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  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 09:07
Match au sommet sur la grande culture classique et universelle en danger,  sur le plateau
d' "Esprit Libres" de Guillaume DURAND   entre deux agrégés :
François BEGAUDEAU et Alain FINKIELKRAUT ( les commentaires des pour et contre valent leur pesant.... )
 
http://www.agoravox.tv/tb_receive.php3?id_article=21067 
et aussi passe d'armes entre Michel ONFRAY t François BEGAUDEAU sur le plateau du Café Littéraire de Daniel Picouly sur France 2 :
Dévotion des intellectuels de gauche et du marché devant une culture djeunes ! ( Tags art urbain, rap et slam, analyse de textes de Diam's etc...)
Historique des moments de dérive de la culture et des déserrances  de l'Ecole....soumission et capitulation
Mais aussi le Match entre Begaudeau et Asouline dans son Blog du Monde :
http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/09/28/trop-fort-begaudeau/comment-page-2/
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21 octobre 2008 2 21 /10 /octobre /2008 18:52
"D’autres raisons invitent à une modification de nos rapports avec le continent.
La question de l’immigration en provenance d’Afrique noire était secondaire dans les années 1960 ; elle pose aujourd’hui un problème crucial. Les rapports privilégiés que nous avons avec ces Etats accélèrent le courant migratoire. La multiplication des échanges et des regroupements, l’intimité des relations et les connivences ou multiples interventions qui en découlent sont autant d’éléments qui viennent gonfler le phénomène et décrédibiliser les politiques de restriction que nous tentons de mettre en place.
Le meilleur exemple en est l’afflux déraisonnable d’étudiants africains en France. Il est naturel qu’un certain nombre de ces étudiants, francophones de surcroît, aient accès aux universités françaises, mais à condition d’être soumis à un minimum de sélection et de venir y faire des études qu’ils ne peuvent faire sur place et qui seront utiles plus tard à leur pays d’origine. Ce n’est évidemment pas le cas, et le système des préinscriptions en universités, tel qu’il fonctionne aujourd’hui, sert en réalité à bon nombre d’entre eux de filière d’immigration. Si nous accueillons beaucoup d’étudiants africains, nous en recevons en revanche trop peu issus des régions du monde les plus dynamiques ou les plus avancées. Cette situation est symptomatique d’une réalité plus générale : très tournée vers l’Afrique, continent globalement à la traîne, la France est moins présente sur les terrains d’Europe, d’Amérique et surtout d’Asie, où se joue véritablement la compétition mondiale.
Les ambitions et l’énergie qu’elle continue d’investir dans son ancien pré carré sont aussi celles dont elle aurait besoin pour renforcer sa présence dans des zones géographiques plus importantes sur le plan économique ou géopolitique. Le choix de la facilité paraît incompatible avec les nouvelles exigences de la mondialisation."

Extrait de l'Article du Monde du 26 Mai 2007 sur les relations de la France et de l'Afrique: plusieurs diplomates sitgnent cet article qui analyse les nouvelles relations qui s'imposent aujourd'hui entre la France et le Contient africain.
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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 10:35

La résilience est un concept bien connu de Boris Cyrulnik qui consiste à être capable de clore un chapitre de son passé pour s’en délivrer, pour plus de bonheur, plus de joie afin de ne pas rester coincé dans son passé. Mireille Darc représente un cas d’école, elle a fait le boulot type de ce qu’il y a à faire quand on a le cœur coincé par le manque d’amour de départ par le manque de contact avec l’amour de ses parents. Il n’ ya rien de plus important, c’est quand même notre première histoire d’amour que ce premier contact avec nos parents et être coincé comme cela dans un secret de famille qui secrète comme tous les  secrets (car un secret ça secrète un poison) et d’avoir fait tout ce travail pour transformer ce poison en remède, c’est extraordinaire ;

Un  secret pèse sur un destin .le malaise qui entoure cette rencontre du père biologique avec la mère inconnue qui abandonne tout cela contribue à empoisonner l’existence car on sent qu’on n’est pas dans du vrai mais dans du non dit, que les relations sont empoisonnées.

