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  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 18:43

Extrait d'enjeux n°6  - Chapître V : l'insécurité linguistique

 

Chaque année, plus de 60 000 jeunes gens et jeunes filles de nationalité française sortent de notre système scolaire avec de sérieuses difficultés de lecture, une très médiocre capacité à mettre en mots écrits leur pensée et souvent une maîtrise toute relative de l’explication et de l’argumentation. À des degrés divers, ils sont tous en insécurité linguistique ; c’est-à-dire qu’ils ont noué tout au long de leur apprentissage de tels malentendus avec la langue orale et écrite que la lecture, l’écriture et la parole constituent pour eux des activités à risques, des épreuves douloureuses et redoutées.

 

Défaite de la langue, défaite de la pensée

En d’autres termes, plus d’un jeune français sur dix, après douze ans au moins passés dans les murs de l’école, se trouve dans une situation d’insécurité linguistique globale qui obscurcit sérieusement son horizon culturel et professionnel. Et que l’on ne vienne pas dire que faute d’être doués pour la littérature et la grammaire ils seront bons en mathématiques, en biologie ou bien encore en informatique. Non ! Ils ne seront bons en rien, car ils seront incapables de mettre leurs propres mots sur un savoir qui restera à jamais celui des autres.

 

Et que l’on ne vienne pas dire non plus que faute de devenir enseignants ou cadres supérieurs, ils feront d’excellents plombiers ou d’habiles mécaniciens. Aucune chance ! Car il n’existe pas aujourd’hui de métiers, aussi manuels qu’ils soient, qui n’exigent une solide maîtrise de la langue orale et écrite. Échec scolaire, errance sociale, voilà où conduit l’incapacité de mettre en mots sa pensée avec précision et de recevoir celle de l’Autre avec exigence. Pour tous ces jeunes gens et jeunes filles, la défaite de la langue c’est aussi la défaite de la pensée ; c’est devoir renoncer à agir utilement et pacifiquement sur le monde.

 

Que l’on ne se méprenne pas ! Je ne plaide pas pour une servile obéissance à une norme immuable ; je ne me lamente pas sur la pureté perdue d’une langue que tout changement pervertirait. Dénoncer l’insécurité linguistique, ce n’est pas stigmatiser les fautes d’orthographe et de grammaire en évoquant un temps rêvé où, passé le certificat d’études primaires, on n’en commettait plus ; en matière d’éducation, la nostalgie est toujours mauvaise conseillère. Ce que nous devons exiger de l’école d’aujourd’hui, c’est que la majorité des élèves qui lui sont confiés disposent de mots suffisamment précis, de structures grammaticales suffisamment efficaces et de formes d’argumentations suffisamment organisées pour imposer leur pensée au plus près de leurs intentions et pour accueillir celle des autres avec infiniment de lucidité et de vigilance.

 

Passer plus de douze années à l’école et ne pas maîtriser ce qui conditionne notre capacité à vivre ensemble, ce qui définit le plus justement notre spécificité humaine, tel est le sort injuste que subissent ces enfants qui sont aussi les nôtres. Comprendre ce qui les conduit à l’insécurité linguistique exige que l’on ne se jette pas dans la poursuite de boucs émissaires car en l’occurrence la responsabilité est collective : elle est la vôtre, elle est la mienne. Il nous faut au contraire faire preuve de lucidité sereine afin d’analyser sans complaisance mais sans parti pris comment se nouent les malentendus, comment surviennent les déchirures.

 

Du ghetto urbain au ghetto linguistique

Depuis plus de trente ans, nous avons accepté – et parfois aveuglément encouragé – le regroupement dans des lieux enclavés, de populations qui avaient en commun d’être pauvres et pour la plupart de venir d’un ailleurs estompé et confus. Ils se sont assemblés, sur ces territoires de plus en plus isolés, non pas pour ce qu’ils partageaient en termes d’héritage explicite et d’histoire transmise, mais au contraire parce que, année après année, ils savaient de moins en moins qui ils étaient, d’où ils venaient et où ils allaient.

