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  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 15:31

Les pièces qui accompagnaient ce récit biographique écrit en 1815 en avaient été séparées avant son entrée à la bibliothèque publique de Nantes.

Dans la Correspondance secrète de Charette, Stofflet, Puy­saye, etc, tome t•,, pages 48, 49 et 50, est reproduite une lettre de F. Dubois aîné au général Charette qui fut trouvée dans le portefeuille de ce dernier, lorsqu'il tomba entre les mains du général Travot. On y lit ce passage.

Au camp, 16 novembre 1795.

TRÈS CHER GENERAL

« Je dois vous prévenir que toutes les paroisses de ma division ont été sommées de rendre les armes,sous peine d'être livrées au pillage ; et j'ai vu avec plaisir que tous les jeunes gens, quoiqu'en général tous partisans de la paix, se sont absolument refusés à remettre les armes. Je n'ai pu empêcher néanmoins que quelques mauvais fusils de chasse aient été rendus par les chefs de paroisses pour les exempter, du pillage; mais je puis vous assurer que la division n'a rien perdu de ses forces.

Pourrais-je vous laisser ignorer, cher général, que « je n'ai pu m'empêcher de réfléchir sur les avantages que pourrait procurer à notre pays une paix durable e et solide ; j'ai vu tous les habitants la désirer ; je l'ai désirée ; mais quoique j'ignore absolument les moyens secrets que vous pouvez avoir pour continuer la guerre, si l'honneur le commande, je suis prêt d'obéir".

Toute cette lettre d'un jeune chef de 23 ans donne une idée favorable de son caractère, mélange d'éner­gie et de sage modération. Une preuve de l'estime qui l'entourait se trouve dans le choix fait de lui pour sié­ger, en 1826, au tribunal militaire dont Hyacinthe de la Robrie réclama la formation pour statuer sur les accusations dirigées contre sa conduite à l'époque de l'ar­restation de Charette. Ce tribunal présidé par le Comte de Chalus comptait parmi ses membres Lucas de la Championnière et David des Norois. Il proclama l'innocence de la Robrie.

Félix du Bois de la Patellière tirait son nom d'une terre située dans la paroisse de Paulx, près de Mache­coul, où habitait sa famille et où il était né (le 17 février 1772), ainsi que son frère Jérôme, né le 17 septembre 1776.

Ayant épousé une jeune fille de la commune de Saint-Julien-de-Concelles (Loire-Inférieure), Mlle Mar­guerite-Marie Giraud (de la Chauvelière), Félix du Bois alla se fixer dans ce pays. La terre de la Patellière devint la propriété de Jérôme qui y mourut le 9 novembre 1853. Il s'était marié, le 18 prairial an XI (8 mai 1803), avec Mlle Renée-Rose Seigneuret. C'est une de ses arrière-petites-filles qui possède maintenant la Patellière.

Le gouvernement de la Restauration, pour récompen­ser les services militaires de l'ancien divisionnaire de Charette, lui donna la croix de chevalier de Saint-Louis et l'anoblit en 1817.

Pol de Courcy, dans son Nobiliaire de Bretagne (2e édi­tion, tome 1er, page 81) décrit ainsi ses armoiries : D'a­« sur à deux épées d'or en sautoir, accompagnées en chef ci d'une croisette d'argent et en pointe d'une tige de lys de e même ; au chef d'argent chargé d'une charette de sable

Félix du Bois depuis son mariage habita une propriété de sa femme, le Bois-Malinge, commune de Saint-Julien de Concelles, et c'est là qu'il s'éteignit le 26 aout 1834, à l’âge de 62 ans.

Il était le grand-père de M. Henri du Bois de la Patellière, actuellement maire de Saint-Etienne de Mont­luc (Loire-Inférieure), qui a publié deux volumes rem­plis de documents précieux, sous le titre de Notes historiques sur quelques paroisses du diocèse de Nantes.

Félix du Bois, que les historiens de la Vendée ap­pellent Dubois aîné et qui signait souvent ainsi pendant la Révolution, a raconté lui-même son existence durant cette terrible guerre. Son manuscrit autographe existe encore à la Bibliothèque publique de Nantes, dans la collection Dugast-Matifeux.

Il est intitulé « Précis des événements qu'a éprouvés a M. Félix Dubois de la Patellière, chef de la division de Ma­checoul, et de ses services militaires dans la guerre de la Vendée.

J'en donne ici le texte complet.

