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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 15:40
Porcus diabolicus par Michel Pastoureau

Pourquoi le porc est tabou chez les juifs et les musulmans par Michel Pastoureau Directeur à l'école Pratique des Hautes Etudes au micro de Franck Ferrand Au coeur de l'Histoire sur Europe 1 le 4 septembre 2015.


La Bible référence absolue au Moyen Age présente le cochon comme un animal négatif, impur dans le Deutéronome et le Lévitique.
Base de l'alimentation de l'Occident chrétien.
1- Hypothèses historiques liées aux tribus nomades primitives: le porc ne peut pas suivre les populations qui se déplacent comme le mouton ou la chèvre, donc il serait rejeté par les anciens peuples nomades: c'est un animal des populations sédentaires.
2- Hypothèse sémiologique très séduisante avancée par une chercheur américaine :il ne faut pas prendre le porcs seul dans la Bible mais tous les animaux qui sont taboués,et on s'aperçoit que ce sont des animaux difficiles à classer, ils sont hors catégorie, on ne sait pas trop quoi en faire. On ne sait pas très bien quels règnes zoologiques de l'époque ils appartiennent.
Ex: les animaux qui vivent dans la mer mais qui n'ont pas d'écailles sont tabous comme le porc qui a le pied fendu mais qui ne rumine pas comme les ruminants etc..
3- Hypothèse du cousinage biologique et anatomique: entre l'homme et le cochon tout est identique .
4- Hypothèse symbolique et religieuse: le porcus diabolicus : "envoyé du Diable" ou "porc démoniaque".
"oblicus": marcher de travers comme le renard.Entrer de biais dans une église c'est mal vu.
Pour purifier le royaume bafoué,souillé par la mort accidentelle du jeune prince Philippe de France âgé de 15 ans tué par un cochon infâme; Louis VII époux d'Aliénor d'Aquitaine, conseillé par l'Abbé de Saint Denis Suger et Saint Bernard le maître à penser de la Chrétienté , a fait de la Vierge la Reine de France et développe le culte marial.
Les armoiries royales: la fleur de Lys d'or sur fond d'azur : Le bleu marial représente la France des Capétiens, dynastique, royal puis étatique et national puis de la Révolution jusqu'à l'Equipe de France et ce du à un cochon éboueur et divagateur au XIIè (comme à Naples). En 1789, on garde le bleu dans le drapeau ainsi quand on plie le drapeau, on cache le rouge et le blanc et on ne doit voir que le bleu.

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 14:43

Le Cochon: portrait d'un mal aimé.
Sale, goinfre, impur au regard de toutes les religions monothéistes, l’animal dont il est question aujourd’hui est méprisé. Le proverbe ne nous enseigne-t-il pas pourtant qu'en lui, tout est bon ? La science ne nous apprend-elle pas qu'il est, de tous les animaux de la ferme, le plus intelligent ? Comment comprendre alors un tel désamour ?
Aujourd'hui, Michel Pastoureau nous raconte : le cochon.
Il y a les zélateurs du cochon, les grecs et les romains et aussi les germains, les gaulois,qui aiment le porc, qui aiment la viande de porc, qui élèvent des troupeaux de porcs,qui glorifient le cochon, certes pour eux il est goinfre, il est sale,mais ça ne suffit pas à effacer ses qualités.
A l'opposé, chez d'autres peuples méditerranéens, notamment ceux dont parle la Bible,le porcs est souvent un animal méprisé, rejeté et même taboué d'où les interdits que l'on trouve dan sle Lévitique et le Deutéronome de la Bible mais il y en a d'autres comme les Phéniciens ou les Egyptiens par exemple.C'est un animal qui n'est pas consommé et dont les produits peuvent même taboué: la peau, les os, dans la culture hébraïque ancienne , même le nom du porc ne doit pas être prononcé, il fait partie d'une liste assez longue d'ailleurs d'animaux qui sont réputés impurs, mais il est pour la Bible le plus impur des animaux impurs puisque le tabou s'étend jusqu'à son nom qu'on ne doit pas prononcer.
Alors on a beaucoup travaillé, soumis des hypothèses, aujourd'hui ce qu'il faut souligner, c'est qu'on a évacué l'hypothèse climatique et hygiénique qui avait longtemps cours à savoir que dans les payx chauds, la viande de porc se conserve mal et apportait à l'être humain qui la consommerait toutes sortes de maladies, on abandonné cette idée là, parce que ce n'est pas vrai comparativement à d'autres viandes comme le boeuf ou le mouton qui ne se conservent pas tellement mieux et surtout dans les mêmes régions avec le même climat, certains peuples mangent du porcs et d'autres n'en mangent pas.
Plus solide est l'hypothèse selon laquelle contrairement aux autres herbivores, le cochon se nourrit d'immondices,charognes, parfois de sa propre progéniture, donc ça du point de vue symbolique c'est assez répulsif.
On a aussi avancé des hypothèses historiques à savoir que le porc aurait été l'animal sacré, l'animal totem des plus anciennes tribus chez les hébreux,ou bien chez le peuple que les hébreux ont remplacé dans la terre promise, les Cananéens,ces hypothèses sont assez fragiles.
De manière plus positiviste, on s'est demandé si dans ces régions où l'eau est une rareté,on n'élève pas de cochon car celui ci a un énorme besoin d'eau,ou pour différentes raisons, il a besoin d'être conduit dans la forêt,ces zones géographiques où les forêts sont rares.
Bref, aujourd'hui deux hypothèses semblent plus solides que les autres: 'une qui n'isole pas le cochon des autres, mais prend en compte tous les animaux taboué ou réputés impurs, ce sont ceux qui sont difficiles à classer, ceux qui sont hors catégorie.
L'autre hypothèse, encore plus solide, ce serait de souligner qu'il y a un cousinage biologique entre l'homme et le porc,et ça es société anciennes le savent, les médecines antiques soulignent cette aprenté anatomique et physiologique,la médecine arabe prend le relai, la médecine médiévale enseigne l'anatomie du corps humain dans les écoles de médecine,en disséquant le cadavre de la truie ou du véra et la médecine contemporaine emprunte beaucoup de produits au cochon, et confirme pleinement cette parenté biologique, anatomique et physiologique.
On le rejetterait parce qu'il nous ressemble. trop: manger du porc c'est presque être cannibale, car la chair de l'homme a le même goût que la chair du cochon. Donc trop grande proximité, c'est un cousin, et cela explique des comportements qui sont rejet mais aussi attrait.
Si on s'arrête un peu sur les religions juives et musulmanes, est-ce que le cochon a le même statut, dans les deux il est rejeté de la même manière ou y a-t-il des différences ?
Pour l'Islam le cochon est un animal rejeté et taboué mais le tabou semble un petit peu moins grand que dans le monde juif,il s'étend aux produits que l'on tire du porc et notamment à la viande mais il ne s'étend pas jusqu'au nom du cochon, comme ça peut-être le cas chez certains rabbins qui refusent de prononcer le nom ou de l'écrire de même que le nom de Dieu.
En revanche, les rabbins et d'autres exégètes essayent de comprendre pourquoi ces rejets alors que chez ls musulmans on pense parfois que les Lois divines ne sont pas faites pour être expliquées, c'est même une sorte de péché de chercher à les comprendre. Donc on a moins de travaux sur le rejet du porc en pays d'Islam que dans le monde Hébreu puis Juif.
Dans le monde chrétien, le porc est aussi considéré comme un animal impur lorsqu'il n'est pas considéré comme un attribut de Satan.L'attitude du christianisme est ambivalente et ambigüe. Les mauvais aspects sont la goinfrerie, la saleté,au Moyen äge on souligne que le cochon a toujours la tête baissée dans le sol et qu'il ne lève jamais la tête vers le ciel c'est à dire vers Dieu, c'est un grand péché. On lui a aussi attribué tardivement un vice de luxure qu'il ne possédait pas dans l'Antiquité et une grande partie du Moyen Age. Il était vicieux mais pas pour la lubricité c'était le chien qui était l'animal luxurieux par excellence ! Le cochon commence enfin à faire des cochonneries à la fin du Moyen Age et au début de l'époque moderne pour débarrasser le chien. Il est lubrique car il transpire mal, et a besoin d'eau qu'il va chercher là où il y a de l'humidité dans les égouts les marécages et dans la boue... de la saleté physique à la saleté sexuelle on a franchi le pas assez aisément.
Lire: "Truisme" de Marie Darieussecq
Ancêtre commun au cochon et au sanglier domestiqué.(6000 av JC domestiqué et sédentarisé)
Lire: Paul Claudel Poème "le Porc" (in Connaissance de l'Est 1900) Cochon porte bonheur comme le trèfle à 4 feuilles.
http://www.franceculture.fr/emission-les-animaux-ont-aussi-leur-histoire-le-cochon-portrait-d-un-mal-aime-2015-08-09

