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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 12:21

Hélas, on ne peut considérer du même oeil le sort d'une Egypte misérable avec le ballant décisif de ses 80 millions d'habitants. L'assistance américaine,
les revenus du canal de Suez et un tourisme vulnérable hissent,à grand peine, la tête dupays hors de l'eau. En Egypte, un collectif militaire tient toutes les rênes depuis quarante ans.L'armée est partout. Grand propriétaire foncier, principal agent économique, le pouvoir militaire assume, certes, sa paix avec Israël, mais entretient un nationalisme volontiers antisioniste . Il réprime peu les avanies que
le fanatisme ordinaire réserve aux 7 millions de coptes.
Pour l'heure, la seule grande opposition constituée, c'est celle des Frères musulmans, tenue en lisière,éliminée pa r le truquage électoral. Même si leur discours public s'écarte du prône intégriste, nul ne peut prédire leur sort dans une transition acrobatique. Ils n'ont pas hésité, dans l'émeute, à réveiller le populisme
xénophobe. Bref, l'incertitude existe . Elle n'est pas obscène.
Seuls nos cabris droits-de-l'hommistes connaissent déjà l'avenir... Ils fustigent la réserve des pouvoirs occidentaux. Il faudrait, disent-ils, se prosterner
d'avance devant l'avenir radieux de la déesse Révolution.
Notre prudence ferait de nous des couards, des relaps...
Fadaises !Rien n'interdit,bien sûr,d'espérerla naissance, un jour, d'une démocratie halal. D'une démocratie licite qu'un islam à la turque accepterait de voir
pousser sur des terres jusqu'ici stériles. I.e monde arabe compte 100 millions de jeunes, de 15 à 29 ans,travaillés par le chômage, Internet et l'image enviée du décollage asiatique. Leur révolution culturelle,la réforme qu'elle imposera à l'islam demeurent la meilleure chance d'une vraie révolution politique.
C'est eux qu'il faut aider. Et sans passer, d'emblée les bornes qui séparent l'espérance de l'illusion _      

Claude Imbert -  Le Point n° 2004 10 févrie r 2011
Lire aussi "le Camp des Saints" de Jean Raspail et sa préface: "The Big Other" sur mon Blog sur les "hordes extra-européennes" qui commencent à arriver ce week end à Lampedusa.

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 18:08

Journal des Historiens à propos de son livre "le  Camp des Saints" le 1 février 2011 de Jean Raspail 86 ans
Dans la tactique diabolique de "Big Other" il y a la campagne visant à faire disparaître la notion de "Français de souche" il y a eu énormément de choses là dessus mais de façon officielle le dernier en date c'est Eric Besson qui était à ce moment là "Ministre de l'Immigration et de l'identité nationale" qui nous a bassiné avec ça et des quantités de gens comme Claude Allègre ou Denis Jeanbar et des tas d'autres; Allègre s'est permis il y a un an de d'écrire à la une du Figaro sur cinq colonnes,  "il n'y a pas de Français de souche" et c'est une inepsie monstrueuse. Dans "Big Other"  je m'efforce de démontrer qu'il ne faut pas mélanger la diversité réelle française,qui fait la richesse de la France mais ça c'est la diversité d'avant l'arrivée des extra européens, bien sûr que notre peuple a été formé par des Gaulois, des Romains,des Espagnols, des Vikings,des Juifs du Comtat venaissin, des Wisigoths, des Allemands, des Polonais, des Roumains... tout ce que vous voulez mais c''est un brassage unqiuement blanc.J'ai pas prononcé le mot race car il faut pas faire ça."C'était l'Europe qui s'invitait chez elle" répère Raspail dans sa préface.
Bernard Stasi nous a emmm... pendant des années en disant qu'il était un italien immigré,(L'immigration, une chance pour la France) on a même voulu faire passer Montand pour un immigré.

C'est une escroquerie malsaine historico-sémantique et là j'ai cogné...
Faut-il parler de pessimisme ?
On n'en sait rien en fait, pour le moment Big Other tient encore beaucoup de choses et la vapeur n'est pas prête à s'inverser dans les têtes parce qu'on est formaté: il y a des pensées que vous ne formuleriez pas aujourd'hui comme vous les formuliez il y a trente ou quarante ans...On n'ose plus, on est donc formaté.
 Vous imaginez dans votre préface, un scénario selon lequel pourraient se maintenir en Europe un certain nombre d'isolats, conservatoires des identités européennes.
C'est une vision de romancier mais peut-être qu'à un certain moment il n' y aura pas d'autres solutions. Au départ je n'étais pas communautariste, pourquoi ?

Parce que si on était entre Français de Souche avec un nombre admissible d'extra-européens et bien tout se passerait très bien, ça ne se passe pas très bien parce qu'il y en a trop comme disait j'sais plus qui, enfin tout le monde... A ce moment là comme disait Lévi Strauss, il faut qu'il y ait "un réflexe puissant de défense" et ce réflexe ne pourra avoir lieu, puisque l'Etat ne donne pas l'exemple. Sauf si les nationaux de souche et les Français de coeur (il ne faut pas les oublier),constituent un réflexe d'auto défense communautaire, voilà.
Je n'en sais rien, je dis ça comme ça.
Ce ne sont pas les Partis politiques qui sauveront la mise,je me méfie de l'instrumentalisation des choses, des idées par les Partis qui'ils soient de droite ou de gauche d'ailleurs.la réaction viendra du coeur de chacun et les Partis ne feront que suivre comme en Suisses des montagnes qui ont voté avec leurs tripes (...)
ce qui est important est que ce phénomène est européen,il n'est pas le fait de quelques dirigeants politiques, il est le fait de tous les milieux dirigeants,qui pour des raisons perverses ou de stupidité,ou es deux ont favorisé cette immigration et l'Europe dans la 2è moitié du XXè n'est plus maîtresse de ses choix..Ses orientations lui sont dictées d'ailleurs, jusqu'à présent les choix étaient dictés par les Etats Unis et l'URSS de manière imprévue en 1991, l'une de ces deux puissances l'URSS a disparu, tout le onde croyait que le communisme allait durer éternellement et aujourd'hui nous voyons la 2ème puissance ébranlée et je crois que les Européens auront tout à gagner de cet ébranlement de cette hyper-puissance d'aujourd'hui qui ne joue certainement pas favorablement à l'Europe même s'il y a de nombreux Américains qui se sentent Européens de coeur ou intellectuellement, mais en tant que puissance c'est une puissance qui a ses obligations qui a ses choix et ceux ci ne concordent pas avec ceux de l'Europe.
Cet ébranlement de la grande puissance américaine sera favorable à un réveil européen et à un réveil de la conscience européenne et de la perception du "Big Other", de l'Autre qui a sa place en tant qu'invité mais nullement sa place en tant qu'envahisseur.Il sera favorisé par des événemenst extérieurs même si l'avenir n'est pas prévisible mais on peut observer des signes, des phénomènes qui bougent.

http://rutube.ru/tracks/4055507.html?v=ce6f9b6e3198647a50c6da66c636ac11

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 22:30

Voilà c'est fait vous avez opté pour la métropole du Midi comme 4000 autres nordistes et européens...