Toute enfant ma sœur a eu des pressentiments et à demandé à sa mère si ce frère existait car l’enfant perçoit des choses quand  on les  lui cache , on lui dit tout le contraire c’est la scène du baigneur que la mère elle-même suggère de baptiser Patrick et de la mèche de cheveux noirs cachée dans un tiroir secret alors que cette mèche se révélera être celle du père biologique de l’enfant caché : tout ce faisceau d’indices font que l’enfant  est troublée et construit son imaginaire, quelque chose pèse sur l’enfance et empêche à celle-ci de s’épanouir totalement. On ne peut pas advenir totalement à son destin de femme ou d’homme et encore moins à son destin d’amoureuse ou d’amoureux quand quelque chose dans l’histoire de nos parents secrète du poison. Il y a un nœud qui nous étouffe nous. Nos choix amoureux sont influencés par ces secrets et surtout notre devenir d’homme ou de femme libre.

Seul le livre libère car « livre » et « libre » ont la même étymologie : le livre agit comme une délivrance. Mireille Darc dédicace son livre intitulé « Mon Père » à sa mère, à son père biologique(Edmond)  et à son faux père (Marcel) c’est là qu’on voit que c’est clôturé or il m‘est à ce jour impossible de clôturer cette histoire puisque mon père biologique n’a pas de nom seulement un prénom « Charles Henri » et donc pas d’existence, pas d’histoire, pas de mémoire…

Quand on a retrouvé cette union entre son père et sa mère, ce qui est merveilleux  c’est que là on peut quitter son père et sa mère et partir le cœur léger vers son amoureux ou  son amoureuse.

Même si l’on parle de personnes qui ne sont plus là, on est dans la joie et c’est ça la délivrance et c’est  aussi le paradoxe. Quand on se réapproprie son histoire quand on est dans la vérité, l’adage dit « la vérité vous affranchira » on a quitté le mensonge qui nous enchaîne. Et il n’ ya rien de pire que le mensonge  même gardé par deux êtres pendant plus de 40 ans en vers et contre tout .

On ne peut rien faire avec des gens qui mentent. On peut tout accepter, tout pardonner avec des gens qui disent la vérité. Je serai délivré quand j’aurai la preuve de la vraie rencontre et de la vraie histoire de ma naissance et cela est capital, on appelle ça la conception. Ce qui s’est passé entre notre père biologique et notre mère et qui fait qu’on est là, c’est la conception de nous et donc  c’est notre origine et donc si on vit une autre histoire complètement fausse à partir d’une origine complètement faussée, on ne peut pas se retrouver parce que l’histoire est fausse dès le départ et donc nos relations amoureuses sont fausses. De toutes façons même chez les gens normaux dans des histoires bien moins complexes que cela, et dans des histoires où le père et la mère sont restés ensemble, si on arrive pas à retrouver après un long chemin une longue quête de sens, qu’on a été un enfant de l’amour, on ne parvient pas à la sérénité. Il faut d’abord avoir été de grands amoureux pour être des parents. L’enfant pour se construire a besoin de sentir qu’il a été enfant du désir , enfant d’amour et donc quand en plus les enfants sont séparés et où les parents ne sont pas les vrais parents  alors là imaginons comment ça engramme, comment ça influence notre propre devenir d’amoureux et d’amoureuse. Sur la voie de l’amour il est capital de retrouver ce moment de la conception pour pouvoir se dire comme Mireille Darc après un long chemin , « Je suis un enfant de l’amour » et non pas un enfant du hasard dans une étreinte furtive et peut-être tarifée dans un Paris d’après guerre dans une sordide chambre de bonne d’un hôtel du Xè.

Quand cela n’est pas possible, on a à reconstruire, à réparer beaucoup de choses, ne serait-ce que de devenir amoureux pour faire des enfants qui pourront dire on a été des enfants de  l’amour.

