérivés. le discours politiques sont déconnectés de la réalité économique.
Ce n'est pas le libéralisme qui est en cause dans cet aveuglement du pouvoir. "Si le peuple savait combien ses dirigeants sont petits" disait Talleyrand.
Le Libéralisme c'est fabuleux dans la théorie mais ça n'a jamais marché alors en quoi peut-on croire ?
Rappelons nous que le Libéralisme est né chez les Wiggs (aristocrates terriens) qui cherchaient à sauvegarder ses privilèges et libertés et à les étendre à la plus grande partie du peuple.
 Les gens préfèrent la sécurité à la liberté. Il y aura toujours une tension permanente entre liberté et démocratie.

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