Euh Toulouse ? Marseille ?  Non, Montpellier en Septimanie dans cette Région mal définie car personne ne se dit "Languedocien-Roussillonnais".

Donc vous êtes chaudement recommandé par une belle soeur installée de longue date à Castries ( qui a déménagé depuis) et par une amie gersoise qui vous recommande sa belle soeur, adjointe à la Mairie de montpellier en charge des Solidarités et du Social et vient la fameuse Journée des nouveaux arrivants au Corum. Déballage de petits fours et de vins du pays devant des foules multiformes et affamées, discours de la majorité municipale (des absents dans l'opposition) qui expose son bilan mais d'Adjointe au maire vous n'obtiendrez qu'un vague salut et bonne chance, dépourvu de toute chaleur et de tout lendemains ! Circulez, rien à voir (vous avez dit Solidaires ? ). 

Vous essayez les Services de l'Age d'or puisque vous êtes dans la tranche irrémédiable des Seniors de plus de 50 ans et là les choses se compliquent :

on vous annonce que les cours d'aquagym sont complets, que vous êtes en attente pour le TaïChi mais qu'il reste de la place en poterie et en jeux de cartes.

alors vous essayez l'Université du Tiers Temps à Pétrarque où les têtes pensantes mais grisonnantes et blanchissantes viennent se cultiver de 3h à 5h avant la nuit tombée, pas d'échanges ni de quelconque intégration en vue... Circulez, rien à voir mais seulement à entendre !

Déjà les Voeux des Rapatriés en tablées de sexa et octo autour de la galette au Zénith, si vous êtes toujours seul, aucune chance de faire des liens en écoutant Mandroux et Frêche entonner en choeur la chanson des "Africains qui revenaient de loin" (c'était en janvier 2010 !)

Alors vous cédez aux tables rondes de la librairie Sauramps et Agoras à la salle Rabelais du mercredi et parfois aux Rendez-vous littéraires de la Médiathèque Zola et là vous vous en mettez plein les oreilles et vous assistez au milieu de la faune disparate aux meilleurs intervenants descendus de Paris et "vus à la Télé" comme dit le slogan, et ça marche !Même France Culture a descendu ses micros à Rabelais et Mr Philippe Meyer donne dans la province de sa superbe et de sa hauteur...mais de contact avec ses habitants , faut pas pousser... !

Ah, un Forum au Musée Fabre sur les Ghettos Homo de banlieue organisée par le refuge, oui mais là aucun jeune de banlieue de la Paillade et le sociologue requis pérore devant les Bobos, toujours les mêmes d'ailleurs. Une conférence de Patrick Peloux l'urgentiste médiatisé et en Mr Loyal, Jean Claude Gayssot, haute figure locale, là toute l'aéropage associatif médical est venu et communie, mais d'échanges et de rencontres point.

Alors  propulsons nous aux Voeux solidaires 2011 de Mme Mandroux interviewée par un vieil ami Kouchner et écoutons ces voix de la Méditerranée, (peu francophones hélas), où les langues occitanes et arabe dominent. On y croise les heureux récipiendaires des HLM qui congratulent les élus qui ont été attentifs à leurs cas. On se toise, on se croise, on se jauge, c'est le Midi ! Circulez, mais non sans avoir profité des huitres de Thau et du vin de pays !


"Une amie" du Nord (entendez de Paris) vient nous parler de Raymond Roussel au Hangar, vous pensez à un moment de retrouvailles chaleureuses entre "amis" mais là encore et malgré les efforts du maître des lieux, on se jauge, on se reconnaît, on se congratule et le verre de vin n'y fait rien, chacun repart comme il est venu avec quelques révélations sur les inédits du dit Roussel.L'amie en question ne vous reconnaît plus et disparaît avec la Presse après avoir salué les figures "connues" ou  "reconnues". C'est tout ce qui fait la province mais pour celui qui n'est pas du cénacle et introduit de longue date chez les intellos qui gravitent à Montpellier 3, point de salut , circulez !

Alors il vous reste bien sûr le fameux OVS (On va sortir) et là vous avez intérêt à être réactif car il reste 300 places pour écouter Joan Baez au Peyrou , et 20 pour aller à un apéro géant: l'offre est copieuse et les candidats se bousculent dit-on...Alors c'est décidé, vous lancez une sortie, à la Maison de la Poésie pour aller écouter un vieux copain toulousain qui offre son bâton, vient crier sa rage et  ses mots. Le verre de l'amitié est rare et aigre et vous ne croisez qu'un petit groupe fermé et condescendant qui parle bas et sait jouer de la calomnie sous cape. Il y a sans doute des poètes mais ceux là s'éclipsent . Votre invitée d'OVS s'est présentée à vous et vous remercie de l'initiative. 

A ce jour et après plus d'un an dans cette ville, peu de contacts...

Quant aux "Montpéliérains de souche" cherchez les du côté de la Canourgue dans les hôtels particuliers, ils apparaissent aux fêtes du Surintendant à l'Opéra et doivent se croiser au Polygone ou sur les plages avant que le tramway ne déverse ses hordes hirsutes.

Vous avez sûrement d'autres témoignages mais vous ne lirez pas pareille chronique dans la Gazette de Montpellier qui se targue d'offrir le "must" en matière de Sorties dans cette Capitale !

Au fait et si la Municipalité qui sait recevoir ses nouveaux arrivants en grande pompe en septembre, réfléchissait un peu sur la mixité sociale et le  brassage de ses populations, sans doute répondrait-elle par le nombre de ses associations et par le programme de ses HLM. C'est vrai qu'on découvre au hasard,  une réunion communautaire à l'Espace Jacques1er d'Aragon, entre vieux espagnols ravis des villancicos retrouvés ou des buffets gitans à Figuerolles, mais le bilan est lourd et les anonymes croisés au bord du Lez un dimanche d'hiver ne sont pas sans partager ce constat, qu'un géographe déplorait dans la Gazette, en opposant au fort nombre d'arrivants, celui des partants.... ! Vous avez dit circulez ! 

