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  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 08:25

Extrait du livre de Bernard PIVOT  paru en avril 2011 :

                                                              Les mots de ma vie.              
 Vieillir, c'est chiant. J'aurais pu dire :vieillir, c'est désolant, c'est  insupportable, c'est douloureux, c'est horrible, c'est déprimant, c'est  mortel. Mais j'ai préféré « chiant » parce que c'est un adjectif vigoureux  qui ne fait pas triste. Vieillir, c'est chiant parce qu'on ne sait pas quand ça a commencé et l'on sait encore moins quand ça finira. Non, ce n'est pas vrai qu'on vieillit dès notre naissance. On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant. On était bien dans sa peau. On se sentait conquérant. Invulnérable. La vie devant soi. Même à cinquante ans, c'était encore très bien. Même à soixante.

Si, si, je vous assure, j'étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme.                        
 Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps - mais quand - j'ai vu le regard des jeunes, des hommes et des femmes dans la force de l'âge qu'ils ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge. J'ai lu dans leurs yeux qu'ils n'auraient plus jamais d'indulgence à mon égard. Qu'ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m'en rendre compte, j'étais entré dans l'apartheid de   l'âge. Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants. « Avec respect », « En hommage respectueux », Avec mes sentiments très respectueux ». Les salauds! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect? Les cons! Et du « cher Monsieur Pivot » long et solennel comme une citation à l'ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus !                       
 Un jour, dans le métro, c'était la première fois, une jeune fille s'est levée pour me donner sa place. J'ai failli la gifler. Puis la priant de se rasseoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué.                                                           
 « Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée. J'ai pensé que. » 
 Moi aussitôt :                                                            
 «Vous pensiez que.?                                                       
  - Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous asseoir.                                                          
 - Parce que j'ai les cheveux blancs?                                      
 - Non, c'est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, ça a été un réflexe, je me suis levée.-                              
 - Je parais beaucoup beaucoup plus âgé que vous?                          
 - Non, oui, enfin un peu, mais ce n'est pas une question d'âge. -         
 - Une question de quoi, alors?                                            
 - Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois.»             
 J'ai arrêté de la taquiner, je l'ai remerciée de son geste généreux et l'ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre. 
 Lutter contre le vieillissement c'est, dans la mesure du possible, ne renoncer à rien. Ni au travail, ni aux voyages, ni aux spectacles, ni aux livres, ni à la gourmandise, ni à l'amour, ni à la sexualité, ni au rêve. 
 Rêver, c'est se souvenir tant qu'à faire, des heures exquises. C'est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent. C'est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l'utopie. La musique est un puissant excitant
 du rêve. La musique est une drogue douce. J'aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant soit l'adagio du Concerto no 23 en la majeur de Mozart, soit, du même, l'andante de son Concerto no 21 en ut majeur,     musiques au bout desquelles se révéleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l'au-delà. Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés. 
 Nous allons prendre notre temps. Avec l'âge le temps passe, soit trop  vite, soit trop lentement. Nous ignorons à combien se monte encore notre capital. En années? En mois? En jours? Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital. Mais comme un usufruit dont, tant  que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération. Après nous, le déluge? Non, Mozart.                                                       
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                                                                           
                         

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 09:03

Voilà donc le 32è Festival International de la Roque d'Anthéron bien lancé dans ce cadre magnifique du Château de Florans à quelques kilomètres d'Aix mais aussi dans divers lieux environnants aussi prestigieux que dont l'abbaye de Silvacane ou le château de  Lourmarin.

Ce qui change  cette année, ce sont  les sponsors , exit Mercédes Benz pour la marque Peugeot qui amène le soliste (pardon le maître) Nicholas Angelich jusqu'aui pied de la scène. Petite mine mal rasé et le pantalon dévissé, il rentre avec un vilaine toux d'un tournée en Australie. Il salue les amis dont René Martin. DSCF2482.JPG

Le jeune et brillant Bertrand Chamaillou ( qui remplacera Aldo Ciccolini) jouera ce soir en duo avec la maître Angelich sur le Steinway qu'il a choisi et que lui a préparé l'accordeur officiel Denijs de Winter Exit donc une fois encore le Bechstein et le Steingraeber & Söhne qui serviront aux master class ou au magazine des festivals de Stéphane Grant dans la Cour voisine de l'Ecole Victor Hugo.

Tandis que s'affairent les techniciens des équipes de France Musique et d'Arte Live Web qui a mis pas moins de 10 caméras sur le coup pour ces Nuits de la Roque, on peut observer ceux qui restent mains dans les poches ou bras croisés (et ils sont pléthore) mais dûment badgés du collier rouge de France Musique donc apriori intouchables: on reconnaît dernière ses lunettes noires A.L (ancien de France Musique justement) ou de jeunes "mignons" qui servent de groupies et accessoirement d'assistants stagaires qui jouent de leur chèche et de leurs coordonnés ton sur ton. (Le bermuda rose est très tendance..).Ils courent et virevoltent pour apporter les bouteilles d'eau ou tendre le micro aux invités de Stéphane.

Il y a à l'entrée principale l'inébranlable J.P mains sur le ventre du matin au soir qui donne les ordres et surveille son petit monde et va même jusqu'à compter les bottes de foin, orchestrer les navettes des rondes des attelages de pianos conduites par des  manutentionnaires bénévoles.Il se fendra même d'un phrase décisive à l'égard  de mon chien," vous devriez le faire piquer à son âge plutôt que de le traîner dans les festivals". Sans doute un ancien adjudant chef ou capo qui trouve là une reconversion toute trouvée au sein du CREA.

Mais revenons aux artistes, aux vrais et pas seulement les stars comme David Fray, David Kadouch, ou Claire Désert,DSCF2454.jpg c'est dans les allées du parc que l'on croise Emmanuel Strosser ou Frank Braley sur son vélo ou Anne Queffelec qui sort de son logeco climatisé.

La douce et timide Anny Hwang dont la réserve naturelle contaste avec l'exhubérance de l'arménien Vahan Mardirossian . Il y a aussi tous ces jeunes solistes en duos ou trios qui se préparent pour leur concert dans les villages environnants, ils révisent leur partition à la terrasse de chez Nanou, rue de l'église tandis que les salariés du festival , les  professeurs et solistes vont en face .