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 20:18

Un autre extrait révélateur du mundillo de notre présence extérieure. Ici Nicolas Fargues nous narre un cocktail à l'Ambassade de France à Moscou tel que l'aurait vécu son personnage un sociologue et écrivain français dans son dernier roman: "Au pays du p'tit" Ces choses vues en disent long sur le rayonnement réel de notre pays sous les auspices du Ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération et du Développement.

Le conseiller culturel avait organisé une réception de clôture de la « Semaine française » dans les salons de la célèbre Maison Igoumnov, la résidence de l’ambassadeur de France. Je patientais dans la file des invités, mon carton d’invitation à la main. Dans le hall d’entrée, qui évoquait plutôt une sorte de crypte des Mille et Une Nuits, je reçus un SMS : N’oublie pas la photo de la maison (...)

On sait qu’aujourd’hui la France n’a, sur la planète, plus aucune influence économique, ni culturelle, ni scientifique. Même sa cuisine a cessé d’être innovante. Mais il lui reste sa diplomatie. Dans le domaine, on ne se

doute pas combien la nation a en partie dû ses succès au faste de ses acquisitions foncières. 162 ambassades dans le monde, dont les baux emphytéotiques des palais Farnese à Rome, Thott à Copenhague, Buquoy à Prague et de Santos à Lisbonne. Un parc d’eucalyptus de 43 hectares à Addis-Abeba. Le luxe de la Maison Igoumnov à Moscou pouvait entretenir le visiteur étranger dans le sentiment que les Français n’en auraient jamais tout à fait fini avec Versailles et leurs monarques. Ce qui, rappelons-le, n’est pas nécessairement condamnable du point de vue d’un non-Français, bien au contraire. Un Versailles néorusse de la fin du XIXe siècle avec, au rez-de-chaussée, ses terems, ses tours à chatior, ses faïences polychromes et ses colonnes renflées.

Je remis mon anorak au vestiaire, montai à l’étage et pénétrai dans un salon Louis XVI à lustres et moulures. Se rendre à une réception, c’est se préparer avec la même détermination que l’on pouvait mettre enfant à la perspective d’aller, mettons, à un goûter d’anniversaire. Sauf qu’il ne s’y passera rien. Un verre à la main, les

convives déjà présents évaluaient d’un œil rapide ceux qui arrivaient puis retournaient à des conversations qui, vues de loin seulement, semblaient intenses et enlevées. Dans un sens, il était rassurant de constater que, malgré la sophistication croissante des plaisirs qu’offrait la société moderne, rien n’était jamais parvenu à égaler celui, vieux comme le monde, de se comparer aux autres.

Le conseiller culturel ressemblait à Pierre Fresnay, l’intensité du regard en moins. Même trait de lèvres fines, même front haut. Sans fesses ni thorax, son maintien pouvait évoquer celui des modèles masculins des cabines d’essayage des années 1930, à qui les couturiers demandaient d’adopter, à quelques variantes près, les poses de leurs consœurs devant les clients. Malgré ses efforts pour se rendre disponible auprès de ses nombreux hôtes, il s’interrompait régulièrement pour aller parlementer avec anxiété avec un jeune homme de type maghrébin très bien habillé, affalé l’air boudeur dans une vaste bergère de velours. Ébranlé par son couple manifestement en crise, le diplomate se redressait

néanmoins chaque fois en affichant un sourire vaillant, puis repartait à l’assaut de nouvelles grappes d’invités.

Sur un plateau ambulant de petits-fours, j’attrapai au hasard une mousse sur canapé. Dès la première bouchée, je sentis que la préparation, un truc à base d’anchois probablement, était en train de me donner une haleine effroyable. Je me dirigeai aussitôt vers la table des desserts où, pour compenser, j’avalai tout rond un mini-chou à la crème. Je consolidai ma contre-attaque gustative par un ballon de vin rouge du Languedoc, une poignée de cacahuètes, quelques olives marinées ainsi qu’une verrine d’émulsion de fruits de saison. Je commençais à faire n’importe quoi, il était temps de partir.

Un bref signe de la main au linguiste hongrois qui était en train de tendre sa coupe à moitié pleine au barman chargé du champagne. Tout aussi encombré que moi par son isolement, il semblait y avoir trouvé un remède dans l’ivresse haut de gamme. Un sourire aux dames du personnel administratif de l’Institut français de Moscou qui m’avaient fait signer mon contrat le jour de mon arrivée. Mal assorties aux codes vestimentaires et langagiers de tous les professionnels de la culture présents dans la salle, elles demeuraient à l’écart dans une touchante solidarité de corps.

Je me préparais à gagner pour de bon le vestiaire lorsque le conseiller culturel se planta devant moi. La peau de son visage, qu’il devait régulièrement traiter au nettoyant désincrustant, était d’une propreté irréelle : « Vous partez déjà ? » Il y avait du ressentiment sous son air dégagé. Comme si, ayant omis de venir le saluer au cours de la soirée, il me faisait payer d’avoir eu à s’exécuter lui-même en premier. Je prétextai que les cocktails n’étaient pas mon fort mais que la réception était somptueuse, les amuse-gueules exquis et sa « Semaine française » très réussie.