   




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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 17:29

Repentance et masochisme, nouvelles missions de l’école

« Deux mille ans de culpabilité chrétienne relayée par les droits de l’homme se sont réinvestis, au nom de la défense des individus, dans la mise en accusation et la disqualification radicale de la France.

Et l’école publique s’est engouffrée dans la brèche avec d’autant plus d’ardeur qu’à la faveur du multiculturalisme elle a trouvé dans cette repentance et ce masochisme national une nouvelle mission.

Après avoir été le vaisseau pilote de l’humanité, la France est devenue ainsi l’avant-garde de la mauvaise conscience universelle. Lourde rançon. Singulier privilège. »

Pierre NORA

Source

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 12:03

Rien d'étonnant dans ces nouvelles de la grogne et des démission des professeurs stagiaires lâchés dans l'arène sans préparation pédagogique après la fermeture des IUFM et le "lâcher" dans les cycles universitaires, basés sur les fondamentaux.

Les trucs et ficelles du savoir-faire qu'une vidéo ou un site internet ne peuvent faire passer, s'acquièrent avec l'expérience mais comme l'Education Nationale s'est empressée de jeter les SENIORS DEHORS ! sans encourager la coopération et l'entraide intre-générationnelle, on voit ici le résultat !

Les Syndicats ont crié au loup et surtout au manque de moyens face au non remplacement des profs partant à la retraite, -sans les retenir d'ailleurs- par des conditions de travail adaptées, et l'entraide des tuteurs plus ou moins bénévoles aurait très bien pu être assurée par des enseignants chevronnés et de jeunes retraités dont on n'a que faire.

Voilà où nous a conduit cette politique de l'Education Nationale avec des Recteurs payés au mérite des économies de moyens et des  Chefs d'Etablissement à la botte, qui ont bien appris leur leçon hebdomadaire auprès des Services du Rectorat.

Où sont les anciens patrons qui savaint faire la part des effets d'annonce à la Luc Chatel ou à la Jack Lang  et qui continuaient à mener leur boutique en fonction des réalités du terrain et pas des diktats de l'OCDE.

Veut-on que nos jeune sprofs Stagaires s'engouffrent dans la voie Coréenne du surmenage et du surdosage: travailler plus pour mourir plus mais avec une belle place au Tableau d'Honneur mondial ? 

Tout cela me navre et mes appels ur le Café Pédagogique (virtuelà) à l'entraide n'ont rien donné. Je proposais un Vide Grenier pédagogique et bien sûr l'accompagnement et le savoir faire, mais personne n'a semble-t-il saisi la balle au bond.

Les vidéos et réactions sur ce lien du Figaro sont étonnantes de vérité et dramatiques à la fois mais tant que Luc Chatel ne croit pas que les JUNIORS peuvent apprendre des SENIORS mais seulement de leurs congénères prépubères dont ils ont la charge, on ira dans le mur et les couloirs des Universités resteront silencieux aux appels déespérés des victimes de tous bords. (A suivre)

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/01/07/01016-20110107ARTFIG00552-un-rapport-confirme-les-difficultes-des-profs-debutants.php

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 00:06
  1. De rares voix discordantes
  2. Les traces de discours anticolonialiste ne se trouvent pas aisément en 1939-1940. Ni chez les surréalistes  pour qui la mobilisation des moyens militaires de l'Empire ne suscite guère la protestation. Ni chez les communistes dont les préoccupations immédiates sont bien différentes. L'indignation n'est donc pas nécessairement là où l'on croit la trouver.
  3. Paul Léautaud, qui préfère en temps normal ses nombreux chats au genre humain, est ainsi le seul intellectuel de renom à exprimer sa protestation. Même s'il ne peut le faire qu'à travers les pages de son journal intime. Sa colère a éclaté à la mi-novembre [939, à la lecture des journaux
  4. « La nouvelle est partout que le gouvernement va faire venir un million de coloniaux pour remplacer sur le front autant de soldats français. Voilà qui va faire apprécier à ces gens la colonisation française. On est allé tuer, déposséder, assujettir ces gens qui vivaient tranquillement chez eux, ne demandant rien à personne et ne menaçant personne. Les Français leur disent aujourd'hui : Venez donc vous faire casser la figure à notre place pour défendre la France. » Et encore, on ne les prie pas : on les enrôle de force. Pour eux aussi, k service militaire est obligatoire. C'est simplement abominable''.
  5.  Ce témoignage lucide est presque unique en son genre. Par une sorte de hasard. on en possède un autre non moins exceptionnel. qui présente l'envers du décor : la situation aux colonies. Il faut encore se tourner vers un récit qui ne sera connu que de façon largement postérieure aux faits et qui émane d'un jeune homme parti de métropole courir l'aventure en Extrême-Orient, Pierre Boulle. Alors âgé de 28 ans, le futur romancier du « Pont de la rivière Kwaï » et de « La Planète des singes » n'est alors qu'un planteur que la déclaration de guerre a surpris en Malaisie. Parvenu en Indochine où on le <span>mobilise. il</span> assiste en mai 1940 au départ d'un contingent de soldats annamites. La description qu'il fait de l'épisode est saisis­sante :
  6. « Je retourne à Phu-Baï juste à temps pour assister [au] départ pour la France d'un contingent de nos tirailleurs. On les a habillés de neuf- [-..]En  colonnes, devant le train qui doit les emporter vers le port d'embarquement, ils attendent sous le soleil d'être passés en revue par un général et par l'empereur. que l'on a convoqué  pour la circonstance.|...Le moral me parait bas. Il y a des regards rancuniers d'autres qui laissent prévoir des larmes. Il est visible que les « volontaires » se demandent ce qu'il leur arrive et qu'ils ne sont pas rassurés. Les femmes, elles nous lancent des regards franchement hostiles. L'empereur arrive enfin avec le général. Il est vêtu d'une robe jaune dans laquelle il se sent visiblement mal à l'aise. Il passe rapidement les tirailleurs en revue puis on les embarque dans le train  rapidement, très rapidement  pour couper court à une scène déplaisante. Les volontaires pleurent comme des veaux. Les femmes nous adressent des paroles incompréhensibles mais qui ne sont certainement pas des compliments.
  7. Enfin ils sont partis. En somme, cela ne s'est pas trop mal passé. On dit que dans certains camps des familles entières se sont couchées devant la locomotive.(39)
  8. En métropole un article du Petit Parisien du 5 février 1940 s'intitule justement « Volontaires et patriotes, des milliers d'ouvriers arrivent d'Indochine »...
  9. Un rare exemple de discours alternatif se retrouve à gauche dans « l'Œuvre » Il ne s'agit pas à proprement parler d'une thématique and coloniale mais le quotidien est le seul à s'intéresser au sort des soldat coloniaux mobilisés, sous la plume de Madeleine Jacob. (celle-ci dénonce la précarité de leur sort, le 27 novembre 1939 : - [Ce sont de] pauvres bougres tout seuls, la famille, quand il y en a une. est si loin, si loin dans le vaste monde. De pauvres bougres sensibles comme des enfants, heureux d’un rien comme de vrais gosses. Des gosses qui ne sont que de tous les coups durs. Les soldats de couleur. Ceux de notre Empire, ainsi qu’on dit maintenant (deux lignes censurées) Elle poursuit : « Imaginez ce qu’est pour eux le repos ou la « perm ». La perm’ ? Où voulez vous qu’ils aillent ? Leur « maison », c’est si loin. Ils n’ont vraiment personne. C’est pour cela peut-être qu’il faudrait les gâter autant que les autres. » (40)
  10. L’article déclenche un mouvement de solidarité mais la sympathie affichée n’entraine toutefois pas la contestation du principe colonial. La remise en cause du système attendra encore et à ce titre, « l’Oeuvre » ne reviendra plus sur le sujet. L’Empire colonial est bien l’un des éléments les plus communs de la France de la « Drôle de Guerre », y compris dans les représentations qu’en ont les intellectuels.
  11. 36. Gallimard n'aura en définitive vendu que 3700 exemplaires de « L'Empire français » dont 3000 préachetés par le ministère des Colonies.
  12. 37. A la date du 19 novembre 1939, in Paul Léautaud.Journal Littéraire, tome II. Op.cit pp.2136-2137.
  13. Sur le même sujet: on connait aussi le texte d'une protestation écrite de Simone Weil  à l'adresse de Jean Giraudoux.
  14. 39. À la date de mai 1940, in Pierre Boulle, Aux Sources de la rivière Kwaï (Paris- Julliard 1966( p.26
  15. 40. Madeleine Jacob, « Y a d’l’abus- Ceux de couleur » , l’œuvre, 27 novembre 1939.
  16. Extrait de "la Drôle de guerre des intellectuels français 1939-1940" de Pierre Frédéric Charpentier (Ed. Lavauzelle 2008 pp.229-230) 
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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 21:15

