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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 19:51

L'école dans le monde qui vient 
Répliques d'Alain Finkielkraut du 8 décembre 2012.Transcription P.Y Chevrel
Michel SERRES, philosophe, savant et conteur envoûtant nous propose une histoire en trois étapes du travail humain et à chacune de ces périodes il donne le nom d'un dieu ou d'une figure de la mythologie.Michel-Serres.JPG
"Il y a d'abord Atlas, puis Hercule ou Prométhée enfin Hermès,notre modèle, notre Dieu tutélaire.Porteurs ou maçons, les premiers ouvriers manipulent et soutiennent des formes invariantes et solides" explique Michel Serres, "les seconds transforment les choses en les liquéfiant par la chaleur,puis après le portage et la transformation des formes, Atlas puis Prométhée, vient l'âge mercurien de l'information, communication,passage, traduction, communication, diffusion,transfission des réseaux.

 

Alors qu'autrefois nous fûmes plus agriculteurs,et naguère notablement forgerons,nous voilà maintenant messagers, bien qu'encore dépendants des champs et de l'usine."
"Nous vivons l'avènement d'une nouvelle ère,et dans cette immense messagerie qu'est devenu le monde, rien n'est, rien ne peut-être, rien ne doit être comme avant, tout change, que nous le voulions ou non,et notamment la relation pédagogique.Les hgussards noirs de la République, affirmez vous Michel Serres,sont désormais habillés en Hermès".
Faut-il comprendre que le règne de la parole enseignante est terminée,et que les  nouveaux réseaux ont signé le glas des vieux maîtres?
M.S: C'est une loi que j'ai en effet énoncée il y a quelques années,puisque dès les années 60 j'avais publié 5 volumes qui s'intitulaient Hermès (de la communication de la distribution,de la traduction etc...) mais on était encore dans les années soixante sous le règne de Prométhée, de la révolution industrielle et en particulier,l'idéologie dominante était plutôt marxiste, c'est à dire plutôt en faveur de Prométhée et donc j'ai été très critiqué par la population enseignante qui était à dominante prométhéenne,et à cette époque la, c'était plutôt dangereux de dire que peu à peu, la société allait basculer dans le règne d'Hermès.hermes.jpg
Alors  Hermès est un dieu intéressant, Mercure comme vous l'avez rappelé en latin,c'est le dieu des traducteurs, des commerçants,et qui avait sa statue dans les carrefours, d'ailleurs c'est lui qui indiquait les bifurcations,c'est à dire les changements de routes etc...et sa statue était partout dans le monde antique. C'est un double dieu, celui de la communication,et des réseaux. Il fauit s'arrêter la et dire que la notion de réseau dont on parle beaucoup aujourd'hui,est une notion très très anciennecar il n'y a pas de plus beau réseau que celui des  voies romaines dès l'Antiquité latine,mais beaucoup plus avant, les ethnologues ont remarqué qu'il y avait des réseaux dans la forêt pluviale ou dans la forêt amazonienne,où déjà les populations bien avant le néolithique,avaient travesré et d'une certaine manière avaient rendue culturelle une forêt qu'on croit sauvage.

Aujourd"hui c'est plutôt d'autres réseaux dont on aura l'occasion de parler par la suite.
Alors puisque vous m'interrogez sur l'enseignement, il est bien clair qu'Hermès,étant l'inventeur de l'écriture,il a été dès le départ le dieu de la pédagogie. Et en effet qu'est-ce qui s'est passé au Vè siècle av.JC en Grèce,(l'écriture était née au Ier millénaire av JC,dans le croissant fertile au moins puisqu'on a quand même les témoignages des prophètes d'Israêl déjà) et au moment de la grande révolution du stade au stade écrit, la pédagogie commence à changer, pourquoi, parce que nous avons deux héros qui vont entrer en joute si vous voulez, ce sont Socrate qui parle et qui n'écroral it pas,et Platon qui écrit mais qui ne parle pas dans les Dialogues.Et au fond le Platonisme est une philosophie qui témoigne de ce passage du stade oral ou de l'ère orale où le support du message était le corps enseignant et où le message était la parole; et la deuxième révolution ça a été je crois l'invention de l"imprimerie où on a eu en effet une nouvelle "païdeia"(la païdeia ancienne ayant été inventée par l'écriture)puis le nouvelle pédagogie c'est sans doute la Renaissance et l'invention à peu près des sciences modernes si vous voulez, et nous sommes en effet en train de vivre la troisième,c'est à dire la révolution numérique.Alors est-ce que ça va changer l'enseignement ? Ca l'a déjà changé bien entendu et nous essayerons de dire pourquoi.
A.F: Vous dites, "la pédagogie change totalement avec les nouvelles technologies" dans un petit livre qui a eu beaucoup d'écho, "Petite Poucette" Petite-Poucette.jpget ce personnage nous intéressera également et je peux vous demander naïvement,en quoi, parce que, prenons un professeur de français par exemple,(à l'origine j'étais moi même professeur de français j'ai bifurqué depuis) j'enseigne la littérature: en quoi les nouveaux réseaux sont ils amenés,à modifier mon enseignement de la littérature, je dois ouvrir des élèves assez rétifs, nous verrons aussi pourquoi,à des grandes oeuvres.Les nouveaux réseaux, ils changent peut-être le climat, mais je ne vois pas pourquoi ils modifieraient la nature même de mon enseignement.
M.S: Bien sûr il faut distinguer les enseignements de mathématiques, de physique, de chimie etc..avec des travaux pratiques de sciences naturelles,de biologie, il n'y a pas que la littérature qu'on enseigne.
La première chose que cela change est la suivante:c'est qu'autrefois, moi même je suis enseignant comme vous, j'enseigne la philosophie ou l'histoire des sciences,et anciennement et moi j'ai cette expérience la,il était bien clair que quand j'entrais dans mon amphi, il était entendu que le sujet du cours était relativement inconnu,aux gens qui allaient m'écouter et que moi j'étais titulaire d'un savoir et que eux étaient incompétents dans ce savoir la. Aujourd'hui lorsque je rentre dans ce même amphi, je me pose toujours la question de savoir quelle est la probabilité pour que et combien d'étudiants ont tapé la veille sur Wikipedia le sujet de mon cours et il y en a forcément un certain nombre qui ont regardé en effet l'ensemble des informations qui pouvaient aférer au sujet de mon cours. Et donc il y a eu une époque qui est assez antérieure amsi que j'ai connu parce que je suis assez vieux pour avoir connu les deux époques,où il y avait ce que j'appelle dans "Petite Poucette": une "présomption d'incompétence".On peut varier la dessus, c'est pas seulement la variation enseignante,c'est la relation du médecin au patient, lorsque vous alliez voir le médecin, il était entendu que vous n'étiez pas compétent ni dans le diagnostic ni dans le pronostic aujourd'hui quand vous allez voir le médecin, il y a une probabilité pour laquelle vous ayez tapé sur votre ordinateur les ennuis que vous avez et vous avez une idée au moins grossière, au moins vague de ce qui vous arrive et du coup, ce que j'appelle la présomption d'incompétence était vraie pour l'enseignant, pour le médecin,et pour l'homme politique même d'une certaine manière,et aujourd"hui ce que j'appelle "présomption de compétence"est en train d'arriver, c'est à dire la probabilité pour laquelle beaucoup de gens aient déjà vu votre texte de littérature ou le texte de mathématiques ou le texte d'histoire naturelle est probable et par conséqéquent cela fait une sorte de rééquilibration dans la relation pédagogique.        

A.F: mais je suis un peu sceptique quant à cette espèce de rééquilibrage, d'abord,je pesne que la relation d'enseignement reste nécessairement une relation dysymétrique, or si Hermès est le dieu de la communication,peut-il être aussi celui de la transmission ? N'y-a-t-il pas une différence à préserver entre la transmission et la communication et pour illustrer le scepticisme dont je parle, j'ai lu tout récemment dans le supplément littéraire du Monde,une enquête tout à fait inquiétante sur l'évolution de la lecture. Les enfants lisent, (ils dévorent Harry Potter, pourquoi pas) mais les adolescents ne lisent plus et la diminution est extrêmement spectaculaire et les enseignants disent, ils préfèrent se mettre sur Internet plutôt que de lire d'où le sentiment d'un certain nombre de professeurs que le gouffre entre ce qu'ils savent et ce que savent les élèves loin de s'atténuer s'est encore aggravé sous l'effet des nouvelles technologies.
M.S: le gouffre s'est en effet aggravé et pour comprendre cette nouvelle donne de l'affaire, je vous ai proposé tout à l'heure,de réfléchir et de prendre du recul et de fait, lorsqu'on entend Socrate parler à ses interlocuteurs dans les Dialogues de Platon,il ne comprend pas du tout qu'on puisse écrire puisqu'il est pour la parole dite, la parole orale, qu'il appelle la parole vivante, vive,qui transporte la vie, l'esprit etc..et il trouve que l'écriture est morte etc...donc il y a un gouffre énorme qui s'ouvre entre Socrate et Platon,c'est à dire entre la période orale et la période écrite.Et l'un, c'est à dire le prédecesseur ne comprend pas l'autre et pourtant c'est l'autre qui va porter la culture et la tradition, ce sera l'écriture.
De la même manière au moment de la Renaissance,vous vous rendez compte cher ami à quel point les Docteurs de Sorbonne, Janotus de Bragmardo par exemple, ne va rien comprendre à l'oeuvre de Rabelais qui arrive avec son Pantagruel et Gargantua et du coup Montaigne qui est précisément le témoin de ce passage de l'écrit à l'imprimé et va déclarer:"je préfère une tête bien faite à une tête bien pleine".Rabelais.jpgPourquoi, pour une raison très simple,pourquoi, c'est qu'auparavant si vous étiez historien,physicien, il fallait savoir par coeur Hérodote, Thucydide,Tacite,Quinte Curce etc... tandis qu'une fois que vous avez vos livre sur une librairie,comme dit Montaigne, vous n'avez plus besoin de les savoir par coeur. Par conséquent ce qui change ce n'est pas seulement le savoir,c'est la tête.Et Montaigne l'a bien vu et les deux exemples que je vous propose c'est le passage de Socrate à Platon et le passage des Docteurs de Sorbonne à Pantagruel que Montaigne cite parfaitement en disant "Tête bien faite et non pas tête bien pleine"et par conséquent la tête a changé et je comprends maintenant ce que vous appelez le gouffre.Et on le comprend bien grâce l'éclairage de ce qu'on peut appeler 

1- la révolution de l'écriture     2- la révolution du numérique.
  et vous avez raison de dire oui c'est un gouffre.         
A.F: Est-ce qu'une tête bien faite peut émerger de la toile ? Et un certain nombre de gens et d'utilisateurs même d'Internet,se posent des questions et je me souviens de ce livre de Nicholas Carr, chercheur américain, "l'Internet rend-t-il bête ? " parce qu'un livre propose un monde, Internet fluidifie le monde.Dans un livre on chemine, sur Internet on surfe.
M.S: Quel type d'Internet vous utilisez, vous ?
A.F: Moi,je ne suis pas un utilisateur, je suis un handicapé informatique.
M.S: Dans ce cas la, notre discussion va être assez difficile parce que nous allons parler d'un monde où l'un d'entre nous n'est jamais allé.
A.F: Je m'y suis promené avec des guides..
je vais vous parler d'un utilisateur qui siège avec vous à l'Académie Française, Marc Fumaroli.
M.S: Oui mais Marc Fumaroli est en effet un grand papa grognon,ou ronchon type car c'est celui qui dit, le nouveau ne vaut plus rien.
A.F: J'ai assisté à votre discours, puisque je venais à l'invitation de Bérénice Levet qui a reçu un prix pour son livre "le Musée imaginaire d'Anna Harendt". J'ai entendu le discours que vous avez prononcé, très beau,sur la vertu du discours traditionnel et en effet vous avez commencé par une opposition entre "grand papa ronchon" et "petite Poucette" et je me suis reconnu moi même dans "grand papa ronchon".
Je suis arrière papa ronchon mais je suis quand même au courant, je lis, je vois ce qui s'y passe, donc je vous citerai Fumaroli quand même parce que ,aussi grand papa ronchon soit-il, il se sert d'internet et il s'en est beaucoup servi dit-il pour écrire son magnifique dictionnaire des métaphores..Fumaroli.jpgJ'ai pu dit-il grâce à cela ne pas courir d'une bibliothèque à l'autre,tout venait merveilleusement à moi".