C'est le matin qu'il faut être au pied de la grande scène pour assister aux essais, accords, mises en place et derniers ajustements entre le Varsovia et les heureux élus de cette programmation 2012 . Manquent à l'appel Brigitte Engerer disparue au moins de juin ou le fidèle sdes fidèles le maître Aldo Ciccolini âgé de 81 ans et souffrant. Manquent aussi 2 violons de l'orchestre polonais  arrivés trop tard pour la répétition.

Au service de presse Adda et Aline doivent gérer les arrivées et départs en accord avec la Dir Com (Isabelle et Marie) et faire la revue de presse du matin dans les journaux locaux, nationaux et étrangers. J'ai pu observer que YB critique musical de la revue Zibenline de Marseille s'acquittait fort consciencieusement de sa tâche lors de la Nuit carte blanche au professeur Jacques Rouvier et annotait les interprétations des deux élèves du professeur à savoir David Kadouch et David Fray.DSCF2422.jpg Il s'éclipsera quand même en deuxième partie.

Parmi les festivaliers assidus depuis 30 ans, celles (âgées et fortunées) qui  ne manqueraient aucun concert et ont loué au mois dans un des rares hôtels du village, les propriétaires de gîtes et chambres de d'hôtes qui font leur plein du 23 juillet au 22 août et connaissent tous les solistes et musiciens de leur ami "René", celles qui règlent leur gestion immobilière ou leurs gardes d'enfants par téléphone.Il y a aussi les curistes du Château qui font leurs exercices de qi gong ou leur marche quotidienne sous les séquoïas tricentenaires.

On ne peut pas manquer non plus la grande famille des Martin au complet, car cette petite entreprise familiale est devenue une multinationale qui gère derrière le CREA de Nantes ,non seulement  les Folles Journées de par le monde (Bilbao, Tokyo, Prague...),DSCF2511.JPG le festival de la  Roque mais aussi  la maison de disques Mirare.

Parmi les marchands du temple associés, la librairie Dobrée, le disquaire exclusif, le photographe officiel Christophe sans oublier les services de restauration qui doivent assurer plus de 1000 couverts lors des nuits à l'entracte entre 20h et 24h.

On quittera à regret le Parc de Florans et ses eaux bruissantes qui descendent de l'Orangerie du château au son des "master class" installées sous les platanes géants dans un trio de Schubert ou de Brahms, impatients de le retrouver en 2013;  mais d'"ici là  Esther et son équipe de l'Unité documentaire musique d'ARTE  nous gratifiera  en septembre de prises de vues uniques sur la grande scène des Nuits dans des soirées Théma.         

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 08:46

Place aux "Jeunes Solistes" du Festival comme chaque matin au Corum:avec le Quatuor Aquilon le bien nommé et ses 4 jeunes femmes qui nous enchantent même si, parqués dans la Salle Einstein on applaudit un écran géant, suprême incongruité de notre époque qui abolit la présence du concert et le contact direct avec les artistes.

Le lendemain, la foule se presse pour écouter Purcell et Bach par un quatuor de violes de gambe prénommé "Sit Fast" (qui deviendra vite Slip fast ou Slim fast tant l'imposture est au rendez-vous) Hélas quatre et interminables créations contemporaines qu'il faut supporter; sans doute un hommage direct des jeunes artistes à leur professeur du CNSM qui alimente ainsi les droits d'auteurs et assomme le public.On applaudit poliment et on pense déjà au concert du soir. Même les transcriptions de Bach pour Viole ne passent pas et s'enchaînent laborieusement;. programme mal choisi donc tout comme celui du soir sur la majestueuse et conviviale Place de l'Europe de Bernstein et Gershwin où la soliste Kim Criswell Kim-Criswell.jpgparle et chante au public en américain bien sûr lequel public de se replier vers les Estivales ou de rgretter d'avoir manqué l'Ouverture des JO à Londres . Un orage providentiel met fin à ce show du frondeur Orchestre National de Montpellier Languedoc Roussillon  qui  affronte son public a ciel ouvert avec un répertoire de comédie musicales américaines sous la baguette de Wayne Marshall. Pourquoi ne pas avoir détourné du Théâtre de la mer si proche à Sète, le duo prestigieux  Nathalie Dessay et Michel Legrand, cela aurait eu une autre "gueule" et un autre impact populaire au sens noble du terme, sinon, si les budgets d'étiolent, pourquoi pas les 24 Violons du Roi de Sir Norrington.... cmbv.jpg?  Déception évidente des familles installées là pour le tradionnel pique nique depuis 18h .Reste donc à gravir les 12 étages du Château Frêche pour découvrir l'enfilade d'Antigone et prendre de la hauteur... Là (malgré la crise...) se pressent deux cent personnes déjà croisées la veille au centre des Relations Internationales ou à la Brasserie du Corum et pour se gaver des mêmes petits fours du même mais  talentueux traiteur.Les parcours sont obligés pour s'éviter, se toiser, se jauger: ceux d'ici ( les habitués du lieu) et les "parisiens" ceux du Festival. Après avoir tenté la plancha, les bars et le patio,chacun trouve enfin sa place et minaude.

On n'y parle guère Comédie musicale de Gershwin car la Vice Présidente de la Région Collerais.jpgqui ouvre la soirée a déjà oublié le nom du Chef d'orchestre et de la soliste invitée et écorche même le prénom du Directeur de l'Opéra (lequel proteste et rappelle qu'il se nomme Jean Paul Scarpitta..)frederic_lodeon.jpg

L'ami Frédéric LODEON qui hésite entre le Champagne et le Pic Saint Loup se lamente d'un telle indigence des discours et part à l'assaut du buffet. La suite  est connue, reconnue, codée, conventionnelle mais d'habitude on parvient à se frayer une place au sein d'un petit groupe plus animé et moins guindé. De musiciens peu, des politques trop, des pique assiettes pléthore et voilà comment s'envolent nos impôts locaux pour peu de résultats en matière d'échanges artistiques et de bienfaits pour la dite Région.D'ailleurs les Conseillers ne parlent que de leur proche voyage aux JO de Londres où ils accompagneront de jeunes sportifs de Septimanie chez la perfide Albion. Tout comme on n'avait pu approcher les solistes russes au Jardin du Champ de Mars des Relations Internationales, on ne pourra approcher les solistes américains qui forment un bloc compact et inaccessible. Une conseillère ayant renversé son verre de vin sur  ses voisins, nous décidons de nous éclipser vers 2h du matin... la Place de l'Europe a déjà effacé toute trace de décor et les incontournables voitures balai de la flotte Nicolin sont en marche.... Oui, décidément ce festival profite bien , très bien, à certaines entités locales. Et oui , c'est le Sud.....