Après "Bohèmes" et "Libertad",  Dan Franck était l'invité de la Médiathèque Zola de Montpellier pour son dernier ouvrage "Minuit" sur les bassesses ou l'héroïsme des intellectuels français entre 1939 et 1944.

Les pages que j'ai consacrées aux archives de mon parain Maxime NEMO sur cette période dont un épais journal de 1939 à 1941 m'on incité à aller écouter cette présentation.

Arcbouté dans sa canadienne face à un public attentif venu voir la star des médias et magazines littéraires; oui Dan Franck fait un  "Buzz" - plus que ses deux précesseurs, deux biographes patentées Evelyne Bloch-Dano (Sand) et Béatrice Mousli (Soupault)-Ils sont venus comme moi entendre les réponses à ces questions: MinuitQui sont les courageux, les héros, les indécis, les lâches et les salauds ?

Et je ne vais pas être déçu !

En 1939 57 % des Français étaient pour la signature des accords de Munich dans la logique pacifiste de l'après grande guerre 14/18: plus jamais ça ! Si les Français et Anglais avaient attaqué dès 1935 ils auraient sans doute gagné avouait un responsable allemand dans ses mémoires. Dan Franck rappelle l'exode et la mise à l'abri  des tableaux du Louvre d'abord vers le nord de la Loire  puis au Sud de la Loire.

Il y a d'abord les pacifistes qui pendant la première année du conflit refusent d'être mobilisés et de prendre les armes. le procès d'Henri Jeanson est symptomatique à cet égard. Ensuite il y a tous les Surréalistes qui sont les premiers à monter au créneau derrière André Breton et qui fuient vers Marseille comme Alma Mahler et Max Ernst ( On peut relire sur cette période le livre de Mireille Pinsseau sur LA PEINTURE EN PROVENCE ET SUR LA COTE D'AZUR PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE, 1939-1945..   apatrides_Max-Ernst.jpg

Commence ensuite une longue litanie de noms dans un total manque de discernement , Dan Franck se défend d'être historien et de porter un jugement !!!! et fait oeuvre de romancier !!!! A voir !

L'objectif premier pour les Allemands est d'éliminer les antinazis allemands c'est pourquoi Walter Benjamin, Arthur Koesler, Thomas Mann fuient vers Marseille et Sanary au Camp des Milles. Sperber rejoint Malraux Max Ernst peint "les Apatrides".

On assiste alors à un vent de panique, de désespoir et parfois de suicide. 

Les occupants se livrent à des autodafés et à la censure..Marian Fry organise à Marseille un réseau pour aider les intellectuels à fuir l'occupant: Gide, Malraux et Chagall refusent de s'exiler.

La censure établit des listes de juifs anti allemands avec pour position de principe par rapport au régime de Vichy: "Vous gérez, nous on contrôle".

Commence alors un long réquisitoire à commencer par les Editeurs, les responsables de salles, les responsables du cinéma qualifiés d'indignes dans leur collusion avec l'Occupant. Alors que Calmann Lévy et Nathan sont fermés, Grasset et Denoël sous scellés, Le Directeur de l'Institut allemand Karl Epting, Gallimard et la NRF jouera la carte de la collaboration surtout quand cette dernière passe sous la coupe de Drieu La Rochelle, (Jean Paulhan s'étant retiré par solidarité quand les Allemands "ont viré les Juifs").

Claudel  écrit une Ode au Maréchal Pétain, Gide dans son journal soutient le Maréchal puis se rétracte, Saint Exupéry pense que Pétain est la moins mauvaise solution.

Mais qui étaient les pétainistes ? se demande Dan Franck , tous des membres issus de la Cagoule.

Et il enchaîne: Emmanuel Berl écrit les discours de Pétain après avoir écrit sur le "retour à la nature et la beauté de la flore" : thèmes pétainistes ( on se retient pour ne pas pouffer !!! Et Rousseau alors ? ) Cocteau couvre officiellement l'Exposition d'Arno Breker et cautionne par là l'Art allemand. (sic)

Sacha Guitry le mondain comme Cocteau pactise avec l'ennemi; Jean Vilar fait tourner sa "Compagnie de la roulotte" en province.

Il faut reconnaître que la période de l'occupation est une période culturellement florissante.

Guéhénno, Martin du Gard tout comme René Char refusent d'écrire alors que Céline, Marcel Aymé, "écrivains de droite" l'acceptent.