 

Ces cités, peu à peu abandonnées, sont devenues des ghettos dans lesquels les liens sociaux sont très relâchés et la solidarité quasi inexistante. C’est ce qui les distingue des quartiers londoniens qui sont fondés sur une véritable communauté linguistique, culturelle et économique. Le chauffeur de bus en turban dont la tenue ne choque en rien ses passagers vit dans un quartier où l’on parle indi, où l’on mange indien, où l’on a fidèlement conservé modes de vie et croyances. On a choisi de vivre là et d’y fonder sa famille. Lorsque l’on en sort pour des besoins professionnels, administratifs ou autres, on a les moyens d’affronter la société élargie et on possède notamment le pouvoir linguistique d’y tenir son rôle, d’y négocier sa place. N’allez pas penser que je dresse naïvement un tableau idyllique de « china town » ou de « little India » ; je n’ignore pas les aspects obscurs et les effets pervers de ces regroupements. Mais il faut reconnaître que notre système d’intégration dit à la française a finalement engendré des lieux honteux de repliement et de relégation. Dans ces cités d’enfermement que l’on a baptisé « quartiers », espérant ainsi leur passer un coup de badigeon culturel, on vit parce qu’on y est né et l’on reste parce que l’école, elle-même enclavée, n’y donne pas les moyens d’en sortir.

 

Quelle langue parle-t-on en ces lieux confinés ? Qu’est au juste cette langue dite des banlieues, ces cités ou… des « jeunes »[1] ?... Contrairement à ce que certains démagogues laissent entendre en vantant son expressivité décapante et sa puissance créatrice, il s’agit en fait d’une langue réduite dans ses ambitions et dans ses moyens. Les mécanismes qui conduisent à ce « rétrécissement » sont assez simples à décrire. Il s’agit tout simplement de ce que l’on appelle le phénomène « d’économie linguistique ». Le terme « économie » ne signifiant pas ici « faire des économies » mais « ajuster ses dépenses linguistiques aux exigences d’une situation spécifique de communication ». Plus on connaît quelqu’un, plus on a de choses en commun avec lui et moins on aura besoin des mots pour communiquer ensemble. En bref, si je m’adresse à un individu qui vit comme moi, qui croit dans le même dieu que moi, qui a les mêmes soucis et la même absence de perspectives sociales, cela « ira sans dire ». Je n’aurai pas besoin de mettre en mots précis et soigneusement organisés ma pensée parce que nous partageons tellement de choses, nous subissons tellement de contraintes et de frustrations identiques que l’imprécision devient la règle d’un jeu linguistique socialement perverti.

 

Des mots qui ne veulent plus rien dire

La ghettoïsation sociale induit un tel degré de proximité et de connivence que la réduction des moyens linguistiques utilisés apparaît comme une juste adaptation du poids des mots au choc amorti de photos mille fois vues. Ces mots nouveaux, ou plutôt recyclés, sont toujours porteurs d’un sens exagérément élargi et par conséquent d’une information d’autant plus imprécise. Prenons l’exemple souvent vanté du mot « bouffon ». Bernard Pivot se réjouit de constater que ce mot ancien, tombé en désuétude, se trouve remis au goût du jour par les jeunes des banlieues qui lui donnent une deuxième jeunesse. En fait, ce que l’on constate, c’est que le sens premier de « bouffon » dans le « bouffon du roi » portait une information précise et forte qui faisait que lorsque l’on recevait ce mot, on n’avait aucun doute sur ce qu’il évoquait. L’utilisation de « bouffon » pour qualifier un individu comme dans « ce kum, c’est un bouffon ! » ouvre un champ de signification infiniment plus étendu : il sert à donner une appréciation négative sur quelqu’un, quels que soient les critères qui la fondent et quelle que soit la nature du lien qui nous lie à cette personne… En d’autres termes, tout individu dont le comportement ne nous convient pas est un « bouffon ».

 

On voit donc bien comment ce mot recyclé est devenu une sorte de « baudruche sémantique » gonflée à l’extrême, ballottée à tous vents, prêt à tous les compromis contextuels. Car si n’importe qui, à n’importe quelle occasion peut être appelé « bouffon », ce mot n’a quasiment plus de sens, de même que souffrent de la même anémie sémantique « cool », « grave », « niqué »… Si ce langage fonctionne – et il fonctionne –, c’est parce qu’il a été forgé dans et pour un contexte social rétréci où la connivence compense l’imprécision des mots. Lorsque le nombre de choses à dire est réduit, lorsque le nombre de gens à qui l’on s’adresse est faible, l’approximation n’empêche pas la communication. Mais hors du ghetto, lorsque l’on doit s’adresser à des gens que l’on ne connaît pas, lorsque ces gens ne savent pas à l’avance ce qu’on va leur dire, cela devient alors un tout autre défi. Un vocabulaire exsangue et une organisation approximative des phrases ne donnent pas la moindre chance de le relever. La ghettoïsation sociale engendre l’insécurité linguistique qui ferme à double tour les portes du ghetto : cycle infernal qu’une école elle-même enclavée, se révèle incapable de briser.