« On n’est peut-être pas aussi bien que les Britanniques ou les Allemands, dit-il, mais il y a encore deux ou trois choses que l’on sait faire, en France. »

La perfidie m’était à l’évidence destinée. Je répondis

par un rire exagéré, tout en me déclarant flatté qu’il eût pris connaissance du sujet de mon livre et, surtout, de mon intervention au cours de ma dernière rencontre à la Maison centrale des Artistes. « On sait même donner une tribune à ceux qui la critiquent peut-être un peu injustement, la France et son action culturelle dans le monde », ajouta-t-il, ne prenant même plus la peine de maquiller ses sous-entendus. « Vous avez déjà vu ça ailleurs, vous ? »

Il jugeait contradictoire ma présence dans ce salon. À défaut d’une justification, il attendait au moins une forme de reconnaissance, des remerciements, des excuses. Je me demandais s’il fallait attribuer son agressivité à une aigreur d’artiste raté ou au différend qui l’opposait à son amant.

« Non, c’est vrai, je n’ai jamais vu ça ailleurs. »

Le temps d’apercevoir le jeune Arabe qui, depuis sa bergère, regardait dans notre direction avec le plus vif intérêt, je pris poliment congé du fonctionnaire et empruntai l’escalier.

Extrait de Au pays du p'tit" de Nicolas Fargues (POL) 2015

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 22:08
Naples racontée par ses peintres et ses musiciens.

Conférence au CORUM de Montpellier par
Michel HILAIRE Conservateur du Musée Fabre de Montpellier et organisateur de l'Expos
ition "L'Age d'Or de la peinture napolitaine de Ribera à Luca Giordano" du 20 Juin au 11 Octobre 2015.
et Cécile Lartigau et Pierre Delolme du département musicologie du CNSMD de Lyon.

Naples fut une influente cité grecque placée sous les auspices de la Déesse Parténope, puis un duché byzantin ensuite elle devient au XVIIè capitale du Royaume de Sicile et accède au rang de capitale intellectuelle après Paris et Londres forte de ses 300 000 habitants. Devenue ville aragonaise sous le Roi Alphonse V d'Espagne, elle attendra 1871 pour intégrer la nouvelle Italie unifiée.
C'est en 1537 que fut créé le premier Conservatoire dans un hospice religieux pour jeunes filles qui rapportait de substantiels revenus à l'Eglise.
On y entend les villanelles napolitaines qui s'exporteront vers l'Allemagne et la France tout au long du XVIIè et XVIIIè siècle.
La peinture flamande de Rubens et Van Dijk est connue à Naples par Ribera qui est arrivé adolescent dans cette ville et y séjourne successivement en 1606, 1609 et 1610 avant de rejoindre Parme et Rome. Cet Espagnol s'installe définitivement à Naples en 1616.
La peinture française subira l'influence napolitaine avec Simon Voué (peintre de Louis XIII) et Lorrain.
L'espagnol Ribera a dû aussi rencontrer le romain Caravage qui séjourne 10 ans à Naples.
Les artistes italiens des autres provinces comme Viliano Codazzi de Bergame séjournent 10 ans à Naples ainsi que des artistes de Bologne.
Cette ville ouverte sur le monde rayonne littéralement et offre beaucoup de débouchés pour artistes et artisans. Ainsi le Roi Philippe IV d'Espagne passe une commande de tableaux aux artistes dont Falcone pour le Musée du Buen Retiro.
Comment les peintres représentent la musique dans leurs oeuvres ?
Tableau 01: "La cantatrice de Capodimonte" de Bernardo Cavallino (1616) offre un portrait d'une cantatrice qui ajuste sa natte avec sensualité et semble chanter une villanelle.
Le chant a toujours accompagné la vie des napolitains comme le montrera la chanteuse Luccila Galeazzi dans son récital de musique populaire napolitaine.
Audition 01 d'une voix de vendeur des rues .
Audition 02 d'une chanson napolitaine du XIIIè siècle "Lavandaie del Vomero" (Nuova Compagnia di Canto Populare)
La musique savante et la musique populaire sont intimement liées par la parole et le chant.
Audition 03 du mamento de "Semiramide riconosciata"de Nicholas Porpora compositeur,pédagogue et maître de chant. par Blandine Staskiewicz dans l'aire :"Votrei spiegar l'alfanno"
Tableau 02 : "La joueuse de clavicorde" (1645-1650) de Cavallino du Musée des Beaux Arts de Lyon. Il s'agit d'une commande d'une clientèle aristocratique émanant d'amateurs d'art.
le clavicorde a des cordes frappées et représente l'ancêtre du piano pour répertoire profane et intime alors que le clavecin a les cordes pincées et est donc plus sonore.
Tableau 03: Sainte Cécile de Carlo Sellito (1613) du Museo du Capodimonte de Naples est une commande du Maître de Chapelle du Comte de Lemos Vice Roi de Naples.
On y observe le maniérisme tardif (fin XVIIè- début XVIIIè) dabs la figure de l'ange élongué qui actionne l'instrument (un orgue positif) au moyen d'une cordelette . Les peintres napolitains se sont convertis au naturalisme ténébreux du Caravage. On notte l'influence de la culture romano bolognaise de Guido Reni qui a séjourné à Naples. le peintre Sellito meurt prématurément en 1614 alors qu'il ouvrait la voie au classicisme.
Tableau 04: l'Atelier du peintre ou allégorie des Beaux arts" (1635-1639) attribué à tort à Velazquez. C'est le spécialiste napolitain Nicolas Spinoza qui a reconnu "le Maître de l'annonce aux bergers" (1630-1650) dans ce tableau prêté par la Fondation Maseveu Peterson d'Oviedo.
On y relève la "tremenda materialida" ou stupéfiante matérialité dans cette nature morte mélancolique où se mélangent partitions, crâne, luth et un petit cartel où on peut lire "apprendi encore" (apprends encore)
Audition 04 : Alessandro Scarlatti "les Vêpres de Sainte Cécile; AMEN par le Philarmonia Baroque Orchestra et le Philarmonia Choir sous la direction de Nicholas McGegan.
La tarentelle est propre à chaque région du sud de l'Italie et se reconnaît par son rythme 6/8. C'est une danse sensée guérir de la piqure de la tarentule, c'est une danse de transe en cercle et très enivrante.
Tableau 05: "La place du marché à Naples pendant La révolte de Masaniello de Domenico Gargiulo 1647.Une révolte populaire contre le receveur des impots sur les fruits menée par un pêcheur amalfitain du nom de Masaniello qui a pris la tête de la révolte avec le peuple de Naples et a marché vers le palais du Gouverneur et Vice Roi. l'émeute a duré 7 jours et a fini par des massacres et dans un bain de sang à cause de la folie de son leader.
Addition 04: "O cunto e Masaniello" NCCP (rythme de tarentelle)
Tous les grands traumatismes historiques napolitains ont été immortalisés:
- l'irruption brutale du Vésuve de 1631 (les événements de Pompéi et Herculanum étaient inconnus au XVIIè) qui donnera naissance au culte de San Genaro.
- la peste de 1651
- la révolte de Masaniello de 1647
L'analyse des tableaux de la représentation physique de la ville de Naples offre une belle vision d'ensemble:
- Vue de la ville de Naples à vol d'oiseau de Didier Barra
- Place du marché de Naples pendant la révolte de Massaniello
C'est en 2012 lors de l'exposition "Corps et ombres" consacrée au Caravage au Musée Fabre que la rencontre avec Nicolas Spinoza grand spécialiste de la peinture napolitaine et conservateur du Musée Capodimonte de Naples a donné l'idée de faire une rétrospective sur cette période qualifiée d'âge d'or. Aucune rétrospective n'avait été faite depuis 1980 il y a 30 ans au Grand Palais.