Allez , à l'année prochaine pour l'édition 2013,  monsieur le Directeur Jean Pierre Le Pavec ,JP-Le-Pavec.jpgsi vous le voulez bien et... encore merci et santé... !

Quant à nous nous prenons la route d'Orange ou nous attend l'Opéra Turandot de Puccini et de  la Roque d'Anthéron (près d'Aix) pouir de nouvelles aventures...                

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 12:40

Festival Radio france1Voilà notre Festival de Radio France Montpellier bien lancé et déjà dans sa dernière semaine... les vacanciers sont arrivés place de la Comédie et trainent leurs shorts soldés et leurs tongues de rigueur jusque dans le hall du Corum sous les yeux dédaigneux des festivaliers,et cependant l'osmose semble totale ce vendredi soir entre les Estivales de l'Esplanade qui brasse des milliers de baudauds verres à la main, les visiteurs du Musée Fabre encore étourdis par les corps et ombres du Caravage,quelques danseurs de tango amateurs,et les retardataires du Concert de 20h...

On assiste à un rodéo de patrouilles de police (municipale et nationale) qui sillonnent consciencieusement les points névralgiques autour de la Comédie, fendant la foule  hétéroclite et bigarrée pour chasser les derniers "indignés" qui squattaient un banc sous les platanes (la capitale de Septimanie tolère et dompte ses SDF mais pas de mouvement européen coordonné et structuré)  tandis que la ronde de la flotte Nicollin (vous savez la forte gueule à la crête tricolore et divinité locale....)Nicolin veille et fait du kilomètre du soir au matin dans un brouhaha peu respectueux du slogan municipal qui orne les colonnes Morice ou Decaux qui proclament :

 

"Appréciez le silence. Avec un peu moins de bruit, on s'entend beaucoup mieux." 1342001353429.jpgAh bon, on n'avait pas remarqué d'Antigone au Peyrou ce ne sont que vacarme, sirènes hurlantes et vespas pétaradantes, et même la flotte des Postes n'est pas en reste pour polluer l'univers sonore de cette ville...Madame le Maire est-elle encore là pour le constater ou dans un nouveau déplacement "officiel", pour revitaliser un des 11 jumelages de la ville ? 

Mais revenons aux Concerts il y a l'embarras du choix dans le "in" ou dans le "off". Dans le in on s'échauffe avec l'affaire Scarpitta devenue affaire nationale depuis que Marianne qui donne dans les poubelles et ragots a réglé son compte à la maire d'Aix et s'en prend cette semaine au "rififi lyrique" de l'Opéra de Montpellier. Un tract nauséabond circule officiellement, signé par l'intersyndicale CGT, CFDT,UNSA de l'Orchestre qui défend ses "grosses vaches" (sic) honteusement parquées dans la fosse d'orchestre pour les Noces de Figaro et jugées par le Directeur:  non décoratives au regard des costumes néo baroquesde Jean Paul Gaultier et des splendides décors de scène..; Sale ambiance donc et point de non retour via tracts et communiqués de presse: on évoque des "dossiers à charge" et on repense déjà à la coûteuse éviction du Surintendant précédent en Septembre dernier.

N'oublions pas que nous sommes en phase de "défrêchisation"comme le souligne Marianne.Frêche 

Une belle création de " Thérèse " du stéphanois Jules Massenet (aïeul d'Ariane, dit un critique) applaudie à juste titre malgré une astragale en déroute qui l'a obligée à chanter assise (remboursez!) . fut suivie d'un fabuleux cocktail (signé Husser)  à la Brasserie du Corum où se retrouvaient en catimini les critiques, les officiels, puis musiciens, solistes et techniciens...Déjà minuit et on hésite entre partir pour le  festival Voies Vives de Sète à 15 mn de là , ou se perdre dans les bars à la rencontre des musiciens de rue dont un formidable mime chilien qui promène ses marionnettes et les fait valser dans un tourbillon coordonné dont il est le metteur en espace (génial !)  . .

Demain Lundi ce sera Glinka au Corum et sûrement d'autres découvertes somptueuses et coûteuses, on se souvient des invitations de Ricardo Mutti , de la mondiale Philip Glass (sans compter le feu d'artifice rivalisant avec ceux de Monaco ou de Versailles). Mais qu'importe , Montpellier se donne les moyens de sa politique culturelle avec les impôts les plus élevés de France.(pas pour tous...!) 

Qui de l'Agglomération (Moure) , de la Mairie (Saurel) ou de la Région (quid ?) saura le plus dépenser ?  Les comptes sont ouverts mais la Gazette ne dit mot. peut-être que le Canard enchaîné local:" l'Agglo rieuse" osera  lever le voile. 

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 21:46

Tout bon festivalier doit savoir se lever tôt... c'est en effet dès 7h30 dans la Cour du Rectorat de Montpellier dans la rue de l'Université Rectorat.jpgque se font les rencontres les plus improbables autour du micro de Marc Voinchet sur les Matins de France Culture.On risque d'y croiser des chroniqueurs, et même un Directeur de la Station Olivier POIVRE D'ARVOR dit OPA (frère de PPDA) un regretté patron de l'AFAA que les artistes connaissent bien et Directeur aimé à Prague ou à Alexandrie.Il semble bien maîtriser sa grille des programmes et connaîtres les qualités et défauts de ses animateurs.OPA.jpg

Si on n'a pas trop festoyé du côté de la place Dyonisos (où alternent les DJ de Paris ou de LA) ou à la terrasse du Rebuffy, on pourra apprécier les passes d'armes entre Brice Couturier et Luc Boltanski que l'on retrouvera le lendemain aux XXVIIè Rencontres de Pétrarque.

