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  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
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Présence de Teilhard de Chardin young_teilhard.jpg

En 1948, Teilhard recevait ses visiteurs dans la grande pièce qu’il occupait au 15 de la rue Monsieur. Si, à cette époque, son nom était répandu dans les milieux savants, il était par contre, ignoré de ce public auquel j’appartenais. Très vite, cependant, au cours d’entretiens prolongés, pendant plusieurs heures, sa forte personnalité apparaissait. Derrière la sobriété de l’accueil et des premiers échanges, surgissait cette faculté qui, depuis a permis à son nom comme à son œuvre de rayonner sur le monde, en lui assurant l’audience non seulement des spécialistes, mais des esprits que la simple notion de l’homme préoccupe et qui sont à la poursuite de ce problème d’identification dont la pensée de Teihard propose la solution .

Depuis toujours, certes, cette inquiétude est en nous, mais il convient de signaler la valeur de la coïncidence qui relie l’affirmation de Teilhard aux soucis de notre génération. Deux guerres particulièrement insensées, l’horreur qu’elles ont étalée pouvaient conduire à une déchéance non seulement de l’instinct vital, mais ce qui serait infiniment plus pernicieux, à la déchéance du pouvoir moral, et même, éthique. Il est superflu de rappeler à quelle forme de désespoir une partie de la sensibilité s’est trouvée acculée. A ce moment, le nom de Teilhard sort de l’ombre et l’affirmation de la pensée nous amène à une sorte d’humilité de notre cas présent. Nous comprenons un peu plus que nous appartenons à une existence vouée- peu importe pourquoi ou par qui !- ( et cela depuis l’origine !) à un pouvoir de destruction qui domine l’évolution. Cet homme, Teilhard, dont la générosité est évidente, est, en même temps cet Athlète qui écrit ces lignes : «  Rien ne se construit qu’au prix d’une destruction équivalente.» (Le phénomène humain p.46) et, aussi : « la vie passe sur un pont de cadavres accumulés. » (ib.p.117)En présence d’un découragement possible, il nous donne d’abord une leçon d’énergie. Notre moment doit se situer dans l’écoulement de tant d’autres et doit, à cause de cela, acquérir le sens de la relativité. Le premier effet de son œuvre est de propager une sorte d’héroïsme du pouvoir d’exister, en ramenant nos douleurs au respect de leurs dimensions. Il s’agit donc de sauver l’Homme de la défaillance que l’influence de causes particulières pourrait déterminer en lui, en l’incitant à l’élaboration d’un devenir, où le meilleur de lui-même, momentanément sacrifié, s’affirmera et, peut-être, triomphera. Ce penseur tente de nous réconcilier avec nous même, c’est à dire, avec  la vie, telle qu’elle est. Et il accomplit cette intention grâce à cet enthousiasme que la générosité de sa nature lui a permis de dégager de son contact avec la vie en soi. Mais cette vie, dont il perçoit la cruauté, pourquoi l’aime-t-il  avec une passion farouche ? Parce qu’elle est le lieu où peut éclore la Connaissance, c’ets à dire , ce phénomène qui lui parait justifier les atrocités dont la vie est emplie. Exister , pour, peut-être, savoir, en tout cas, pour, au moins se savoir… mais se savoir quoi ?  le témoin de cette existence, et, par là, sa chance de lucidité – que nos affirmations risquent de représenter…. C’est peu. Mais si nous allons au fond des choses, c’ets tout ; car, ainsi, nous dominons la chance de vide, comme nous dominons l’absurde – au nom de cette austère discipline, et en assignant cette finalité à tout ce qui est : connaître.

