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  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
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 A un ami Laïque 

Si je ne connaissais la qualité de tes convictions, je devrais m’excuser d’écrire ce mot Laïque avec une majuscule, mais comme je sais le degré d’élévation de ta pensée, cette considération me dispense de toute explication.

Il nous arrive fréquemment lorsque nous parlons de ce principe, qui est probablement le principe des principes, d’être quelque peu déconcertés par la superficialité habituelle avec laquelle il se trouve envisagé, c'est-à-dire et simplement sous l’aspect d’une commodité qui a pris naissance au moment où les lois de Jules Ferry instituèrent ce qui fut alors appelé l’instruction obligatoire en 1882, et qui correspondirent en particulier à l’organisation des Ecoles Normales. Il n’entre pas dans ma pensée, pas plus que l’équivalent n’apparaît dans la tienne, de ne pas saluer au passage la naissancede ce principe d’émancipation de l’individu au sein d’une collectivité qui se proposait de lui être fraternelle. Notons en passant que cette disposition affirmait son caractère dans une Europe dont les tendances médiévales étaient encore latentes ; ce qui signifie que la notion de croyance  restait soumise à un impératif dogmatique directement relié à une forme de détermination  monothéiste. Je ne suis pas encore assuré que les promoteurs du nouvel état de foi aient eu conscience  de l’élément révolutionnaire qu’ils venaient d’introduire dans le comportement  collectif et surtout, je ne suis pas sûr que l’élément de libération consciente incarné par le terme Laïque corresponde aujourd’hui à l’utilisation qui est faite de ces quelques lettres, dans leur usage permanent.Et, cependant, le mot n’accède qu’à une signification restreinte s’il ne comporte pas une relation pouvant unir l’homme à l’idée de sa propre transcendance.

Nous avons souvent au cours de nos multiples entretiens parlé de la manie humaine d’expliquer les manifestations de l’univers à l’aide d’interprétations divines ou supposées telles. Te souviens-ty que nous avons fini par nous rendre compte qu’en somme il était impossible de procéder diféremment, car il était impossible à l’homme de ses relier à l’expression de la vitalité autrement qu’à l’aide de considérations mystiques. Il est de fait que nous n’envisageons le plus souvent, et selon nous trop souvent la vie de notre espèce que sous l’angle de l’Histoire, ce qui nous conduit de l’homme que nous sommes à  celui que nous pouvons atteindre et avec lequel nous croyons nous identifier aisément. De cet homme connu , nous n’aimons pas déborder vers un autre que nous estimons inconnu et que, pour cette raison nous n’englobons dans notre système d’appréhension ; ce en quoi nous commettons une grave erreur. Car est-il exact que cet ancêtre lointain soit au-delà de notre appréhension mentale, c'est-à-dire de notre vision intérieure ? Bien sûr cet être là n’a pas connu les avantages ni les inconvénients que les découvertes techniques assurent à nos formes d’existence ; mais cette pacotille laissée à part , cet homme fût-il si différent de ce que nous sommes nous-mêmes ? Nous avions pasionnément discuté pour enfin nous sentir proches l’un de l’autre au point  d’envisager qu’effectivement   l’ancêtre d’il y a, nous ne savons exactement  combien de dizaines ou de centaines de milliers d’années  s’est trouvé en présence de la responsabilité que la Manifestation du Monde lui imposait. Ce Monde lui était antérieur de nous ne savons combien de milliards d’années et c’ets devant ce Fait qu’il s’est trouvé avec des prunelles largement ouvertes et une forme de divination intérieuer  anxieuse de procéder à l’inventaire comme à la possible explication  d’une telle quantité de phénomènes qu’en se couchant le soir sur un lambeau de terre, son anxiété devait lui paraître insurmontable. Mais, cher, tu le sais comme moi, il n’avait d’autre puissance d’analyse que ses sens et par conséquent , que son émotion sensitive. Or, veux-tu te représenter ce que cet être , en tant que force incarnait ? Pas tout à fait rien, mais pas loin de ce résidu. Comme nous manquons de fraternité vis-à-vis de nous-mêmes ! c'est-à-dire vis-à-vis de la Race. Ah nous atteignons ici le point terriblement faible de toute la race humaine : nous ne nous aimons pas en tant qu’Homme ; et tu me permettras aussi d’écrire ce mot avec une majuscule qu’il mérite  si bien ! Ce que nous savons de notre principe , nous l’apprenons  par ce que la Science  nous révèle et qu’elle fait bien de nous révéler puisque, sans elle nous ne saurions rien de nous-mêmes, que ce que la mémoire immédiate nous apprend ; mais sens-tu à quel point cela est insuffisant.