Pour les plagistes invétérés assidus de Maguelonne (et j'en connais...) ils préféreront la fraicheur du soir dans la Cour Vien du Musée Fabre autour d'Aurélie Sfez qui a ciselé son intro et joue avec ses invités de sa caravane entre le Directeur du Musée Fabre venu présenter l'Expo Caravage, Mickael Abramovich Michael-Abramovich.jpg(que nous avions entendu au micro d'Arnaud Merlin sur Musique).ou le jeune et brillant violoniste Valeriy SOKOLOV,sokolov.jpg tous deux à l'aise dans leur jean pour des transcriptions de courantes ou partitas de BACH en live.Il me tarde déjà de le voir ce soir au Corum pour son récital Beethoven, Bartok (hélas) et Saint Saens.

Un chroniqueur  d'Inter, le jeune  Etechegaray,Baptiste-Etchegaray s'étourdit de son talent et présente une expo au Carré Sainte Anne, le tout entrecoupé de petits reportages bien montés.

Le rythme de croisière est trouvé mais il faut désormais courir entre l'Ecusson  où les parisiens sont en terrasse au café de l'arche place de la Canourgue, le Corum où les festivaliers espèrent une place au concerts gratuits de 12h 30 et de 18h.et désormais remonter la rue de l'Université pour accéder au Tilleul géant du Rectorat.Le personnel académique est heureusement en vacances et ne profite pas des débats sur l'avenir de la Démocratie française devant un parterre choisi de touristes et de locaux que l'on reconnaît derrière le Midi Libre.Emmanuel Laurentin mène comme toujours son débat avec élégance et les invités Laurent Bouvet de la nouvelle gauche,  du Cevifop et de Science Po devise avec son alter ego Rémi Soulié du Figaro catalogué comme "traditionnaliste" sous le regard aigïsé du sociologue des idées Luc Boltanski Luc_Boltanski.jpgabonné aux pages de Libé.et grand prix Pétrarque 2012 de Culture .

On y voit aussi tout l'aéropage de Radio France des techniciens à la bière abondante, le Dir Com tout de noir vêtu qui pavane et sourit à qui lui plaît, une administratrice qui a la lourde charge de passer le micro au public, bref, une armée de fonctionnaires dûment badgés dont le service public a le secret.

Parmi le public, des mal entendants de plus de 50 ans ("le public favori de France Culture" dit son Directeur OPA) des fidèles des Rencontres de Pétrarque (dont je suis) qui regrettent la période historique d'Alain Finkielkraut et d'Alain Gérard Slama et se plaigent de la mauvaise prononciation ou du débit trop rapide de Marc Voinchet Marc-Voinchet.jpgsans compter les fautes de français sur leur radio de référence, qui leur manque tant les jours de grève.... !

Vite, il faut déjà penser à la soirée, mais je passerai la Maîtrise de Radio France pour remonter de ruelles en placettes et croiser un musicien de vihuela venu de Guadalajara qui attend ses collègues mariachis devant le restaurant "Roule Ma poule" place Candole. Il sera évidemment dans le "off" et courra avec ses copains pousser la sérénade aux terrasses des bars du Barrio Latino au Caliente. Je m'empresse de lui recommander l'Andaluz et Félix où jouent les brésiliens et les chanteurs flamencos. mais déjà place de la Comédie s'installe un groupe de musiciens des rues aurour du piano et d'un big bang pour un programme Jazz années 30 de quoi faire fuir les nombreux SDF qui envahissent la rue de la Loge.

Retour par Antigone où je croise des parisiens et parisiennes étourdis par tant d'animations et de musiques entendues. Et si l'innomable  "Fête de la Musique" (qualifiée de fête des décibels ) n'était déjà qu'un mauvais souvenir dans cette ville qui bruisse de toute part.

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 23:09

Ce Lundi 9 juillet 2012 c'est l'ouverture du Festival Radio France à Montpellier.Festival-Radio-france1.jpgA 18h j'arrive donc en nage au Corum pour le récital de piano de Jean Efflam Bavouzet dans la Sonate n°3 de Haydn.. Déjà complet puisque gratuit, et on me parque dans une salle vide mais climatisée où le même Bavouzet est déjà en scène sur un écran géant . Quitte à voir du classique je préfère Mezzo et sors aussitôt.

A quelques pas sur le Cours, le Musée Fabre et sa Cour Vien où Arnaud Merlin reçois en anglais ses invités en direct. Je connais déjà la formule pour l'avoir vécue à Nantes aux Folles Journées et à La Roque d'Anthéron à Florans, bref je m'insinue et là au son du Quatuor Zemplinsky puis de la jeune violoniste bulgare Liya Petrova, on y croise le tout France Musique (harnaché du fameux sésame et dûment badgé) et les têtes parisiennes connues qui hantent les festivals de province avec cet air supérieur et même le Président de Radio France Jean Luc Hess accroché à son Smartphone qui surveille les nominations au Ministère de la Culture et au CSA.Jean-Luc-Hees.jpg

19h, juste le temps de changer de tenue pour rejoindre le Concert d'Ouverture au Corum et bien sûr pour écouter l'Orchestre National de France et la star du jour  Renaud Capuçon dans le Concerto pour violon et orchestre de Brahms. Renaud_Capucon_repetition.jpg

Le jeune chef David Afkham  catalyse ses musiciens et fait sonner cet orchestre prestigieux.

Jean Paul Scarpitta est là aussi, seul dans sa travéejeanpaul_scarpitta1-362x442.jpg car le carré du parterre est occupé par les officiels de Radio France et leurs dames, sourires cripsés, chacun s'épie et n'est pas prêt à me laisser son fauteuil durement acquis, puisque "réservé"...

A l'entracte le "tout" Montpellier est là et ce n'est pas peu dire, on se précipite au Bar pour son verre de champagne à 6 Euros et l'on vient s'asseoir et se toiser. Pousse-toi que je m'y mette : ma voisine parfumée et baguée finit par obtenir ce qu'elle veut et me faire partir du canapé.Ah mais, on est du même monde ou alors on éjecte. La bourgeoisie reconstituée me fait penser à cette nouvelle aristocratie qui s'est emparée du lieu, contrairement à la délicieuse Comédie XVIIIè rénovée qui avait ouvert tout grand  ses portes pour la Fête de la Musique et une toute autre atmosphère, puisque le peuple était invité à écouter "ses" musiciens de l'Orchestre de Montpellier..