Mais, entendons-nous bien ; il ne s’agit pas de connaissance abstraite, mais de celle, exaltante qui peut-être la conséquence de notre état individuel et collectif. Avec l’aide de l’énergie qui nous environne, qui nous tient, et, aussi, nous anime., il s’agit d’extraire de la fusion opérée ( ou subie) ce principe de chaleur, d’ivresse, pouvant conférer à la simple valeur d’exister cette sérénité courageuse qui permet d’accepter le Fait tel qu’il est. Devant l’effort que doit accomplir l’individu, la génération, ou le siècle, Teilhard exige cette disposition « virginale » qui permet de l’entreprendre avec une gaieté renouvelée. Pour la première fois, sans doute, un grand poète de la réalité nous assouvit à une exaltation qui tend à magnifier « l’ordre » de l’organique, dont il nous présente le chant, ouvrant ainsi les perspectives qui débouchent sur un Humanisme du fait, et non plus simplement de l’Idée, Humanisme qui peut être celui de la conjoncture actuelle.

Un jour, Teilhard me parla de sa « Noosphère » et me remit des exemplaires d’un opuscule dont le titre me frappa : « Une interprétation biologique plausible de l’Histoire humaine : la formation de la Noosphère ». Avec une pointe de mélancolie, il me dit : « Prenez tout : ceci est mieux entre vos mains qu’ici. » Et je devais lire en rentrant chez moi, cet avertissement :

« Graduellement, mais irrésistiblement, (depuis et à travers A.Comte, Cournot, Durkheim, Lévy-Bruhl et bien d’autres) l’organisme tend à se substituer au juridique  dans les conceptions et les constructions de la Sociologie. Le sens du Collectif s’éveillent en nous à la suite du sens de l’Evolutif, jusqu’à imposer au système entier de nos représentations un cadre de dimensions nouvelles. L’Humanité cesse chaque jour de s’offrir à nos yeux comme une simple association accidentelle et extrinsèque d’individus, pour prendre peu à peu figure d’entité biologique, où se prolongent et culminent en quelque façon, les démarches et la rigueur d’un Univers en mouvement… »

Le pas est franchi et sa tâche assignée à la pensée humaine : il faut  lier la possibilité de l’être à la réalité de l’état qui le contient. D’ailleurs, Teilhard précise son point de vue par ces lignes : «Psychologiquement, tout le monde est d’accord sur ce point : ce qui fait l’Homme, c’est le pouvoir apparu dans sa conscience de se replier ponctuellement sur elle-même. Comme on l’a dit, l’animal sait ; mais , seul entre tous les animaux, l’Homme sait qu’il sait. » (ib.) Et, toujours en ce même livret, il indique encore : « On l’a observé depuis longtemps, ce qui, zoologiquement a permis à l’Homme d’émerger sur la Terre et d’y triompher c’est d’avoir évité de se mécaniser : dans son corps anatomiquement. »  Et, encore : « Sur cette pente dangereuse conduisant à l’emprisonnement organique, l’Homme, lui, s’est arrêté à Temps. »

Donc, le principe indispensable de la liberté se trouve comme inclus dans la nature des choses, si nous sommes capables d’en discerner l’essence pour l’approprier au profit de notre condition totale. Le vital est ce qui correspond à un organique d’où on ne sait quel pouvoir mystérieux permet à une autre forme d’énergie de manifester l’originalité qui assure à l’être favorisé qu’est l’Homme, une indépendance qui peut être l’indice d’un destin particulier.