Nicolas Spinoza parle de Jusepe de RIBERA :

https://www.youtube.com/watch?v=M9AgSYgyAlY
Il s'agissait:
1- de montrer la dimension européenne de la ville de Naples.
2- de valoriser les collections françaises disséminées dans les musées de Besançon, Nantes, Lille, Lyon Toulouse et Montpellier (12 Jusepe de RIBERA (1591 - 1652). dont l'Egyptienne et le Pied-bot au Louvre)
3 - Tous les musées napolitains ont été mis à contribution et ont offert leurs plus belles pièces.
Les tableaux napolitains ont pu être acquis par les musées grâce aux collections privées des mécènes Pierre et François Cacault, diplomate sous Napoléon et grand collectionneur clissonnais qui a rapporté un tableau inestimable de Filippo Vitale de 1615 ou d'un François Xavier Fabre (1766-1837) qui a lui aussi ramené des tableaux de la célèbre Collection Gerrini de Florence.
Le musée de Valence dans la Drôme a offert 2 de ses plus beaux tableaux de Porpora et les a extrait de leur écrin que le Musée venait de leur construire.

Prise de notes de Patrick CHEVREL (Montpellier) le 22 juillet 2015

Naples racontée par ses peintres et ses musiciens.
Naples racontée par ses peintres et ses musiciens.
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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 22:13
Vacances en Grèce...

Aout 2013: Vol Air Berlin: Paris - Vienne aéroport international très fonctionnel puis Prevezza (grand aéroport de low cost après Corfou ) par où entrent les hordes de touristes européens.

Là commence l'aventure grecque. Les bus des hôtels attendent leurs clients pour Lefkada . Pour les individuels, sacs à dos, pas de station de bus,ni de cartes d'orientation.

Après 500 m en plein cagnard, il faut trainer sa valise et demander la direction de l'arrêt de bus non signalé aux rares piétons qui s'aventurent au soleil.

Une américaine et deux allemandes errent et semblent avoir choisi un point d'ombre. Un couple grec semble connaître le lieu où un hypothétique bus passera après l'heure de la sieste entre 14h et 17h...

Pas de bar ni de buvette en vue. Le premier bus qui apparaît au loin ne s'arrêtera sans doute pas, aussi nous lui barrons le passage en nous plantant au milieu d la route à nos risques et périls... .

Il s'arrête donc et le petit groupe improvisé monte... Là il faut négocier le prix pour Lefka (Ithaque) le chauffeur empoche une somme et ne rend pas la monnaie. Mon voisin grec me dit que j'ai payé 5 euros au lieu des trois réglementaires.

Arrivés à la gare routière, une autre aventure continue... Le ticket de bus semble réglementaire car un guichet s'ouvre et les clients étrangers semblent s'y précipiter. Une belle athénienne elle, a choisi sac au dos et tente de camping d'aller au traditionnel Saristra jazz Festival sur l'ile voisine de Kefalonia. Nos chemins vont diverger là... sur ce quai.

A 17h un bus omnibus fait le ramassage des hordes de baigneurs joyeux et des familles nombreuses montent à bord sans payer... Quelques arrêts plus loin un contrôleur demande les tickets et fait descendre à la station suivante les contrevenants...

Enfin arrivé à Lefka. Au restaurant pas de menu et pas de facture, ici on ne paye qu'en espèces ! Allemands, Australiens, Anglais , Français connaissent la règle. Sirtaki et bris de vaisselle pour vous mettre dans l'ambiance !

Quant aux bateaux et flotilles qui mouillent au large, pas de taxe de séjour. Si vous décidez d'amarrer à Ithaque, vous découvrez que les bornes du port installées par les fonds européens sont dégradées et souvent vandalisées donc inutilisables et bien sûr pas d'électricité et pas d'eau. Le capitaine du port et son équipe sont occupés par leur partie de carte et trinquent en choeur. Inutile de chercher à acquitter une quelconque taxe de stationnement..(comme dans les autres pays européens...!)

Sur les ilôts qui n'ont pas été vendus aux étrangers où à des magnats russes comme Skorpios, l'ile d'Onassis qui reçut la Callas et Jackie Kennedy, les branchements électriques laissent rêveur et si les populations ne semblent pas touchées par la crise vu le grand nombre de touristes providentiels, chacun semble avoir une activité lucrative en cette haute saison comme ces danseurs qui animent les terrasses devant les flottilles européennes .

Le Monastère qui domine l'ile de Kalamos est rutilant et refait à neuf (avec quels budgets ?) alors que les maisons de pierre qui l'entourent ont été abandonnées depuis longtemps.puisque les populations sont ou décédées ou ont émigré vers l'Allemagne. Un cuisinier albanais apparaît de derrière les rochers de Port Leone et nous improvise un dîner sur la plage aidé de son assistante philippine mineure, ramenée de ses périples lointains alors qu'il était mécanicien sur un navire grec...Un bon petit job qui fait des jaloux dans le village: trop d'initiatives sans doute....

Le retour se fera par le plus grand pont à haubans du monde flambant neuf construit par Vinci, Bouygues et Spie Batignole en 2004 pour les jeux Olympiques (inclus dans la dette faramineuse de 120 M2 d'Euros..!) et qui permet par un superbe 2 X 3 voies de rejoindre Athènes.

Mais la gare routière d'Athènes, vous réserve les dernières surprises... Des quais improbables et un numéro de bus pour l'aéroport à inventer... Il vous déposera vers minuit à l'Aéroport international où il faudra essayer de dormir dans les halls envahis de touristes gisants sur le sol.

Pas d'Hôtels bon marché aux environs, ni auberges de jeunesse. Le comptoir d'Air Berlin ouvrira peut-être vers 6 heures et là, c'est le retour à l'Europe et l'adieu nostalgique à un certain Orient, derniers vestiges Ottomans et nonchalance levantine...pour combien de temps ?