[1] Ce qui laisserait supposer qu’il existe une langue des vieux !...

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 19:19

En octobre, une professeure de mathématiques s’est immolée par le feu dans un lycée de Béziers. Son suicide relance le débat sur la crise du métier d’enseignant. Il Fatto Quotidiano (extraits) Rome

L'enterrement a eu lieu à Causses-et- Veyran [dans l’Hérault], où vivait Lise Bonnafous. C’était le 17 octobre. La presse n’était pas conviée. Une volonté de la famille, qui avait réclamé discrétion et recueillement. Au même moment, à une trentaine de kilomètres de là, à l’entrée de Béziers – petite ville du sud de la France balayée par les vents méditerranéens –, élèves et enseignants étaient réunis autour d’un lâcher de ballons blancs depuis le lycée Jean- Moulin, où Lise enseignait depuis une dizaine d’années. Et où, un matin, elle s’est immolée par le feu devant les élèves. Cette histoire aurait pu rester confinée à la rubrique “Faits divers” de quelque journal quotidien. Le geste d’une dépres- sive comme tant d’autres. Mais Lise, qui souffrait effectivement de dépression, était aussi une ensei- gnante en crise dans un système d’éducation fran- çais guère plus vaillant, et son suicide a provoqué de nombreuses réactions. Commençons par les faits. Le 13 octobre, Lise, qui avait eu des échanges tendus, la veille, avec quelques-uns de ses élèves, a annulé son premier cours de la matinée, entre 9 et 10 heures. Pendant la récréation, elle est descendue dans la cour du lycée. Froidement, elle s’est aspergée d’essence. Avant d’allumer le briquet, elle aurait dit, s’adressant à un groupe d’élèves : “Je le fais àcause de vous.”
Le suicide de Lise a relancé le débat sur la crise de l’école et les difficultés du métier d’enseignant, entre des actes de violence toujours plus fréquents et l’augmentation du nombre de ceux qui abandonnent une profession qui  attiraitjusque-là beaucoup de monde, parce qu’elle représentait une garantie d’emploi. A tel point que les syndicats ont demandé au ministère de créer un service de médecine du travail au sein de l’éducation nationale.
Beaucoup, aujourd’hui, pointent du doigt les coupes budgétaires effectuées dans l’éducation et la fonction publique en général. A commencer par la règle qui consiste à ne remplacer qu’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux. Ainsi, cette année, sur 33 000 professeurs partis à la retraite, seuls 17 000 ont été remplacés. L’école française est également à la traîne en ce qui concerne l’intégration des enfants porteurs de handicaps. La loi du 11 février 2005 a rendu obligatoire la scolarisation des enfants handicapés en milieu ordinaire, mais ils sont encore à peine 60 000 à fréquenter l’école, contre 130 000 en Italie. En cause : le manque d’enseignants auxiliaires, qui, par ailleurs, sont presque tous en situation précaire et recrutés au niveau du baccalauréat ou après une formation initiale sommaire.
Pour comprendre à quel point la profession d’enseignant est discréditée en France, il suffit de jeter un coup d’œil sur les données concernant les concours d’entrée. Le nombre de candidats au concours de professeur des écoles est passé de 18 136 en 2010 à 18 734 cette année. Pourtant, au cours du même laps de temps, le nombre de postes disponibles a augmenté [de 2 000 places].
Le chiffre le plus préoccupant concerne le concours pour enseigner dans le secondaire, où la discipline est un problème majeur : le nombre de candidats au Capes a chuté de 35 000 à 21 000.
En mathématiques, il y avait autant de postes que de candidats : ils ont tous eu le concours !
Tout cela dans un contexte d’augmentation du chômage et de crise économique, sachant que le salaire net pour un plein-temps avoisine les 1 500 euros, une misère pour qui vit à Paris ou dans une grande ville. Un mal-être existe donc dans une grande ville. Un mal-être existe donc bel et bien. Et aujourd’hui, beaucoup pensent que la tragédie de Lise n’était pas fortuite.
Leonardo Martinelli

Et si le mal être ne venait pas seulement des enseignants eux mêmes, de leurs élèves, mais du système de l'intéreieur qui génère  des dérives hiérachiques de la part de petits chefs et d'un climat délétère relayé par ces derniers, eux mêmes harcelés par leurs supérieurs lors de la réunion hebdomadaire au Rectorat;

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 13:44

Bougrab_Halde2.jpg

Jeannette Bougrab et les siens

Lu dans Marianne n°686 du 12 juin  p.13 : Le syndicat CFDT des personnels de la Halde reproche à la nouvelle patronne, Jeannette Bougrab, son "management brutal, irrespectueux, basé sur la peur ".