Ah, cher, comme notre vie manque de profondeur parce que de liens avec elle-même et peut-être, mais ceci est une autre affaire : avec elle seule. Car cet homme lointain, si lointain que sa trace s’est dissipée dans l’accumulation des durées successives, cet homme – nous, qu’a-t-il vu ? Un monde peuplé d’apparences au milieu desquelles la sienne se dressait, en apparence, toute seule – comprend ce fait : en apparence unique. Et dans une certaine mesure, elle était unique en effet ; car sans elle et sans la contestation plus ou moins arbitraire de son unicité, cet univers qui se manifestait autour de la stature humaine, il était muet. Oh, entendons nous bien ; nous sommes obligés en cet instant et ce ne sera pas la dernière d’avoir recours à une interprétation relative de la réalité. Il est donc inexact que cet Univers soit muet. Nous n’avons qu’à tendre l’oreille et nou savons qu’elle enregistrera un peuple de vibrations sonores. Donc l’Univers n’est pas muet, mais comprends moi, lorsque je tenterai de dire que ces voix multiples sont, comment dirai-je, car, tout, dès ce moment est tellement difficile à expliquer ! ces voix sont vibrantes sans être pour cela interprétatives. Disons au moins que le sens de leur interprétation possible ne nous parvient pas. Elles sont auditives puisque nous les entendons, sans être pour autant explicatives. Or, le premier mystère de cet être qui se dresse dans la nudité, en quelque sorte de sa stature non seulement physique mais avant tout mentale, c’est d’incarner un désir supérieur à celuidu mystère puisque celui de sa compréhension.

Dès lors, comprends-tu ce qui vient de se dresser – mettons tout à coup, bien que le geste ait demandé du temps, c’est le premier sens révolutionnaire de l’Existence.

Voyons, il faut une fois de plus essayer de nous comprendre. Je ne dis pas que cet homme a été créé, au sens ordinaire du mot ; je ne le crois même pas, car les découvertes qui viennent de se produire – disons modestement depuis 50 ans- ces découvertes nous ont révélé de quelle façon le corps se forme et avec l’aide de quelle fornication d’éléments qui n’ont d’autres raisons d’être que celles de leur association depuis le mode le plus infime jusqu’à sa représnetation que nous appellerons intégrale parce qu’il semble qu’elle ne saurait aller plus loin dans le sens de ce que nous appelons la structure. Ainsi, tu le vois, l’homme n’est pas sorti du caprice d’un dieu hétérogène subitement obsédé par le désir de se procurer une ressemblance, il a été « fait » par une volonté de patience à l’image de l’immensité qui lentement, point par point, assemble des particules afin, mais ceci n’est qu’une interprétation subjective, afin de constituer un ensemble qu’on peut, à la rigueur estimer cohérent, parce qu’il respire, qu’il vit et qu’il meurt. N’allons pas plus loin pour l’instant .Cet être – pardon ! cet état que tu es dans son apparence qui a si peu changé, que tu es, il y a – mettons 500 000 ans- qu’est-il sinon cet agglomérat d’éléments physico-chimiques grâce auxquels et quand il aura atteint un certain degré de développement, il va, avec le temps, produire un système de circulation de l’air, de l’oxygène et d’autres conséquences ambiantes avec lesquelles, donc, va se composer l’état, tu vois, je dis bien l’état de cet homme.C’ets déjà considérable ce qu’a fait cette force qu’un journous nommerons la Nature, ou, si tu préfères, la Vie. Cet état il a pris place parmi d’autres états plus ou moins achevé., ou plus exactement plus ou moins achevables que le siens. Il circule selon un mode de locomotion que j’ai quelque peine à imaginer au milieu d’autres systèmes d’autre locomotion, ou, plus exactement de la même ; car il est probable que l’unique problème consiste à se déplacer de tel point à tel autre sans risquer que l’aventure ne soit contrariée par un quidam quelconque que ce mode de déplacement pourrait irriter.Car, sans ce monde que nous sommes obligés de supposer, rien n’est à l’abri de l’autre et les esprits qui surviendront un jour, lorsqu’ils prétendront que tout a commencé par l’âge d’or auront bien de la chance de pouvoir émettre cette prétention à une période heureusement fort éloignée de la période des reptations auxquelles nous faisons allusion. Mais , n’est-ce pas, l’histoire de la Vie est si longue et si invraisemblable qu’on peut se permettre de tout relater, même l’invraisemblance. Ne disons donc pas que nous sommes sortis tout fabriqués d’on ne sait quel magasin de confection pour espèces, mais au contraire que notre sens de la Vie, obligatoire, a fait son rude apprentissage, pour finalement savoir se tenir debout dans un commencement d’équilibre qui a dû nécessiter pas mal d’essayages avant de coller aux prééminences du squelette – à moins que celui-ci ait été au reste.