Vacances en Grèce...
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24 juin 2015 3 24 /06 /juin /2015 13:51
Un belle aventure vitivinicole en bord de Loire

Sur les côteaux du bord de Loire à deux lieues de chez moi, il existe un endroit rare et préservé qui a connu une aventure humaine comme on les aime. Son égérie à la forte personnalité a régné pendant 40 ans sur ce domaine avant de disparaître ce printemps à l'âge de 94 ans laissant ses enfants désemparés. Fort heureusement les lieux ont une histoire que l'une de ses filles Anne a bien su décrire dans son roman "Alba" c'est pourquoi Elisabeth Poulain a su rendre en 2004 un bel hommage à cette femme de caractère dans un ivre intitulé : "le vin aussi est affaire de femmes " (Editions Cheminements.fr 49260 le Coudray Macouard Tél.0241677454 - Lire aussi "Vignerons et vigneronnes de l'Anjou")

A partir de 1995 on a pu découvrir cette "Cuvée des Rebelles" qu'Anne voudrait faire redécouvrir aujourd'hui , la seule vendange faite uniquement par des femmes, quel défi !

Armelle de Bascher Gérante de la SCEA « La Berrière » créée avec ses enfants.

Domaine de la Berrière - Barbechat – Loire Atlantique.

Le Château et Domaine de la Berrière

Le Château est entré dans la famille en 1737 et y est resté depuis lors. Il a été reconstruit en style Directoire après l’incendie qui l’a détruit pendant l’insurrection vendéenne et a conservé d’une époque plus ancienne ses douves, le pont d’entrée et ses anciennes écuries d’après la plaquette du Château.

Le Domaine

Surface 30 ha pratiquement d’un seul tenant1 ha de gros plant et 13 ares de cabernet.

Sol : rocaille, limons sablonneux.

Personnel : 4 personnes

Muscadet Sèvre et Maine Château de la Berrière. Les Ardelières Saint Clément, Muscadet Côteaux de la Loire, Clos Saint Roch, Blanc de Blancs en méthode traditionnelle.

SCEA la Berrière.

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Armelle de Bascher tient l’Express « Spécial Vins » à la main. Elle est vraiment furieuse : « Rendez-vous compte, l’Express commence sa présentation des vins de Loire en Anjou. Il n’y a rien, mais vraiment rien sur le Muscadet. Le Point et le Nouvel Observateur, c’est encore pire. Le Val de Loire n’est même pas cité dans leur spécial « Vins » ! C’est décourageant. Comment peut-on persuader les acheteurs que nous faisons du bon vin su personne ne le dit ? La crise est bien réelle. Tout le monde craint que de nombreux viticulteurs ne lâchent prise cette année ».

Au Domaine de la Berrière elle aussi ressent la crise même si les causes sont autres. En effet elle a basé toute sa stratégie sur l’export. Elle a exporté jusqu’à 97% de sa production. Certaines années, elle a dû imposer à ses importateurs distributeurs des quotas de livraison. Elle n’avait pas assez de bouteilles à leur livrer. Maintenant ce n’est plus vraiment le cas et elle se retrouve dans une situation inédite depuis 28 ans qu’elle s’est jetée dans l’aventure du vin, celle de subir une concurrence tout à fait nouvelle, particulièrement en Europe qui constituait sa chasse gardée jusqu’alors.

La concurrence

Celle subie est en fait triple :