Il faut faire vite l'heure avance et Dan Franck va élaguer à la serpe ... Rebatet et Brasillach sont des salauds. Piaf, Arletty, Chevalier se pavanent aux bras des Allemands et assument leur collaboration.

Max Jacob avait demandé l'appui de Guitry pour sauver sa soeur et a essuyé un refus, quand il fut lui même déporté à Drancy, Guitry essaiera de la sauver mais trop tard (voir le très beau film avec JC Brialy sur la trahison des amis) 

Marguerite Duras et son mari Robert Antelme habitaient rue St benoït et fréquentaient les Fernandez, collabos notoires et Marguerite Duras était alors responsable de la "Commission de contrôle du papier" de Vichy et attribuait le papier aux écrivains: elle est donc une cadre vichyste qui rencontre Mornand ( alias François Mitterrand)  Quant à son mari  Robert Antelme qui a écrit "l'Espèce Humaine" avant la guerre il devient l'adjoint  de Pierre PUCHEU  Secrétaire d'Etat à l'Intérieur de Vichy puis passe à la Résistance.

Dan Franck trouve quelques résistants authentiques : René Char, Jean Prévôt, Roger Vailland, Jean Guéhénno, François Mauriac, Louis Aragon et Paul Eluard (ah bon on a eu peur , la salle respire ... !)

Malraux a joué un rôle réel pendant la guerre d'Espagne mais refuse de s'engager pendant la guerre et ne soutient pas Clara Malraux (née Goldschmidt) qui est dans la Résistance . Il intervient en 1944 (seulement) en créant "la Brigade Alsace Lorraine", mais il est bien tard... !

Dan Franck se refuse à parler de l'épuration ni du rôle de ceux qui s'érigent en   grands juges à cette période après 1945 comme Louis Aragon. Il cite encore Jean Paulhan qui est un honnête homme et refuse de se comporter en juge en 1945 et mérite le respect et l'admiration de Dan Franck.

Les Editions de Minuit créées par Jean Bruller alias Vercors créent des éditions clandestines avec des bénévoles anonymes qui relient les fascicules: 40 livres sont édités sous des pseudos et écoulés sous le manteau dont les 250 exemplaires du "Silence de la mer"

Pierre Seghers lance "le Poète Casqué" et regroupe les auteurs du "Comité National des Ecrivains"

Marc Bloch Jistorien et professeur à l'Université de Strasbourg (repliée à Clermont ferrand) publie "l'étrange défaite" qui pose la question avant Dan Franck : "Pourquoi les élites ont-elles failli" (lire aussi la réponse de Nemo à Jean Luchaire)

Sartre et Beauvoir sont des "naïfs et des imbéciles sur la situation politique". ILs restent étrangers face à l'Italie de Mussolini ou pendant la guerre d'Espagne. Beauvoir occupe un poste d'enseignant juif déporté et signe " ni juive ni franc maçonne" comme l'exigeait Vichy. Ils passent en zone sud et tentent de recruter Gide et Malraux qui refusent. Alors ils remontent en vélo vers Paris et Simone fait une chute de vélo : elle écrira dans son journal "J'ai failli trouver la mort  !" Voilà sa guerre s'écrie Dan Franck. Jankélévitch a dit de Sartre qu'il a toute sa vie voulu faire oublier sa lâcheté pendant la guerre(.d'après Jankelevitch Sartre ne fut guère vigilant pendant l'Occupation, trop occupé par sa carrière; le même Jankelevitch attribue à un remords de Sartre à ce sujet toutes ses prises de position ultérieures, y compris hélas en faveur de l'effrayante - mais non perçue comme telle alors - "Révolution culturelle" chinoise). 

Il publie en pleine occupation "l'Etre et le Néant" à la NRF de Jean Paulhan et fait un tabac auprès des femmes enceintes !!!

Franck reconnaît une certaine objectivité à Sartre qui écrivait : "J'étais un écrivain qui résistait et pas un résistant qui écrivait"

Mais ensuite d'ajouter que tous étaient des fêtes parisiennes organisées par Picasso pendant la guerre :Sartre, Beauvoir, Leiris. Beauvoir qui avoue avoir découvert la fête pendant l'Occupation. Fete-Sartre-Picasso.jpg

Camus arrive tard et rentre d'Algérie grâce à pascal Pia qui le fait rentrer à "Combat" et participe à la Libération de Paris en 1944.

Raymond Aron était en Angleterre à l'abri, Romain Gary , Jouhandeau et Léautaud sont neutres et "s'occupent de leurs chats."..(sic)

Paul Valéry "n'écrit rien contre et rien pour"

Montherlant  écrit "la reine morte" et Anouilh "Antigone" et on a attribué des sens seconds à certaines pièces jugées comme des  hommages à Vichy.

Giono est "un militant pacifiste de droite" avec des périodes de silence. René Char qui le méprisait lancera même ses commandos résistants pour aller faire exploser la porte de Giono .

George Orwell a été  décrit dans  "Libertad" comme une figure essentielle de l'engagement avec le POUM dans la guerre civile entre anarchistes et stalinistes espagnols.

Gerhardt Teller envoyé par berlin pour organiser l'édition française et la censure publie ses Mémoires aux Editions du Seuil et se repend et demande indulgence, Dan Franck juge cette parution "honteuse !"  (mais ne juge pas, rappelons le !)

Otto Abetz fera de même et cherchera à se couvrir après la guerre et à se faire une virginité.

En conclusion, Dan Franck fait remarquer que Le Pacte germano sociétique de 1939 a eu un impact énorme sur les intellectuels et fut une onde de choc chez les idéalistes qui avaient soutenu l'URSS dans la guerre d'Espagne d'où ces nombreux silences chez certains.

Il achève par une anecdote entre Malraux et Hemingway au Ritz qui clôture son livre.Le public resté pour les questions posées au grand inquisiteur aura trouvé là soit des réponses à ses questions, soit se sera amusé des anecdotes choisies par Franck ou restera sur sa faim après cette longue liste de mise à l'index du très manichéen invité.


 


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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 22:12

Une rencontre avec Serge PEY l'ami de longue date,  lorsque nous animions le Teatro del Riel au Lycée franco-mexicain dans les années 70, est toujours un moment magique et dérangeant dans les certitudes acquises. Aussi, quarante ans après, l'ami Sergio, le visionnaire revient avec son nouveau livre "Lèpre à jeune poète" aux accents de Rilke et de Max Jacob réunis.serge_pey.jpg

Il ya ce soir là tous les amis proches et lointains, les vrais lecteurs, les habitués de la Maison de la poésie de Montpellier, des figures connues (qui se congratulent ) ou inconnues qui s'observent et se jaugent.La présentation par Jean Joubert est sobre et rappelle fraternellement  la bio académique et et marginale d'un passeur qui vient d'achever sa tournée chinoise là où nous l'avions quitté juste l'année dernière à la médiathèque Zola et à la galerie Alma.