Bougrab_Halde.jpg

 

 

 

Pour un peu, les personnels de la Halde seraient victimes de discriminations !

Tiens, cela m'en rappelle une autre Z.R. qui elle aussi savait donner dans le genre

" faites ce que je dis mais ne dites pas ce que je fais ". Et Dieu sait si, elle aussi a fait régner la brutalité, l'irrespect et la peur dans son bahut. Jusqu'à  ce qu'elle soit promue ailleurs pour bons et loyaux services chez son ami M6.

Pour la souffrance au travail et les maltraitances, retenons cette juste appréciation de René Lachmann auteur du rapport sur le stress au travail sur la distinction qu'il convient de faire aujourd'hui entre : le bien être et le bien faire des salariés

Lire :Le manager, le stress et le bien-être. Par Stéphane Diebold

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 18:45

Quelques heures à peine après qu'un professeur de sport s'était tité une balle dans la tête dans la salle des profs de son collège de banlieue de Nancy, le recteur d'Académie, Jean Jacques Pollet, affirmait que ce suicide "n' était pas connecté à une situation professionnelle mais davantage à une situation personnelle".

L'enquête n'avait pourtant pas commencé.

La réalité pourrait être autre. car l'école fait souffrir les enseignants.

En 2004, une étude du Ministère de l'Education Nationale révélait que 91% d'entre eux estimaient qu'un "malaise" existait dans leur professsion, 60% se sentaient personnellement concernés. A tel point que 27% songeaient à démissionner.

En 2008, la MGEN, la mutuelle des enseignants, dévoilait des chiffres alarmants: 70% des profs affirmaient manquer de reconnaissance professionnelle et 23% n'avaient aucun collègue avec qui partager cette souffrance. Une situation qui les entraîne, plus souvent que les autres, vers la dépression et le suicide.

Ainsi la maladie mentale est la deuxième pathologie du monde enseignant. Et l'on enregistre 39 cas de suicides de profs sur 100 000 habitants, alors que pour le reste de la population, la proportion tombe à 17.

L'an dernier, 52 enseignants ont mis volontairement fin à leurs jours.

"Les suicides ont toujours des causes multiples" rappelle le psychiatre Christophe Lermuzeaux. néanmoins, le médecin-chef à la clinique La Verrière, l'hôpital psychaitrique des enseignants, affirme:

" "Ils souffrent de plus en plus de leurs conditions de travail." Et ce ne sont pas les élèves qui les tourmentent le plus ! Si l'on en croit l' Autonome de solidarité, une association nationale de soutien aux enseignants, les premiers motifs d'affliction sont l'arbitraire de la hiérarchie, le harcèlement des parents d'élèves et, c'est nouveau, la concurrence entre collègues.

Mais, avec seulement 66 médecins du travail pour857 000 profs, l'Education Nationale ne dispoe pas des ressources nécessaires pour assurer une prévention efficace contre la souffrance à l'école.

Rubrique : "Affaire à suivre" Anna Topaloff -  in Marianne du 8 au 14 mai 2010. p.50

Bravo à Anna TOPALOFF d'aborder de front le problème qui a donné naissance à mon BLOG "Seniors Dehors" et dans lequel je ne cesse d'évoquer les conditions de travail dans mon Collège qui m'ont amené à suivre le cheminement classique décrit dans son article:

- d'abord , un Chef d'Etablissement, arriviste, sans aucune humanité qui est l'exemple même de ce que sa propre hiérarchie attend d'elle, aucun sens des relations humaines, des phrases cinglantes en a parté, des entretiens vexatoires sans témoins, des accusations envers ses enseignants qu il discrédite et toujours en faveur de l'élève et du service Public, en bref une vraie "républicaine" comme on les aime sous Ferry, Darcos ou Chatel. Le fait est que l'intéressé s'est vu offrir une promotion à l'étranger  après avoir été la référence en matière de formation des ses pairs Chefs d'Etablissement stagiaires. 

- La pression hiérarchique pesante dans son établissement avait pour effet de créer une atmosphère déplorable entre collègues, concurrents, jaloux, courtisans ou frondeurs. Pas étonnant que 3 d'entre eux aient préféré la fuite plutôt que le face à face.