Il est capital de faire le retour sur soi pour retrouver cette origine, pour pouvoir donner du sens à quelque chose, qui nous est arrivé ou qui est un des événements  de notre existence quel qu’il soit , pouvoir lui redonner du sens faire une éventuelle réparation et repartir de l’avant en clôturant un dossier. C’est clôturer c’est ça la résilience. Il y a trop de gens avec des histoires bien moins dramatiques qui trainent leur passé dans la plainte, dans le ressentiment, dans la vengeance, dans la colère et qui jamais ne clôturent un passé donc évidemment plus ça avance et plus ça se répète…

Encore faut-il trouver cette intermédiaire, cette médiatrice amis quand on a aucun indice et qu’on sent qu’il s’est passé quelque chose, comment on fait pour mener l’enquête ? C’est assez simple, quand on veut vraiment  et qu’on le désire passionnément les signes arrivent comme le dit Mireille Darc, il n’ya pas à convaincre on le vit et on le sent.

Quand on est intellectuel, rationnel, philosophe ,on a beau douter de ce monde invisible dont parle M. Darc , on a peut d’être pris pour un allumé, mais même le psychanalyste sérieux comme  Jacques Lacan nous dit que l’inconscient est structuré comme un langage, que tout est signe, que l’Univers est signifiant, l’Astrophysique avec le réseau des cordes nous explique que tout est résonnance, qu’il y a de l’écho qu’il y a de la synchronicité disait Jung . Combien de fois quand on se pose des questions, il y a un livre qui nous tombe dans la main, comme cela chez le libraire c’est le cas de ce livre canadien de Guy Corneau : « Père absent, fils manqué » trouvé par hasard un matin d’avril chez un bouquiniste de Barcelone au hasard d’une étagère alors que je cherchais le livre de Eduardo Garrigues sur l’improbable aventure de la  Baronne von Wolf dans le sud ouest africain. Que dire de cette remarque d’un ami qui vous dit au hasard d’une conversation, tiens j’ai entendu l’autre jour… et cette phrase répond exactement à vos préoccupations ou questions.

Quel est le sens de tous ces signes dans ma vie et là c’est  la preuve de réalité, que l’on ne délire pas, il faut apprendre à «  lire » tous ces messages et à les interpréter et c’est le fil du rasoir avec le « dé-lire » et donc il faut des garde-fous  (c’est le cas de le dire) et la cohérence par rapport à la vie réelle c'est-à-dire par rapport à la vie qu’on mène, ce sont de bons  garde-fous c’est à dire qu’il faut tout ramener à la réalité. .vérifier et voir que finalement ça donne plus de cohérence   et de joie sans faire de mal à personne donc il ne s’agit pas de croire n’importe quoi ou n’importe qui mais tant qu’on donne du sens à partir des signes qu’on a, c’est de l’interprétation, c’est une activité d’intellectuel. Saint Exupéry disait que « l’essentiel est invisible pour les yeux » et Mireille Darc a raison de dire qu’il n’  y a à convaincre personne, on le ressent  et ça peut-être n’importe quoi, et tout à coup ça fait sens. Et donc c’est  vrai pour nous (mais pas pour le voisin) et si ça nous libère, si ça nous donne de la joie, si ça nous met des lutins dans les yeux et que ça n’a fait de mal à personne alors honnêtement, vive le doute intellectuel qui ouvre des hypothèses folles et la créativité. La sensibilité artistique grandit quand on ouvre son cerveau à des hypothèses plus grandes, de possibles et d’infinis possibles, on développe une sensibilité qui d’ailleurs nous empêchera toujours de croire à des bêtises. . .

Trouver sa vérité fait du bien et par résonnance fait du bien aux autres, cela produit de l’écho et chacun sait que l’on produit de l’inconscient à l’inconscient avec nos amoureux. .  et donc quand on se sent mieux il est clair que la relation avec l’autre va mieux.  

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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 21:30

I – La violence perverse au quotidien

De petits actes pervers sont si quotidiens qu’ils paraissent la norme. Cela commence par un simple manque de respect, du mensonge ou de la manipulation. Nous ne trouvons cela insupportable que si nous sommes atteints directement. Puis si le groupe social dans le quel ces conduites apparaissent ne réagit pas, cela se transforme progressivement en conduites perverses avérées qui ont des conséquences graves sur la santé psychologique des victimes. N’étant pas sûres d’être entendues, celles-ci se taisent et souffrent en silence.