."Il rend beaucoup plus riche les déjà riches, en revanche plonger les enfants et els adolescents dans cet univers,c'est très dangereux parce que qu'on y voit c'est un monde bariolé et numérisé qui fait écran au monde".
M.S: Le mot écran n'est pas mal car en effet il y a un écran.
A.F: Cela nous ramène à la relation enseignante. J'ai le sentiment que les meilleurs utilisateurs de la toile, qu'il s'agisse de la documentation ou même des SMS,ce sont des gens qui ont grandi, qui ont été formés dans la "graphosphère",et donc ils peuvent évoluer à l'aise dans ce que Régis Debray appelle la "numérosphère" en revanche les "digital natives" eux, certes sont plus à l'aise mais ils se noient me semble-t-il.Digital-Native-10qz4at.jpg.png
M.S: Oui je crois en effet que "Petite Poucette" est une population qui est née dans les années 85 à 95 c'est à dire au moment même où les nouvelles technologies se répandaient,et les prédecesseurs en effet lorsqu'ils sont au courant travaillent avec les nouvelles technologies, ce qui implique une certaine extériorité.Lorsqu'on travaille avec une machine on n'est pas forcé de savoir ce qui se passe dans la machine tandisque la génération suivante que j'appelle "petite poucette" vivent dans un monde qui est impliqué par les nouvelles technologies,et c'est ce monde la que "grand papa ronchon" ne comprend pas un peu comme les Docteurs de la Sorbonne au Moyen Age ne pouvaient pas comprendre l'univers de Rabelais, or l'univers de Rabelais qui est l'univers du livre imprimé et non plus du rouleau ancien.(le rouleau ancien était inaccesible vous le savez,conservé dans une bibliothèque à Alexandrie, au Vatican ou à Bologne et donc inaccesible si on était dans une campagne bordelaise et dès lors qu'on a accès à cette bibliothèque, on a une autre tête.Alors pour essayer de faire comprendre où est cette tête la, je vous drais vous raconter une histoire précisément que je raconte dans "Petite Poucette".
Il était une fois une ville qui s'appelait Lutèce et non pas Paris, et là il y avait les nouveaux chrétiens,qui se réunissaient de façon tout à fait secrète,parcequ'il étaient persécutés par l'Empereur Decius,et un jour ils s'étaient réunis dans un endroit secret mais ce qui devait arriver arriva,la légion romaine a enfoncé les portes et les fenêtres,ils se sont précipités sur l'évêque et l'ont décapité et alors la tête roule par terre et Saint denis la transporte au sommet de Montmartre.cette tête la a été externalisée,et vous vous souvenez que quand on était dans la classe de Philosophie, on nous disait que la connaissance humaine était divisée en trois facultés,la faculté de mémoire, la faculté d'imagination et la faculté de raison. C'était le tryptique cognitif et ça nous le portions subjectivement dans notre tête.Et aujourd'hui je raconte l'histoire de la décolation de Saint Denis pour dire que la tête est extérieure à moi et en effet j'ai devant moi un outil qui a plus de mémoire que moi,plus d'images que moi,et à certains égards plus de raison que moi puisqu'il y a des moteurs de recherche qui arrivent à faire des exploits et qui sont largement au dessus de mes capacités. Donc cette tête externalisée porte quelque chose à la renaissance. Montaigne sait tête bien faite plutôt que tête bien pleine, j'aurais tendance à dire "tête externalisée" et la coupure et le gouffre est énorme parceque la cognition est externalisée et je peux m'en servir comme d'un outil universel puisque outil cognitif.Ce qu'on n'arrive pas à comprendre dans le monde moderne, c'est que désormais l'outil est cognitif, c'est à dire qu'il y a un outil extérieur à moi qui a des facultés cognitives; ce qui me reste sur mon cou décollé c'est l'intelligence, l'inventivité et tout ce qui est l'innovation. Donc il y a un rapport au savoir qui a complètement changé et qui a changé d'autant qu'on peut le comparer aux changements cognitifs qui ont eu lieu dans l'Antiquité avec Platon et à la Renaissance avec Rabelais.
Non seulement la relation pédagogique a changé mais aussi la relation cognitive.
A.F: Quel rapport entretient-on avec ce cognitif externalisé ?
M.S: On l'a toujours fait mon cher.
A.F: Oui mais je reviens à la relation pédagogique et à ceque doit être notre autorité, notre responsabilité d'adulte envers les nouvelles générations. je suis un arrière garnd pècre grognon, ronchon mais je m'informe.
Voici un témoignage d'une jeune enseignante d'histoire qui a avec tous ces outils un rapport de familiarité qui n'est pas le mien, je veux parler de Mara Goyet- elle est professeur d'histoire dans un lycée, elle a été longtemps professeur dans un collège de banlieue et elle enseigne aujourd'hui dans une collège de Paris intra muros plutôt tranquille.
M.S: Oui, oui, j'ai lu le livre.
A.F: Elle dit : "l'ambiance n'est pas au travail,il y a mille autres sources de divertissement pour les élèves, textos avec le smartphone, téléphone intelligent, appels, MP3.." Elle nous décrit la chambre des enfants et des adolescents d'aujourd'hui qui n'a évidemment rien à voir avec la chambre où Proust adolescent s'enfermait pour lire.Il ya un canapé puisque le canapé s'est à ce point démocratisé qu'il en a dans les chambres des enfants sur lesquels ils se vautrent et que se passe-t-il,et bien en effet il y a une multitude d'échanges de SMS et ils sont plongés dans le brouhaha écoeurant d'échanges stériles et formatés.
M.S: C'est magnifique: "écoeurant- stériles et formatés" c'est fantastiquement rochon...! Quelle haine !
A.F: Si on les laisse à eux mêmes oui.
M.S: Moi je les aime ces enfants la,je ne les trouve pas stériles et formatés,ils échangent entre eux, que voulez-vous c'est merveilleux !Ils inventent enfin des appartenances et des communautés que nous n'avions pas imaginées, tant mieux !
A.F: S'ils échangent 150 SMS par jour comme cela est dit dans le Monde de cette semaine, ils les échangent aussi en classe,et le smartphone est l'ennemi de l'enseignant si l'on croit encore comme je le fait,à la parole magistrale et elle les aime et elle les aime assez Mara Goyet pour ne pas les abandonner à leur sort, au sort que la technologie leur fait.
M.S: Je peux vous dire que moi aussi j'ai été un adolescent,et j'étais dans la marine figurez-vous, j'étais à Djibouti après la campagne de Suez et j'étais amoureux, j'étais fiancé,et ma fiancée était à Bordeaux,et nous nous écrivins, une correspondance d'amour comme on dit et bien voilà c'est très simple,les lettres mettaient deux mois et demi à parvenir à Bordeaux,et quand je recevais cinq mois après la réponse de mon amoureuse, je ne comprenais plus quel était mon état d'âme il y a cinq mois auparavant forcément.Aujourd'hui l'amoureux qui se trouve à Djibouti,avec son amoureuse à Bordeaux, elle parle avec son smartphone et la correspondance d'amour date du smartphone parce que la au moins il y a une correspondance parfaite.
Savez vous par exemple qu'avec les nouvelles technologies elles ont été inventées pour les hommes d'affaire forcément parce que le profit est toujours la,mais on a aujourd'hui des chiffres extraordinaires qui disent que 65 à 70% des échanges sont intrafamiliaux entre maman et les enfants entre les enfants et papa, ça a plutôt renforcé les relations familiales voyez ce que je veux dire alors du coup pour en revenir à l'enseignement j'aime bien que vous ayez employé le mot autorité.26:57
Savez-vous cher ami que le mot autorité est un mot latin de droit romain :"autor" qui voulait dire la personne qui se porte aval dans un tribunal, mais c'est pas ça qui est intéressant, ce substantif autor qui est de droit romain,vient du latin ogere qui veut dire augmenter. Vous savez qu'en anglais, ils disent auction qu'ils ont gardé et par conséquent, qui a de l'autorité c'est celui qui vous augmente. Alors la probabilité pour que mes étudiants aient déjà des informations sur le sujet en question c'est ça, je vais maintenant considérer la "présomption de compétence" dont je parlais et maintenant pour avoir de l'autorité il faut que j'augmente ce savoir.Et précisément ma métaphore sur la cognition extériorisée, c'est à dire que la tête de Saint Denis est à l'extérieur et bien je dois faire fonctionner ce qui reste sur ma tête c'est à dire l'intelligence, la nouveauté, l'innovation etc... ce qui augmente le savoir.
Et qu'estce qu'un enseignant maintenant, c'ets précisément celui qui a une autorité parcequ'il augmente ce savoir qui est déjà là; dont on peut présumer qu'il est déjà là.Je suppose que c'est comme ça que vous enseignez et il n'y a pas de doute là dessus.
A.F: Je ne sais pas vraiment si on peut préjuger dans l'enseignement secondaire aujourd'hui que le savoir est déjà là, il me semble qu'il manque cruellement mais surtout vous reconnaissez dans "Petite Poucette" qu'il y auajourd'hui dans les classes une espèce de brouhaha,dont d'une certaine manière vous vous félicitez et donc que pour augmenter le savoir ou pour introduire de la pensée et du savoir dans la conscience des enfants,le silence est absolument indispensable,mais avec cette spèce d'immédiateté induite par les nouvelles technologies,on ne l'a plus .mais ça ça devrait plutôt être considéré comme un empêchement à cette augmentation.
M.S: Toute la question est d'essayer de comprendre quel est le monde induit par les nouvelles technologies parce que toutes les questions que vous posez supposent admises toutes les règles, les formats et le monde précédent les nouvelles technologies. Alors si vous voulez juger les nouvelles technologies d'après le format du monde précédent,vous êtes dans le cas de Socrate et cela ne peut que vous plaire, qui ne comprend absolument pas ce que veut dire l'écriture ou dans le cas des Docteurs de Sorbonne du moyen Age qui ne peuvent pas comprendre du tout le monde dans lequel rentrent Rabelais, Erasme ou Montaigne.
Hermès est au carrefour, il est la statue qui montrer la bifurcation,et en effet la culture a bifurqué, non seulement la culture mais aussi le sujet de la culture, la tpete mais aussi la cognition de la culture.Notre rôle d'enseignant ce n'est pas d'interdire ou de trouver dangereux,ou stérile ce monde la,c'est de comprendre la bifurcation pour aider précisément la naissance de cette nouvelle culture qui a eu lieu au Vè siècle ou à la Renaissance.
 A.F: Nous sommes en pleine renaissance dites vous, il me semble (et sans doute vais-je agraver mon cas de grand papa ronchon),que l'éducation en tant que telle relève du vieux monde. J'ai sous les yeux un très beau texte de Paul Ricoeur qui a été republié par la revue le Portique la revue de Benoit Goetz sur l'enseignement, il dit :Ricoeur-Paul.jpg

"Qu'est-ce que je fais quand j'enseigne, je parle,je n'ai pas d'autre gagne pain et pas d'autre dignité, je n'ai pas d'autre manière de transformer le monde et je n'ai pas d'autre influence sur les hommes,la parole est mon travail, la parole est mon royaume.Je parle seulement pour communiquer à la génération adolescente ce que cherche et ce que sait la génération adulte et il y a une chose que l'enseignement ne peut se proposer d'atteindre la fin du règne de la parole dans l'enseignement".
Peut-être estce que Socrate aurais pu prononcer cela...
M.S: Qui vous a dit que le règne de la parole était arrêté ? Vous ête la vivante preuve,vous êtes le professeur de France Culture. Les nouvelles technologies ici la radio, les réseaux vous permettent de parler alors triomphons triomphez mon cher, vous n'êtes plus le vieux papa ronchon,vous êtes excatement dans le coup! Et ce qui est intéressant dans le mot éducation,ne croyez pas qu'on va bouleverser à ce point, ce n'est pas parcque on a écrit qu'on arrêté de parler, ce n'est pas parce qu'on a imprimé qu'on arrêté d'écrire,et ce n'est pas parce qu'on a le numérique qu'on a arrêté d'imprimer puisqu'on a même une imprimante à la maison.
Je veux bien écouter ce que dit notre vieil ami Ricoeur,mais il oublie complètement que le mot éducation est un mot très intéressant: vous avez remarqué que le mot é- (c'est à dire le préfixe ex) et "ducation" c'est dux - ducere - c'ets à dire conduire ùais conduire où ? à l'extérieur, a dehors, à la bifurcation précisément que je suis en train de décrire.D'ailleurs l'éducation c'ets bien entendu transmettre du savoir déjà là, mais aussi transmettre à la génération future son propre monde "é-ducation" c'est à dire conduire (ducere) et en dehors c'est à dire de façon bifurquée et vous retrouvez Hermès.
A.F: Est-ce que l'éducation ne serait pas une certaine aptitude à conduire cette génération hors de son monde pour lui permettre par un grand détour, d'y revenir mieux armé, avec la distance qui est nécessaire.Parce que l'éducation a affaire avec le passé et le passé introduit vis à vis du brouhaha, du présent,une distance.
M.S: Voyez chez vous le présent est dans le brouhaha et seul le passé a de la valeur.
A.F: le présent est dans le brouhaha parce que ce que nous avons retenu du passé, c'est tout autre chose que son brouhaha, nous avons retenu un certain nombre d'oeuvres avec lesquelles nous sommes invités à converser. Le présent est forcément un brouhaha et ce brouhaha a pris aujourd'hui des proportions inimaginables,du fait justement de la communication planétaire.
M.S: je voudrais faire une sorte de contrepied et de parler de l'enseignement des sciences qui a beaucoup changé à cause des nouvelles technologies,et même la recherche parce que la science de mon temps n'était pas la même que la science d'aujourd'hui,donnée avec l'ordinateur et je voudrais donner un mot intéressant puisque vous parlez des anciens avec des citations, alos je vais en donner moi aussi.Max Planck le physicien allemand qui a donné son nom à tous les Instituts qui portent son nom,aimait dire à la fin de sa vie,alorsq u'il avait le bilan bien rempli d'inventions et de découvertes: "ne croyez pas que les théories ou les expérimentations de physique sont vraies que la science fait des progrès, non, non,c'est parce que les générations d'avant viennent de prendre leur retraite, c'est comme ça qu'on fait des progrès".