-La fuite provoquée suite à des actes de harcèlement que le Médiateur académique (le bras droit du Recteur)  comme les Syndicats  appellent  pudiquement " dégradation progressive des conditions de travail" (personne n'est visé.)  

- A noter dans le processus de mise à l'index, l'abandon progressif du fonctionnaire par ses collègues, par les syndicats et même par l'Autonome de solidarité.

- Quand on se retrouve seul avec le médecin de prévention ou l'Assistante sociale, les mots ont un sens et l'Expert psychiatre qui voit défiler le même scénario lors de ses consultations connaît déjà la fin: "le Congé Longue Maladie" renouvelable... mais le remplaçant est déjà là et personne ne s'en offusque, si, peut-être quelques élèves plus éveillés et lucides sur ce grand gâchis humain auquel ils seront peut-être confrontés demain....

Mais l'honneur et la réputation de l'Etablissement sont  saufs et les parents d'élèves pourront s'enorgueillir d'avoir un corps professoral exemplaire uni dans un esprit d'équipe autour de son Chef d'Etablissement qui rappelons le, ne les a pas choisis pas plus qu'ils ne l'ont choisi.

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 13:35
Tiens, on en reparle de ces heures  passées dans les transports et c'est l'occasion de montrer du doigt les employeurs, premiers responsables et les DRH qui mettent sur les routes les employés et fonctionnaires en toute impunité.
Combien de profs et instits jetés sur les routes à cause de Mouvements iniques et injustes basés sur un Barème syndical dont les points sont plus que discutables.
Exemple: s300 kms par jour pour une heure de cours, ou 250 kms pour 2 heures de cours réparties dans la journée, tel est le quotidien des profs de l'Académie de nantes, et pendant ce temps là la DRH , les Députés, les chefs d'Etablissement gèrent en dépit du bon sens le machin , le mammouth.
On voit les conséquences chez les Psys, les Assistantes sociales et les Médecins du travail.
Qu'importe !
Merci au Cabinet Technologia et au Parisien de mettre ce sujet à la Une....ce Lundi 8 février 2010 
 http://www.technologia.fr/manifeste-pour-l-amelioration-des-conditions-de-transport

http://www.leparisien.fr/transports/la-galere-des-transports-mine-la-sante-de-millions-de-salaries-08-02-2010-807721.php
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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 16:32
TAIRE LA MISE À MORT DU TRAVAIL  © FTV Pôle France 2
Questions à J.-R. Viallet
Dans l’esprit managérial, le collectif, c’est  le contre-pouvoir le plus puissant donc le plus inquiétant