Après une Symphonie très beethovénienne et parfois aux accents wagnériens de Lohengrin, la salle se ventile comme elle peut car il y fait une chaleur étouffante et ces dames suffoquent.

Je sors vers 22h et rejoins les artères animées de l'Ecusson et hasard, un duos de charmantes violonistes s'exécute place St Roch avec un talent digne des solistes du grand orchestre sans doute des étudiantes du Conservatoire, mais le son sonnait juste et beau..

Plus loin c'était la place St Anne et sa fête cubaine qui battait son plein mais point des petits messieurs de France Musique déjà invités à des agapes qui vont se succéder au rythme des soirées de la Région, de l'Agglo puis de la Mairie..Ici on a pas perdu la main côté traiteurs et vins du Languedoc, il suffit de compter les camions qui s'alignent chaque semaine aux flancs de l'Hôtel de Région et d'y dénombrer les restes des buffets...  .

Le Festival s'annonce donc plutôt bien, mais j'attends surtout le séduisant et presque cabotin David Fray, les Noces du contesté Scarpitta  bien mal en point et qui ont subi une grève du personnel (il y a les nostalgiques du surintendant à la Musique feu Rene-Koering.jpg un ancien de France Musique qui s'est fait lourder contre la modique somme de 500 M d'Euros de dédomagement parce qu'il le valait bien..Lire la gazette et son interview justificative)

Alors bonne chance pour ce Festival en Languedoc Roussillon et gageons que le millier de personnes qui dansaient Place sainte Anne ce soir sauront apprécier les Comédies Musicales américaines offertes Place de l'Europe le 27 juillet et peut-être David Fray ou Fazil Say....

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 15:50

Alors,  le contact  humain,  la chaleur  humaine,qu'en faites-vous ?
Ce  que  les  hommes  ont  à communiquer  entre eux,  la science et l'art,  ils ont bien des moyens d'en faire  l'échange. J'ai reçu d'eux plus de choses par  le livre  que  par  la  poignée  de main. Le  livre m'a  fait connaître  le  meilleur d'eux-mêmes,  ce  qui les prolonge à  travers  l'Histoire,  la  trace  qu'ils  laissent
derrière eux.
Mais combien d'hommes ne  laissent pas de  trace écrite et qu'il serait  enrichissant de connaître? Ceux qui  souffrent  et travaillent  n'ont  point le  temps d'écrire.
- Oui, mais est-on sûr que la prise de contact avec ceux-là est  empreinte  du  seul  souci  de  la connaissance et  de  la  participation  au  transport  de leur  croix ?  Le  paternalisme,  le  narcissisme,  la recherche  de  la  dominance,  savent  prendre  tous  les visages. Dans  le contact avec  l'autre on est toujours deux.  Si l'autre  vous  cherche,  ce  n'est  pas souvent pour vous trouver, mais pour se trouver lui-même, et ce que vous cherchez chez  l'autre c'est encore vous.
Vous ne pouvez pas sortir du sillon que votre niche environnementale a  gravé  dans  la cire  vierge  de votre  mémoire  depuis sa  naissance au  monde  de l'inconscient. Puis-je dire qu'il m'a été donné parfois d'observer de ces hommes qui, tant en paroles qu'en action,  semblent  entièrement  dévoués  au  sacrifice,mais  que  leurs  motivations  inconscientes  m'ont toujours  paru  suspectes.  Et  puis  certains,  dont je suis, en ont un jour assez de ne connaître l'autre que dans  la  lutte  pour  la  promotion  sociale et la recherche de la dominance. Dans notre monde, ce ne sont  pas  des  hommes  que  vous  rencontrez  le  plus souvent,  mais  des  agents  de  production,  des professionnels.  Ils  ne  voient  pas  non  plus  en vous l'Homme,  mais  le concurrent,  et  dès  que  votre espace gratifiant entre en interaction avec le leur,  ils vont tenter de prendre  le dessus, de vous soumettre.
Alors, si vous hésitez à vous  transformer en hippie, ou à vous droguer, il faut fuir, refuser la lutte si c'est possible.  Car  ces  adversaires  ne  vous  aborderont jamais seuls.  Ils s'appuieront  sur  un groupe  ou une institution. L'époque de la chevalerie est loin où l'on se  mesurait  un  à  un,  en  champ  clos.  Ce  sont les confréries  qui  s'attaquent  aujourd'hui  à  l'homme seul,  et  si  celui-ci  a  le  malheur  d'accepter  la confrontation, elles sont sûres de la victoire, car elles exprimeront le conformisme,  les  préjugés,  les  lois socio-culturelles du moment. Si vous vous promenez seul  dans  la  rue,  vous  ne  rencontrerez  jamais  un autre homme seul, mais  toujours une compagnie de transport en commun.
Quand  il  vous  arrive cependant  de  rencontrer  un homme qui accepte de se dépouiller de son uniforme et de  ses galons, quelle  joie! L'Humanité devrait  se promener  à  poil,  comme  un  amiral  se  présente devant son médecin, car nous devrions  tous être  les médecins  les  uns  des  autres. Mais si  peu  se  savent malades  et désirent  être  soignés! N'ont-ils  pas suivi très  fidèlement les  règles  du  livre  d'Hygiène et  de Prophylaxie  que  la  société  bienveillante a  déposé dans leur berceau à la naissance ?
Cette  distinction  que  j'ai  faite au  début  entre  le réel  et l'imaginaire,  nous  la  retrouvons  au niveau d'organisation  des sociétés.  Les  rapports interindividuels qui s'établissent en  leur sein, fondés sur  le  fonctionnement  du  système  nerveux  humain en situation sociale et qui aboutissent aux hiérarchies professionnelles  et  aux dominances,  sont  bien  réels et  vécus  comme  tels.  Mais  le  fonctionnement
nerveux  est inconscient  de  ses sources structurelles innées et acquises.(...)