Alors si vous voulez enseigner à chaque fois à la nouvelle génération l'ancien monde, vous la bloquez complètement, elle n'inventera plus. Rabelais n'avait aucun intérêt à savoir par coeur la scholastique du Moyen Age, il inventait un bouveau monde: Pantagruel,Gargantua, les iles Tohubohu etc...et les Docteurs étaient désespérés. Il voulait aussi qu'on apprenne le latin le grec et l'hébreu mais ils sont dans Wikipedia cher ami..
Savez vous que je vais voir le directeur d'une Ecole Normale dans les années 80 et je lui dit mettez toute la science, la culture en ligne et il m'a répondu, il faut des examens pour ça.Voyez c'était désespéré car on avait déjà inventé Wikipedia nous tous, on était donc en avance mais c'est vrai qu'Ovide, Virgile en latin sont dans Wikipedia, le grec et l'hébreu aussi.
A.F: Oui on est dans Rabelais avec ce savoir externalisé en même temps, ce dont les enseignants de l'enseignement supérieur se plaignent autant que ceux du secondaire c'est de voir les élèves se contenter pour leurs différentes compositions de faire du copier/coller.
M.S: je connais la suite..;
A.F: Ils le constatent, ils s'en désolent. Ils se disent le savoir est externalisé et donc mon rapport au savoir c'est le clic.je sais puisque j'ai accès mais entre le savoir et l'accès il y a encore un gouffre.
M.S: Ca a toujours été ma critique, quand je lisais des livres,que j'étais jeune et que je les lis encore maintenant,je me dis mais comment ça se fait que ce professeur qui a écrit ce livre soit tellement citationnel, il ne fait que du copier/coller.c'est à dire, il cite sans arrêt et Aristote et Platon et machin et truc et il a des livres partout pour pouvoir parler, il cite sasn arrêt, c'est du citationnel.C'est à dire cette critique que vous faites aux jeunes étudiants, l'ancienne génératon le faisait mais avec le livre, c'était pire encore.Ils ne peuvent plus penser par eux mêmes, ils ne font que citer, qu'est-ce que c'est qu'une thèse au fond,elle a d'autant plus de valeur qu'il y a beaucoup de notes en bas de page et des index extrêmement fournis écoutez,il n'a pas pensé par lui même, c'est pas un bouquin ça, c'est pas une invention, c'est rien du tout. Par conséquent le professeur doit avoir son agrégation pour avoir sa thèse, a fait pire que ce qu'il critique dans Wikipedia, écoutez c'est pas raisonnable.
A.F: Citer c'est un exercice..
M.S: Et bien couper/coller aussi why not ?
A.F: Vous avez des citation et un raisonnement que ces citations illustrent..
M.S: J'en ai lu des thèses vous savez et ce qui est la cause de ça c'est la citation perpétuelle et c'est du coper/coller ni plus ni moins. Alors ne critiquez pas la nouvelle génération quand vous faites la même chose.
A.F: je ne suis pas sûr d'avoir fait la même chose du moins je l'espère..mais il ne faut pas que tout ça s'accentue.
Pour mieux comprendre cette mutation de la relation pédagogique c'est le thème de votre livre "Andromaque veuve noire" (publié à l'Herne), c'est le thème de Petite Poucette.
M.S: La pédagogie est un cas particulier.
A.F: Vous trouvez une positivité à ce bavardage dans Petite Poucette en disant qu'il y a une demande de plus en plus forte et précise venue de ces jeunes,et que ça change même la nature de la relation. Si j'ai bien compris, il faudrait pour les professeurs, mieux répondre à la demande.Est-ce que vous pouvez m'expliquer ce que vous voulez dire.
M.S: Si on analyse en poussant le contrepied,de la relation entre le médecin et le patient,(où il y a une relation 1 + 1 c'est beaucoup plus facile à analyser) pour certains types de symptomes, de difficultés si lemédecin lui dit tais toi, qu'il l'examine en lui disant tu n'es pas compétent etc...il peut faire des erreurs assez considérables,il vaudrait mieux qu'au début il l'écoute et  même si le patient un peu vaniteux dit: j'en connais autant que toi parce que j'ai regardé sur Wikipedia ou sur la toile ce que veut dire petit travers par exemple, donc la relation dont j'au parlé tout à l'heure est plus équilibrée, c'est à dire qu'il y a une écoute.Dans la relation pédagogique j'ai eu l'intuition en enseignant parce que je suis comme vous un enseignant,le monde ayant complètement changé j'avais besoin d'écouter d'autant plus que si vous voulez,j'ai enseigné dans le monde entier en particulier aux Etats Unis mais aussi en Asie, en Afrique,et un peu parttout. J'avais l'impression tout d'un coup que le monde avait tellement changé que je gaganais énormément à écouter ce dont il s'agissait.je vais prendre un exemple qui n'a rien à voir avec les NTIC; jusqu'à un certain moment nous enseignions en France à des Français,en Californie à des Californiens,ou à Shangaï à des Chinois.A partir des années 70/75, on s'est mis à enseigner à des mélanges; en France le mélange est un peu plus africain, beur, européen,et là où j'enseigne à Stanford le mélange est un peu plus asiatique, coréen, chinois, philippin etc..multi-ethnique-enfants-ecriture_bld051651.jpg et du coup,l'enseignant s'est mi à écouter ce multiculturel qui est devant moi.Je ne peux plus dire tout à fait les mêmes choses à quelqu'un qui est une population cohérente culturellement et à une population qui est multiculturelle.Mon discours est obligé de changer.
De la même façon lorsque le nouveau monde est arrivé, il y a une écoute très précise à faire quand on est enseignant pour comprendre le monde danslequel ils sont et non pas à le juger bavard, faisant du bruit, stérile etc.. non non il y a quelque chose de nouveau qui arrive: écoutez la nouveauté ! Et à ce moment là une fois que vous avez compris cette nouveauté la,un peu comme le multiculturel alors adaptez votre enseignement.En effet il y a une nouvelle parole à inventer.
A.F: Inventer ou adapter ? Mais est-ce qu'il reviendra au maître et quelle que soit l'époque précisément de ne pas satisfaire la demande, de  dérouter la demande. le maître se définit par son extériorité, l'éducation dit ça en effet, comme le dit Lévinas, Levinas.jpg

"le maître m'apporte plus que je ne contient et même plus que ce à quoi j'aspire, il me déconcerte".
M.S: C'est justement ça,il ne peut me déconcerter que s'il connaît le monde dans lequel je suis.Il ne me déconcerte pas s'il me dit quelque chose de totalement étranger,mais il a une chance de me déconcerter, de me faire bifurquer, de me dérouter précisément s'il a compris l'habitat dans lequel je demeure.Il ne peut le faire s'il n'st pas compréhensif et lucide sur le monde dans lequel il évolue.
A.F: Très bien alors j'aurais une toute petite question qui a surgi en moi à l'écoute de ce discours que vous avez prononcé donc jeudi à l'Académie Française parce que vous avez fait un lien très éclairant entre la vertu et le virtuel amis précisément je reviens au problème que l'on a vis à vis de la lecture, j'ai quand même le sentiment qu'il y a virtuel et virtuel c'est à dire que la littérature c'est une sorte de réserve de l'invisible,nous avons des personnages que nous ne voyons pas, le virtuel nous fait tout voir et l'image la, préempte l'imagination si tant est qu'elle ne la remplace pas, donc n'y a-t-il pas à l'intérieur du virtuel un combat à mener entre si j'ose dire ces deux virtualités.

M.S: mais c'est ça que j'ai dit à l'Académie Française, ce virtuel la est tellement profond dans l'âme humaine, dans l'imagination humaine que pour connaître l'homme dans sa singularité individuelle, la littérature est dix fois plus importante que les sciences humaines ou même la philosophie.C'est à dire que c'est grâce à mme Bovary, le Père Goriot, Benjamin Constant ou Proust que j'ai pu en effet comprendre la singularité humaine et c'ets ça que j'appelle le virtuel mais il se trouve et  c'est àa qui est tout à fait extraordinaire que ce virtuel littéraire qui donne en effet la priorité à tout ce qui est imaginatif, ai sens que nous avons donné tout à l'heure se retrouve exactement dans les sciences les plus exactes et c'est ça qui est extraordinaire.C'est à dire que ce qui paraît caractériser les hommes, c'est à dire le virtuel pour les connaître dans leur individualité,caractérise aussi les choses et j'ai parlé des mathématiques, de la physique etc..pour dire évidemment que ce réel là de "grand papa ronchon" n'est pas monovalent, il est au contraire ce qui pourrait ne pas être, c'est à dire contingent comme est contingent le Père Goriot, Madame Bovary etc..
A.F: Oui mais vous dites, "grand papa ronchon s'accroche au réel".
M.S: je l'ai appelé Sancho 

AF: Vous avez mis Petite Poucette du côté de Don Quichote et "grand papa ronchon" du côté de Sancho Panza.Or, les "grands papas ronchons" (dont je suis ici le porte parole) se désolent de voir que Petite Poucette ne lit pas Don Quichote,qu'elle n'en a rien à faire de Don Quichote, s'ils n'aiment pas le jeux vidéos c'est précisément parce qu'ils pensent que Don Quichote c'est mieux que les jeux vidéos et il y en a un qu'il faut absolument défendre contre l'autre, et il est vrai qu'il ne nous ramène pas au vieux monde, il nous rattache à lui, nous en sommes les continuateurs, les augmentateurs, ce n'est pas du passéisme que de dire ça.don_quichotte_3.1230403197.jpg
MS: le continuateur du virtuel tel qu'en effet Cervantes l'a décrit, et précisément mon discours tendait à dire ça, il y a en effet un grand père dans le couple Sancho Panza/Don Quichote, l'un plutôt du côté du réel l'autre du côté de l'imagination,que le couple se reproduit en effet avec le "grand papa" et la petite fille, mais qui se reproduit en effet dans les sciences aujourd'hui. Il est probable que surfer sur la toile c'est exactement s'adonner au travail précisément que Cervantes décrit quand Don Quichote va vers les moulins ... il y a une sorte de folie imaginative. Qu'estce qu'il fait Don Quichote au fond ? et bien il surfe sur le réel, n'est-ce pas et bien cette vie elle est transposée de façon extrêmement vivante dans l'action même de petite Poucette qui est réellement le vrai successeur et c'est ça mon idée dans ce discours que le vrai successeur de Don Quichote c'est petite Poucette et que le vrai successeur de Sancho Panza, c'est encore petite Poucette pourquoi parce que   Sancho Panza dit à Don Quichote: "Regarde Dulcinée c'est pas une princesse, c'est une sorte de bergère malpropre".Et dès que vous êtes dans l'imagination vous vous dites c'est dans une bergère que j'ai trouvé une femme extraordinaire et que le réel n'est pas celui que Sancho Panza pense.
A.F: Oui mais alors j'aurais une dernière question à vous poser.

"Grand papa Ronchon" vous dites de lui qu'il s'attache à un vieux monde qui n'est pas très glorieux et qui fut même au XXè siècle atroce, alors quelle leçon tirer de cela car après tout,l'atrocité au XXè siècle a fait jouer à la jeunesse un rôle central, après tout, la révolution culturelle consistait à éradiquer les vieilles idées, la vieille culture,les vieilles coutumes, les vieilles habitudes.
M.S: Vous me mettez du côté de Mao !
A.F: Pas du tout ce que je veux dire par la, est-ce que ça ne renforce pas en nous cette responsabilité dont je parlais tout à l'heure.
M.S: je crois cher ami qu'il est intéressant de dire ça,parce qu'en effet le XXè siècle, que j'ai vécu puisque je suis plus vieux que vous et ai vécu ça de façon très précise,ce XXè siècle a été atroce et a donné 150 millions de morts entre les guerres et les crimes d'état comme vous en parlez,écoutez, quel est le pays qui était au XXè siècle,de loin le premier pour la musique,la littérature, la philosophie,les beaux arts, l'enseignement, la médecine, la science etc..c'était de loin l'Allemagne.Et cette Allemagne la qui était la plus cultivée de toutes les nations,mais cette vieille culture elle l'a protégée de quoi ? C'est ça ma question, la question est vraiment très grave. cette vieille culture, de quoi a-t-elle protégé l'Europe ? Réponse: de rien.C'est quand même terrible de penser que ce vieux monde là tellement cultivé, tellement inouï,n'a été protégé de rien. Je peux vous répondre de façon dramatique,tragique.
A.F: Oui, vous avez raison c'est un problème tragique dont nous ne sommes pas sortis,                      
M.S: Donc vous voyez bien qu'on ne peut pas faire l'éloge de l'ancien monde de façon générale puisque là on a une expérience cruciale terrible, terrifiante.
AF: Oui mais je pense que la question que je vous posais était tragique aussi, en tout cas je voulais vous remercier Michel Serres pour cette convesation en espérant qu'elle puisse se poursuivre en lisant "Petite Poucette" (Ed.Le Pommier)ainsi que "Andromaque veuve noire"(Ed. de l'Herne)  .                 

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 13:19

La Catalogne représente 20% du PIB du pays, elle est la plus endettée avec 42 milliards d'euros et affiche un taux de 22% de chômage. La revendication identitaire voire secessionniste concerne d'autres régions européennes (Flandre,Ecosse,Pays Basque, Padanie et dans une certaine mesure la Bavière... )Europe-Allemagne.jpg
"Nous sommes une vieille nation d'Europe avec mille ans d'histoire et après des siècles où nous avons courbé l'échine et où nous nous sommes excusés d'être ce que nous sommes,voici venu le moment de nous émanciper" Arthur MAS.arthur_mas.jpg
"Il y a une Catalogne depuis le Vè siècle avec l'arrivée des Wisigoths et la constitution d'une entité particulière qui s'est prolongée jusqu'en 1931 avec l'arrivée de Franco qui met fin à l'autonomie accordée par la République Espagnole.Il n'y a donc pas un discours démagogique et superficiel... Il ne peut pas y avoir d'Europe puissance avec un émiettement de petites nations même légitimes,qui ne veulent aps se lancer dans une compétition mondiale." Max GALLO
 

 

La question des langues régionales: En 1992 une décision a été prise pour la création d'une charte des langues régionales minoritaires,et c'est ainsi que nous avons par exemple en Bretagne des écoles du réseau Diwan de la maternelle au Bac.
Thierry PECH : "Je ne crois pas du tout à  puissance de ce roman culturel catalan,qui auarit ses petuits frères et ses petites soeurs installées en Europe".
Le nationalisme catalan est aujourd'hui un séparatisme de riches,voire d'épiciers, cela n'a pas toujours été le cas.A la fn du XIXè et au au début du XXè, quand la Catalogne voit pousser sur ses terres un phénomène d'industrialisation important, il y a un patronat catalan qui prône un nationalisme conquérant qui veut imposer son modèle à Madrid et qui donc ne veut pas se séparer de Madrid mais le coloniser d'une certaine manière.Aujourd'hui on a affaire à un pur séparatisme de riches ou qui se croient riches,et pour le coup, la conjecture économique y est pour beaucoup.

