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  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
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Hélène Delavault tourne dans l'Hexagone avec son spectacle : Alors Heureuse ?
(Faire rendre gorge à ceux qui se rengorgent).
Injonction d'être heureux selon le slogan de Mai 68 qui obligeait à jouir sans entrave: l'orgasme devenu obligatoire cela n'a pas créé que de la liberté mentale.
Pascal Bruckner dénonce "l'Euphorie perpétuelle"
Demander l'impossible n'est pas très réaliste mais c'est une question irrésolue.
Les réacs sont des gens qui se disent : je sais comment il faudrait vivre puisque je veux revenir à une période où il y avait plus de valeurs.
A vingt ans je savais ce qu'il fallait faire ou du moins ce vers quoi il fallait tendre et plus j'avance et moins je sais donc je bricole...
 Le bric à brac de la bricole est-ce réac ?    
Ancienne égérie de la Révolution Française en 1989 attaquée physiquement par des camelots du Roi lâchement masqués au Théâtre des Bouffes du Nord où il n'y a pas de scène.Le spectacle "La Républicaine" essayait de célébrer le surgissement des peuples pour acquérir leurs droits alors que des réacs de l'époque ont vu une célébration de la Terreur et ont mis bas Hélène Delavault.(L’Action française lycéenne (AFL) était une organisation politique d'extrême droite royaliste et nationaliste, branche lycéenne du mouvement Restauration nationale.
L’AFL a été créée par Sylvain Roussillon en octobre 1988. Cette structure a connu un essor certain, atteignant presque 2000 adhérents en 1990. Elle a en tant que telle participé à toutes les grandes manifestations qui ont rythmé la vie du royalisme français durant cette période (affaire Hélène Delavault, affaire Boudarel, bicentenaire de la Révolution, interdiction des défilés de Jeanne d’Arc, etc.).
Dans le nouveau spectacle on analyse le rôle des mots et l'alternance du comique et du mélancolique  et tragique: dans "j'veillis" écrit par Michel Jonasz pour Diane Dufresne. C'est une femme qui regarde son corps se défaire, sa peau qui se flétrit,les cheveux qui se raréfient, elle dit, "ça me donne du vague à l'âme et le mal de mer" . mais aussitôt après je cite un extrait d'un traité de Madame de Lambert du XVIIIè siècle,danslequel elle dit que "quand on avance en âge,on acquiert une certaine liberté par rapport à l'opinion d'autrui" . Et ça c'est très vrai.

Quand on est jeune, on veut séduire à tout prix et il y a un moment où on se dit c'est peut-être pas le problème.J'ai l'impression que je me suis libérée un peu de ça.
 Il existe des figures de cette liberté avec Marguerite Moreno dans un film de 1946  : "Un revenant" avec Louis Jouvet où elle parle de cette famille de cloportes et elle a une espèce de liberté dans un milieu de bourgeois soyeux lyonnais cadenassés absolument extraordinaire.  
Je ne crois pas en une liberté qui serait offensante pour les autres, il faut être respectueux et délicats avec les autres. Dialoguer tout en restant libre sans être un prophète folklorisé éructant dans le désert. Rocard disait "ce qui est terrible en politique,c'est que les qualités nécessaires pour exercer le pouvoir, sont antithétiques des qualités qu'il faut pour acquérir le pouvoir."

La possibilité de l'exercer est un vaste problème.    
 