Cette destruction morale existe depuis toujours, dans les familles où elle reste cachée, et dans l’entreprise où l’on s’en accommodait en période de plein emploi car les victimes aveint la possibilité de partir. Aujourd’hui, celles-ci s’accrochent désespérément à leur poste de travail au détriment de leur santé tant physique que psychique. Quelques-unes se sont révoltées, ont quelque fois intenté des procès ; le phénomène commence à être médiatisé et cela amène la société à s’interroger.

Il est courant dans notre pratique psychothérapeutique d’être témoins d’histoires de vie où l’on discerne mal la réalité extérieure de la réalité psychique.

Ce qui frappe dans tous ces récits de souffrance, c’est la récurrence. Ce que chacun croyait singulier  est en fait partagé par beaucoup d’autres.

La difficulté des transcriptions cliniques réside dans le fait que chaque mot, chaque intonation, chaque allusion ont de l’importance.

Tous les détails  pris séparément, paraissent anodins, mais leur ensemble crée un processus destructeur. La victime est entraînée dans ce jeu mortifère et peut réagir elle-même en retour sur un mode pervers, car ce mode de relation peut-être utilisé par chacun de nous dans un but défensif. C’est ce qui amène à tort, à parler de complicité de la victime avec son agresseur.

Il m’a été donné à voir au cours de ma pratique clinique qu’un même individu pervers tend à reproduire son comportement destructeur dans toutes les circonstances de sa vie : sur son lieu de travail, dans son couple, avec ses enfants, et c’est cette continuité de comportement que je veux souligner. Il est ainsi des individus qui jonchent leur parcours de cadavres ou de morts vivants. Cela ne les empêche pas de donner le change par ailleurs et de paraître tout à fait adaptés à la société.


Marie France HIRIGOYEN Le Harcèlement moral (Pocket 10680)  

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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 16:14


Le Harcèlement Moral  ( Pocket  1998) Marie France HIRIGOYEN

Les psychiatres
eux mêmes hésitent à nommer la perversion ou, quand ils le font, c'est soit pour exprimer leur impuissance à intervenir, soit pour montrer leur curiosité devant l'habileté du manipulateur. La définition même de perversion morale est contestée par certains qui préfèrent parler de psychopathie,
vaste fourre-tout où ils tendent à mettre toue ce qu'ils ne savent pas soigner. La perversité ne provient pas d'un trouble psychiatrique mais d'une froide rationa­lité combinée à une incapacité à considérer les autres comme des êtres humains. Un certain nombre de ces pervers commettent des actes délictueux pour les­quels ils sont jugés, mais la plupare usent de leur charme et de leurs facultés d'adaptation pour se frayer un chemin dans la société en laissant derrière eux des personnes blessées et des vies dévastées. Psychiatres, juges, éducateurs, nous nous sommes tous fait piéger par des pervers qui se faisaient passer pour victimes. Ils nous avaient donné à voir ce que nous attendions d'eux, pour mieux nous séduire, et nous leur avions attribué des sentiments névrotiques. Quand ils se sont ensuite monerés sous leur vxai jour en affichant leurs objectifs de pouvoir, nous nous sommes sentis trompés, bafoués, parfois même humiliés. Cela explique la prudence des profession­nels à les démasquer. Les psychiatres disent entre eux : « Attention, c'est un pervers ! », sous-entendu : « C'est dangereux » et aussi : «On n'y peut rien. » On renonce ainsi à aider les victimes. Bien sûr, nom­mer la perversion ese quelque chose de grave, on réserve ce terme le plus souvent à des actes d'une grande cruauté, inimaginables même pour des psy­chiatres, comme les méfaits des tueurs en série. Pourtant, que l'on évoque les agressions subtiles dont je vais parler dans ce livre, où que l'on parle des tueurs en série, il s'agit de « prédation », c'est-à-dire d'un acte qui consiste à s'approprier la vie. Le mot pervers choque, dérange. Il correspond à un juge­ment de valeur, et les psychanalystes se refusent à émettre des jugements de valeur. Est-ce que pour autant ils doivent tout accepter ? Ne pas nommer la
perversion est un acte encore plus grave, puisque c'est alors laisser la victime démunie, agressée et agressable à merci.