Arthur MAS s'est découvert indépendantiste il y a quelques mois, il ne l'était pas comme les gens de l'ERC par exemple qui sont les indépendantistes traditionnels  du paysage politique catalan..Que s'est-il passé ?
Arthur Mas qui a été l'artisan d'une austérité féroce en Catalogne et qu'il a accueillie et orchestrée est à la tête d'une situation très compliquée qui ne doit rien à Madrid.Les indépendantistes disent, c'est l'incurie du pouvoir central qui fait que l'on a des dettes, ce n'est pas vrai. Les finances publiques espagnoles étaient remarquablement bien gérées tout au long des années 2000 d'autant qu'elles étaient sous le conrôle et la pression des régions dotées d'une règle d'or. Ce qui s'est passé est que les banques provinciales et régionales ont plongé dans la spéculation immobilière qui a été repris en charge par la dette publique des provinces, et maintenant ce sont les régions qui viennent demander de l'argent à l'Etat central... !
L'indépendance basque et catalane est déjà très poussée et n'a rien à voir avec le centralisme français, ce qui est remis en cause est la distribution des Impôts, la balance commerciale et dans un contexte d'austérité,ou d'économie généralisée,on observe un mouvement de repli sur soi.
JL.Bourlanges: Souvenons nous de Jordi PUJOL qui avait une suite de 25 personnes et était un Prince...

Qu'est-ce qui historiquement a plongé l'Espagne dans la crise et la décadence, c'est la crise de 1640: rocroi8.jpgc'est la bataille de Rocroy, la supériorité de l'artillerie et de la cavalerie française  du Duc d'Enghien sur le tercio de l'Infanterie espagnole, de Mello, mais c'est surtout la sécession simultanée de la Catalogne et du Portugal face au Duc d' Olivarès qui avait fait nourrir la guerre par l'argent du Mexique et par une pression fiscale sur la Castille qui n'en pouvait plus et on a dû faire appel à des rentrées fiscales de l'extérieur, c'est donc un processus très ancien...250px-Diego_Velazquez_037.jpg
Cela ne veut pas dire que ça débouche sur l'indépendance car cela a des conséquences juridiques très importantes,et les Espagnols y regarderont à deux fois avant de fracturer l'ordre juridique dans lequel ils vivent. Le pari indépendantiste n'a pas été gagné par Mas, parce qu'il a mené une politique d'austérité,et le mouvement indépendantiste s'est déporté vers les gens qui voulaient à la fois l'indépendance et qui refusaient l'austérité.          
"Ce que nous vivons est à la fois la crise de l'Europe, la crise des nations,et la crise de toutes les formes de solidarités. Je suis profondément attristé par l'effondrement du modèle français. Quand on regarde, on a inventé la conception renanienne de la nation qui est fondée sur un pacte qui unissait des gens qui par delà la diversité culturelle et ethnique qui peut les caractériser ont envie de former une communauté nationale.
Regardons les inventions de la France : On a inventé la Belgique : regardez dans quel état elle est...! On a inventé la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie entre les deux guerres..Il n'y a plus de Tchécoslovaquie ni de Yougoslavie. Et maintenant on a ce retour de l'ethnico-culturel partout, c'est à dire un mouvement de fragmentation qui ne s'arrête jamais, il atteint l'Europe,il atteint les Nations, il atteint le corps social,il porte les gens à l'identitarisme religieux,et au bout du compte c'est le " small is beautiful" à l'état pur,il conduit à un individualisme absolu. C'est le même mouvement qui détruit l'Europe, qui détruit les nations, qui détruit la solidarité sociale,et qui développe l'hyper-individualisme."      
La position de l'Union Européenne est intéressante, car elle n'accepterait pas qu'une nouvelle entité se constitue donc il faudrait un nouveau processus d'admission,et de candidature et on voit la gêne inhérente aux constitutions européennes.On est d'autant plus tenté par la sécession interne qu'il y a l'Europe autour,et que cette Europe demande zéro solidarités,(regardez les débats sur le budget européen) s'émanciper des solidarités nationales pour plonger dans un ensemble qui ne demande aucune solidarité et qui laisserait vivre les riches comme des riches et qui ne donneraient rien aux autres, je comprends que ce soit tentant pour des gens qui ont cette mentalité.     
Le fédéralisme européen est boiteux car il consiste à accorder à certaines provinces, des autonomies et pas à d'autres: les Basques lèvent leur impôt, les Catalans voudraient faire de même,et ça c'est un vrai déséquilibre interne.   

L'Esprit Public de Philippe Meyer - Dimanche 2 Décembre 2012 

Transcription: P Chevrel

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 15:38

VILLAGES DE FRANCE
Invité(s) :
Christian Combaz, romancier et essayiste
Jean-Pierre Le Goff, sociologue, auteur