Donc l’Humanisme de Teilhard de Chardin, est celui du vital, ce qui veut dire que sa présence parmi nous est celle du Poète  parfait. Ce don du poète il le fait à la science, ce qui déjà est considérable. Chez lui, en lui, le fait de connaître se double d’une illumination que d’autres savants ressentirent avant lui. Je songe , ici à Julian  Huxley, et, surtout , à notre  cher jean Rostand ; mais Teilhard  apporte à leur visible émotion devant ce qui est, l’effet d’une sensibilité prophétique qui lui est personnelle. Cependant, par ce don à la science, sa tâche n’est pas achevée ,  car l’homme devant qui nous nous trouvons porte une soutane et sent en lui l’animation d’une foi qui, par son expression dogmatique a souvent reculé devant l’affirmation scientifique. Quel souci ! et quelle responsabilité !.. Teilhard n’ignore pas  le degré de malveillance auquel sa pensée va se heurter. Lors d’un dernier entretien, je dus l’attendre dans le parloir de la rue Monsieur, le portier m’ayant annoncé qu’il se trouvait au Consulat des Etats-Unis. Et comme, quelques instants plus tard, je lui demandais la cause de cette démarche, je le vis hésiter ; puis levant vers moi son regard gris, il me dit : « Je dois me soustraire à l’emprise de Rome. C’est pourquoi je pars aux USA , certes pour y retrouver des amis qui me sont chers, mais aussi, parce que ce coin du monde  est le seul où Rome ne puisse rien sur moi. » Je serrai la main sans insister. Il lui fallait, publier son œuvre avant d’obtenir un rapprochement entre son indiscutable émotion chrétienne et l’affirmation scientifique, au besoin la plus osée. Il est devenu pour beaucoup le symbole d’un tel rapprochement. Donc, encore une fois, son génie qu’anime l’amour de ce qui est, de ce qui est sur terre et pas seulement dans l’au-delà, nous propose l’Humanisme sous la forme d’un point vers qui toutes les tendances de l’esprit  actuel peuvent converger, comme pour une suprême confrontation des connaissances acquises et des espoirs à réaliser. Il n’est pas question d’isoler tel ou tel point de sa doctrine, mais d’essayer de la saisir dans sa valeur  générale et d’en déduire une somme pouvant représenter la totalité des acquisitions obtenues. Car il nous achemine  à la perception de ce qu’en Poète il nomme : «  l’étoffe de l’Univers », apportant ainsi à nos expériences accidentelles le souffle d’une inspiration comique qui, pareil à un long frisson, parcourt l’étendue de son œuvre. Qu’entend-t-il par ce terme «  étoffe de l’Univers » ? Tout et rien pourrait-on répondre. Tout, si l’on admet que la magie des sons  fait communiquer avec celle du Fait ! rien, si l’on se tient  à la précision de ce seul fait. Lui dans la manifestation du Fait ne voit pas que l’extériorisation d’un phénomène, mais, aussi, on ne sait quoi d’imperceptible  et, cependant, de manifesté , et qui tient au Fait sous la forme d’essence. Cela produit , un tout mystérieux, dont une partie échappe à la seule analyse, mais que la magie de la conscience est susceptible de saisir, comme une vibration qui se dérobe à l’emprise de l’intellect, et que le mot ordinaire n’a pas le pouvoir d’appréhender. Notion mystique, dirons les uns ; ou poétique affirmeront certains. Devant la complexité de ce qui est vivant, avec  cette admirable modestie qui le caractérise, Teilhard nous dit simplement : « essayons de comprendre ; et je l’admire pour cette faculté ainsi manifestée. Comprendre, c’est exercer le pouvoir de la conscience depuis l’instant où elle peut se saisir du « connu » (ou de l’inconnu !), jusqu’à celui où tout se dissipe en cet inconnaissable situé, très loin derrière nous et le moment de notre perception à exprimer cette relativité, il a parfois, des formules remarquables :

«  Réfractés en arrière dans l’Evolution, la Connaissance s’étale qualitativement en un spectre de nuances variables dont les termes inférieurs se perdent dans la nuit. » ( le phénomène humain p.56)

Conscience, c’est pour lui « le dedans des choses » : c’est une force de pénétration que fascine cet inconnu (encore) – peut-être à jamais inconnaissable, et qui procure aux choses l’essentiel de leur animation. Matière ? Esprit ?... ce partage de mots ne parait pas l’intéresser. Sans doute est-il trop tard (ou trop tôt) pour que leur intervention puisse correspondre à une mesure nettement identifiables.

« Entre matérialistes et spiritualistes, écrira-t-il, entre déterministes et finalistes, sur le plan scientifique, la querelle dure toujours. Après un siècle de dispute, chaque parti reste sur ses positions, et présente à l’adversaire des raisons solides pour y demeurer. »