 

Dans ma pratique clinique en tant que psycho­thérapeute, j'ai été amenée à entendre la souffrance des victimes et leur impuissance à se défendre. Je montrerai dans ce livre que le premier acte de ces prédateurs consiste à paralyser leurs victimes pour les empêcher de se défendre. Ensuite, même si elles essaient de comprendre ce qui leur arrive, elles n'ont pas les outils pour le faire. Aussi, en analysant la communication perverse, j'essaierai de démonter le processus qui lie l'agresseur et l'agressé, afin d'aider les victimes ou futures victimes à sortir des filets de leur agresseur. Lorsque les victimes one voulu se faire aider, il se peut qu'elles n'aient pas éeé enten­dues. Il n'est pas rare que des analystes conseillent aux victimes d'un assaut pervers de rechercher en quoi elles sont responsables de l'agression qu'elles subissent, en quoi elles l'ont bien voulu, même si ce n'est qu'inconsciemment. En effet, la psychanalyse ne considère que l'intrapsychique, c'est-à-dire ce qui se passe dans la tête d'un individu, et ne tient pas compte de l'environnemene : elle ignore donc le pro­blème de la victime considérée comme complice masochiste. Lorsque des thérapeutes ont néanmoins essayé d'aider les victimes, il se peut que, par leur réticence à nommer un agresseur et un agressé, ils aient renforcé la culpabilité de la victime et, par là même, aggravé son processus de destruction. Il m'apparaîe que les méehodes thérapeutiques clas­siques ne sont pas suffisantes pour aider ce type de victimes. Je proposerai donc des outils plus adaptés, qui tiennent compte de la spécificité de l'agression perverse.


Il ne s'agit pas de faire ici le procès des pervers - d'ailleurs ils se défendent bien tout seuls -, mais de tenir compte de leur nocivité, de leur dangerosité pour autrui, afin de mieux permettre aux victimes ou aux futures victimes de se défendre. Même si l'on considère, très justement, la perversion comme un aménagement défensif (défense contre la psychose ou contre la dépression), cela n'excuse pas les per­vers pour autant. Il existe des manipulations ano­dines qui laissent juste une trace d'amertume ou de honte d'avoir été dupé, mais il existe aussi des mani­pulations beaucoup plus graves qui touchent à l'iden­tité même de la victime et qui sont des questions de vie ou de mort. Il faut savoir que les pervers sont dangereux directement pour leurs victimes, mais aussi indirectement pour l'entourage en l'entraînant à perdre ses repères et à croire qu'il est possible d'accéder à un mode de pensée plus libre aux dépens d'autrui.

 

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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 14:49

" Un mot qui vient bien,
Ça peut tuer ou humilier,
sans qu'on se salisse les mains.
Une des grandes joies de la vie,
c'est d'humilier ses semblables. »

                                                                                                                                       Pierre Desproges

Dans la vie il est des rencontres stimulantes qui nous incitent à donner le meilleur de nous-même, il est aussi des rencontres qui nous minent et qui peuvent finir par nous briser. Un individu peut réus­sir à en démolir un autre par un processus de harcèle­ment moral. Il arrive même que l'acharnement se ter­mine par un véritable meurtre psychique. Nous avons tous été témoins d'attaques perverses à un niveau ou à un autre, que ce soit dans le couple, dans les familles, dans les entreprises, ou bien dans la vie politique et sociale. Pourtant, notre société se montre aveugle devant cette forme de violence indirecte. Sous prétexee de tolérance, on devient complaisant.
Les méfaits de la perversion morale constituent d'excellents sujets de films (Les Diaboliques d'Henri-Georges Clouzot, 1954) ou de romans noirs et, dans ce cas, dans l'esprit du public, il est clair qu'il s'agit de manipulation perverse. Mais dans la vie quotidienne nous n'osons pas parler de perver­sité.