ELOGE DE LA FUITE  - HENRI LABORIT- Essais Folio Gallimard

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 15:41

Décrire l'amour comme la dépendance du système nerveux à l'égard de  l'action gratifiante  réalisée  grâce à  la présence d'un  autre  être  dans  notre espace,  est  sans doute  objectivement  vrai.  Inversement,  la  haine  ne prend-elle pas naissance quand  l'autre cesse de nous gratifier,  ou  que  l'on  s'empare  de  l'objet  de  nos désirs,  ou  que  l'on  s'insinue  dans  notre espace gratifiant  et  que  d'autres se  gratifient  avec  l'être  ou l'objet de notre gratification antérieure?
Mais  l'on  se demande  si  ces observations, qui  se voudraient  scientifiques,  objectives,  ont  quelque valeur devant la joie ineffable, cette réalité vécue, de l'amoureux.  La  décrire comme  nous  venons  de  le faire, n'est-ce pas ignorer la part humaine de l'amour,sa  dimension  imaginaire,  créatrice,  culturelle? 

Oui sans  doute  pour  l'amour  heureux. Mais  un  autre  l'a dit, il n'y a pas d'amour heureux. Il n'y a pas d'espace suffisamment  étroit,  suffisamment  clos,  pour enfermer toute une vie deux êtres à l'intérieur d'eux-mêmes.  Or,  dès  que cet  ensemble  s'ouvre  sur  le monde, celui-ci en se  refermant sur eux va,  comme les bras d'une pieuvre, s'infiltrer entre leurs relations privilégiées.  D'autres  objets  de  gratification,  et d'autres êtres gratifiants, vont entrer en relation avec chacun d'eux, en relation objective s'exprimant dansl'action. Alors, l'espace d'un être ne se limitera plus à l'espace de  l'autre. Le  territoire de  l'un peut  bien  se recouper  avec  le  territoire  de  l'autre, mais  ils  ne  se superposeront jamais  plus.  Le  seul  amour  qui  soit
vraiment  humain,  c'est  un  amour  imaginaire,  c'est celui après  lequel on court sa vie durant, qui trouve généralement son origine dans  l'être aimé, mais qui n'en  aura  bientôt  plus  ni la  taille,  ni la  forme palpable,  ni la  voix,  pour  devenir  une  véritable création,  une  image  sans  réalité. 

Alors,  il  ne  faut surtout  pas  essayer  de  faire coïncider  cette  image avec  l'être  qui lui  a  donné  naissance,  qui lui  n'est qu'un pauvre homme ou qu'une pauvre femme, qui a fort  à  faire avec  son  inconscient.  C'est  avec cet amour-là qu'il faut se gratifier, avec ce que l'on croit être et ce qui n'est pas,  avec  le désir  et non  avec  la connaissance. Il faut se fermer  les yeux, fuir  le réel.
Recréer le monde des dieux, de  la poésie et de  l'art,et  ne  jamais  utiliser  la clef  du  placard où  BarbeBleue enfermait les  cadavres  de  ses  femmes.  Car dans  la  prairie  qui  verdoie,  et  sur  la  route  qui poudroie, on ne verra jamais rien venir.
Si ce que je viens d'écrire contient une parcelle de vérité,  alors  je  suis  d'accord  avec ceux qui  pensent que  le  plaisir  sexuel  et l'imaginaire amoureux  sont deux  choses  différentes  qui  n'ont  pas  de  raison  a priori  de  dépendre  l'une  de  l'autre.
Malheureusement, l'être biologique qui nous gratifie sexuellement  et  que  l'on  tient  à conserver exclusivement  de  façon  à  «  réenforcer  »  notre gratification  par  sa  « possession  »,  coïncide généralement  avec celui  qui  est  à  l'origine  de l'imaginaire  heureux.  L'amoureux  est  un  artiste  qui ne peut plus se passer de son modèle, un artiste qui se  réjouit tant de  son oeuvre qu'il veut  conserver  la matière  qui l'a engendrée.  Supprimer  l'œuvre,  il  ne reste  plus  qu'un homme et  une  femme,  supprimer ceux-là, il n'y a plus d’œuvre. L'œuvre, quand elle a pris naissance, acquiert sa vie propre, une vie qui est du  domaine  de  l'imaginaire,  une  vie  qui  ne  vieillit pas, une vie en dehors du  temps et qui a de plus en plus de peine à cohabiter avec  l'être de chair,  inscrit dans  le  temps  et l'espace,  qui  nous  a  gratifiés biologiquement.  C'est  pourquoi il  ne  peut  pas  y avoir  d'amour  heureux,  si l'on veut  à  toute  force identifier l’œuvre et le modèle.
Cependant,  lorsque  l'amour  passe  d'un  rapport interindividuel unique à celui d'un groupe humain, il est  probable  qu'il  pourrait  s'humaniser,  en  ce  sens qu'il devient plus  l'amour d'un concept que celui de l'objet  gratifiant. L'Homme est  par  exemple  le  seul animal  à concevoir  la  patrie et  à  pouvoir  l'aimer.
Mais là encore il n'est pas possible de faire coïncider l'imaginaire amoureux  avec  le modèle  qui  en  est la cause. Le modèle est encore un modèle biologique,celui  de  l'ensemble  humain  peuplant  une  niche écologique,  avec  son histoire et les  caractéristiques comportementales  que cette  niche a conditionnées chez  lui.  Et  cet  ensemble  humain  jusqu'ici  s'est toujours  organisé  sous  tous  les  cieux  suivant  un
système hiérarchique de dominance et de soumission parce  que  les  motivations  des  individus  qui le composent  ont toujours  été  la  survie  organique,  la recherche  du  plaisir,  dont les  moyens  d'obtention passent  encore  par  la  possession  d'un  territoire individuel et des objets et des êtres qu'il contient. Si bien  que cet  amour réel  et  puissant  de  la  patrie,tardivement  conceptualisé  dans  l'histoire  de l'Homme, mais  qui  a,  jusqu'à  une époque  récente,animé  le  sacrifice  de  millions  d'hommes,  a également permis  l'exploitation de  leur sacrifice par les structures sociales  de  dominance  qui  en constituaient,  non  le corps mystique, mais  le corps biologique.  Les  dominants  ont toujours  utilise l'imaginaire  des  dominés  à  leur  profit.  Cela est d'autant  plus  facile  que  la  faculté  de création imaginaire que possède l'espèce humaine est la seule à  lui  permettre  la  fuite  gratifiante  d'une  objectivité douloureuse.  Cette  possibilité,  elle  la  doit  à l'existence d'un cortex associatif capable de créer de nouvelles structures,  de  nouvelles  relations abstraites,  entre  les  éléments  mémorisés  dans  le système  nerveux.  Mais  ces structures  imaginaires restent intimement  adhérentes  aux  faits mémorisés, aux modèles matériels  dont  elles sont issues. Or,  à l'échelon  socioculturel il  est  profitable;  pour  la structure  hiérarchique,  de  favoriser  l'amour  de l'artiste citoyen pour sa création imaginaire, la patrie,qui lui fait oublier  la  triste réalité du modèle social,artisan  de  son  aliénation. (...)