  • Celle des pays européens membres de l’Union Européenne, gros exportateurs comme l’Italie, premier exportateur mondial ou l’Espagne,
  • Celle des pays nouvellement producteurs, comme l’Australie, le Chili, l’Afrique du Sud surtout, qui prennent des parts de marché significatifs en Angleterre mais aussi en Allemagne, aux Pays bas….
  • Et enfin celle des maisons de vins français qui cherchent à gonfler leur chiffre d’affaires, en vendant à l’étranger. Elle dénonce très clairement le jeu de certains négociants qui cassent les prix à l’achat et paient 75 jours après. Des centaines de viticulteurs l’ont appris à leurs dépens quand les Caves de Saint Florent situées à Saint Florent le Vieil (Maine et Loire) ont été placées en liquidation judiciaire dans le courant de l’année 2003. Ils n’ont pu récupérer le montant des créances qu’ils détenaient sur le négociant. Ils ont bien livré le vin mais n’ont pas été payés en contrepartie.
  • « Je suis chassée d’Europe » dit-elle avec un certain étonnement, mais sans aucune
  • résignation. Pourtant l’aventure du vin a commencé pour elle de façon éclatante qu’elle compte appliquer à nouveau la méthode qui a si bien fait ses preuves la première fois et à laquelle elle recourt maintenant à chaque soubresaut du marché.
  • La méthode d’exportation
  • D’abord elle sélectionne quelques marchés porteurs. Pour cela elle lit beaucoup, elle écoute ses amis, elle regarde où vendent les confrères. Elle se fait sa propre opinion.
  • C’est ce qu’on appelle en théorie marketing la sélection de marché. Puis elle contacte le CFCE (Centre français du commerce extérieur) pour se procurer des études de marchés et les coordonnées des conseillers commerciaux en poste dans les ambassades françaises. Elle les contacte et ceux-ci font parvenir, via le CFCE , la liste d’importateurs en place dans le marché étranger sélectionné. Ensuite il lui faut sélectionner quelques importateurs distributeurs : « Ni trop grands ni trop petits, juste ce qu’il faut, pour les intéresser et ne pas être noyé dans la masse des fournisseurs ». Elle les appelle, leur propose ses vins, leur envoie des échantillons sur la base de trois bouteilles au moins et, pour finir, les invite au château pour découvrir in situ le vignoble du domaine et le chai.
  • La première fois qu’elle a prospecté de cette façon, elle a réussi à intéresser cinq importateurs distributeurs implantés en Belgique, aux Pays bas, en Allemagne, en Grande Bretagne et au Danemark. Elle a conservé ces importateurs depuis le début. Certains l’appellent pour lui demander
  • « Comment va notre vignoble ? » Ce qui est la meilleure façon de lui faire plaisir.
  • Le domaine va bien. Il s’est même beaucoup développé depuis les premiers plants de vigne mis en terre avec l’argent de sa dot, à côté d’un très petit ilôt de pieds de vigne qui avait subsisté au fil des ans et qui n’était plus traité depuis longtemps. Quand elle a repris le vignoble en 1975, il y avait 12 hectares de plantés. Il y en a maintenant 30 qui entourent le château de La Berrière à Barbechat. Elle a appris le métier de viticultrice qui est devenu une passion. Elle est d’origine creusoise et connaît bien l’élevage des vaches limousines et des chevaux.
  • Sa gestion des domaines
  • Comme le déclare Armelle de Bascher : « je gère le domaine et j’ai la chance d’être entourée par une équipe irremplaçable et compétente. Grâce à eux , l’aventure du renouveau du vin a été possible. Quand des membres du personnel partent en retraite, ils choisissent eux-mêmes leur successeur et le forment avant de partir. A mon arrivée au château, je les ai réunis et je leur ai dit : c’est vrai, je n’y connais rien. Vous vous savez…. Nous allons nous partager le travail. Vous me faites du bon vin et moi je vais le vendre. » C’est ce qu’elle a fait après avoir installé son bureau dans la cour carrée du chai qui jouxte le château. Elle ne l’a jamais plus quitté depuis. C’est là qu’elle vient travailler tous les jours au milieu des membres de son équipe, sous la direction du maître de chai, Pascal Leroux et du chef de culture, Luc Gourraud.
  • Dès ses débuts au domaine, elle a fait le choix de l’export. Après avoir vécu pendant de très nombreuses années avec son mari en Indochine (qui est maintenant le Vietnam) n’y est certainement pas étranger. La dimension interculturelle est une de ses caractéristiques.
  • La gestion des risques
  • C’est par la Belgique et les Pays Bas qu’elle a commencé sa percée export. Maintenant, elle continue sa prospection aussi bien dans l’Union Européenne qu’en dehors. Armelle de Bascher continue sa recherche documentaire sur les marchés étrangers pour être sûre de son choix. Elle sait que les risques sont nombreux. Elle vend « départ chai » c'est-à-dire en EXW ‘Ex Works selon le sigle anglais des incoterms), comme la très grande majorité des professionnels du vin. Cela limite les risques parce qu’elle ne prend en charge ni le transport ni l’assurance, ni le transport ni le dédouanement export, hors de France, ni le dédouanement import, à l’importation dans le pays étranger. C’est l’acheteur étranger qui s’occupe de toutes les démarches de sortie de France et d’entrée dans son pays, transport y compris.
  • Comme tout exportateur, Armelle de Bascher connaît les risques à l’export et cherche à en limiter la portée. Ses ventes en Grande Bretagne ont ainsi connu un certain ralentissement du fait du boycott lancé par les Etats Unis en 2003 et partiellement suivi par les Anglais sur leur marché, à la suite de l’attitude de la France face à l’intervention américaine en Irak. « Le boycott m’a personnellement beaucoup touchée et déçue.J’aime mon marché anglais » dit-elle. Ses liens avec l’Angleterre sont profonds.
  • Elle aime se souvenir d’une anecdote qui lui est arrivée quelques années auparavant et qui l’a bien amusée. Un de ses Muscadet, avait emporté la Médaille d’argent au concours à Bristol en Angleterre. Au cours d l’apéritif qui avait précédé le grand dîner de clôture, tous les lauréats de la médaille d’or avaient présenté leur gamme de vins sur les tables qui leur étaient réservées. En accord avec son agent, Armelle de Bascher avait fait le choix inverse. Un seule bouteille trônait au milieu de la table. La réaction de ceux qui devaient participer au repas avait été de se précipiter vers la table à l’unique bouteille. Quel était ce vin si prestigieux pour être présenté en une unique bouteille ? Un Muscadet de la Berrière. Un vin dont elle dit qu’il est encore meilleur quand on commence à le consommer un an après la vendange. « Le Muscadet, un vin si excellent et si méconnu » dit-elle en gardant espoir.
  • Les relations fortes qu’Armelle de Bascher entretient avec le château de la Berrière, le domaine et le vin sont certainement une des composantes de la très forte personnalité de cette dame qui s’est installée à la Berrière quinze jours après le décès de son mari, Antony de Bascher, à l’âge de 56 ans, au moment où il est rentré en France après une longue carrière au Groupe Shell, il s’apprêtait à lancer un nouveau projet de vie professionnelle dans les assurances, son domaine de compétence. Il n’a pas pu aller au bout de ce projet ni évidemment réaliser le second qui était plus tard, de relancer le vignoble de la Berrière. Ce qu’il n’a pas pu faire, sa femme le fait. « Je suis redevable au domaine qui m’a permis de surmonter ces drames affreux que sont la perte d’un mari et d’un enfant quelques années plus tard »dit-elle avec une grande pudeur.
  • C’est en hommage à son mari et à la demande de ses enfants qu’elle a revu les étiquettes de ses vins qui sont dorénavant rehaussées du blason de la famille, formé de deux chênes déracinés et deux groupes de trois quintefeuilles, qui sont des petites pervenches. Ce sont les armoiries de la famille de Bascher. Des chênes, en symbole de force et de noblesse, déracinés parce que la famille venant de l’Est s’est fixée à l’Ouest, et les pervenches en signe de vitalité. Elles foisonnent à la propriété.
  • Elisabeth Poulain (2004)
  • Les nouveaux pays européens à tradition vitivinicole
  • Le 1er Mai 2004 fête l’entrée dans l’Union Européenne (UE) et dix nouveaux états membres. Parmi ceux-ci –figurent des pays producteurs de vins. Au premier rang desquels se trouve la Hongrie qui a une tradition viticole ancienne date des Romains, un vignoble étendu (près de 100 000 hectares) et qui exporte 25% des 3 millions d’hectares produits. Le fameux Tokay est connu mondialement .Citons aussi la République Tchèque. La Slovaquie, la Slovénie, Chypre et malte. La Bulgarie et la Roumanie entreront ultérieurement dans l’UE La Pologne et les trois états baltes ne sont pas producteurs de vins.
  • L’héraldique en blason
  • C’est la connaissance et l’étude des armoiries, définies comme l’ensemble des signes codifiés. Qui permettent de distinguer, état, ville, ou famille. L’usage des armoiries s’est fortement développé au XIIè siècle et figurait sur les houchers des gens de guerre puis sur les sceaux. La première fonction des armoiries était d’identifier celui qui le portait. Actuellement c’est la dimension symbolique qui prime.
Un belle aventure vitivinicole en bord de Loire
Un belle aventure vitivinicole en bord de Loire
Un belle aventure vitivinicole en bord de Loire
Un belle aventure vitivinicole en bord de Loire
Un belle aventure vitivinicole en bord de Loire
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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 09:25
Toujours plus d'impots pour les retraités...

http://blog.seniorenforme.com/scoop-les-retraites-avec-plus-de-1400e-vont-payer-plus-dimpots/

La dernière trouvaille du "charismatique à sang froid" de Bercy pendant que Bartolone dépense l'argent du contribuable en inaugurant de nouvelles mosquées.(ici à Montfermeil 9-3)

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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 21:34
Jean Marie Besset débarqué en 2014 desTreize Vents observe les homards depuis son Festival NAVA à Limoux...
Jean Marie Besset débarqué en 2014 desTreize Vents observe les homards depuis son Festival NAVA à Limoux...