A.F: A écouter les informations et à lire les enquêtes sociologiques, on pourrait croire qu'il n'y a en France que des métropoles trépidantes et des cités sensibles.L'actualité nous balotte entre grandes villes et ghettos urbains et le reste passe à la trappe ou surgit sporadiquement dans la rubrique des faits divers (sauf dans le JT de JP.Pernaut sur TF1 ,et dans des Racines et des Ailes sur FR3) Avec leurs ouvrages respectifs:"gens de Campagnol" et "la Fin du Village", Christian Combaz et Jean Pierre le Goff réparent cette injustice. Ils réintègrent dans la mémoire collective et dans l'histoire contemporaine, les oubliés de la nouvelle France, dite alors même qu'on la réduit à deux composantes: France de la diversité.
Et c'est d'abord sur le lien personnel, subjectif,qui les attache aux lieux dont ils ont fait l'objet de leur étude,que je voudrais interroger mes deux invités en commençant par vous Jean Pierre Le Goff : cadenet-vaucluse-luberon-provence.jpgVous dites que votre premier contact avec CADENET remonte à 1983 et que de 1984 à 2007 vous y êtes retourné en famille chaque été et parfois au printemps, séjournant en location dans différents endroits de la commune.Pourquoi CADENET ? D'où vient ce choix,cette affinité élective, ectte fidélité,envers un petit bourg situé aux confins du Luberon, au bord de la Durance et qui n'a pas l'attrait touristique de Roussillon ou de Lourmarin.Lourmarin.jpg
 JP LG: Il ya plusieurs origines à ce livre, une dimension quasi affective et familiale,d'ailleurs j'ai eu la chance mais aussi l'honneur de connaître le village par les anciennes grands familles,(ce n'est pas l'aristocratie au sens où on l'entend, ce sont les familles nombreuses qui connaissaient très bien le Luberon qui avaient un attachement à cette petite patrie extrêmement fort et avec qui j'ai noué des liens quasi familiaux et qui m'ont fait connaître ce bourg de l'intérieur, donc j'ai eu beaucoup de chance et je tenais d'abord à leur rendre hommage, surtout que c'étaient des gens qui m'avaient accueilli,avec une certaine chaleur et ce n'était pas évident pour moi qui avait une image de parisien,donc j'avais une espèce de dette à leur égard.En même temps, j'ai très bien vu qu'ils se représentaient comme les perdants de l'Histoire, c'est à dire les oubliés de l'Histoire, pas les oubliés de la modernité,mais de cette modernisation, de ce changement perpétuel où ils n'avaient plus le droit à la parole.Il fallait , non pas me substituer à eux,mais exprimer de façon la plus simple possible cette voix qui n'était plus entendue.
S'y ajoutent des éléments d'un autre ordre, des éléments d'ordre intellectuel, il se trouve que le livre  "village de Roussillon" de Laurence Wylie (1910-1995), sociologue américain, spécialiste de la société française, qui fit un séjour d'exploration dans le village de Roussillon (Vaucluse) dans les années 50, (Roussillon.jpgRoussillon qui est devenu un village très touristique après 10h il faut fuir ce bourg !) c'est pour moi,une référence centrale pour connaître la France d'avant les Trente Glorieuses, c'est à dire qu'une collectivité villageoise qui nous renvoit un peu avant la guerre,extrêmement solidaire et ce livre m'a ammené peu à peu à me demander qu'est-ce qu'est devenu cet ancien peuple ? J'en avais assez d'une sorte de sociologie "plate" , mettre à plat, démonter des logiques,des mécanismes entre l'expertise,et les Ministères sont remplis de dossiers sur l'état de la France, on est dans une société éminemment bavarde, on a l'impression qu'on a changé la réalité quand on a beaucoup bavardé sur elle,et en même temps qui met beaucoup de discours, on se paie de mots par rapport à une épreuve du réel...je voulais aussi montrer les fractures et les façons de les affronter dans une structure qui ne soit pas seulement une position de surplomb ou seulement une position de sociologue classique c'est à dire,en situation d'immersion, en décrivant des personnages,en décrivant des situations à la fois comiques et tragiques.Qu'estce qu'est devenu ce peuple comme l'a aussi montré Edgar Morin en Bretagne en plein coeur des Trente Glorieuses et là on était à l'époque du changement de la modernisation, d'un certain rejet du passé par une nouvelle génération, or aujourd'hui, il y a une nouvelle étape de cette modernité qu'on pourrait appeler post-modernité qui n'a plus rien à voir ni avec Laurence Wylie ni avec Edgar Morin.
A.F: Christian Combaz, quel est votre lien avec Campagnol et d'abord puisque ce nom semble trop allégorique pour être vrai,y a-t-il un village en France qui s'appelle Campagnol,et sinon de quel village parlez-vous ?
Ch.C: Il y a un Campagnolles qui se trouve en Normandie, mais dont je ne me suis pas inspiré. Il se trouve que mon histoire n'est pas celle d'un sociologue mais d'un romancier et donc, avec l'argent de mon roman j'ai voulu acheter une maison dans les Alpes où vivait mon père et ça n'a pas marché parce que les prix étaient trop élevés et je me suis rabattu sur un pays où les loyers étaient très faibles,c'était dans les années post-Larzac et c'était à peu près dans le Larzac, dans l'Aveyron (je ne citerai pas le nom précis du village pour ne pas m'attirer les foudres de ceux que je décris car je les décris d'une façon assez personnelle,je parle réellement d'eux mais contrairement à Monsieur qui le fait de façon un peu sociologique,moi je le fais de façon sensible et donc parfois indiscrète et donc j'ai changé les noms et le nom du village aussi.Pourtant ceux que vous visez se reconnaîtront aisément.Le livre a déjà circulé depuis 4 mois dans les deux villages de l'Aveyron et des Alpes;              
Ma démarche pour résumer,est plus morale, plus personnelle, plus caricaturale,elle consiste à montrer que la province française,et plus particulièrement le village,sont victimes du phénomène d'"idée de con". C'est à dire qu'il y a toute une Franec qui voit qu'on commence à parler de la vie à Paris, de la France, de tout et de rien,à 22h30 sans mentionner ce qui fait son quotidien et chaque fois qu'un provincial pur jus est invité sur un plateau,c'est généralement pour que la banlieue vienne se moquer de lui. Donc cette forme d'authenticité qui est prise en très mauvaise part désormais, qui est celle des gens qui n'habitent nulle part, c'est à dire pas un haut lieu, cette authenticité c'est mon sujet et je précise que je suis un résident principal, c'ets à dire que j'ai passé 17 ans aux fin fond du Larzac bien que je sois un romancier parisien,avec un éditeur parisien, mais j'ai choisi d'habiter parmi les gens qui coupent du bois,ou qui élèvent des moutons,et ce choix je ne l'ai jamais renié et quand j'ai pu changer de crèmerie, je n'ai pas choisi le XVè arrondissement de Paris mais plutôt un village des Alpes.    
 A.F. - Oui vous vous présentez un peu dans ce livre comme un porte parole du pays profond, face à ce que vous appelez "le club de la dérision", ceux qui ont le décodeur et qui donc écoutent Canal Plus traçant sans cesse la frontière entre les corniauds et les autreset vous avez même une certaine tendresse pour les téléspectateurs du 13h de TF1 parce que celui ci parle en effet, à sa manière, de cette France des artisans, de cette Franec qui ne semble pas exister pour Canal Plus ou n'exister que pour être moquée ou à travers des émissions carément caricturales, ricanantes, comme Groland ou bien les fameux deschiens dont tout le monde chante les louanges; les Deschiens sont une offense permanente à la France qu'ils décrivent.Deschiens.jpg
Les Deschiens c'est une drolerie féroce mais on peut presque situer le quartier parisien où elle est née. Donc les gens avec qui je vivais prenaient ce genre d'humour pour très mauvaise part. je vous fais remarquer que cet humour Canal Plus qui était réservé aux abonnés dans les années 80; s'est étendu à tout le paysage audiovisuel français, il n'y a plus une seule chaine de télévision, qui n'ait pas son émission de 18h30 où une France rit de l'autre. Ces gens là ont été floués par la geste, le discours officiel  à propos de la France leur a été volé et pour résumer aussi mon propos, je ne suis pas le seul à l'avoir dit, dans l'imaginaire général, la banlieue a remplacé le peuple .Désormais quand il faut parler des gens qui ont du mal,et bien ces gens habitent St Denis.
AF: Il y a une petite différence entre vos deux livres, même si ce qui vous rapproche c'ets une certaine compréhension,empathie, tendresse pour vos villages respectifs, vous JP Le Goff vous parlez d'une France disparue ou en voie de disparition alors que vous Christian Combaz, vous parlez d'une France recouverte, qui existe encore, mais qu'on refuse d'entendre.
Parlons de cette France disparue dans un article de Causeur,Causeur_Une_41.jpg Philippe Reynaud très élogieux à l'égard de votre livre,explique que vous vous gardez d'idéaliser l'ancienne communauté villageoise, certes mais vous parlez d'elle, de ces familles qui ont fait la réputation de Cadenet sinon sa prospérité,mais vous avez une grande nostalgie ou un grand amour pour le peuple qui se constituait autour de ce travail.
JP.LG: J'ai mis le lien par rapport à ce que j'appelle l'ancien peuple de France,(puisque mon père était un artisan pêcheur en Bretagne),celui des artisans et des notables attachés à Paris aux mille villages,et cette petite patrie s'emboitait dans la grande.Aujourd'hui c'est cet élément là qui s'est terriblement érodé pour ne pas dire qu'il a été entièrement bouleversé en l'espace d'un demi siècle. On pourrait prendre les éléments de cet attachement cette petite patrie, oui nous avons changé d'époque, elle du philosophe Alain qui décrit les petits artisans et commerçants.
Exemple le cas des vanniers et agriculteurs (le rapport au travail n'a plus rien à voir avec ce qui existait) 13'08
Sur le livre de Christian Combaz figurait une petite étiquette de l'éditeur "A l'écoute de la France qu'on n'entend pas" or Marine le Pen a dit la même chose quelques jours plus tard et ça a plombé le bouquin... !
La France de Christian Signol (Laffont) qui vendait des millions de livres par rapport à celle de Peter MayleMayle.jpg (écrivain anglais qui s'est mis à parler de la Provence depuis Maussane où il s'était installé pour nous raconter le marché local et le curé avec sa 2CV. Et les gens qui sont nés à Maussane se sont dit qui est cet Anglais qui débarque pour parler de nous !
- Grâce à ce Parc du Lubéron on ne construit pas n'importe comment,et les gens vont en vacances dans de très belles maisons, très isolées,très tranquiles, et ils y voient un paysage demeuré magnifique , il faut le dire en faveur des parisiens- Hors de ce Parc protégé, tapez "dynamitage d'une forêt" dans Google et vous verrez: les promoteurs avides, le Maire qui est leur objet, Les Conseils Municipaux pour enfants c'est très bien mais commençons par apprendre comme on passe le "Permis de Chasser"le "Permis d'être élu municipalement" à ceux qui ne savent même pas ce qu'est le Sénat ou la Chambre des Députés   !
Critique du Parc du Lubéron: une forme de gestion assez incroyable de la Nature passant par une rhétorique managériale extraordinaire,incompréhensible, objectifs, sous objectifs,avec eds exmples dignes d'une démocratie participative exemplaire, quand vous sortez de ce grand discours au delà du fait qu'il existe et que c'est important,car il a pu contenir les délires de promoteurs.parc_luberon-2.jpg Ce que je remets en cause c'est cette espèce de logomachie de ce Parc et l'encadrement pour changer une tuile, une fenêtre,avec un poids des architectes qui encadrent et les Maires, ce n'est pas facile quand vous vivez dans ce Parc, si vous voulez développer un peu une activité économique.     
Qu'est il arrivé à CADENET ?
CADENET est passé d'une collectivité villageoise qui condensait en un seul lieu: travail , habitation et loisirs pour arriver à un village bariolé composé de catégories sociales aux revenus très inégaux, parce qu'avant il y a avait une certaine unité, avec à la pointe extrême, ce qu'ils appellent les TTR (gens très riches qui rachètent des propriétés mais qu'on ne voit jamais car ils s'isolent) et à l'autre extrémité des gens à la déglingue,qui n'est pas la pauvreté ancienne, c'est à dire cette espèce d'errance,dans un no man's land anthropologique qui vont chez Pôle Emploi tous les 2 mois, entre les deux, il existe encore cette couche moyenne, mais l'arrivée du TGV et l'augmentation des terrains a été un élément fort de désagrégation..Cadenet.jpgOn arrive aujourd'hui à une juxtaposition relativement pacifique et je dirai relativement bon enfant à Cadenet entre ces catégories sociales.Mais ce n'est pas qu'une question économique et sociale au sens étroit du terme,mais pour moi c'est une grande fracture culturelle,qui touche à une question essentielle: le rapport à la vie, le rapport à la nature, le rapport à la mort et le rapport à l'éducation des enfants. (32'30)            
Ch.Ch.- On assiste à une intégration à l'envers, c'est à dire que ce n'est pas le nouvel arrivant qui s'intègre, c'est le villageois qui doit s'intégrer au nouvel arrivant.
A.F; Alors ce que je trouve très intéressant c'est le symptome que vous pointez JP.Le Goff, c'est le symptome de la chasse que vous faites avec beaucoup de subtiité.Vous montrez que la chasse est vécue par le nouvel arrivant comme un truc de fachos. Donc l'enfant ou le petit fils de chasseur,se retrouve très gêné, il y a la une fracture culturelle qui témoigne de cette intégration à l'envers et vous parlez de cette institutrice qui n'aime pas la chasse mais qui se rend compte qu'un que ses élèves, fils de chasseur connaissait beaucoup mieux la nature que les autres, précisément parce qu'il allait à la chasse avec son père,alors même que la connaissance de la nature est mis en avant par la sensibilité écologique.Mais ce que j'ai trouvé très intéressant dans votre livre JP Le Goff,c'est que c'est la chasse elle même qui a changé, parce que l'écosystème n'est plus le même: il n'y pas de gibier donc il faut créer un gibier artificiel,les faisans et les perdreaux qui sont lachés la veille de la chasse pour les chasseurs donc on ne sait plus de quel côté se tourner.
 JP LG: Vous avez très gien résumé ma position,c'est pour ça que je cite Pagnol quand il dit dans "la Gloire de mon père" (qui tourne autour de la chasse) que c'était naturel de partir avec un fusil et si vous vous promeniez dans la nature sans fusil on se demandait ce qu'il faisait à se promener ainsi non armé. Aujourd"hui c'est le VTT avec le casque,avec des habits bariolés dans les chemins etc..Vious parkez de la chasse au gibier mais pour ce qui est des sangliers il y en trop...Aujourd"hui ces anciens sont minoritaires.L'Aveyron qui a recueilli les déçus de Toulouse et de Montpellier au fil des années et vous avez des gens qui sont contents qu'il y ait des chasseurs autour d'eux parce que comme ça ils mangent de la viande souvent. Il y a dix fois trop de sangliers et dix fois trop peu de chasseurs;Il y a il est vrai une désaffection de la chasse dans ces milieux la, qui fait qu'à part les battues administratives, on n'arrive plus à réduire le cheptel.
 C'est ce que les anciens appellent d'une façon un peu ironique les écologistes des villes qui sont très exigeants en ce qui concerne l'écologie sauf si leurs intérêts sont remis en question.Il y a des formes d'inchoérences de ces nouveaux habitants qui veulent, on pourrait dire, habiter à la campagne tout en ayant tous les avantages de la ville.Et pourtant ce bourg a des infrastructures, il y a des gens qui travaille ce n'est pas comme les villages du haut Lubéron où les volets sont fermés l'hiver, c'est un village qui demeure vivant notamment à cause de l'école où il y a un certain nombre d'initiatives mais la fracture est là et ces gens se sentent minoritaires, ils se ressentent comme els pedants de l'Histoire et il y a aussi un phénomène d'âge,qui joue, ils n'ont plus de relais d'expression, ils n'ont plus la place qu'ils avaient antérieurement et il y a une espèce d'hégémonie des cultureux qui pèse sur ce bourg.
"les cultureux" c'est ceux qui pratiquent des créations d'un type particulier qui ont souvent le sentiment d'être assez géniaux et naturellement un peu génies méconnus.Les ancines disent de façon ironique, vous nous avez envoyé tous les ratés de Paris alors que vous vous êtes gardés les meilleurs ce qui n'est pas vrai quand vous voyez certaines créations artistiques parisiennes, mais qui ont fui la ville et qui vont faire de multiples expériences ou expositions dans l'entre soi et qui sont surtout extrêmement subventionnés pour le faire.ZAT-Arceaux.jpg
Aujourd'hui il ya quand même un grand problème, c'est qu'avec la crise, les subventions qu'est-ce qu'on va en faire ?  
 Ce sont des gens qui trouvent dans ces villages des relais d'expression: il faut distinguer les troupes de théâtre de Cadenet qui sont tout à fait dynamiques de ces cultureux avec un mélange très bizarre.

C'est surtout de l'animation socio-culturelle et puis une forme d'ouverture à ce que j'appelle les nouvelles formes de spiritualité diffuse et aussi une ouverture au monde parcequ'elle permet d'obtenir les subventions.
CH.C: A partir du moment où avancez au Conseil général que vous avez un projet culturel qui empiète sur le Maghreb, le Sahel et donc qui mélange les autres cultures -ce qu'il faut savoir c'est qu'aujourd'hui le métissage culturel n'ets plus un droit c'est un devoir - c'est à dire que l'argent n'est disponible que pour ceux qui font état d'une ouverture au Sénégal suffisante et quelque soit le pays.