Eloge de la fuite (Henbri Laborit) Folio Essais - Gallimard

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 15:56

Après la vigilance active, voici venu le temps de l'autocensure ?

Exit Audrey Pulvar de France 2 et recadrage des photos sur l'Express....

Voyez plutôt !

Autocensura.jpg

Trierweiler.jpgEt voici ci dessous, la photo "rognée" publiée par l'Express et reprise dans tous les médias!

Plus correct non !!!

Il n'empêche, le doigt d'honneur digne d'un joueur de l'Equipe de France s'adressait explicitement à ses adversaires politiques et sans ambiguité.

Trierweiler-officielle.jpg

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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 16:49

A l'invitation de la Société Louise Michel de Montpellier, Philippe CORCUFF maître de conférences à l'IEP de Lyon et chercheur au centre de recherche sur les liens sociaux (CERLIS Paris Descartes CNRS) membre du Conseil scientifique d'ATTAC France est venu ce Mercredi 20 juin 2012 à l'Espace Jacques 1er d'Aragon de Montpellier présenter son dernier livre :

  corcuff-31-01-2008c.jpg

Où est passé la critique sociale ?

Penser le global au croisement des savoirs (Editions de la Découverte)
Double actualité puisqu'il était aussi l'invité la même semaine de France Culture dans la Suite dans les idées du 16 juin sur le même thème.
La Société Louise Michel comme l'a rappelé Anne Freiss en ouverture s'est créée dans le sillage des travaux de Daniel Bensaid théoricien de la LCR dont on connaît les idées militantes (souvent convoqué jadis dans les émissions de Daniel Mermet) dans le cadre d'une remise en cause du système néo libéral par des analyses tournées vers le monde universitaire, les militants, syndicalistes et le mouvement associatif.
les réunions de cetrte Société montpéliéraine ont lieu généralementdans la Brasserie du Dôme.
Contacts: rabadantoine1@gmail.com (Professeur d'Espagnol) ; gille-marquet@orange.fr (Economiste) ; anne-gille.freiss@sfr.fr  (Militante associative)
J'ai fait remarqué aux organisateurs que la "Maison des Sciences de l'Homme Ange Guépin" à l'Université de Nantes travaillait dans le même sens et avec les mêmes problématiques mais ici, on est à Montpellier et peu enclins à regarder vers le septentrion... !
La tonalité libertaire est clairement affichée dans l'après éléction avec ce slogan: que faire de la victoire de la gauche ? Laquelle gauche jugée par Corcuff "en état de mort cérébrale": bien dit.. mais encore...?
Il s'explique, la gauche est sur des rails de pensée automatique mais n'opère pas de véritable travail intellectuel solide. Il y a les légitimistes et les misérabilistes.
Les références des travaux de Corcuff sont connues: Foucault, Rancière, Bourdieu dans des dialogues parasités et des rendez-vous manqués entre la sociologie et la philosophie.
Judith Butler ou Jean Claude Michéa mais aussi en remontant dans l'histoire des sciences sociales: Joseph Proudhon et Karl Marx
On aime entendre aussi des référenecs au travail de Sandra Laugier qui à partir de l'analyse d'une chanson de Michel Jonasz, "les vacances au bord de la mer" démonte le mécanisme dominants/dominés.
Corcuff cite aussi des Revues comme la Revue des livres, Réfraction, Ecorêve qui cependant restent à son avis trop détachées du terrain militant.
Dans ses expertises au sein d'Attac sur la machine néolibérale il montre comment la pensée technocratique ne débat que partiellement et va même jusqu'à la qualifier de "a-pensée non réfléchie"
La gauche de la gauche a contre réagi à travers les groupes comme Copernic ou Attac mais eux aussi frappés de mort cérébrale à travers l'équipe du Monde Diplo ou des mélanchonades qui sussurent un vague discours sur le "méchant néo-libéralisme, enrobé de marxisme rance".
Quant à la déploration du PS elle est empreinte de rancoeur ou d'indignation.
En 1990 dans la Revue "Contre temps" Daniel Bensaïd et la LCR et plus tard le NPA ont essayé de réagir mais la mort de Daniel Bensaïd a laissé un vide comblé par sdes variantes des chants de la "mélancolie de la critique sociale" depuis 2 siècles à travers l'altermondialisme, les Indignados d'Espagne, les Anonymous ou l'Occupy wall Street aux USA. 
critique-sociale.jpg
Corcuff revient alors sur une définition de la CRITIQUE SOCIALE née de l'émancipation des Lumières au XVIIIè siècle avec en 1784 une sortie de l'état de tutelle et une sortie des dominations avec Kant. L'émancipation politique avec la naissance de l'Etat Nation et une ouverture vers l'Universalisme.
Puis au XIXè ce sera l'émancipation socialiste puis communiste et enfin anarchiste.
Au XXIè siècle on assiste à "l'inertie des automatismes de pensée du PS sur ses rails de la légitimité des savoirs savants face aux savoirs ordinaires"
Il est urgent de revoir les logiciels de pensée, de reformuler les méthodologies et de revoir la tyauterie conceptuelle. Il faut sortir du mécanisme des contenus et des contre-propositions.
Pour cela, Corcuff va articuler sa conférences en trois parties:
1 - Secouer les automatismes
2 - Questions sur les émancipations
3 - Qu'est-ce qu'une critique libertaire de l'Etat ?
___________________________________________________________________________________________
I - Philippe Corcuff entreprend alors méthodiquement de lister les logiciels automatiques en vigueur :
1 - le conspirationisme (dans la foulée de Septembre 2001, l'affaire DSK, la chasse à Ben Laden...) la parano et la théorie du complot à gauche comme à droite devient l'idéologie dominante et a été très bien analysée par Luc Boltanski.Certains l'ont qualifié de "trame narrative aux effets explicatifs" à l'instar de "la servitude volontaire" de la Boétie.
2 - l'automatisme essentialiste qui empêche la pensée critique. (Wittgenstein parle d'une "recherche d'une substance qui recherche son substantif":
Exemples: le sarkozysme, le chavisme, demain le hollandisme..;  dans un constant désir de généralisation abusive au détriment des cas particuliers.
Exemple de l'Amour qui renvoie aux essences de l'amour (la passion  le platonique, le sexuel etc...)
On assiste à une tyranie du langage "un préjugé auquel tout doit se conformer". Je fais la critique de "mon" essentialisme contre les autres dans une dualité permanente et tyranique : Chavez/Amérique; Islam/sionisme ; Capitalisme/Communisme...
3 - Le présentisme et son vis à vis nostalgique.
A propos du "présentisme", néologisme, François Hartog évoque le rapport au temps présent qui est la référence montante déconnectée du passé et du futur dans une spirale infernale de consommation de l'événement ( l'Actualité, le scoop, les sondages, le tweet, le buzz.... )
Aujourd'hui "on mange le passé par les commémorations" incessantes et quotidiennes (Camus, Jeanne d'Arc...)
Face au "présentisme" on a la "nostalgie" d'un passé fantasmé à la manière d'Alain Finkielkraut qui s'en défend. On est dans la contemplation d'un passé mystifié. Walter Benjamin parlait de "mélancolie ouverte sur l'avenir mais qui se coltine le présent."
4 - l'automatisme collectif :
Faute de l'individualisme qui fait perdre le sens du collectif, il faut revenir à la solidarité entre les individus. On a souvent caricaturé la droite qui place l'individu au centre duu néo libéralisme et la gauche le collectivisme à travers son apendice syndical.
Déjà en 1914-18, le thème collectiviste était prédominant au détrimpent de l'individualisme qui avait prévalu jusqu'alors depuis la Révolution française et dans les avatars du Romantisme.
Corcuff cite alors quelques figures comme Fernand Peloutier et Emile Pouget qui prônent l'autonomie individuelle ou les militants d'Action Directe de 1910 qui prônent l'exaltation de l'individu. Puis c'ets jaurès et son socialisme républicain et Marx qui dès 1844 peut être qualifié de "penseur individualiste" quand il parle de "l'émancipation sensualiste de l'individu". L'être s'oppose radicalement à l'avoir que préconise le capitalisme et pour cela il faut lui opposer entraide par la solidarité et la coopération.
__________________________________________________________________________________________
II - Repenser l'émancipation aujourd'hui.
1 - la pluralité humaine et le commun (Hannah Arendt)
2 - l'Expérimentation à travers la mutualité
3 - Revenir aux trois fondamentaux : Le syndicat/ le Parlement/ le Coopératif de Jaurès 
Il faut "créer un espace commun sans écraser l'individu" tel était le slogan de la fédération anarchiste de Joseph Proudhon.
La mythologie du "grand soir a échoué (cf.échec électoral de Mélanchon, et du NPA..)
On a vécu dans le slogan du "Ici et Maintenant" de 1972 à 1981.
Comment bâtir une autre société ? Par des expériences, des essais, des erreurs, des rectifications.
Il faut s'inspirer de la philosophie pragmatique de John Dewey (1927) republié à la NRF: "Expérience et nature"
Il faut aussi s'attaquer à l'hégémonie du langage politique actuel qui est un vocabulaire machiste et viriliste car la politique est un combat et un rapport de force.
Explorer, expérimenter et surtout métisser le langage et le vocabulaire des rapports de force pour plus de fragilité et féminiser le langage.
___________________________________________________________________________________________
III  Critique libertaire de l'Etat
Le processus de monopolisation des pouvoirs mis en évidence par Max Weber et Pierre Bourdieu.
Sur ce thème les anarchistes étaient plus prudents que les communistes.
1970 : Etat bureaucratique oppressif.
1980: Robert Castel constate que "l'Etat a  fourni des supports sociaux à l'autonomie des individus" la propriété peut offrir un espace de protection face aux aléas de la vie.
2012: Luc Boltanski dans "De la Critique" précis de sociologie de l'émancipation  reconnaît "assumer l'ambivalence face aux Institutions"
1984: Pierre Bourdieu soutient ce propos apparemment contradictoire  "Il faut toujours risquer l'aliénation politique pour échapper à l'aliénation politique"