Puis c'est au tour de Pierre Manuel l'ami de toujours d'interroger Serge Pey sur son dernier livre et de le questionner sur ce lapsus volontaire de "lettre" à "lèpre".

C'est,  dit Pey une façon d'accentuer ses défauts: quand il était jeune on lui reprochait de trop crier, hurler ses poèmes, et bien au lieu de se taire , il a crié plus fort, de plus en plus fort comme un écho à "la peste" d'Antonin Artaud.

Une lettre à soi même, comme un débordement de soi où l'on se met en risque pour faire naître ce qui est absent ou celui qui est devant soi. C'est comme une naissance à naissance entre celui qui dit et celui qui reçoit. 

Puis PEY en vient au coeur de ce qu' est ou devrait être la poésie.

Pour être poète il ne suffit pas d'aimer la poésie, il faut attaquer "la poétisation", celle de l'Ecole qui tue le poème en impulsant sa dénaturalisation. La copie du poème est inculquée dès l'école primaire tout comme aujourd'hui l'éthique de la modernité engendre aussi une caricature de la modernité.

Il faut savoir se mettre dans lma brisure des frontières de l'Art.

Les récitals de Poésie sont selon Pey des lieux où se succèdent  des poètes qui vident les lieux de la poésie et leur public (pas d'allusion aux Maisons de la poésie)

Il cite l'exemple de Jules CELMA dans son Journal d'un éducastreur (Ed. Maspero) qui en CE2 montra combien la liberté était dangereuse surtout à l'Ecole car laisser des enfants raconter librement leurs rêves est fondamentalement subversif. Le fait qu'un jeune élève avoue avoir rêvé "d'embrasser une fesse de femme" a valu à l'instituteur d'être radié de l'EN.Je parle du risque de la liberté dialectique entre la vie et le langage. 

Pierre Manuel rappelle ensuite que PEY a reçu le Prix Antonin Artaud comme Bernard Noêl et beaucoup d'autres et lui demande comment il l'interprète.

Lors de la remise du prix à Rodez, PEY mit le feu aux poudres en parlant du poète de la douleur, de la défonce, des hallucinations devant les journalistes d'ART PRESS et de quelques doctes professeurs de Fac qui glosaient sur la prise ou non de peyotl par Artaud dans son "Voyage au pays des Tarahumaras" . PEY comme LE CLEZIO pensent qu'il n'a pas vraiment expérimenté cela contrairement à PEY qui peut parler de sa relation mexicaines aux hallucinogènes. 

Après avoir avoué son "amour" pour St Jean de la Croix , Serge PEY s'intéresse  à ses trois références majeures que sont: Jeanne d'Arc , Ste Thérèse d'Avila et Bernadette Soubirous.

Les trois étaient engagées dans une quête de Dieu dans une performance poétique qu'il détaille dans son livre:

Bernadette Soubirous dans un espace mythique des Pyrénées du XIXème siècle baigne dans des histoires d'histéries, de lecture des "hadas" (fées) et "fadas"Bernadette_Soubirous.png

Ste Thérèse d'Avila qui consomme abondamment une tisane à base de natura voit son rétrécissement du champ visuel et est sujette à des formes de lévitation virtuelles.Dans son couvent elle tournait telle un derviche pour voir Dieu dans des rites très orientaux ce qui fait dire à PEY que ces quêtes de Dieu se font dans une performance d'action poétique.

Philippe Soupault raconte une anecdote où invité chez Saint Pol Roux, André Breton est pris d'une transe qui l'amène à se jeter sur un lustre qu'il balance dans la pièce (1) rappelant par ce geste le poème de Baudelaire : "Mon coeur mis à nu" où ce dernier  ne voit rien dans le théâtre que le lustre.

Pierre Manuel demande ensuite quelle différence PEY fait entre "Performance" et "Poésie d'Action" PRINCIPES ELEMENTAIRES DE PHILOSOPHIE DIRECTE.

Dans "performance" il y a compétition, ici et maintenant, un présent or le marathon de diction n'intéresse évidemment pas Serge PEY.

La "poésie d'action"  vise à nommer le monde à pousser la rupture des frontières de l'Art comme le firent les dadaistes, les Duchamp et les actionnistes viennois.

les Huicholes ne s'appelent,pas Huicholes, pas plus que les Cheyennes ne s'appelent Cheyennes ni les Barbares Barbares... C'ets nous qui les avons nommés ainsi.  

Lors des Actions Poésie de Toulouse il fallait définir le champ de cette Action poétique: accepter ou non la forme Cabaret, Cirque ou autre...

L'écriture c'est vivre son corps qui se dit ou ne se dit pas; Henri Meschonnic a bien montré la présence du corps dans le poème.: la poésie c'est le lieu du corps.

Alors que Socrate fige et immobilise telle une piqure de sansue, Pey soulève et met en mouvement.

Il n'y a pas de différence entre poésie orale et poésie écrite, touite écriture contient son oralité et toute oralité contient son signe écrit car le signe linguistique est double.

Comment lire les livres se demande Serge PEY ? Il donne alors deux exemples:

Kafka veut dire Corbeau en Tchèque or l'écriture s'échappe pour transformer la vie. le rassemblement des corbeaux qui jugent l'un des leurs (ZULMA)  montre que le nom "corbeau" /kafka n'est habitable que poétiquement. 

de même Don Quichotte que Pey a relu récemment découvre une anecdote citée par Cervantes: Il cite le cas d'un peintre qui dessinait si mal qu'"il était obligé de sous titrer ses tableaux: Ex: "ceci est un coq" faisant écho au "ceci n'est pas une pipre" de Magritte. En effet en retournant la pipe de Magritte on voit un coq... mais par quel hasard Magritte s'est -il inspiré de cervantes et qui fut l'intercesseur de ce glissement métaphorique ? PEY a trouvé leur maître commun De Chirico  (kiriko, le cri du coq) Don Quichote mais oui c'est DALI qui fait découvrir Don Quichote à Magritte...

Et cela rappelle à PEY la scène où Diogène revient avec un poulet plumé et déclare: "ceci est l'homme de Platon !"

Cervantes a fait en son temps des performances sur les chiens péteurs dont l'intestin avait été gonflé par injection d'air par un un bambou  et qu'ensuite il lançait dans la bonne société affolée et humiliée.