Tissemetisse.jpgExemples le Lieu Unique et les Festival Tissé Métisse de NANTES !!!
Dans le village des Alpes où je vis,on refuse systématiquement ce métissage obligatoire, ils aiment bien choisir.Alors nous avons par exemple le Gabon, le Brésil à cause de gens qui sont expatriés, ça c'est parfaitement légitime. Là où ce  n'est pas légitime c'est quand pour obtenir une subvention à Lyon ou à Grenoble,on est obligé d'aller faire des pieds et des mains en disant mon projet est à cheval sur le Sahel. 
AF: A propos de jumelages, j'ai appris en lisant votre livre, Jean Pierre le Goff, que CADENET était jumelé à un village crétois et que l'école avait été baptisée "Ecole Mélina Mercouri" également j'ai appris que dans le Collège  s'était tenue "une exposition super-citoyen,ludique et pédagogique qui fait appel à la sensibilité et à la l'imaginaire des enfants pour qu'ils s'approprient à travers l'histoire, les poésies, les dessins humoristiques et les personnages attachants,une conception durable de la citoyenneté bâtie sur leurs propres émotions". On croit rêver quand on lit ça mais on se dit que l'activisme des cultureux est relayé par l'école et par un certain nombre d'hommes politiques car en plus c'est une clientèle électorale.Il y a aussi cette dimension la.luberon.jpg
Sur l'école l'un des grands enjeux c'est quand même l'éducation et l'imprégnation des enfants qui passe par de nouveaux relais qu'on ne voit pas notamment les bandes dessinées et les nouveaux contes.
Ces cultureux ne se contentent pas d'exprimer leur subjectivité débridée en guise d'oeuvres, ils ont des relais chez les éditeurs et on y apprend un nouveau monde ce qui à mon avis est problématique et remet en cause assez directement mais en douceur, j'allais dire on ne le vois pas, tout l'ancien creuset républicain pour faire court et l'ancien creuset chrétien et juif. Il y a une espèce de "nov langue" qui fait qu'il y a toute une légitimité qui nait de la sincérité.
Pour résumer en quelques formules,"Etre bien dans sa tête et dans son corps,dans un rapprt réconcilié avec soi même et la nature" auquel se rajoutent deux autres messages: "Nous sommes une espèce parmi d'autres, nous sommes un élément d'un grand tout " c'ets la négation de la nation et de la famille c('ets à ditre qu'il y aune ouveryure permanente à ce qui est autre et lointain, si le spetits esquimpaux le font pourquoi est-ce que je ne le ferais pas chez moi".
Il y a un type d'humanité, pour le dire brutalement,qu'on est en train de fabriquer, je ne sais pas ce que ça va donner,tout ça se fait en douceur, et c'est ce que j'ai appelé dans un autre livre "la barbarie douce" parce que ce n'est pas frontal et ce n'est le même modèle que l'ancien, ça peut déboucher sur des choses assez problématiques mais il y a un grand glissement de terrain avec des acteurs qui accélèrent ce glissement.
Ils sont quand même très liés à la mouvance soixante huitarde car on observe que dans la jeune génération de sprofesseurs des écoles, il y a beaucoup pus de raidissement à cet égard, et je peux en témoigner pour avoir donné pendant 7 ans des cours de dessin. J'ai été obligé d'arrêter parce que les parents se demandaient qu'est-ce qu'il cherche ? "Ou bien il veut se présenter au Conseil général ou bien il est pédophile", entre les deux pas d'alternative et l'instituteur m'a dit "heureusement que tu t'es arrêté parce ça devenait pénible ce que j'entendais dans ton dos".
En revanche, j'ai appris aux enfants à dessiner un canard à deux pattes et un cheval avec quatre parce que c'était plutôt huit et les canards violets, j'ai décidé de dessiner les choses proprement et les parents  étaient ravis et les enfants aussi.
la précédente institutrice leur fait faire des mandalas pour leur expliquer ce que c'était que le Tibet.mandala tibetainC'est quand même mieux de dessiner les canards de la mare voisine car c'ets un rapport au monde qui est très équilibrant, c'est le monde immédiat, tandis que les mandalas, le Tibet, c'est cet espèce de mondes lointains dont on ne sit pas trop ce qu'ils sont pour ne pas les avoir visités, c'ets toujours par ouïe dire et le problème avec ces enfants c'est qu'ils ont une culture du "ouïe dire" . D'autant que c'est un mandala revisité subjectivité post moderne, on mélange différentes choses en se croyant créatif.  
 A vious lire et à vous entendre tous les deux, j'ai pensé et je pense beaucoup à Philippe MURRAY à ses réflexions et à ses analyses, d'autant plus que JP Le Goff que vous nous apprenez que l'Ecole s'appelle "Melina Mercoury" et que le Centre aéré s'appelle "Igrigri" et que la Crèche associative à gestion parentale porte le nom de "Lou Caninou" et surtout quand vous parlez de ce nouveau monde que veulent construire les cultureux et les bandes dessinées et les livres, tout cela m'évoque,un texte absolument magnifique de Philippe Murray où il voit se composer une sorte de tableau de Jérôme BOSH: "la faune est en bitume, la flore est en inox et les silhouettes humaines en cours de numérisation mais tout cela peut permuter d'un instant à l'autre et les rôles peuvent s'échanger car il s'agit d'aller de l'avant et de s'abstraire de tous les conditionnements, à commencer par le suxuel et le territorial, couiffé d'un potiron et juché sur un amphitéâtre romain, un clone occupe la chaire d'autoengendrement, aujourd'hui son cours a pour thème: "Dans le domaine de la procréation la rencontre de deux êtres sexuellement différents  n'est plus un critère recevable.Quequ'un s'éloigne, son livret de paternité accroché dans le dos en guise de poisson d'avril post-historique.Dans le lointain brûlent des libellules et des gibets,aux commandes d'une grue, un malabar en combinaison de plongée s'emploie à lever l'interdit de l'inceste.Installé dans un tonneau jacusi, plusieurs minotaures dactylographes  rédigent un appel à la vigilance contre les manuels scolaires où se perpétue une vision du monde du travail à dominante masculine. Ils hésitent entre les mots "clichés" et "stéréotypes", pour définir les idées reçues que véhiculent de tels ouvrages, le sapeur Camembert leur propose, "lieux communs" ou "poncifs" . Cet univers décrit par Philippe Murray dans Essais p 1191 ressemble un peu cet univers qui vous fait peur à l'un et à l'autre.
Il y a une hégémonie mais avec des résistances  qui montrent que cela peut ne pas durer,et il a une brèche, on ne voit aps comment tout cela forme une dynamique, on voit des points de résistance mais on ne voit pas une alternative.
Sur les soixantes huitards , je distingue deux sortes :
 - ceux du bon, du moment, qui ne calculent pas, qui arrivent et qui ont été respectés par les gens qui disent: ils vont au bout de leurs idées.Ils ont un principe de cohérence.Ils sont pauvres et ont payé d'un prix tragique leur engagement total utopique, fou ?
 - ceux des années 80 calculateurs qui vont adhérer au Parti Socialiste, c'ets à dire va faire une carrière et va par les associations,jouer un rôle de transformation de tout cela. ces "collabos" ont contribué à asseoir dans le milieu rural la complexité urbaine et périurbaine dont nous parlions (les contrôles techniques, les mises aux normes,les détecteurs de fumées,et tout l'arsenal des  règles que sécrète la machine à légiférer en France sont absurdes.Elles rappellent la Russie de 1911.Pour avoir un petit hotel de 7 chambres, vous devez tout refaire fond en comble alors que les gens viennent payer 40 € par nuit ... !
AF: Quels sont les signes de résistance ?
Ch.C: Ceux qui ont le temps de regarder observent des plébicites réguliers : Ex. le film "les Choristes" en projections de village là où il n'y avait pas de cinéma.Les gens ne vont plus voter mais ils vont voir les Choristes mais aussi une escroquerie "Intouchables" on peut lire le films de cette façon: pour faire un Blanc assis sur une chaise roulante il faut au moins un Noir avec ses deux bras et ses deux jambes. Cette égalité dans l'inégalité me parait tout à faite suspecte moralement;les gens du village l'ont vu comme un truc de beaufs et une revalorisation du handicap.le recordman toutes catégories en milieu rural c'est "l'Affaire Dominici" revisité en 2 épidodes à la TV et plébicitée par le public. Pourquoi ? Parce que c'était le monde rural, le passé, un monde où,on savait qui était qui,où les personnages étaient bien typés. Un autre exemple la faveur dont jouissent les films de Jacques Tati aujourd"hui: Jour de fête avec son facteur qui se déplace est un monde extrêmement hiérachisé, structuré.
Est-ce que ce n'est pas l'expression d'une "gesellshaft" décrite par Weber communauté très visible fondée sur l'amitié la parenté la hiérarchie,dans une "gesellschaft" froide et calculatrice. Soit mais qui a dit que la nostalgie n'était pas féconde ?  Regardez ce qui se passe en Russie, ils reconstruisent la cathédrale Saint Sauveur. Rien ne dit que la France de demain soit fondée sur des nostalgies.
JP LG: Non je ne le crois pas que la nostalgie des écrivains locaux si sympathique qu'elle soit ne crée pas une  dynamique d'avenir.
Comment dépasser cette coexistence encore pacifique entre des catégories sociales et des cultures différentes,on ne le fera qu'en construisant une vision d'avenir . Pour CADENET c'est exactement le problème qui se pose, le Maire a un projet pour tous ces gens car on ne peut aller de l'avant sans ressusciter le passer et dépasser les contradictions, sinon le risque est de s'enfermer dans une nostalgie un peu mortifère.
CH. C. Le Maire n'a plus de pouvoir dans la mesure où chacun peut faire jouer la généralité contre la localité.Quand une mère de famille menace d'en référer aux Communautés Européennes,(pourquoi pas au TPE de la Haye... On croit rêver) parce que les maires ne savent aps régler les problèmes là où ils sont or l'avenir c'ets de donner aux maires et aux collectivités locales le pouvoir de légiférer localement  mais dans quelles conditions !



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La barbarie douce, La modernisation aveugle des entreprises et de l'école
"Depuis les années 1980, la « modernisation » est partout à l'ordre du jour. Mais au nom de la nécessaire adaptation aux « mutations du monde contemporain », c'est bien souvent une véritable « barbarie douce » que cette modernisation aveugle installe au cœur des rapports sociaux. C'est ce que montre Jean-Pierre Le Goff dans ce livre, dans deux champs particulièrement concernés par le ...
La fin du village : une histoire française
Cet essai décrit la mentalité et le style de vie des habitants d'une ancienne collectivité villageoise provençale à travers l'analyse de la vie quotidienne, en soulignant les mutations et changements subis depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'aux années 2000.

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Gens de Campagnol : à l'écoute de la France qu'on n'entend pas
Gens de campagnol Christian Combaz, réfugié en province depuis trente ans, nous invite à écouter une France que personne n'entend plus mais dont il craint qu'elle ne finisse par élever la voix. Sa chronique villageoise prend souvent le ton de la parabole et nous offre un tableau chaleureux d'une population vouée au service d'autrui, résignée à un sort ordinaire...
 
 
 
            
  

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 23:20

Freud avec les écrivains. On pourrait presque dire Freud avec ses compagnons de route, Freud avec ses doubles, Freud avec ses alliés et rivaux. Mais on pourrait aussi ajouter Freud avec Freud, tant il était lui-même un homme du livre et de l’écriture, un épistolier intarissable, un maître de la controverse, un théoricien, et de surcroît un conteur d’histoires. « Il y a caché quelque part en moi, écrit-il à Fliess, en septembre 1899, un certain sentiment de la forme, une façon de considérer la beauté comme une sorte de perfection et les phrases contournées de mon écrit sur le rêve ont gravement offensé en moi un idéal ». Il y a à coup sûr chez Freud une tension entre son amour de la littérature et son amour de la science. Et ce n’est pas pour rien qu’il considérait que ses histoires cliniques se lisaient comme des romans. L’objet même de sa recherche, la formation du rêve, rapprochait chez lui l’homme de science de l’écrivain. Et il reconnaît avoir écrit avec « Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci », un véritable roman psychanalytique, dont il dit apprécier les qualités stylistiques.

Reste que Freud s’est évertué à ne pas confondre littérature et psychanalyse et que ses relations avec les écrivains, qu’elles aient été effectives ou pas, ont obéi à des motifs des plus variés. Il n’y a rien de comparable entre l’admiration que portait Freud à Romain Rolland ou Zola et celle qu’il portait à Stefan Zweig. D’où l’immense intérêt de ce livre – "Freud avec les écrivains" qui vient de paraître chez Gallimard – il traite des auteurs qui ont incontestablement marqué Freud: Shakespeare, Goethe, Schiller, Heine, Romain Rolland, et bien d'autres...

Nous sommes allés au domicile de Jean Bertrand Pontalis, rue du Bac  plus précisément dans sa bibliothèque, sise en face des éditions Gallimard à Paris, pour en parler…pontalis1.jpg
Freud avec ses compagnons de route, Freud avec ses alliés, ses rivaux mais on pourrait ajouter Freud avec Freud tant il était un homme du livre et de l'écriture, un épistolier intarrissable, un maître de la controverse,un théoricien et de surcroît un conteur d'histoires.
"Il y a quelque part en moi écrit-il en septembre 1899, un certain sentiment de la forme, une façon de considérer la beauté comme une sorte de perfection,et les phrases contournées de mes écrits sur le rêves, ont gravement offensé en moi un idéal."
Il y a à coup sûr chez Freud une tension entre son amour de la littérature et son amour de la science et ce n'est pas pour rien s'il considérait que ses histoires cliniques se lisaient comme des romans.L'objet même de sa recherche la formation du rêve, rapprochait chez lui l'homme de science de l'écrivain,et il reconnaît avoir écrit avc un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci, un véritable roman psychanalytique dont il dit apprécier les qualités stylistiques.
Freud s'est attaché à ne pas confondre littérature et psychanalyse et ses relations avec les écrivains, qu'elles aient été effectives ou pas, ont obéi à des motifs les plus variés. Il n'y a rien de comparable entre l'admiration qu'il portait à Romain Rolland par exemple ou Emile Zola,et celle qu'il portait à Stefan Zweig d'où l'immense intérêt de ce livre "Freud avec les écrivains" qui traite des auteurs qui ont vraiment marqué Freud et ils sont très nombreux.
Freud a découvert très tôt Shakespeare, il n'a cessé de le lire enfant; Shakespeare l'a toujours accompagné et on peut se demander s'il voit en Shakespeare un allié ou peut-être un rival car le coeur va de façon plus intense, plus vive au coeur des choses et des troubles de l'âme et aussi par l'intensité d'une langue, sa force, sa brutalité très crue alors que la langue du psychanalyste est nécessairement plus mesurée plus maitrisée, et plus argumentée et donc plus faible par rapport à la langue du poète. Freud l'a nourri et il avait toute l'oeuvre de ce dernier dans sa bibliothèque.   
Ujn autre écrivain qui amarqué Freud dans sa jeunesse est Goethe.
On peut parler d'une identification héroique du jeune Freud à Goethe,et parallèlement chez Shakespeare, il y a la volonté de l'adolescent de jouer très tôt des scènes de Jules César et de Hamlet.
Nous allons faire une espèce de chassé croisé entre Shakespeare et Goethe.
Edmundo Gomez Mango (Uruguay-- a préparé le baccalauréat au Lycée français de Montevideo et s'est nourri de Goethe, Shiller, Heine, Mann à travers des traductions en espagnol) :le chercheur et le poète.Gomez-Mango.jpg