Or, sans nous abandonner à un mode quelconque d’interprétation, qu’est-ce qui est à ce moment ?

Rien d’autre Frère que l’Existence : ce qui veut dire que les Dieux et leurs contingences sont encore d’être dans ce grouillement des effets qui sont sans être en réalité, puisque ni toi, ni moi, ni « Lui » l’ancêtre nous ne sommes, bien qu’existant sous une apparence parfaitement inconnue. Nous grouillons tout simplement dans un Univers qui se fait et qui, probablement n’ets pas satisfait de son apparence puisqu’il va entreprendre de faire autre chose que ce qu’il a réussi à faire jusque là.

Si nous nous penchons sur ce qu’il peut alors représenter, que pouvons nous imaginer ? Mais attention, je viens de faire intervenir un terme  qui paraitrait inadéquat car enfin , si nous nous inclinons sur le total probable  de ce qui est, nous n’apercevons aucune trace de ce que ce monde peut représenter. Si l’imagination existe, sans être pour autant insensible, elle est probablement invisible. Elle repte aussi à l’état de molécule, mais entendons nous bien, de molécule non seulement invisible mais probablement impalpable.Et pourtant elle existe parce qu’autrement elle ne serait pas, elle ne serait jamais.Il nous faut donc non plus regarder en arrière, non plus considérer le présent, c'est-à-dire ce qui est, mais nous porter en avant à l’aide de ce pouvoir invisible  qui existe à coup sûr, sasn posséder d’apparence saisissable.Tout est dans sa substance, mais cette substance n’est pas fixe,elle change, elle change mon ami, d’instant eninstant, à tel point qu’au moment où j’exprime sinon une pensée , mais au moins une tendance , l’instant qui a contenu ma proposition est déjà dépassé et renvoyée vers un antérieur qui signifierait la mort si la mort pouvait exister.           

Et bien mon ami, ce qui existe en substance dans la substance, c'est l’être, c'est-à-dire non pas l’opposé de l’état, mais son invisible complément. Et voilà, nous sommes toi et moi  devant la grande échéance que, peut-être la constitution du Monde attendait et que sans doute elle préparait dans la gestation progressive de l’état initial. Ne me demande pas ce que nous venbons faire dans l’aventure gestative, car tu m’obligerais à répondre que la gestation, ça est mais ce n’est n’est rien, puisqu’un souffle qui fait une ride ; à peine son expiration achevée tout est éteint et cependant tout a été. C’est une forme d’économie qui donne tout à l’accidentel.Mais curieux que tu es, tu me demanderas : « Alors l’éternité ? ». mais mon ami l’Eternité elle existe ; seulement pas qu’à l’état d’abstraction mais aussi, et tu vois que je dis : « aussi », à l’état de faits. Il faut supposer que les deux états co-habitent et tout porte à croire que c’est afin de s’entendre, ou, si tu préfères de co-habiter. Nous avons du pain sur la planche.

Il nous faut donc dans ce passé immémorial assister à la déflagration du futur ? Or, qu’estce qui va naître de l’agglomérat déjà en voie d’épanouissement ? Des états qui se composent , se forment, se composent et se forment en des à peu près de plus en plus perfectionnés ou, si tu préfères de plus en plus capables d’exister. Mais ce mot s’il comporte cet état sans cesse progressant, s’il comporte sa chose sans cesse plus élaborée, s’il comporte sa Matière de plus en plus accessible à sa fonction, à quelle impulsion de plus en plus cohérente obéit-il ? A la volonté de la fonction, évidemment. Mais alors à quelle impulsion de cohérence la fonction se trouve-t-elle soumise si ce n’est à celle d’une intelligence de soi même qui permet de supposer l’iexistence d’un destin ou enfin d’une intervention à laquelle nous donnons ce nom pratique autant qu’il est incompréhensible : l’être.