Ces rencontres improbables, PEY les adore et de raconter l'anecdote rapportée par ZOLA dans ses Carnets/Registres sur Mme Paillasson et la fée blanche que l'église a traduit "immaculée conception". Tout cela permet d'accéder à une autre réalité du monde et de revenir sur la pauvre Bernadette Soubirous pauvre fille occitane exilée dans le nord de la France et ses hallucinations obtenues grâce à la "psychoxyline" des Pyrénées champignons bien connus de Claude Gudin,membre du Collège de Pataphysique et spécialiste au CNRS des cucurbitacées. C'est ce même Gudin qui signale que Bernadette avait autour du cou une mandragore qui donne des hallucinations auditives....

Pour revenir à son expérience mexicaine, PEY rappelle sa rencontre avec Octavio PAZ ("Octavio PEY") et surtout Roger Caillois tous joueurs d'échecs. ce qui passionne PEY dans les échecs ce n'est pas le calcul mais la particule, quelles similitudes en effet entre les déplacements  horizontaux et verticaux  du cheval et de l'hippocampe. C'est ce qu'a  mis formidablement en valeur Roger Caillois .

Le secret du cheval et de l'hippocampe voilà une vérité, une fulgurance que seul un poète pouvait mettre en valeur car il est le seul à savoir explorer le réel.

Patrick Y CHEVREL

Montpellier le 1 décembre 2010

Bagarres en tout genre
Dadaïstes contre cubistes
Dans son ouvrage sur Les hauts lieux de la littérature à Paris, Jean-Paul Clébert nous relate qu’un soir de février 1925, une séance tumultueuse opposa les dadaïstes (Tzara, Breton, Soupault, Picabia, Raymond-Dessaignes) aux cubistes dissidents de la section d’or.

« L’affrontement devint tel que le patron décida déteindre l’éclairage au gaz et de laisser les protagonistes s’expliquer dans l’ombre ».
L’auteur nous relate aussi une franche bagarre qui eut lieu en 1925 lors d’un banquet organisé par les Nouvelles littéraires en l’honneur du poète surréaliste Saint-Pol Roux. « Au moment d‘un triste colin à la sauce blanche, les insultes fusèrent et la bagarre devint générale. Soupault se pendit au lustre et balança des assiettes. Par provocation, Michel Leiris ouvrit la fenêtre et cria à la foule amassée : « A bas la France ». Lynché par les badauds d’abord puis par les flics ensuite, il se retrouva à l’hôpital. Rachilde accusa Marx Ernst de lui avoir donné un coup de pied dans le ventre…. ».

 


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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 12:33

A l'occasion du dernier Festival des Francophonies de Limoges, sa responsable Marie Agnès Sevestre s'est répandue de déclarations ur RFI et dans La Croix par des déclarations pour le moins réalistes et provocatrices. Faute de financements de la part de la France et du MAE, mieux vaudrait selon elle passer dans le camp du Tier Monde qui n'a plus besoin de nous sinon de Visas et a acquis sa pleine maturité.Limoges doit devenir un vitrine de ce qui se fait au sud, un sud large qui commence au delà des Alpes ou des Pyrénées et une Francophonie élargie comme chacun sait puisque tout le monde semblerait vouloir en faire partie même les pays anglophones, lusophones ou slavophones....

Jugeons plutôt sur pièce, sur sa programmation cahotique et ses propos pour le moins "anglomaniaques". (Sans doute une adepte de la programmation musicale de France Inter passée aux "playlists" les plus insipides et ringardes). francophonies_limoges.jpg

Marie Agnès SEVESTRE

Directrice des Francophonies de Limoges

Grande prêtresse depuis 6 ans et jusqu'à quand !

Pascal PARADOU, Emission « Cultures Vives » – RFI - Septembre 2010-10-19

Q1 : Un Festival de découvertes ?  

MAS : On arrive à faire venir ici des gens que personne ne connaît.

Q2 : Lieu d’accueil pour les auteurs ?

MAS : Comorien en résidence deux mois et demi à Limoges.

« Et si on te disait indépendant » texte au vitriol sur l’indépendance vue du Congo.

Lors de la 1ère édition du festival des Francophonies, nous avons eu un discours qui nous plaisait, de Pierre Debauche « je veux créer ce lieu pour que nous venions mettre ensemble nos francophonies » Il a servi à mettre « le réseautage » et cela a été fondamental dans le milieu africain.

Q3 : MA Sevestre, avez-vous repris le flambeau de cette déclaration de principe du premier Festival de toutes les francophonies ?

MAS : « Le monde a changé et d’autres langues cohabitent et revendiquent des individualités plus distanciées avec la France et avec la langue française tout en étant très irrigués par cette culture avec beaucoup plus de bilinguisme et d’apports de pays qui collaborent où les artistes parlent portugais, brésilien, anglais etc… »

Q4 : Oui, alors  c’est un Festival multilingue maintenant et on l’entendra. Est-ce que c’est facile de faire venir des artistes d’ailleurs ? Dans le texte de présentation, vous dites que c’est un défi, presque une provocation de faire venir des étrangers à Limoges.

MAS : «  Le contexte est extrêmement tendu, la circulation de tous les citoyens, pas seulement étrangers, faire rentrer des personnes qui viennent pour un contrat de quelques semaines, c’est devenu acrobatique et on sent dans la mouvance « mainstream » (sic) comme diraient les Anglais et qu’il serait plus judicieux de faire de « l’entertainment » pour parler anglais, donc du divertissement(sic) ».

Q5 : Moins d’argent du Quai d’Orsay et des problèmes de Visas cette année pour parler clair !

MAS : « C’est pire un peu chaque année depuis pas mal de temps » Les interprétations diverses et variées selon les Consulats deviennent de « l’arbitraire »

Pour cette 27è édition avec une conception large de la Francophonie puisqu’on s’ouvre à la culture romagnole (spectacle concert par la Cie Albe : la colère d’une femme sortie du roman épique du XVIè, le Roland Furieux (Orlando Furioso) Ouverture Alcina de l’Italien Marco Martinelli, Alcina la sorcière désire  mourir mais pas vivre.

«  J’aime bien les décentrements et en fait la Francophonie maintenant c’est un rapport à un monde multipolaire, tout à l’heure c’était un rapport à la France et les pays qui avaient été colonisés et maintenant le monde est beaucoup plus complexe et cette complexité m’intéressait. »

Saaf El Badaoui « La langue française c’est un outil sans plus, j’ai étudié dans cette langue et je m’en sers. »  

Q6 : Vous cherchez à la métisser, à la modifier ?

Saaf el Badaoui : « Je pense à ces auteurs qui introduisent l’anglais par les SMS et les textos. On ne se pose pas la question de savoir s’ils parlent bien français ou pas, mais de quoi y nous parlent »

Q7 : Depuis 27 ans, est-ce que les choses changent dans la création théâtrale en Afrique, MA Sevestre ?