« Autant que je puisse comprendre cette lutte, à laquelle je me suis trouvé personnellement mêlé, il me paraît que sa prolongation tient moins à la peine où se trouve l’expérience humaine de concilier dans la Nature certaines apparences contradictoires de mécanisme et de liberté , de mort et d’immortalité, qu’à la difficulté rencontrée par deux groupes d’esprits à se placer sur un terrain commun. D’une part les matérialistes s’obstinent à parler des objets comme si ces derniers ne consistaient qu’en actions extérieures, en relations de « transience » . D’autre part, les spiritualistes s’entêtent à ne pas servir d’une sorte d’introspection solitaire où les êtres ne sont regardés que fermés sur soi, dans leurs opérations « immanentes ».Ici et là on se bat sur deux plans différents, sans se rencontrer ; et chacune voit que la moitié du problème. » (ib.p.49) Un peu plus loin : »les choses ont leur intérieur, leur quant à soi « pourrait-on dire ». Ces affirmations multiples d’un « dedans des choses » n’empêchent les attaques d’intervenir et si l’on apprend, avec une surprise quelque peu amusée, qu’il convient de ranger Teilhard dans cette catégorie des « matérialistes » qui ne possèdent qu’un sens relatif de la conjonction vitale. Un ouvrage récent, dû au talent du docteur Maurice Vernet, est formel. Le seul titre du livre nous livre la préoccupation de l’auteur : « la grande illusion de Teilhard de Chardin »(1964) . de la vie, indique le texte de présentation, Teilhard « a tout considéré sauf l’homme en lui-même ; la paléontologie, la géologie, la morphologie, l’anatomie comparée ne lui ont fait connaître que des formes et non la vie elle-même ; ne voyant que l’écorce, il a ignoré la sève. » Bigre ! Pourront – on observer, il est décidément préférable de faire comme Moïse : présenter sa notion du monde avant le certificat d’études. En tout cas, Teilhard s’est fourvoyé, et ceci, à cause de son « matérialisme ». Ce qui surprend un peu c’ets que l’auteur du livre écrit à la page 47 de l’ouvrage : « Teilhard dit que : « la Vie proprement dite commence avec la cellule. »  Cette citation se trouve à la page 79 du livre : « le phénomène humain »où quand on lit la phrase entière, Teilhard dit : « Matériellement, et à regarder du dehors, le mieux que nous puissions dire en ce moment, est que la Vie, proprement dite commence avec la cellule », ce qui est fort différent, puisque ce dehors laisse présumer l’existence d’un dedans…

A la page 114 de son livre, le Dr Vernet écrit péremptoirement ; «  la Vie est énergie avant d’être substance et elle a des lois irréductibles à celles de l’énergie physique. Telle est la donnée fondamentale. De ce point de vue, il existe une séparation nette entre la vie et l’univers ce qui brise le lien que l’on supposait entre eux. La condensation de l’énergie physique reste « inorganisée » et ne connaît pas de limites. La condensation de l’énergie de la vie s’opère, au contraire en « organisations » définies, parfaitement limitée dans leur forme et dans leur durée, cette limite étant la mort. La séparation des deux processus est radicale. L’antécédent de la vie par rapport à la matière se trouve ainsi établie et sa nature énergétique mieux comprise à son origine ; un renversement complet des valeurs en découle. Le jeu des éléments que la vie utilise pour organiser la matière vivante va se trouver sous la dépendance de l’immatériel et réglé par lui. » Plus loin, l’auteur précise « Ce mécanisme, qui confond l’imagination tant il est complexe dans ses moindres manifestations, c’est le mécanisme même de la vie. Nous l’avons défini comme étant celui de la « sensibilité organique » en englobant dans ce terme toutes les formes de sensibilité de l’organisme vivant » (ib.P.p.114 et 115)

Nous sommes, par ces affirmations ramenés à quelques milliards d’année en arrière ; au moment où notre monde, sous une forme encore ignorée, se dégageait des conditions antérieures. Cet état est-il indentifiable aujourd’hui ? Une transformation de la, ou des énergies initiales, n’a-t-elle pu intervenir ? Et cette seule suggestion ne justifie-t-elle pas l’humilité que nous découvrons en teilhard. En présence d’affirmations ainsi catégoriques, on a presque envie de demander : « Pardon mais y étiez-vous ?.... »