Dans le film Tatie Danièle d'Étienne Chatiliez (1990), nous nous amusons des terreurs morales qu'une vieille dame inflige à son entourage. Elle commence par martyriser sa vieille employée de maison au point de la faire mourir, « par accident ». Le spectateur se dit : « C'est bien fait pour elle, elle était trop soumise ! » Ensuite, elle déverse sa méchanceté sur la famille de son neveu, qui l'a recueillie. Le neveu et sa femme font tout ce qu'ils peuvene pour la combler, mais plus ils donnent, plus elle se venge.

Pour cela, elle utilise un certain nombre de tech­niques de déstabilisation habituelles chez les per­vers : les sous-entendus, les allusions malveillantes, le mensonge, les humliations. On s'étonne que les victimes ne prennent pas conscience de cette mani­pulation malveillante. Elles essaient de comprendre et se sentent responsables : « Qu'avons-nous fait pour qu'elle nous déteste autant ? » Tatie Danièle ne pique pas de colères, elle est seulement froide, méchante ; pas d'une façon ostensible qui pourrait lui mettre à dos son entourage : non, simplement à petites touches déstabilisantes difficiles à repérer. Tatie Danièle est très forte : elle retourne la situation en se plaçant en victime, mettant les membres de sa famille en position de persécuteurs qui ont aban­donné seule une vieille femme de quatre-vingt-deux ans, enfermée dans un appartement, avec pour seule nourriture des aliments pour chien. Dans cet exemple cinématographique plein d'humour, les victimes ne réagissent pas par un pas­sage à l'acte violent comme cela pourrait se produire dans la vie courante ; elles espèrent que leur gen­tillesse finira par trouver un écho et que leur agres­seur s'adoucira. C'est toujours le contraire qui se produit car trop de gentillesse est comme une provo­cation insupportable. Finalement, la seule personne qui trouve grâce aux yeux de Tatie Danièle est une nouvelle venue qui la « mate ». Elle a trouvé enfin un partenaire à sa hauteur et une relation quasi amoureuse se met en place.

Si cette vieille femme nous amuse et nous émeut tant, c'est qu'on sent bien qu'autant de méchanceté ne peut venir que de beaucoup de souffrance. Elle nous apitoie comme elle apitoie sa famille et, par là même, nous manipule comme elle manipule sa famille. Nous, les spectateurs, n'avons aucune pitié pour les pauvres victimes qui paraissent bien bêtes. Plus Tatie Danièle est méchante, plus les partenaires familiaux deviennent gentils et donc insupportables à Tatie Danièle, mais aussi à nous-mêmes.

Il n'en reste pas moins que ce sont des attaques perverses. Ces agressions relèvent d'un processus inconscient de destruction psychologique, constitué d'agissements hostiles évidents ou cachés, d'un ou de plusieurs individus, sur un individu désigné, souffre-douleur au sens propre du terme. Par des paroles apparemment anodines, par des allusions, des suggestions ou des non-dits, il est effectivement pos­sible de déstabiliser quelqu'un, ou même de le détruire, sans que l'entourage intervienne. Le ou les agresseurs peuvent ainsi se grandir en rabaissant les autres, et aussi s'éviter tout conflit intérieur ou tout état d'âme, en faisant porter à l'autre la responsabi­lité de ce qui ne va pas : « Ce n'est pas moi, c'est l'autre qui est responsable du problème! » Pas de culpabilité, pas de souffrance. Il s'agit là de perversité au sens de la perversion morale.Un processus pervers peut être utilisé ponctuellement par chacun de nous. Cela ne devient destructeur que par la fréquence et la répétition dans le temps.
Tout individu « normalement névrosé » présente à certains moments des comportements pervers, par exemple dans un moment de colère, mais il est aussi capable de passer à d'autres registres de comportement (hystérique, phobique, obsessionnel...), et ses mouvements pervers sont suivis d'un questionnement. Un individu pervers est constamment pervers ; il est fixé dans ce mode de relation à l'autre et ne se  remet en question à aucun moment. Même si sa perversité passe inaperçue un certain temps, elle s'exprimera dans chaque situation où il aura à s'engager et à  reconnaître sa part de responsabilité, car il lui est impossible de se remettre en question. Ces individus ne peuvent exister qu'en « cassant » quelqu'un : il  leur faut rabaisser les autres pour acquérir une bonne estime de soi, et par là même acquérir le pouvoir, car ils sont avides d'admiration et d'approbation. Ils n'ont ni compassion ni respect pour les autres puisqu'ils ne sont pas concernés par la relation. Respecter l'autre, c'est le considérer en tant qu'être humain et reconnaître la souffrance qu'on lui inflige.La perversion fascine, séduit et fait peur. On envie parfois les individus pervers, car on les imagine porteurs d'une force supérieure qui leur permet d'être   toujours gagnants. Effectivement, ils savent naturellement manipuler, ce qui semble un atout dans le monde des affaires ou de la politique.  
( à suivre )