MAS : « La langue reste très présente, seulement on l’aborde d’une manière plus souple et sans en faire comme ça un chemin obligatoire. Ce qui a évolué maintenant c’est que beaucoup d’artistes vivent et travaillent en Afrique qu’ils le veuillent ou pas sans le soutien de la France du coup il y a beaucoup d’initiatives, des Festivals qui se sont créés, allusion à JP Guingané et au Père de tous les Festivals mais il faut aussi aller voir sur place comment les choses avancent, être au rendez-vous de certains projets, pas l’alpha et l’oméga de tout, dans le 15 ou 18 premières années du Festival où tout passait par Limoges.

Maintenant il faut être modeste, beaucoup de choses existent en dehors, c’est à nous d’être la vitrine, la caisse de résonnance des initiatives qui se prennent dans le monde francophone ».

Q8 : Et les thèmes changent aussi ?

MAS : « Je pense qu’il y a un virage ces dernières années, les choses s’adressent moins à l’ancien colonisateur, on est moins dans une sorte de rumination de la colonisation, de l’esclavage.  

Il me semble que les créateurs regardent plus leurs sociétés, leurs propres espoirs et que finalement il y a des questions sociales qui sont de plus en plus fortes enfin me semble-t-il dans ce domaine c’est ce qui est prépondérant. La post-colonie est quelque chose de douloureux et Limoges est une bonne passerelle, si les Francophonies sont un prétexte pour se rencontrer à nouveau et autrement. »

Q9 : 21 comédiens- show capharnaüm. L’homme de théâtre québécois Louis Mauffette réunit dans "Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent ", une "stonerie poétique", une folle équipe de comédiens, chanteurs, danseurs et musiciens. Attitude Locomotive (Montréal)

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 17:43

Dans son livre, Franck Renaud entend révéler les coulisses du Quai d'Orsay et les secrets de ceux qui y travaillent. A l'invitation de L'Express, André Janier, un brillant ancien de la maison, a lu l'ouvrage. Qu'il a plutôt apprécié.

 

Abrités sous leurs lustres et retranchés derrière leurs lambris, le Quai d'Orsay et les ambassades ont toujours suscité la curiosité, la suspicion et la jalousie. Reste que la diplomatie a évolué, comme en témoigne l'intéressant livre de Franck Renaud, qui signe une enquête "investigative" et non un récit à sensation encombré d'histoires extraordinaires et de détails croustillants.

Le mérite de l'auteur vient de ce qu'il s'est appuyé sur des faits, des citations et des chiffres précis, puisés à la source de nombreux ouvrages techniques, rapports parlementaires et documents officiels. Les chapitres consacrés aux difficultés financières du "Département", à son mode de recrutement, à ses méthodes de travail et à sa politique culturelle et de coopération reflètent une situation dégradée. Le passage dédié au 14 Juillet la résume bien. Comment faire comprendre à nos compatriotes et aux personnalités locales, dans les pays où l'influence de la France reste significative (il en existe encore!), qu'ils ne seront plus conviés à la réception offerte par l'ambassadeur à l'occasion de notre fête nationale pour des raisons bassement financières? A Abidjan, par exemple, le 14 Juillet constitue une date prestigieuse du calendrier mondain. Etre effacé ce jour-là des listes de l'ambassade équivaut à une quasi-déchéance sociale. Les invités ne comprennent pas davantage que "la grande France" doive faire appel à des annonceurs, comme à la foire ou à la kermesse, pour financer l'achat du champagne et des canapés.

Des conditions de travail de plus en plus précaires

Au-delà de l'anecdote, ces difficultés amènent les fonctionnaires du Quai à oeuvrer dans des conditions de plus en plus précaires, dans l'inconfort, l'improvisation, la précipitation et le stress. Ils en sont réduits à gérer le quotidien, sans prendre le temps de la réflexion et de la prospective.

Franck Renaud a compris que le classement hiérarchique de nos ambassades qui permet de préserver l'universalité de notre réseau, la modernisation de notre politique culturelle et de coopération et l'externalisation des services des visas révolutionnent les méthodes de travail de notre diplomatie, en l'orientant dans le sens du progrès. Qu'il se rassure: nos diplomates sont capables de modifier leurs habitudes, de s'accommoder de ces nouvelles situations et de maintenir leur ministère au niveau d'excellence que lui reconnaissent leurs homologues étrangers, à condition qu'on leur assure les moyens de cette adaptation. On ne pourra pas rogner indéfiniment le budget du Quai, sans risquer de nuire à son efficacité et d'assombrir le rayonnement de la France.

Pour le reste, l'auteur ne résiste pas à la tentation de jeter un oeil inquisiteur "derrière la façade", à la recherche d'anecdotes plus ou moins salées, comme l'ont fait avant lui la plupart de ceux qui ont écrit sur la vénérable institution. Tout y passe, comme d'habitude: la misogynie, l'homosexualité, la pédophilie, l'avidité, la corruption, la cooptation, la rivalité ENA-Orient, le "piston", les réseaux, la politisation, l'amateurisme, la force d'inertie, la tyrannie, l'espionnage... Il oublie quelques clichés bien établis comme l'alcoolisme mondain, l'esprit de clan, la tasse de thé, les petits fours... On pourrait lui reprocher aussi d'avoir axé son étude sur l'Asie et de négliger les autres terrains d'action de notre diplomatie. Mais il a sans doute bien fait de se limiter à ce qu'il connaît.

André Janier

Il a été ambassadeur de France dans six pays (Qatar, Tchad, Yémen, Irak, Liberia, Côte d'Ivoire) - un record parmi les diplomates français. Au terme d'une carrière longue de près de quarante ans, il a fait valoir ses droits à la retraite il y a un an.

Les diplomates sont aussi des êtres humains, présentant les qualités et les défauts de leurs semblables. Ils exercent un métier passionnant, mais exigeant, compliqué, délicat, dans des conditions rendues de plus en plus difficiles par l'émergence de l'Europe, l'apparition de nouvelles puissances, les impératifs de la mondialisation, la multiplication des conflits, la généralisation de l'insécurité, l'acharnement de la concurrence économique. La grande majorité d'entre eux se consacrent entièrement et loyalement à leur mission, au sacrifice parfois de leur vie personnelle. Mais Franck Renaud a raison de se montrer critique et exigeant à leur égard. On se doit d'être irréprochable quand on a hérité de l'immense honneur et de l'énorme responsabilité de représenter la France à l'étranger.

Les Diplomates, par Franck Renaud, Nouveau Monde éditions, 394 p., 21 euros.
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