L’US : Le 20 octobre dernier,Xavier Darcos, ministre du Travail a déclaré devant les députés « il y a pire que le stress au travail, il y a le stress au chômage ».Votre documentaire lui apporte un démenti cinglant.jean-robert-viallet.png
Jean-Robert Viallet : L’expression « stress au chômage » ne me semble pas très heureuse. Il y a plutôt une peur du chômage, une angoisse de l’avenir mais le stress est vraiment indissociable du travail. L’actualité nous le prouve. Il est le lot quotidien de milliers de salariés. Au départ du projet il y a une demande de Christophe Nick, le producteur, qui souhaitait poursuivre son travail documentaire sur les grandes fractures de la société contemporaine. Après la violence et l’école, le thème du travail s’imposait mais c’est un sujet difficile à aborder car les entreprises sont très fermées et contrôlées.
Notre volonté était de nous y installer, d’y rester longtemps pour y faire un travail de sociologie appliquée. Le deuxième pari de départ était cinématographique:comment filmer la banalité du travail en entreprise et en particulier dans le secteur des services ?
C’est le temps qui nous a permis de dégager des grandes lignes de forces et les mécanismes des techniques de management.
L’US : Tout autant que la souffrance au travail, votre documentaire nous montre un travail en souffrance.
J.-R. V. : C’est tout à fait le sens du titre du documentaire. Au fil des heures passées dans les entreprises, j’ai commencé à cerner les contradictions entre le discours managérial, qui est très pointu, psychologisant, manipulateur, et la réalité du terrain. J’ai alors compris que je tenais mon sujet. Il fallait décortiquer ces méthodes de gestion qui sont reproduites dans toutes les entreprises. Comme par exemple la logique de la prime par équipe.
On fait croire aux salariés à un « tous ensemble » mais derrière la prime au mérite se cache une manipulation qui fait de chaque salarié le surveillant de l’autre tout en augmentant la productivité. Ces constructions managériales, comme la théorie du client roi, sont extrêmement efficaces
et imparables. Elles minimisent le rôle du profit en mettant la satisfaction de l’individu au premier plan.
L’US : Un des objectifs de ces méthodes managériales c’est aussi d’isoler l’individu.
J.-R. V. : L’objectif est clairement de casser toutes les démarches collectives qui ont permis à travers l’histoire d’obtenir des acquis sociaux. Dans l’esprit managérial, le collectif, c’est le contre-pouvoir le plus puissant donc le plus inquiétant.
C’est collectivement qu’on peut refuser de se soumettre. Les entretiens individuels d’évaluation, les fausses promesses de travail en équipe ou de promotion n’ont qu’un seul but : isoler le salarié et produire de la solitude au sein de l’entreprise.
L’US : Ceux qui tentent de faire respecter le droit du travail comme les militants syndicaux ou les inspecteurs du travail se trouvent eux aussi particulièrement isolés.
J.-R. V. : Les salariés connaissent très mal leurs droits et vivent parfois l’arrivée d’un inspecteur du travail comme une menace 
individuelle. Cette méconnaissance s’explique aussi par le fait qu’il y a à peine un inspecteur du travail pour 10 000 salariés en France. Les salariés peuvent faire valoir leurs droits comme je le montre lors d’une séance aux prud’hommes, mais ils hésitent beaucoup à entreprendre cette démarche. Dans un contexte de chômage endémique et de crise économique, les rapports de forces sont très déséquilibrés et beaucoup de salariés préfèrent se taire plutôt que d’engager un combat.
L’US : Les syndicats sont peu présents dans votre documentaire et les quelques salariés syndiqués sont très exposés, ce sont des salariés sentinelles.
J.-R. V. : Des entreprises comme Carglass sont des structures jeunes qui pratiquent une forte mobilité interne et dont l’organisation est très éclatée. Il est
donc difficile d’y développer une action syndicale Mais plus largement, je crois que les organisations syndicales ont été très déstabilisées par les nouvelles formes d’organisation du travail.
J’ai l’impression que les syndicats sont restés performants sur les questions liées au droit des salariés, mais avec l’arrivée du toyotisme chez Fenwick, entreprise où les syndicats étaient pourtant bien implantés, ils ont été pris au piège. On leur a parlé d’ergonomie, de réorganisation des conditions de travail et on les a sollicités pour faire des propositions. Mais en réalité, produire mieux était automatique
ment associé à produire plus.C’est bien le seul et unique but. Il faut réussir à décrypter ces agendas cachés avec, en plus, des directions qui pratiquent le turn-over des managers afin de limiter au maximum le dialogue social.
Ces techniques sont parfaitement pensées

L’US : Avez-vous identifié des tentatives de reprise en main par les salariés eux-mêmes?

J.-R. V. : Il faudrait regarder les courbes du syndicalisme qui est la voie royale pour cela... La crise est tout compte fait du pain béni
.pour les directions des ressources humaines qui ont entre leurs mains un extraordinaire levier de pression comme les délocalisations. Comment peut-on espérer changer l’organisation du travail sans rééquilibrer les pouvoirs entre des salariés tenus par la peur du chômage et des actionnaires habitués au profit ? Ce qui m’inquiète aussi c’est de constater que des services publics comme l’inspection du travail sont eux aussi soumis à des évaluations individuelles. On est dans une société malade de la gestion, dans le délire du management alors que nous savons que ces méthodes d’évaluation sont en grande partie fausses car elles nient toute la dimension psychologique et créative du travail.
L’US : Quelles sont les retombées de cette série documentaire?
J.-R. V. : Les retombées du côté de la presse sont positives et France Télévisions a compris l’intérêt de ce documentaire dans le contexte actuel. Sur le forum Internet, nous avons un nombre records de connexions. J’ai l’impression que notre travail interroge, donne à penser et libère la parole. Je souhaite vraiment que les réseaux sociaux, les associations, les grandes écoles, les syndicats saisissent cette opportunité pour organiser des projections et des débats. ■
Biographie
Chef opérateur en documentaire et en fiction, Jean-Robert Viallet a travaillé, entre autres, aux côtés de Tony Gatlif et de Lars Von Trier sur Dancer in the dark. En 2005 et 2006, il a réalisé avec Mathieu Verboud "Les Enfants perdus de Tranquility Bay" et "Une femme à abattre", qui ont été primés.
Il est le réalisateur de la série documentaire "La Mise à mort du travail" qui sort en DVD le 18 novembre.
Portrait réalisé par Carole Condat
  (Supplément aun°685 US Magazine du 16 Octobre 2009)
______________________________________________________________________________________________________________
NDLR : Pas un mot bien sur sur le stress enseignant au Collège et au Lycée, on ne parle que du stress des élèves ou des apprenants.
 Que VIALLET vienne avec ses équipes faire un tour du côté de certains collèges de la banlieue nantaise ou de Montpellier par exemple et on verra si l'US osera publier un reportage "vrai" sur "l'entre les murs" et les techniques managériales des "petits chefs" qui ne se comportent pas différemment que ceux de l'entreprise privée.
"Seniors au placard" qu'on attend avec impatience de mettre dehors pour ne pas les remplacer. Main d'oeuvre inutile, béton fonctionnaire inamovible peu flexible et peu rentable dans une dynamique de projet qui servira à l'autopromotion des mêmes "petits chefs".