THÉÂTRE (Le Figaro du 26 mai 2015)

Rodrigo Garcia brûle les planches À la tête du Centre dramatique de Montpellier depuis le 1er janvier 2014, l'auteur et metteur en scène y programme des spectacles chocs et choquants. Sur les portes vitrées du bâtiment du Centre dramatique national de Montpellier. des affichettes indiquent clairement: «lnterdit aux moins de 18 ans". Une première dans la vie des réseaux de la décentralisalion dramatique· en France. Une première qui ne déconcerte en rien Le directeur de l'institution (lire ci-dessous), mais qui laisse perplexe. Comme si un l'équipement sous responsabilité de I'Êtat et des collectivités territoriales pouvait être d'une certaine manière, entièrement privatisé pour quelques jours. De vendredi à dlmanche s'est en effet tenu. sous le nom d'Explicit,un Festival d'expressions plurielles du sexuel». Rien de privé. Que de la subvention. La programmation a été mise au point par un jeune chorégraphe de la région. Mathieu Hocquemiller. directeur de la Compagnie à contre poil du sens (sic). et par Marianne Chargois. une dominatrice qui s'est d'ailleurs produite dans le cadre de ces journées." Vous êtes venue pour nous flinguer?" interroge anxieux le jeune artiste dont on a pu voir une "auto porn box". de six minutes, geste délibérément narcissique accompagné de chants religieux. Pentecôte oblige? "

"Vous êtes venue pour nous flinguer ?" Mathieu Hocquemiller

Pas pour flinguer, mais pour voir,se renseigner,comprendre! Des vidéos,en veux-tu. en voilà, derrière de pudiques rideaux flottants, des films: dans la grande salle - mais pas plus d'une centaine de spectateurs pour les voir.Des performances. Le public, par groupes d'une quarantaine, avait deux séries à découvrir. Parmi les promeneurs. Philippe Découflé venu pour assister à la lecture d'une amie, tout ému de se souvenir que c'esl là, dans ce théâtre qui se nommait alors les Treize Vents. qu'il avait présenté son premier spectacle... C'était il y a une bonne trentaine d'années. Au cours de ces séances assez éprouvantes parfois quelques personnalités très sincères, audacieuses. et touchantes se sont imposées.. Tels Kay Garnellen ou Mathieu Jedrazak, haute-contre et danseur qui,lui, qualité non négligeable possède un délicieux sens de l'humour.Car, dans ce lieu situé au coeur de l'ile de verdure qu'est le Domaine de Grammont (avec château. restaurants, centre équestre,skatepark. Zénith, etc.), un bâtiment posé au milieu d'une roseraie, on ne rigole plus! Lorsque Aurélie Filippetti, alors Ministre de la Culture a viré Jean Marie Besset qu'il n'avall eo rien démérité eu égard au Cahier des charges d'un centre dramatique national, après un seul mandat de trois ans, et qu'elle a nommé Rodrigo Garcia, on ne pouvait s'attendre qu'à des bouleversements. L'auteur-metteur en scène-comédien,qui n'est malheureusement connu du grand public que par les protestations que suscitent certains de ses spectacles (tondre une femme. jeter des hamsters à l'eau, ébouillanter, découper et dévorer un homard sur scène) avait annoncé la couleur. la revolucion ! Premier geste: on change le nom du théatre. Jérôme Savary y fit vivre le Nouveau Théâtre Populaire de la Méditerranée, Jacques Nochet,Jean·Ciaude Fall suivirent. Mais les Treize Vents font rêver. Beaucoup trop joli. Rodrigo Garcia l'admet.Il a d'abord pensé à "Nagasaki",du nom de la ville du Japon sur laquelle. trois jours après Hiroshima,le 9 aout 1945 fut larguée une bombe atomique dévastatrice ! Au moins, il ne ment pas. Une explosion nucléaire pour emblêmatiser son travail. Mals l'artiste a réfléchi et opté pour "HtH", soit le concept nietzschéen d'humain trop humain" , du titre de son ouvrage paru en 1878 : "Un livre pour esprits libres», ainsi que le précise le sous- litre. Rodrigo Garcia. dont on ne saurait mettre en doute les lectures, la curiosité intellectuelle. pas plus que le fait qu'il est un travailleur acharné, n'est peut être pas allé au delà de la formule. HtH : le Sigle est partout. L'euphonie n'est pas très jolie et l'on entend "Achetez!". Achetez de la modernité! Avant moi il n'y avait rien achetez du Rodrigo Garcia, un artiste de notre temps. Et d'ailleurs. dans la programmatlon de la première saison. on a pu réviser ses classiques: cinq spectacles de lui,mais pas une seule création. Des productions très connues, déjà largement exploitées et soulignons-le, qui n'ont pas fini leurs carrières. Rodrigo Garcia est très joué partout en France et allleurs. Ironie de l'histolre, Accidens ne pourra être joué à Buenos Aires en Argentine: on ne trouve pasde homard dans la vllle d'Ernesto Sabato ! En cette Saison 2014-2015. les spectacles de Rodrigo Garcia ont été programmés au Rond Point, à Nanterre Amandiers et à la commune d'Aubervillers. Nicolas Roux,collaboratcur de Jean Michel Ribes,est directeur adjoint de HtH. Ce très bon oonnaisseur de la création part au bout d'un peu plus d'un an. Il rejoint Frédéric Bélier-Garcia à Angers. On ne lui fera pas dire qu'il rompt.Il avait été candidat à Nice avec Bélier Garcia avant HtH. Il souligne qu'il a « appris beaucoup» et est sincèrement lmpressionné par la détermination de l'artiste, mais il admet que:"Aux côtés d'un directeur aussi compliqué que Rodrigo Garcia, l'espace de décision est étroit ». Etroite aussi la marge de manoeuvre. "Les fonds disponibles pour la création n'excèdent pas 350 000 euros pour la saison 2015-2016" explique Rodrigo Garcia, qui a commencé à écrire un nouveau texte. Si le dramaturge a engagé des comédiens,ce sont 1es trois de sa garde rapprochée de langue espagnole. Et pour le projet International de nouvelles technologies qu'il vient d'intégrer c'est aussi l'un de ses proches Daniel Romero qu'il a engagé. Tout ceci ne serait qu'anecdotique mais la fréquentation en pâtit. Or c'est patent le public ne s'est'SI qu'insuffisamment renouvelé.Les chiffres sont alarmants. La fréquentation globale est en moyenne pour la Saison de 62%, avec 20% d'invitations. Or un centre dramatique a des missions. L'une concerne 1a formation des futurs spectateurs et la venue des scolaires. L'autre,l'aide aux jeunes compagnies régionales. Mais la plateforme n'est pas convaincante et des artistes de talent en veulent à HtH, et reprochent à l'lnstitution son mépris. Sur les marches a été peint l'édito du directeur : «Le public est une question et un mystère? Un public pour lequel il a souvent des mots très sévères. Les DJ qui oeuvrent après chaque première(28 soirées) coûtent très cher, lnterdisent toute conversation après un spectacle. Un théâtre où on ne peut pas discuter, ça ne va pas ! Le système Garcia est face à ses contradictions et impasses". A.H.