Je me suis souvenu d'une remarque de Nerval quand il publie une anthologie de Goethe, il citait Goethe lui même qui disait que ce qui reste d'un grand poème dans le vif de l'âme du lecteur ce n'est pas tellement le rythme ou la rime qui sont des procédés primitifs et d'une hate valeur de la poésie mais c'est quelque chose qui même quand le poème est devenu prose,ou dans une traduction,c'est ça qui est le plus important. ceci pour justifier d'avoir osé aborder ces textes sans être un germaniste.
Goethe est un compagnon de route dèsle plus jeune âge de Freud,on trouve déjà des citations de Freud quand il avait 15 ans 16 ans avec son ami Emile Fliess dans es conversations et correspondances de jeunesse et jusqu'à ses derniers jours où il continue de citer Goethe dans sa correspondance. Et on peut voir l'éblouissement quil ressent à travers un faux texte de Goethe qui appartenait à Tobler qui était dans l'atmosphère du Goethe de Weimar et qui s'appelait justement "l'Hymne à la nature" qui l'a marqué très à vif quand il était un jeune étudiant et il dit dans Poésie et réalité que c'est "le fragment" (ainsi appelait-on ce poème) qui l'a orienté vers les études de science de la nature "Naturfosher"  médicales.
 Freud ne cessera d'étudier les rêves et la délivrance de l'âme humaine de la souffrance puis le domaine de l'éros. Est-ce que Freud avait lu le Divan oriental occidental et le personnage de Souleika , le personnage célèbre de Goethe ?
 Oui il le cite expressément et il avait une trentaine ou quarantaine de volumes de Goethe et plusieurs sont consacrés à l'étude de la nature, à la psychologie, l'optique,et on voit bien là qu'il y avait des "affinités électives" entre Freud et Goethe. 
 Est-ce qu'on peut dire que Freud s'est nourri des mères goethéennes comme Iphigénie en Tauride,et bien sûr Faust et des ombres enfouies en léthargie au plus profond de la terre et pensez-vous que c'est passé dans l'oeuvre de Freud ? le secret des mères sous entendu le secret de l'âme dans le traitement de l'hystérie et de l'obscur de l'inconscientet la clé c'était le transfert dans la scène où Méphisto donne la clef à Faust pour qu'il puisse pénétrer dans le roayume des mères. (18'23)
 Freud n'a jamais reçu le prix Nobel mais le prix Goethe en tant que découvreur des mystères du coeur humain. La différence en allemand entre le chercheur, le découvreur (forcher) et l'écrivain, l'auteur (diechter)  n'existe pas vraiment chez Freud, il y a chez lui un va et vient entre les deux .
 Quand à 70 ans, Freud avait été salué comme découvreur de l'inconscient, Freud avait répondu ceci: "Les poètes et les philosophes ont découvert l'inconscient avant moi" (c'est assez rare que Freud reconnaisse ses prédécesseurs),ce que j'ai découvert quant à moi c'est la méthode scientifique qui permet d'étudier l'inconscient." Il n'aimait pas trop qu'on le salue comme un écrivain, ce qu'il est incontestablement, parcequ'il craignait que ce soit au dépend du chercheur scientifique.Ce qu'il voulait c'est avoir fondé ce qu'il appelait "une jeune science" (qui a maintenant plus de 100 ans mais qui tient le coup)et quelle que soit son admiration pour les écrivains,Goethe, Shakespeare, Shiller mais aussi ses contemporains, Stefan Zweig, Arthur Schnitzler qui vont beaucoup plus loin que lui et qui découvrent intuitivement ce que lui laborieusement, péniblement a mis au jour... C'est toute la tension plutôt que l'opposition entre le chrcheur et le créateur littéraire qui fait l'originalité de l'oeuvre freudienne. Il est un écrivain mais il n'aurait pas trop aimé qu'on insistât trop là dessus.  21"42Pontalis.jpg
 "Quand on écrit sur les autres, on parle toujours de soi d'une façon ou d'une autre" donc mon intérêt pour montrer l'alliance conflictuelle,(comme toutes les alliances, les noces c'est toujours tourmenté) tient à ce que moi je pense personnellement qu'il n'y a pas d'incompatibilité entre l'exercice de la psychanalyse et celui de la littérature. Par des voies très différentes, elles ont le même objet; lequel ?
l'âme humaine, ses tourments, ses conflits,les troubles de la réalité. Les deux voix sont différentes mais elles ne sont pas divergentes et je plaide bien sûr pour moi car tout ce que j'ai écrit va dans cette direction.(JB Pontalis)
Ainsi vous pouvez dire qu'Hamlet est une tragédie qui a inspiré directement Freud, que Macbeth et Lady Macbeth occupent une place très importante et ce n'est pas une interprération pour vous il est clair que cette inspiration est réelle.
C'ets vrai pour Shakespeare, chez ses contemporains, il admire Stefan Zweig, Arthur Schnitzler  qu'il admirait encore plus et il a cette lettre mille fois commentée qui dit qu'il ne veut pas rencontrer  Arthur Schnitzler parce qu'il craint de rencontrer son double,on a beaucoup ergoté là dessus.D'autant qu'en Allemand "le double" évoque surtout une figure de mort assez maléfique,et il lui dit : "surtout gardez ça secret pour vous". Et curieusement Schnitzler n'en fait pas écho dans son Journal pourtant très minutieux et les 2 hommes se sont rencontrés plus tard mais en famille avec mme Freud, Anna . Freud redoutait chez Schnitzer le grand coureur de jupons  ou plutôt "consommateur de femmes" ou de grisettes. Freud est passé à  côté de  l'art contemporain si actif à Vienne,et le mouvement de la secession,et lui ce qui l'intéressait c'était la peinture classique de la renaissance de Léonard de Vinci et d'autres,alors que Schnitzler fréquentait tout ce monde là, très actif dans ce Vienne pas mal idéalisé depuis. (27') Freud ne veut pas être confondu avec cet amateur de femmes fardées.
Venons en à "L'étrange étrangeté" avec Hoffmann et le travail sur la langue et le mot qui se dépose finalement dans la langue de Freud. Hoffman est le maître de cette "inquiétante étrangeté" ("Um allicht" = ce qui prive du foyer) et tourne autour de ce sentiment très étrange et inquiétant du  double. C'est le double que voit Freud dans la scène du train. "Home" c'est la maison, le pays natal; Walter Benjamin :"brot" a beaucoup de sens dans chaque langue: pain, "la saudad" n'est pas la nostalgie.
Freud traverse la langue allemande  et l'inquiétante étrangeté des langues, mais pas de la pensée ou des pensées.
Hoffmann et Heine sont les deux écrivains les plus admirés par les romantiques français. Heine a permis de dégager le "witz" freudien, il partage avec Heine, "le dédain condescendant pour les philosophes constructeurs de systèmes" Freud cite à plusieurs reprises ces vers: "Avec ses bonnets de nuit et les loques de sa robe de chambre,il bouche les trous de l'édifice du monde." . Si Freud a invité le poète dans le royaume de la science, il a toujours tenu le philosophe à distance au moins de son univers le plus intime. Cette citation là vient à plusieurs reprises dans l'oeuvre de Freud et lui même s'est toujours refusé à créer un système.
Ce n'est pas la philosophie en tant que telle mais le système. Il est très lié à Shopenhauer, il a refusé de lire Nietzche car il craignait d'y avoir trouvé des choses qui allaient audelà de celles qu'il avait lui même découvertes, ce qu'il récuse, c'est l'esprit de système,l'esprit de synthèse.Toute philosophie qui veut tout englober, de façon totalitaire et c'est ce qui l'oppose à Lou Andréas Salomé, qu'il appelle "la grande compreneuse" qui voulait aussi tout unifier, tout faire tenir, mais la philosophie en tant qu'interrogation et tentation il ne faut pas y céder.Freud n'est pas antiphilosophie il est antisystème, là est la nuance. (36')
Il a cédé à la Gradiva du texte de Jensen, à la grâce de cette jeune fille , "celle qui avance".Ce n'est pas Jung qui lui a présenté cette nouvelle de Jensen comme on l'a cru. Il est tombé sur Zoé et Arnold le jeune archéologue.Ce texte sur la Gradiva vous permet d'ironiser sur le fétichisme du pied dans ce texte comme l'on fait certains lecteurs dans leur interprétation. gare à mettre des interprétrations psychanalytiques dans le domaine de la littérature. Le pied de danseuse relevé  ne doit pas aboutir à des interprétations fétichistes, respectons les dans leur étrangeté et laissons l'effet qu'elle ont sur nous sans en rajouter.Laissons nous troubler par l'art et la littérature. (42'07) 

Les Nouveaux Chemins de la Connaissance de Philippe Petit du 2 Novembre 2012 avec JB Pontalis et Edmundo Gomez-Mango     

http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-freud-face-aux-ecrivains-2012-11-02             

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 19:01

"L'intérêt que l'on porte à l'autre, notamment quand cet autre écrit n'est pas l'expression de la sympathie mais plutôt le fruit de la curiosité.
La curiosité n'est friande que de détails biographiques, d'anecdotes plus ou moins piquantes, de potins, de souvenirs rares , de confidences.
la curiosité est pointilliste, elle est à l'écoute des faits divers et compose une chronique criblée de notules,elle fonde ainsi une connaissance superficielle et dérisoire;
la curiosité feuillette d'un doigt désinvolte le livre de la biographie.
ce n'est pas l'amour, c'est le détective et c'ets l'inspecteur de police qui ont affaire à des suspects et qui accumulent à leur insu des renseignements.
En vérité,la sympathie commence là où il n'y a plus de place pour la curiosité.
Et disons plus c'est la cusiosité qui barre la route à la sympathie. 
Si vous êtes curieux de moi, c'ets que vous n'avez pas de sympathie pour moi.
Si vous cherchez à glaner quelque détail scabreux , c'est que vous ne voulez pas me connaître.Oui, la curiosité s'oppose à la sympathie comme l'amateur à l'amant comme ma sélection à l'élection. L'amateur, trie, range et détaille les individus à la manière d'un collectionneur, qui classe des échantillons dans une série abstraite ou un gentre impersonnel.
L'amour par contre est indifférent aux menus détails,aux particularités matérielles,c'ets sa générosité même qui lui donne cette apparence,évasive, négligente et parfois même un peu approximative. L'amour ne sélectionne pas des caractères,il adopte la personne toute entière,par une élection massive et indivise.
L'amour ne veut rien savoir sur ce qu'il aime, c'est le centre de la personne vivante parceque cette personne est pour lui une fin en soi ipséité incomparable, mystère, unique au monde.J'imagine un amant qui aurait vécu toute sa vie auprès d'une femme, qui l'aurait aimée passionnément,qui ne lui aurait jamais rien demandé,et mourrait sans rien savoir d'elle".

( Vladimir Jankelevitch )Jankelevitch.jpg

Si j'aime autant ce texte dit Julie Marie Parmentier c'est par sa parenté avec ce que dit de l'amour, Nicolas Grimaldi, lequel disait de Vladimir Jankelevitch, qu'il est le seul homme qu'il ait admiré.
Et cette dernière phrase de Jankelevitch, Grimaldi la rapproche à sa façon de Quai des brumes,de Marcel Carné avec Jean Gabin et dit de cette histoire que personne ne doute qu'il s'agit d'une histoire d'amouret pourtant tout le monde sait qu'il s'agit seulement de l'histoire d'une nuit,qu'ils se sont aimés, mais qu'aucun des deux ne sait rien de l'autre.Et oui, c'est le grand paradoxe de l'amour,dont on s'éloigne quand on dit: "apprenons à mieux nous connaître."
Jankelevitch n'est pas de ceux qui convertissent le mariage de raison en mariage d'amour et pourtant sa théorie de l'habitude, le fait même qu'au sein de l'habitude on pourrait trouver un élément qui pourrait donner à penser qu'au fond il y aurait une émergence possible de l'amour à l'intérieur des conditions qui semblent le contredire, mais enfin il est quand même le penseur d'une différence de nature, entre l'amour et les raisons de l'amour et entre l'amour et les conditions de l'amour.Bref, il est celui qui permet de comprendre que dans "Vingt quatre heures de la vie d'une femme" de Stephan Sweig, une femme abandonne tout pour un homme qu'elle a rencontré depuis une minute.Il est celui qui peremet de comprendre ce que Nicole Kidman dit à Tom Cruise dans Eyes Wide Shut ,quand elle dit:

"J'ai vu le marin, s'il m'avait fait un clin d'oeil,s'il m'avait dit de venir, je t'aurais quitté immédiatement toi et ta fille c'est à dire la mienne".Eyes-Wide-Shut1.jpg
C'est tout l'inverse de Benjamin Constant,qui dresse la liste des avantages et des inconvénients des femmes avec qui éventuellementil pourrait se marier: celle là n'est pas très jolie mais elle est sympathique... Et c'est aussi l'inverse de Stendhal,dont la dissection de l'amour est paradoxalement est peu stendhalienne,car elle ne rend pas justice à ce que Stendhal est capable de dire de l'amour. Mais chez Stendhal,quand Julien Sorel rencontre Mme de Rênal, il a toutes les raisons de la conquérir parce-que c'est une conquête, une place forte à conquérir,dans le registre de l'ambition et puis,il y a un moment où cette conquête se convertit en amour.Il y a un moment où il tombe amoureux de la femme qu'il a séduite.Finalement les raisons disparaissent derrière un sentiment qu'il ne maitrise plus.
Au fond , que l'amour naisse de façon jésuitique,comme un enfant de la raison,ou que l'amour précède la raison et ne se donne aucune raison,dans tous les cas, le sentiment amoureux n'est pas de même nature que les raisons qu'à priori,ou à posteriori il se donne pour exister.Le premier à avoir théorisé cela, c'est Pascal,qui dans son apologie de la religion chrétienne,(les Pensées, sont une apologie de la religion chrétienne) ne démontre jamais l'existence de Dieu, il dit au mieux qu'on a tout intérêt à parier sur lui parce que l'amour ne fait pas l'objet d'une démonstration; parce l'amour n'est pas de même nature,que les lois du coeur ne sont pas celles de la raison, parce que je l'aime et parce que je l'aime c'est tout."Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas" c'est Pascal qui l'a dit et Jankelevitch ne fait qu'établir des  variations sur cette idée la.
ce qui est intéressant c'est la différence qu'il fait entre la curiosité et la sympathie parcque la curiosité est indicrète,la curiosité est littéraire au mauvais sens du terme,la curiosté recense, tient des registres,c'est Gala...(celle du journal, pas la Gala de Dali )c'est l'indiscrétion qui n'a rien à voir avec l'attention que l'on doit porter à quelqu'un. Etre attentif à quelqu'un c'est comme le narrateur de la recherche du temps perdu, il est si attentif à Albertine quand elle dort qu'il ne cherche plus à savoir si elle l'a trompé ou pas,ou à savoir quels sont ses rêves, il l'aime, il est dans l'élection massive d'un être qu'il aime, c'est un des rares moments d'amour dans la recherche du temps perdu. Pourquoi le narrateur ne regarde pas les lettres qui sont restées dans le kimono resté sur la chaise ? (un peu comme une fille pourrait laisser son portable avec ses SMS dedans.) deux écoles pour l'amant à partir de la: être curieux, être jaloux, vouloir regarder dans le téléphone portable,ou lire les lettres pour avoir le fin mot de la jalousie,ou bien refuser de savoir.Mais cette fois si ce déni de savoir se fait au nom d'un savoir supérieur,c'est pas un éloge de l'ignorance,au sens où il s'agit d'ignorer la personne, il s'agit au contraire de lui être si attentif qu'on sait s'en tenir à la surface de ce qu'elle est, on est ici superficiel par profondeur comme dirait Nietzche.C'est là qu'on aime, on aime tellement qu'on aime qu'on ne veut pas savoir ce qu'il est, ça n'est pas qui compte, il ne faut pas se connaître pour s'aimer, il s'agit de s'aimer pour éventuellement se connaître après.L'amour est le point de départ,l'amour est au commencement,l'amour n'a pas besoin de personne mais de rien.Et c'est en cela que l'amour de quelque'un se convertit souvent en amour de la vie alors que la vie n'a rien d'aimable.L'amour est irrationnel et Jankelevitch défend cette thèse la,et la sympathie est très importante ici c'est la fin de la curiosité:sentir quelqu'un , le connaître en lui touchant la main ou en lui faisant l'amour peu importe mais le connaître de cette manière la,c'ets le contraire justement de la démarche inquisitoriale de celui qui veut savoir ce qu'il en est de sa journée,ce qu'il en est de son passé,ce qu'il en sera de son avenir,et qui donc n'aime dans le meilleur des cas,que l'idée qu'il se fait de l'autre qu'il a en face de lui, lui, c'est un amant tyranique.L'amour que décrit jankelevitch est aux antipodes de cela.
L'amour, comme le dit Bergson de la philosophie, est une longue histoire de commencement.On en finit par le commencement: Jankelevitch est le meilleur interprète au XXè siècle de cette sagesse la:la sagesse des commencements, non pas une sagesse de vélléitaire, que j'ai tendance à voir chez Descartes qui annonce une science qui n'arrive pas, mais s'étonner de ce qu'on a sous les yeux,quoi qu'on ait sous les yeux et de s'étonner de savoir, c'est la sagesse des commencements qui est que l'écriture n'est jamais à la hauteur de la parole orale et en cela Jankelevitch est socratique, cest comme faire le bien, on a jamais fini de faire le bien, on a fait le mal une fois de trop.
Interview de Jankelevitch: "je suis un philosophe oral, ma philosophie est parlée, je suis un professeur,je ne suis pas un écrivain c'est très différent, je ne suis     aps un homme d'un stylo même si j'ai écrit des livres, ma profession n'est pas l'écriture. ma spécialité c'est parler, la communication orale et y renoncer c'est beaucoup pour moi".  . .quelque_part_dans_linacheve20100424.jpg  