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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 14:31

ANECDOTE

En 1996, je me retrouvais à Saïgon et me suis rendu au Musée de la Résistance. J’étais le seul visiteur, ce qui autorise à penser que ladite résistance ne soulève plus l’enthousiasme des foules. Ainsi ai-je bénéficié, pour moi seul, des explications d’un guide-conservateur. Il s’exprimait en anglais, bien que je lui aie fait connaître que j’étais français. Mais je n’ai pas insisté, le laissant à ses commentaires sur les colonialistes.

Après cette visite instructive, j’ai demandé à mon chauffeur de me conduire au musée national, le musée du Louvre, en quelque sorte ; A ma surprise, là aussi, j’étais le seul visiteur. Une jeune femme se présenta pour me faire visiter le musée où les descriptions et explications écrites étaient en français pour cette simple raison que le musée a été entièrement conçu et réalisé par des chercheurs français (j’ai d’ailleurs fait la même observation à Kaboul)- néanmoins, la jeune vietnamienne, elle aussi, s’exprimait en anglais. Je lui fis remarquer que j’étais français, que je ne comprenais pas l’anglais et, ai-je ajouté, je lui serais infiniment reconnaissant de parler français. Elle me répondit très aimablement que le français était la langue de l’ex-puissance coloniale et qu’il était interdit de l’utiliser dans l’administration, qu’elle ne pouvait donc pas parler notre langue. J’ai répondu : « et l’anglais, c’est la langue des Américains. Qu’en pensez-vous ?

« C’est vrai, me dit-elle, mais les Américains ne sont pas des colonialistes … »

Ceci étant dit, ayant tout de même quelque considération pour l’ancien colonialiste que j’étais d’évidence, la jeune vietnamienne fit appel à une collègue qui, elle, bravement, consentit à me donner des explications en français. Elle n’avait rien à craindre avec moi. En aucun cas, je n’aurais dénoncé au bureau politique du comité central du parti communique vietnamien, sa courageuse témérité.

Encore un peu, et les Vietnamiens, comme les chinois, ne jureront que par les américains et le dollar … et un jour viendra, je le crains, où le français sera en Indochine, ce que l’Espagnol est au Philippines. C’est à dire pas grand chose.

Christian Lambert
Cité dans le Bulletin de l'AROM
http://www.arom-asso.com

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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 22:29

Lecteur : vous vous êtes expatrié, temporairement ou définitivement.
Vous êtes invité à faire partager votre expérience et votre vision de la France.

• Dans quel pays êtes-vous installé ?
• Depuis combien de temps ?
• Pour quelles raisons avez-vous quitté la France ?
• Est-ce temporaire ou définitif ?
• Quand vous revenez en France, quelles sont vos impressions ?
• ce qui vous manque ? ne vous manque pas ?
• Dans votre pays d’adoption, comment voit-on la France d’aujourd’hui ? les Français ? (quelques grandes lignes)
• Comment considérez-vous votre pays d’accueil ?
• etc.