Rodrigo Garcia brûle les planches à Montpellier...Rodrigo Garcia brûle les planches à Montpellier...
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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 14:06
Pendant la crise, sonnez trompettes résonnez musettes à la Philarmonie...
Pendant la crise, sonnez trompettes résonnez musettes à la Philarmonie...
Chrisitian Merlin dans sa rubrique du Figaro avait déjà pointé il y a peu , la pléthore de salles parisiennes consacrées à la musique.de Gaveau à Pleyel, de La Cité de la Musique à l'Opéra Comique, le nouvel auditorium de Radio France, sans oublier le Châtelet et les Bouffes du Nord...
Voilà que La Philarmonie de Paris en pleins travaux vampirise tous les budgets culturels publics , après l'Opéra Bastille et Garnier et ce malgré les réserves de la Mairie de Paris et les fâcheries pécuniaires de Jean Nouvel, architecte officiel de la Hollandie.
Cet article de " Causeur" de février 2015 décrit parfaitement la situation ubuesque à travers un caustique mais lucide "Journal d'une ouvreuse" bien informée en page 97.
Je vous laisse savourer cette lecture très revigorante pour un début d'année de crise culturelle où toutes les programmations de Festivals 2015 sont en berne faute de budgets.comme s'en émeuvent les Forums et Magazines (La Terrasse,Zibeline...) qui ne s'en laissent pas compter face à l'optimisme de façade affiché à Musicora 2015 ou face à l'insolente réussite des multinationales Folles Journées et Folles Criées de Nantes à Tokyo et de Bilbao à Prague et désormais à Marseille, qui squizent et trustent à bon compte tous les stars et jeunes "prodiges" à peine éclos.
Les premières victimes sont ces jeunes talents dits émergents contraints à l'intermittence ou au CDD à répétition dans des écoles de musiques ou conservatoires eux mêmes exsangues comme à Grenoble, voire réduits à des tâches subalternes en milieu associatif. Et pendant ce temps là, Mme Fleur Pellerin inaugure, honore de sa présence et assiste aux privatisation et encourage le mécénat et le crowd-funding très en vogue même au sein de la FEVIS.
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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 18:57
Les écrivains et Montpellier (France Inter)
Les écrivains et Montpellier (France Inter)

Chronique de Clara Dupont-Monod en direct de Montpellier le Vendredi 6 février 2015 !

http://www.franceinter.fr/emission-si-tu-ecoutes-jannule-tout-louis-nicollin
(Prenons de la hauteur après les vaseuses de Nicollin sur la politique, les femmes et le roti de veau...: le vide intersidéral)
Aucune ville plus que Montpellier en littérature n'est autant faite pour l'amour; encore une fois ce n'est pas moi qui le dit ce sont les écrivains. parce-que Montpellier quand on se penche un peu sur la littérature, a mis la tête à l'envers aux écrivains. Il y a d'autres villes comme Deauville, Nice, Paris,et Maubeuge mais la ville qui a fait grimper la température littéraire, c'est Montpellier.
Je vous donne un exemple, il y a un auteur qui a séjourné ici qui s'appelle Valéry Larbaud au début du XXè siècle qui passait uniquement ses hivers à Montpellier, ce qui est très chic,et il a écrit un texte qui s'appelle "Amants, heureux amants" qui se passe à Montpellier. C'est le monologue d'un homme dans une chambre d'hôtel qui hésite entre deux femmes; le deux femmes sont dans la chambre à côté en train de cuver leur champagne,il a couché avec chacune d'entre elles donc,et il hésite, bon voilà et tout cela avec Montpellier en toile de fond.Il y a un petit côté où Montpellier ça embrase les imaginaires.
Jean Jacques Rousseau a séjourné à Montpellier, pour se faire soigner quoi ? le coeur,(c'est pas moi qui l'invente) il était sûr d'avoir un polype, en fait il était juste amoureux, ça c'est Jean Jacques Rousseau qui est quand même le seul a avoir pris une fessée quand il était enfant et à avoir eu une érection sauvage pendant la fessée, ce qu'il a raconté dans son livre les Confessions, et comme par hasard on trouve ce genre d'énergumène non pas à ma gauche mais à Montpellier.Et comme dirait Nicollin dans le texte,
Rousseau pouvait partir en couille".Et il se trouve qu'il a transité non pas à Maubeuge mais à Montpellier;
Donc c'est un vrai mystère mais Montpellier c'est la ville de l'amour, elle transforme les écrivains,les gens, même la police parle d'amour et ce n'est pas moi qui le dit, c'est Johnny Hallyday (extrait de: Mais y a donc personne que tu aimes... mais cette ville là, elle est terrible)
François Rabelais y transite par la Fac de médecine de Montpellier: qu'est-ce qu'il écrit ensuite ? Il écrit :"Gargantua et les cent une manières de se torcher le cul" .
Paul Valéry fait sa scolarité à Montpellier, qu'est ce qu'il écrit ensuite? Il écrit un poème crypté très hot comme on dit qui célèbre le sexe féminin qui s'appelle "grenade" et je vous cite : "Dures grenades entr'ouvertes
cédant à l'excès de vos grains, Ô grenades entre baillées craquez les cloisons de rubis etc... " (heureusement qu'André Manoukian n'est pas là...)
Au Lycée de Montpellier, qui Paul Valéry rencontre-t-il ? Il rencontre Pierre Louÿs et qu'est-ce qu'il écrira Pierre Louÿs plus tard des textes porno mystiques. Y a un truc avec Montpellier quand même, et donc,son premier roman va s'appeler Aphrodite, Montpellier a un effet aphrodisiaque sur les écrivains, il est paru en 1896 et voici comment dans ce texte Aphrodite, comment les hommes abordent les femmes dans les rues:
- Eh je te salue...
- je te salue aussi..
- Où vas-tu si peu pressée ?
- Je rentre
- Oh, toute seule ?
- Toute seule..
- Où chez ton mari ?
- Je n'en ai pas ce soir.
C'est le texte d'Aphrodite sans les roucoulements bien sûr de Guillaume Meurice en Rocco Siffredi. !
Je ne sais pas si on drague comme ça à Montpellier mais en tout cas c'est mieux que Meetic surtout qu'après,le texte s'embrase :
- Ah comme tu joueras avec le bout de mes seins
Comme tu défailliras sur mon corps mouvant...
et en plus ils se connaissent depuis deux minutes.
Donc si je résume, un écrivain qui passera une fois par Montpellier, il écrira une fois des textes sur l'amour à trois dans une chambre d'hôtel, sur une érection durant une fessée, sur un sexe féminin en forme de grenade,ou sur une drague sauvage en pleine rue.
Alors, c'est sûr on peut-être un peu plus romantique, un peu plus lente et rester insensible aux vices de Montpellier. ( Extrait: "Tout ça ne vaut pas un Clair de Lune à Maubeuge" par Bourvil)
Pour nous y a des chances qu'on se déshabille tous dans le TGV ce sera l'effet Montpellier.
Suit après cette chronique la navrante interview de Louis Nicollin dans la vulgarité et le vide des grossièretés à chaque phrase. Ah qu'aurait transcendé de ses élans de tribun un Georges Frêche . Hélas, hélas...
La programmation d'Inter a cru bon d'en rajouter une couche en nous infligeant un catastrophique couplet d'un troubadour maison promu par cette émission, qui l'a sorti de l'anonymat, il s'agit de Frédéric Fromet.

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