Conclusion:
"Comment envisager des institutions publiques qui ne soient pas l'Etat tel que nous le connaissons aujourd'hui ?"
 "Revenir à un anarchisme institutionnel et pragmatique tel est le défi de l'avenir pour repenser la critique sociale".
 Notes prises par Patrick CHEVREL (Montpellier)

Notes 1 - Il vient d’éditer (mars 2011) un “B.a.-ba philosophique de la politique pour ceux qui ne sont ni énarques, ni politiciens, ni patrons, ni journalistes” (éditions Textuel, collection “Petite encyclopédie critique”, mars 2011) qui sera en vente sur place.

Notes 2 Prises de tête pour un autre monde: Philippe Corcuff Textuel, 2004 - 207 pages
La pensée de Philippe Corcuff s'adresse avec humour et justesse à tous ceux qui cherchent une voie politique radicalement à gauche, mais en évitant aussi bien les mollesses de la gauche officielle que les gesticulations gauchistes. Elle participe aux tâtonnements de la nouvelle galaxie altermondialiste. S'affirmant " social-démocrate libertaire ", l'auteur revendique le droit à l'hésitation, " à la différence des maîtres-penseurs sûrs d'eux ". Face aux simplismes médiatiques, il propose un regard décalé sur l'actualité.
Ces textes sont des chroniques parues dans Charlie Hebdo ou d'autres interventions de presse. Elles sont accompagnées de l'ironie tendre des dessins de Charb, tous inédits.
De quoi procèdent ces " vues de biais " sur l'actualité ? D'un regard critique, distancié, nourri d'une double tradition philosophique et sociologique.

Une réflexion et pas seulement un combat " contre " ou la répétition mécanique de slogans fermés sur eux-mêmes : d'où ces véritables " prises de tête ".
" Car le monde est compliqué. Ceux qui nous disent que les choses sont simples mentent. "
Notes 3 : France Culture: 

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