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 21:38
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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 12:22
Les DRH des Rectorats et Inspections Académiques oseront-elles suivre l'exemple de France Télécom ou laisseront-elles pourrir la situation des Fonctionnaires bringuebalés d'une académie à une autre ou d'une ZEP à une ZAC ? 
Jetés sur les routes et les périphériques et souvent  sur plusieurs bahuts au détriment de leur situation familiale, de leurs compétences, de leur formation et ce, avec la bénédiction des Syndicats qui couvrent ces Mutations, ils hantent les couloirs des Médecins du travail, des Assistantes Sociales et finalement les cabinets des Psychothérapeutes....
Oui, dans l'Education Nationale on oublie bien souvent l'individu, la personne puisque le sacro saint "Projet Educatif au service de l'enfant" et de lui seul, justifie cette politique inique.
Hélas, les Médias sont sourds à ces souffrances dans la Fonction publique ne braquant leurs projecteurs que sur le Privé.
Sans doute pour donner raison au Recteur de l'Académie de Montpellier qui déclarait que ces cas étaient marginaux et ne représentaient que 1% de ses effectifs enseignants !
Souvenons nous quand même du mot d'accueil d'un Chef d'etablissement de Nantes:
 "Vous n'avez pas demandé cet établissement mais sachez que moi non plus je n'ai pas demandé à vous avoir "
Et quelques jours plus tard:
" Vous avez demandé dans votre fiche de voeux des 6èmes et des 3èmes, je vous ai donné des 5è et des 4èmes et je n'ai pas d'explications à vous donner."
Quelques semaines plus tard :
" je confie les classes de 6è importantes pour mon projet à long terme or vous êtes amené à partir en retraite dans peu de temps..."
 (NB: Rentrée 2008: l'Agent est effectivement parti en retraite à 61 ans après avoir été écarté pendant une année scolaire pour non adhésion au projet collectif quant au Chef d'etablissement il ne verra pas l'aboutissement de "son" projet puisque muté à l'étranger auprès de l'AEFE (promotion pour bons et loyaux services.....!) 
http://www.la-croix.com/illustrations/Multimedia/Actu/2009/10/19/questionnaire-france-telecom.pdf
Stress au Travail : Forum dans Libération
http://www.liberation.fr/vous/0102596154-reaction-sur-stress-au-travail-temoignez
Forum sur Stress dans l'Education sur france 2
http://forums.france2.fr/france2/Education/facteurs-education-nationale-sujet_2330_1.htm
Lecture:

Marie-Françoise Bonicel

Consultante, Coach , Formatrice .
Maître de Conférences en psychologie sociale clinique IUT de Troyes
Responsable pédagogique des stages de communication en formation continue
Chercheur  du Laboratoire " Stress et société"
Membre de l'Institut ESPERE ( Jacques Salomé)
Diplômée de Sciences politiques et économiques
Docteur en Psychologie sociale clinique
 Recherches:
• stress dans l'Education nationale et dans les  secteurs de la santé et du social
Auteur de :
-Avec Nimier J. : " Le stress des personnels de l’Education Nationale" (in Stress et Société, 2002)
-"La formation des chefs d’établissements pour un  nouveau métier" in  Ouvrage collectif  - 
"Ecole : changer de cap .Pour une éducation humanisante". (2007)
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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 13:07
" Tout le monde peut se mettre en colère. mais il est difficile de se mettre en colère pour des motifs valables et contre qui le mérite, au moment et durant le temps voulus."
ARISTOTE , Ethique à Nicomaque.
Merci à Daniel Goleman de m'avoir ouvert les yeux par cette belle phrase en exergue de son livre: L'Intelligence émotionnelle 1 ( Robert laffont 1997)
Ma colère peut enfin éclater et se réprimer à la fois puisque parvenu à l'âge de la retraite alors que la hiérarchie a bougé , a été mutée vers l'étranger et que les blessures de la souffrance subie au travail sont refermées.