Ou nous ne comprenons rien à l’Existence – ce qui d’ailleurs est parfaitement admissible – ou bien, vois-tu, tout ce qui se fait, tout ce qui se brasse dans cet ensemble qu’on pourrait croire, qu’on devrait croire incohérent, tout ceci ou tout cela reste incompréhensible si l’être ne constitue pas le sommet, l’émergence de l’ensemble qui comprend la planète que nous habitons, le système galaxique auquel il semble que nous appartenions et les autres ensembles qui rôdent autour du nôtre en ajoutant leur structure à la nôtre pour constituer ce que nous nommons d’un terme imprécis : l’Univers. Tout cela n’est rien  si l’être n’est que l’illusion de notre imagination délirante. Bien, mais alorsq u’est-ce que l’être ? Eh bien et pour ridicule que puisse paraitre l’assertion, cher, l’être c’est toi, c’est moi, ni plus ni moins. C’ets à dire, et je te demande de ne pas bondir en présence de l’affirmation que je vais proférer : « l’être c’est le Laïcisme dans son essence ; ce que, tour à tour nous nommons le « toi », le « moi », c'est-à-dire encore le « Soi » indémontrable autrement que par lui seul et par lui-même.

Il m’arrive d’entendre assez souvent des gens prétendre en face de certaines expressions de penseurs plus ou moins énigmatiques : « que tout cela est compliqué ! ». Mais croient-ils naïvement que la Vie soit simple ? Juges-en . On ne sait exactement pourquoi un système deviendral’Energie entre en branle. Cela commence nous apprend-on et si l’on considère que l’aventure de notre système solaire par l’apparition, disons la manifestation de gaz. On dit car on ne peut encore remonter au-delà, d’hydrogène pur,d’hélium qui se mettent à envahir ce que nous supposon être le vide. Puis, cela se condense preque àperte de vue, - une vue qui n’existe pas encore afin de former le premieratome de Matière dont, nous dit un savant ( celui là et quelques autres) qu’on ne sait pas d’où elle vient, mais que simplement : à un moment, elle n’est pas là et que l’instant après, on constate sa réalité (Fred Hoyle). Tu vois comme c’est facile à comprendre et à quel degré l’opération divine parait simple à côté de celle-ci. Au moins avec un dieu créateur, le mal de tête est évité.pendant une période incommensurable  de la Durée, il n’y a rien et puis, tout à coup et grâce au caprice de ce génial individu, tout existe. Un petit geste de ce parfait comédien dell arte et, mon vieux, le  soleil, les étoiles, la fantasmagorie des eaux, des sols productifs, des animaux consommables, de l’homme enfin et de la complicité féminine, tout cela est institué – c’est le cas de le dire, comme par enchantement. La malheur est que tout cela est entaché d’inexistance parce que, ce n’est pas vraisemblable et qu’il a fallu tout simplement le génie d’un poète pour aboutir à une représentation qui ne représente rien si ce n’est la faculté d’invention  de l’individu Moïse.

Si nous n’avions que cela à placer dans le frigidaire de la mémoire, notre préoccupation mentale se réduirait à la constatation de quelques phénomènes pafaitement épisodiques et à la répétition de quelques formules du bréviaire dogmatique institué par le cher homme.

La réalité estautrement vaste et compliquée. Est-ce à dire que celle de Moïse et consorts est dépourvue d’attraits ? non pas ;mais elle n’est qu’unreflet dérisoire de la somme d’intérêts que la  vraisembla,ce existentielle propose à notre attention et que le problème de l’être s’y affirme avec une ampleur que sous peine de superficialité  nous ne pouvons éviter.En tant que Laïque, tu tiens ce problème du monde dans les limites de ta main, c'est-à-dire plus exactement, dans les ressources de ton appareil cérébral. Mais pour cela il faut que tu te plonges dans l’immensité de la résonance des effets innombrables et sans prétendre étreindre les possibilités de la cause initiatrice de la formation cosmogonique. Car tout est là, et nous pouvons dire que les théories théogoniques manquent de modestie en même temps que d’intelligence en affirmant d’entrée de jeu la véracité du mot Dieu. Car à partir de cette affirmation, tout est découvert et il n’est plus besoin d’inventorier. Comprends-tu : Dieu est ; dès lors qu’importe que le Monde soit constitué de telle ou telle autre façon, puisque l’essentiel existe et a été saisi par notre appréhension du tout.

Maxime NEMO ( 1975)

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