Transcription de l'émission "le gai savoir" de Raphael Enthoven avec Julie Parmentier sur France Culture ; Dimanche 28 octobre 2012 

http://www.franceculture.fr/emission-le-gai-savoir-quelque-part-dans-l%E2%80%99inacheve-%E2%80%93-jankelevitch-2012-10-28

                                               
       
                    

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 11:50

Chris Esquerre, il y a un sujet important dont vous vouliez nous parler ?
Oui, aujourd'hui je voulais vous parler de Maïa l'abeille...

Alors, avant, comment j'en suis arrivé à choisir ce sujet passionnant, à vous expliquer un peu le terrain psychologique qui m'a conduit dans cette impasse.
Bon, déjà je suis très fragile depuis 48 heures,car je suis ballonné, ça me déstabilise énormément, ensuite le portrait de Daniel Picouly était déjà pris par Thomas VDB qui passe son temps à me glisser des peaux de bananes sous les pieds et par un hasard extraordinaire je suis tombé hier sur un article qui évoquait justement Maïa l'abeille car figurez vous que Maïa a une actu !
TF1 diffuse depuis hier une nouvelle version en 3D de Maïa l'abeille. La productrice du programme est interrogée:     
" le caractère de Maïa n'a pas changé, elle se sent libre, c'ets toujours une exploratrice en quête de plaisir et de sensations nouvelles".(Pour comprendre, Maïa l'abeille est une trainée).C'est le personnage d'origine qui veut ça: Maïa est rayée jaune et noir car elle a fait de la taule, elle fréquente d'ailleurs des bourdons peu recommandables, elle se balade à poil, sèche l'école et vit peu ou prou comme une intermittente du spectacle. On sait peu de chose de l'enfance de Maïa,,on sait juste que sa mère est morte après avoir respiré du "gaucho" (pour les plus jeunes, le gaucho c'était un pesticide socialiste qui éliminait les abeilles de droite)Maia-l-abeille.jpg
Alors la vie de Maïa est entièrement résumée dans le générique:elle baille aux corneilles toute la journée,s'empifre de pollen,et le soir elle chiale sur un nénufar car elle se rend compte qu'elle fonce dans le mur et qu'elle est complètement dépressive.Voilà un peu le tableau clinique.
Pour sauver les apparences, Maïa a quand même une éducatrice qui lui donne des conseils, car attention,Maïa l'abeille se pose beaucoup de questions:sur le financement des retraites, sur les questions d'énergie etc.. etc...
Grâce au dessin animé on comprend que c'est un monde très dur que celui des abeilles. Chaque mois des abeilles reines décident arbitrairement de fermer des ruches mettant sur le carreau des centaines d'ouvrières,au nom de la compétitivité.Petite curiosité dans MaÎa l'abeille, il n'y a pas d'établissement scolaire, il n'y a pas cette opposition public/privé etc...et d'ailleurs le personnage de Vincent Peillon n'apparaît pas dans la série. Donc un monde idéal !
Alors il y a d'autres points, sur laquelle la nouvelle version a été mise au goût du jour, l'abeille éducatrice est désormais permanentée, façon Jackie Kennedy,et elle porte un petit chemisier blanc en satinette mais en dessous du chemisier on note un énorme abdomen d'abeille à l'air libre,qui évoque un peu le foetus dans Erazerhead de David Lynch donc cette créature sort de chez Jacques Dessange et vient donner des conseils à Maïa.
Maïa elle même a été complètement reliftée, - elle ne pouvait pas garder la silhouette empâtée de l'ancienne- qui évoquait trop l'adolescente américaine,Maïa était complètement bouffie donc c'était pas possible,donc on lui a fait perdre un tiers de son poids,on a gommé sa vilaine peau d'orange et hop le tour est joué. Il s'est passé un peu la même chose que pour "gros Quick", souvenezvous l'égérie Nesquick, il a été rayé de la carte à cause de son poids, il évoquait la gourmandise, le côté bon vivant, et le marketing a trouvé plus judicieux pour les enfants de le remplacer par un lapin,qui véhicule des valeurs plus modernes,(comme l'éjaculation précoce).Alors pour finir, on écoute un extrait de la bande annonce. (...)
"J'adore rendre service". Alors ça c'est quelque chose que les auteurs ont rajouté pour encourager les enfants de façon subliminale au cas où il leur viendrait l'idée de vider le lave vaisselle.Voilà.Chris-Esquerre.jpg


Emission  de France Inter: "On va tous y passer" avec Frédéric LOPEZ

Rubrique de Chris ESQUERRE  ( Septembre 2012)                               

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 18:14

Yamina Benguigui, la nouvelle ministre déléguée aux Français de l’étranger et à la Francophonie, estime que les emplois devraient être réservés aux immigrés par rapport au « blanc de souche ».

Yamnina Benguigui, réalisatrice, présentatrice télé (Hollande semble décidément bien sensible à cette humble profession) et chantre de l’antiracisme, a été nommée ministre dans le gouvernement Ayrault. Cette femme considère que pour les embauches, en France, « à qualité égale, priorité au beur puisqu’il a eu plus d’obstacles à franchir qu’un blanc de souche ».

Une déclaration faite par une ministre de la République française au magazine Courrier cadre, en octobre 2004. Éric Zemmour avait été condamné pour moins que cela, et il n’est pas un représentant de la république.

Il faudrait que les gouvernants arrêtent de nous mettre des pseudos politiques peoples sortis de nul part, dont la présence est uniquement due au symbole qu’ils représentent.

Au delà de ce problème de « politique show-business », présent à gauche comme à droite, en France comme aux États-Unis, si les nominations, comme ministres, de ces peoples sont toutes aussi grotesques que celle de Benguigui, tous ne se permettent pas des discours de discrimination raciale.

En nommant ministre une telle femme aux positions idéologiques anti-françaises nauséabondes, à la limite du racisme, Jean-Marc Ayrault et François Hollande ont fini de convaincre de leur irresponsabilité.

En voyant Yamina Benguigui au ministère, on comprend mieux les couleurs des drapeaux qui ont fleuri place de la Bastille le soir de l’élection de François Hollande. C’était donc cela le fameux rassemblement des Français promis par le candidat avant son élection ?

24h Actu - Octobre 2012

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 13:31

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Petit best of des inepties haineuses débitées par l’intello en minijupe :

On a déjà expliqué à Anne Hidalgo la vérité sur la collaboration, le PS, le FN et le PC : en fait, les collabos n’étaient pas forcément du côté de la droite… Comment peut-on faire preuve d’autant de mépris envers le petit peuple sans avoir jamais ouvert de livre d’Histoire ?

« Quarante ans de xénophobie plus tard. »

Avant de qualifier une partie de la droite de xénophobe, Audrey Pulvar devrait déjà accepter de discuter des problématiques liées à l’immigration. La gauche et les élites médiatiques refusant depuis les années de Mitterrand et de SOS Racisme, d’aborder ces réels problèmes qui touchent les Français les plus humbles quotidiennement, la xénophobie ne peut que se développer. En refusant d’admettre les problèmes, on les exacerbe ! Et même ceux qui ne sont pas xénophobes seront toujours considérés comme tels par les gens comme Audrey, s’ils osent débattre sur ce sujet, ou simplement avouer leur patriotisme.

« Les idées les plus détestables. »

Bel exemple de la rhétorique de notre gôche française totalitaire. Il n’est point besoin de débattre si les idées des opposants sont, par essence, détestables. Une méthode de débat d’idée empruntée à Hitler et Mussolini.

« On s’indigne bien sûr de la façon honteuse dont, pendant des années, des figures de la “droite républicaine” rendirent audible la haine crasse du Front national. De dérapage en dérapage. »

Taxer quelqu’un d’antirépublicain, de cocufieur de Marianne, quand on est employée sans raison par un banquier pour diriger un organe de presse, quelques semaines avant que ce même banquier ne remporte un juteux appel d’offres de la part du ministère de son conjoint, il faut oser !

Quel culot, quand on mélange à ce point les genres, quand on souille quotidiennement la démocratie de part ses rapports ambiguës entre pouvoir politique et journalisme. Les Français ne s’intéressent plus à la politique parce qu’ils voient que les journalistes, les financiers et les politiques vivent en autarcie dans le même petit monde étriqué, qu’ils ne couchent plus qu’entre eux, qu’ils agissent en oligarques, partageant le pouvoir en enfumant la populace par de beaux discours.

 

« De quoi le sarkozysme sera-t-il le nom dans les manuels scolaires ? D’une stratégie irresponsable, à courte vue électoraliste, qui abîma durablement le pays, y enracinant les idées les plus dangereuses« .

Elle est sérieuse ? Encore la même rengaine, les « idées dangereuses » ? On s’attendait à ce qu’elle aborde « les heures les plus sombres de notre histoire ». Même au PS, plus personne ne parle comme ça, Audrey ! Depuis que Zemmour, Sarkozy, Le Pen, Valls et quelques autres ont enfin dit tout haut ce que pensent la majorité des Français tout bas… Il est plus facile de juger le droit à la sécurité comme une idée « dangereuse » quand on vit dans les beaux quartiers du 16e arrondissement parisien.

Qui est irresponsable miss Pulvar ? Ceux qui portent plainte pour limiter la liberté d’expression et tuer des médias indépendants ? Ceux qui affichent clairement la sournoise mixité entre les microcosmes politiques et médiatiques ? Ceux qui tiennent un discours teinté d’angélisme pendant que le peuple souffre de l’insécurité ? Ceux qui chassent les homophobes, racistes, misogynes, fachistes, dérapages… faisant de la limitation de la liberté d’expression leur cheval de bataille, à la place de la sécurité, de l’éducation ou de la création d’emplois ?

http://24heuresactu.com le 04/10/2012

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 21:55

De passage à Nantes, j'écoute ce samedi 15 septembre, Radio Alouette et France Bleu Loire Océan où l'animateur vous invite au Parc de "l'Abbé Grédiaire" à Saint Herblain *. La Directrice Culturelle annonce que cette année c'est un "rendez-vous citoyen" qui a attiré 3000 personnes... ! Mais ce qui frappe c'est le discours qui accompagne le projet qui met en scène 36 "processus de création" dans un ensemble "d'animations participatives". Elle affirme que pas moins de 300 bénévoles ont fait des "propositions familiales qui parlent à tous"dans" un esprit de cohérence et du bien vivre..."Jour-de-fete.jpg

On attend bien sûr des exemples avant de décider à quitter sa néoruralité et franchir le périf où l'on a fait du sur place toute la semaine... Et la prêtresse avoue avoir préféré "le Cabaret rockabilly", "le Groupe Fonction" mais surtout le stand Far West  et notamment je cite: "sa terre rouge si caractéristique de l'Amazonie". Bref cela a l'air superbe selon les mots de Gaëlle Lequeyroux ! (la vulgate socialisante est passée par là et on peut craindre le pire quant aux leçons de morale laïque à venir, version Vincent Peillon )

On nage une fois de plus en plein délire et comme pour les ZAT de Montpellier, on prend vraiment les badauds pour des gogos.Qu'importe, cela fera "une sortie gratuite" pour "les familles citoyennes" qui enchaîneront sur une visite des trésors du patrimoine de Saint Herblain. Doit on préciser qu'il s'agit de la commune d'où est originaire notre premier Ministre Jean Marc Ayrault qui y enseigna nagère la langue de Goethe. J'essayais pour ma part d'y faire aimer la langue de Molière.

* Il s'agit en fait du Parc de la Bégraisière  cf. wiki-patrimoine-saint-herblain.fr/Parc_de_la_Begraisiere Un domaine de 28 hectares dont 8 hectares sont destinés aux animations de plein air gérés par la ville de Saint Herblain. 

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 08:39

Je voulais vous signaler le projet de film Poco Ritenuto, qui parle du quotidien d'un orchestre harmonique de retraités

L'Association vient de dépasser les 50% de promesses de dons sur TousCoProd et il serait fort dommage que le projet ne puisse pas aboutir !

Ce film, par le sujet qu'il traite et l'énergie de vie qui s'en dégage, pourrait avoir des chances Voici les liens TousCoprod où se trouve le projet du film :

: http://goo.gl/6aAvg


pocoritenuto@gmail.com


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