Si l'intéressée parvient sur cette page, elle se reconnaîtra et comprendra tout le mal qu'elle a fait autour d'elle par pur orgueil et arrivisme à tout prix, même celui de détruire ses subordonnés qu'elle a contraints, soit à la perte de d'estime de soi,soit à l'abandon, pas encore au suicide parce qu'un mince fil les rattachait encore à la vie.
Pour le première fois un Chef d'Etablissement outrepasse ses droits et invite un enseignant à se mettre en "Congé de Longue Maladie"...Nous attendons un rapport des Médecins du Travail, des Assistantes Sociales et des Comités Médicaux de la Sécurité Sociale sur ces dérives assumées mais coûteuses pour la collectivité.
Une DRH au Rectorat  totalement absente qui à Nantes comme à Montpellier, joue à l'autruche et évite les remous médiatiques, derrière des finasseries de Médiateur. A quand un vrai audit externe de ces DRH et de ces Médiateurs à la solde de l'Administration dont ils sont issus et qui font corps avec des Chefs d'Etablissements puisque pairs et membres du sérail des intouchables ?
La réponse édifiante de Christian Philip Recteur à Montpellier à la Gazette de Montpellier le 24 septembre pp13 est assez symptomatique: "Au maximum 1% des enseignants sont en difficulté"
Les collègues eux aussi se reconnaîtront qui ont su se taire ou ne pas se mobiliser n'ayant pas reçu de mot d'ordre de leurs Syndicats.
Les parents enfin, eux se reconnaîtront qui ont su de façon anonyme faire courir des rumeurs et ébranler une Administration lancée dans une course  au management pervers.
Les élèves, toujours laissés à l'écart , eux savent manifester leur reocnnaissance et leur fidélité même si on a su leur trouver très vite une remplaçante plus docile car moins expérimentée.

Je renvoie à l'accablant témoignage d'une "prof de merde" de Montpellier, Charlotte CHARPOT dont le titre provocateur: "Madame, vous êtes une prof de merde" ( Les éditions de l'arbre )
Des histoires invraisemblables au Collège Diderot de Nîmes puis au Collège de Castries enfin dans un établissement de Bruxelles.
Elle a été invitée le 26 septembre à 19h sur Canal + par Thierry Ardisson puis le mercredi 30 septembre sur France 2 dans l'émission de Guillaume Durand "L'Objet du Scandale"
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17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 14:16
IL y a un travail à mener autour de l'approche de la fin de carrière pour les enseignants salariés.
Un travail également auprès des Chefs d'Etablissements  pour les inciter à garder leur profs vieillissants puisque les employeurs ont souvent le réflexe de se débarrasser des seniors qui coûtent cher en fin de carrière par des Congés à répétition voire des enchainements de "Congés Longue Durée" faisant suite à un "Congé  Longue Maladie" (1 an) .
Les employeurs estiment aussi que ces Seniors n'apportent pas autant à l'Etablissement qu'un jeune dynamique, docile car fraîchement formé à l'IUFM.
On reconnaît les compétences du senior, enseignant chevronné et sa longue expérience sans le mettre en situation d'exercer ces mêmes compétences acquises.
 Là aussi, peut-être, une réflexion s'impose sur les  incitations et les aides à apporter aux employeurs pour les accompagner et les inciter à garder les employés plus longtemps doit être engagée.
On doit penser à des tâches d'accueil,d'accompagnement, de formation de tutorat plutôt que de pur enseignement. C'est ce qui se fait en Espagne, en Allemagne et dans de nombreux pays européens.
Ici on tue l'enseignant à la tâche et on lui alourdit son emploi du temps par des plages incohérentes compte tenu des conditions de transport et souvent sur quatre  niveaux pour certaines disciplines et le plus souvent sur un mi-temps ou tiers temps aménagé. 
Le nouveau Ministre Luc Chatel saura-t-il engager ce chantier pour les années à venir quand le "parc humain" Education Nationale va vieillir de plus en plus.
Ne pas les remplacer, passe encore, mais ne pas les accompagner vers leur sortie de carrière est  un manque de prévoyance en matière de Ressources Humaines. Un simple principe de précaution. 
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