 Hélène Delavault est là où on ne l'attend pas, précisément pour creuser son propre sillage:chanson réaliste, jazz, cabaret, opérette...
 Est-ce pour ne pas avoir à dire, à expectorer ce que l'autre attend de vous et donner une image de soi ?
 Dans l'art, on doit sans cesse jouer avec la construction consciente et le laisser faire,la spontanéité, laisser surgir de soi ce qu'on ignore.  
Il y a 4 ans j'avais créé une pièce sur la relation amicale de Freud et Yvette Guilbert et j'ai découvert qu'ils avaient eu une polémique sur qu'est-ce que c'est qu'être acteur donc jouer un personnage qui n'est pas soi. Freud évoquait le non dit, l'enfance,les vertiges de l'inconscient, alors que Guilbert n'était pas d'accord avec ça  puisque son art  elle l'avait construit, organisé,fabriqué,avec une conscience du travail résumé dans un livre "l'Art de chanter une chanson"
Irène Aïtoff était sa dernière pianiste dans les années 30 ; elle est remontée sur scèhne à 88 ans avec Hélène Delavault et elle est morte à 110 ans ! Yvette Guilbert met de la distance en 1908: "le lendemain elle était souriante" elle arrosait es petites plantes grimpantes avec de l'eau de son arose zoir le lendemain elle était souriante... (Version de  1929 par Montel) Une optimiste inconditionnelle et incorrigible...
Couplet: "les brigands jaloux de son courage, un soir à l'angélus, la jetèrent du sixième étage, son corps tomba dans l'autobus,  l'autobus qui n'attendait qu'ça sur la belle aussitôt passa", "le lendemain elle était souriante" .
"Pensées consolantes sur l'amour" de Baudelaire où il dit : "Y a des gens qui rougissent d'avoir aimé une femme le jour qu'ils s'aperçoient qu'elle est belle amsi la bêtise est souvent l'ornement de la beauté, c'est elle qui donne aux yeux cette limpidité morne des étangs noirâtres et ce calme huileux des mers tropicales" et il va plus loin: "La bêtise est toujours la conservation de la beauté: elle éloigne les rides, c'est un cosmétique divin,qui préserve nos idoles de la morsure que la pensée garde pour nous, vilains savants que nous sommes."  
Dans "Fusées", il lance cette phrase atroce:
 " Aimer les femmes intelligentes,est un plaisir de pédéraste".C'est une pensée qui traine encore dans l'inconscient: une femme intelligente, on appelait ça les "bas bleus"; les hommes ils aiment mieux les femmes pas trop intelligentes,car on est moins séduisante quand on exerce un peu sa pensée. les hommes sont capables de vivre avec une femme moins intelligente qu'eux,alors qu'une femme ne peut pas.Une femme ne peut pas tomber amoureuse d'un homme qu'elle ne juge pas intelligent.
Si le spectacle tourne autour de la question du macho belâtre, être féministe n'est pas être anti-homme loin de la.Les hommes aiment bien être entre eux de temps en temps dans les Clubs anglais ou les clubs sportifs,mais les femmes entre elles ça doit pas durer trop longtemps car on a besoin des hommes.
dans un couple maintenant l'homme a d'énormes responsabilités de la rendre heureuse, il faut accomplir la performance absolue et c'est un défi redoutable.
Une Duchesse chez Proust  disait d'une façon abrupte: "l'Amour, on n'en parle pas, on le fait" or le spectacle tourne autour de l'idée contraire.je ne suis pas du tout d'acccord avec cette Duchesse.
 Textes d'Hélène Delavault dans le spectacle empruntés aux "Papous dans la Tête" (émission de France Culture ou on écrit pour ne rien dire sur des contraintes de forme ex: bouts rimés, )
Comme chaque matin l'amateur de jogging
s'essouffle vaillamment autour de son parking
car il lui faut sa dose ordinaire d'endorphine
pour supporter de vivre avec Delphine
A courir follement on oublie ses soucis
Ca fournit des hormones au cerveau à c'qu'on dit
L'ennui avec le sport c'ets qu'on devient accro
et que de plus en plus chaque jour il en faut
Notre coureur déjà plus de prime jeunesse
S'évertue cependant à se bouger les fesses
Pour réparer des ans l'irréparable outrage
Il s'élance, il s'accroche, il souffle,
Est en nage mais rage oh désespoir tout à coup ça fait crac
O jeunesse ennemie vla son molet qui craque
Les semaines suivantes il les passe dans son lit
Au fond il se morfond et en veut à la vie
 Sa Delphine l'énerve,la télé l'insupporte
 l'avenir est bouché, la bière pas assez forte
 Mais quand la douce nuit descend sur les collines,
 que seuls les frigidaires ronronnent dans les cuisines,
 C'ets dans les draps du rêve qu'il se fait une toile,
 se fait son cinéma et enfin met les voiles,
sur les flots bouillonnants de la sérotonine,
dans les bras de Morphée, c'est mieux que sous morphine.
A lui  les aventures, victoire des féromones
Hgare à vous estrogènes, v'la la testostérone ,
Fi des emphétamines, adieu sueur des vestiaires,
au paradis du rêve, à moi glandes mammaires.
Et quand il se réveille, les hormones en folies,
il se dit que les courses folles c'est mieux au lit.  
Moralité: Rien ne sert de courir
Vaut mieux dormir longtemps.
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J'vieillis

J'vieillis, j'ai la peau qui s'est flétrie
J'ai mes cheveux qui s'raréfient
Et ça m'donne du vague à l'âme et l'mal de mer

J'vieillis, j'ai le derrière qui grossit
J'ai ma route qui s'rétrécit
Et ça m'rend, j'vous dis, l'âme amère

J'dessèche, j'suis pus douce comme la peau d'une pêche
J'ai pus cette chaleur qui passe quand on m'embrasse
J'suis vieille
J'ai les seins qui sont pus pareils
Y vont bientôt toucher la terre pourquoi faire

Pourtant j'ai pas vraiment vu passer l'temps
J'ai pas usé toutes mes affaires, enfin j'espère

J'vieillis

J'vieillis, j'me rapproche du paradis
Tous les jours petit à petit
C'est mon enfance qui s'éloigne loin derrière

J'vieillis, c'est tout s'qui différencie
Celle que j'étais d'celle que j'suis
Sauf que j'suis p'être aujourd'hui moins belle qu'hier

J'fatigue, j'suis pus comme l'intérieur des figues
J'ai pu ce rouge vif dans les veines et ça m'gêne
J'suis vieille.
J'ai pus le bonheur pareil
J'ai pus les courants si forts dans mon corps

Pourtant j'ai pas vraiment vu passer l'temps
J'ai pas usé toutes mes affaires, enfin j'espère

J'vieillis, J'vieillis,

J'vieillis, j'ai la peau qui s'est flétrie
Le blanc d'mes yeux qui jaunit
Et ça m'donne du vague à l'âme et l'mal de mer

Tu vois les douceurs c'est pus pour moi
Celles que l'on glisse à l'oreille

J'vieillis j'vieillis

Michel Jonasz, 1997, Diane Dufresne, RCAVICTOR

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