Notre problème ne réside pas en ces hypothèses, mais dans la réalité d’un devenir où réside semble-t-il, la chance que nous avons peut-être de nous réaliser, en tant qu’homme soumis à la volonté d’un Humain, comportant le principe d’une relative perfection individuelle et collective.La pression d’un pareil changement conditionne notre ambition d’être à la recherche d’une efficacité avant tout terrestre et par conséquent sociale. Or, dit précisément Teilhard, il semble que cette orientation soit permise à nos espoirs et en dépit de tant de turpitudes. C’est le Devenir avec lequel ce grand lyrique de l’existence fait corps en nous signalant l’immanence de Faits qui, obscurément, nous dirigent vers cette évolution tant souhaitée. Il faut, pour la réaliser, partir d’une foi en nous-mêmes que toute œuvre propage. Et je cite cette admirable page du « Phénomène Humain » qui contient tant d’indications précieuses :

«  A toutes les époques, l’Homme a cru qu’il se trouvait à un « tournant de l’Histoire ».Il se peut que le virage soit amorcé, car, nous dit-il : « Une chose est claire, c’est que à la fin du XVIIIè siècle, le coup de barre était franchement donné en Occident. » Nous sommes entrés dans la nature d’un nouveau monde, et il note les « changements économiques d’abord » à la suite d’une presque « dynamisation de l’argent » (p.237) – « Changements industriels ensuite » - puis «  changements sociaux, enfin « . L’éveil des masses… » Après s’être comme appuyé sur ces points d’appui, la grande page intervient, qui correspond au problème de notre âge.

« Rien qu’à observer ces signes extérieurs, comment ne pas soupçonner que le grand désarroi, où depuis l’orage de la Révolution Française, nous vivons dans l’Ouest, à une cause plus proffonde et plus noble, que les difficultés d’un monde à la recherche de quelque ancien équilibre perdu. Un naufrage ? Ah que non pas ! mais la grande houle d’une mer inconnue où nous ne faisons qu’entrer , au sortir du cap qui nous abritait. Ainsi que me le disait un jour Henri Breuil, avec sa brusque intuition coutumière, ce qui nous agite en ce moment, intellectuellement, politiquement, spirituellement même est bien simple : « Nous venons seulement de lâcher les dernières amarres qui nous retenaient au monolithique. » Formule paradoxale, mais lumineuse. Plus j’ai réfélchi depuis à cette parole, plus j’ai cru voir que Breuil avait raison. Nous passons, en ce moment même, par un « changement d’âge .»

« Age de l’Indutrie, Age du Pétrole, de l’Electricité et de l’Atome. Age de la Machine. Age des grandes collectivités et de la Science…. L’avenir décidera du meilleur nom pour qualifier cette ère où nous entrons. Le terme importe peu. Ce qui compte, en revanche, c’est le fait de pouvoir nous dire qu’aui prix de ce que nous endurons, un pas de plus, un pas décisif de la Vie est en train de se faire en nous et autour de nous. Après la longue maturation poursuivie sous la fixité apparente des siècles agricoles, l’heure a fini par arriver, marquée pour les affres inévitables d’un autre changement d’état… » - «  En ces zones confuses et tendues où le Présent se mêle au Futur, dans un Monde en ébullition, nous voici face à face avec toute la grandeur, une grandeur jamais atteinte, du Phénomène humain…. – «  Ce qui, en l’espace de quatre ou cinq générations, nous a faits, quoiqu’on dise, si différents de  nos aïeux, - si ambitieux, - si anxieux aussi, ce n’est pas simplement , à coup sûr, d’avoir découvert et maîtrisé d’autres forces de la Nature. Tout à fait au fond, si je ne me trompe, c’est d’avoir pris conscience du mouvement qui nous entraîne, - et par là de nous être aperçus des redoutables problèmes posés par l’exercice réfléchi de l’Effort humain. » (Le Phénomène Humain pp.237et238)

Quelle sera l’issue de cette terrible confrontation ? Nul ne peut le savoir. Dans une lettre du 25 juin 1935, teilhard écrivait : « Ou bien il y a une issue, quelque part, pour la pensée et la personnalité, - ou bien le Monde est une terrible méprise. » Attendons.

Maxime NEMO Maxime Nemo

Publié dans la revue EUROPE n°63 mars-avril 1965

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