Selon le succès de ce post, il sera (ou non) remonté régulièrement. Les témoignages les plus intéressants sont susceptibles d’être publiés. Conseil : ne rédigez pas “en ligne”.

http://www.fdesouche.com/?p=3777

http://www.fdesouche.com/?p=3778
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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 18:47

La retraite !
Patrick Pelloux, médecin, s’attaque à ce sujet d’actualité avec humour aux côtés du dessinateur Charb.
FRANCE-SOIR. Pourquoi avez-vous décidé de parler de la retraite ?
PATRICK PELLOUX. J’aime pas la retraite fait partie d’une collection qui s’appelle« J’aime pas… » que je

connaissais déjà avant. Etant écrivain, je me demandais pourquoi je ne pouvais pas y contribuer. La machine s’est mise en marche. J’en ai parlé à Charb, le dessinateur qui illustre mes chroniques dans Charlie Hebdo, et il m’a dit de trouver un sujet. Il y avait beaucoup de débats autour de la retraite… C’était l’occasion.

Comment avez-vous collaboré avec Charb ?
J’ai écrit les textes… trash. Charb a fait des dessins humoristiques. Ils sont merveilleux et drôles. Il faut plutôt acheter le livre pour ses illustrations.

Ce livre est donc ironique… Oui. Il ne faut pas le prendre au premier degré. Il faut rire de tout.

Les retraités peuvent-ils être vexés ?
Ah non ! Au début nous étions perplexes. Nous avons fait un test. Nous l’avons mis en vente à Fête de l’Humanité, où il y a beaucoup de militants pro-retraite… Les 80 exemplaires se sont vendus en quatre heures.

Quels retours avez-vous eus ? Les retraités qui l’ont acheté se marraient, c’est donc positif. Les gens ont beaucoup plus d’humour qu’on ne le croit. On aura beau nous coller des krachs boursiers et nous voler nos économies, les gens gardent leur humour ! Ils ont compris que derrière J’aime la retraite il s’agit de j’aime la vie.

Comment percevez-vous votre retraite ?
Très très mal. Le gouvernement vient de passer jeudi un décret pour la réduction de 30 % des retraites des médecins hospitaliers. Pour l’instant, ma retraite je n’ai pas à l’aimer puisqu’elle ne va pas exister.

Président des médecins urgentistes de France, le docteur Patrick Pelloux, s’est fait connaître au moment de la grande canicule de 2003. Animateur de plusieurs mouvements de grève dénonçant les mauvaises conditions de travail des urgentistes, il vient d’être nommé au Samu de Paris. Une mutation qu’il conteste.
J’aime pas la retraite, Hœbecke, 10,50 euros.
Edition France Soir du lundi 29 septembre 2008 n°19914 page 24

 

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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 17:07
Merci à Daniel Mermet de nous avoir signalé, à son corps défendant,  ce site Plan B  qui comme Acrimed ne fait pas de cadeaux à des Médias trop complaisants ou trop méprisants pour les Auditeurs ( censurés par le Standard du 45 24 7000 ) ou téléspectateurs...
France Inter une Bastille à prendre (comme son nom l'indique) tire à boulets rouges sur les Paoli et Demorand :
http://www.leplanb.org/piratage-radiophonique/france-inter,-une-bastille-a-prendre.html

C'est aussi sur ce site PLAN B que l'on peu voir les extraits de l'excellent  Documentaire de Pierre Carles de 2008 sur Charlie Hebdo se fait Hara Kiri. (Séquences de grande qualité à télécharger d'urgence avec VDownloader.)
<div><object width="420" height="339"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/k65qHSoulnRTaYLi3o" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/k65qHSoulnRTaYLi3o" type="application/x-shockwave-flash" width="420" height="339" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always"></embed></object><br /><b><a href="http://www.dailymotion.com/swf/k65qHSoulnRTaYLi3o">Charlie hebdo se fait hara kiri</a></b><br /><i>par <a href="http://www.dailymotion.com/LePlanB">LePlanB</a></i></div>
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