« Né en 1772, près de Machecoul, dit-il, j'avais fini mes études et je travaillais dans une maison de com­merce à Nantes, lorsqu'au mois de mars 1793, le peuple vendéen, indigné du massacre de son Roi, se souleva par un mouvement général et commença cette lutte si inégale, mais si glorieuse par les efforts et la cons­tance qu'il déploya pendant trois années consécutives contre les forces toujours renaissantes d'un grand empire.

Mu par les mêmes sentimens que mes compatriotes, je brûlais d'être avec eux et de partager leur élan ; mais je fus longtems sans pouvoir tromper la vigilance des poste« établis pour la garde de la ville et en inter­rompre la communication avec les pays insurgés.

Ce­pendant le 2 du mois d'août, m'étant ménagé une in­telligence avec un batellier de Chantenay, je passai la Loire sous la volée des canoniers et fus rejoindre, à Legé, le général Charette. Ce brave chef me reçut avec d'autant plus de bonté que mon jeune frêre, alors âgé de 16 ans, combattait à ses côtés depuis les premiers jours de l'insurrection et qu'il connaissait notre dé­vouement à la cause sacrée qu'il défendait avec tant de gloire. Mon début dans les armes fut la malheureuse affaire de Luçon, puis celle de la Roche-sur-Yon etc. Ce fut quelques jours après que le général, voulant me donner une preuve de son attachement et de sa confiance, me conféra le commandement de la première compagnie de ses chasseurs. Je soutins en cette qualité les retraites de Legé et de Montaigu, lors de l'irruption de l'armée de Mayence dans la Vendée. Je contribuai à son anéantissement dans les glorieuses batailles de Torfou, Montaigu et Saint-Fulgent. En­fin après ces trois journées si funestes à nos ennemis, je fus envoyé par le général à Cholet, pour affaire de service auprès des généraux de l'armée d'Anjou: Je fis pendant mon séjour dans cette ville la connaissance des principaux chefs de cette armée, et mes relations m'ayant gagné les bonnes grâces de M. de Bonchamps, je voulus répondre à la bonne opinion qu'il avait de moi, et le suivis à Châtillon où je combattis sous ses yeux. Après cette affaire d'abord brillante par la défaite d'une armée nombreuse et aguerrie, puis malheureuse par la retraite précipitée que nous y fi mes et où nous perdîmes beaucoup de monde, je revins à Cholet et y demeurai quelques jours. Cependant le pays occupé par le général Charette se trouvant envahi par l'ennemi, et nos com­munications avec lui interrompues, je m'attachai à l'ar­mée d'Anjou et combattis aux affaires de Beaupréau, Cholet et Saint-Florent où je passai la Loire avec mon frère qui venait de me rejoindre, et nous fîmes ensemble la campagne d'Outre Loire, combattant tou­jours aux premiers rangs et recevant souvent des té­moignages d'estime de la part des principaux chefs de l'armée. Les revers que nous éprouvâmes au Mans, après 40 jours de combats, ayant ramené nos dé­bris sur les bords de la Loire à Ancenis, je fus de ceux qui ne purent rentrer dans la Vendée. Le hasard m'ayant conduit dans une ferme auprès de Nantes, j'a­vais le plus grand désir de rejoindre mon ancien géné­ral. Je fis pour cela différentes tentatives qui furent toujours infructueuses. Enfin lassé de mon inaction, je conçus le projet d'aller avec mon frère rejoindre les princes à l'étranger, et nous primes le parti de filer sous un faux nom et avec le costume de paysan, vers les frontières de France. Nous nous promettions de l'exécuter avec d'autant plus de facilité qu'on condui­sait alors aux armées la masse de la première réquisi­tion, et qu'il était aisé pour des jeunes gens comme nous de s'y glisser. Je pris donc le nom de Jacques Clouet, et me confondant avec ceux qui devaient être mes ennemis et dont plusieurs m'eussent reconnu sans mon déguisement, j'arrivai vers le mois de mai à Stras­bourg. Je fus enrégimenté dans le 11è dragons et en­voyé à Saverne ; mais je ne restai que quelques jours au dépôt, et, poussé par le désir de me trouver plus promptement aux avant-postes pour y exécuter le pro­jet que je nourrissais dès mon départ, je demandai à re­joindre l'armée. J'arrivai bientôt aux premières lignes devant Manheim. Toujours occupé de mon projet, j'a­vais pris jour avec quelques camarades du régiment que j'avais gagnés pour opérer notre désertion, lorsque je reçus la nouvelle accablante que mon frère qui avait couru la même chance que moi, et qui, sous le faux nom de Jean Lefebvre, était en dépôt de Besançon dans le régiment de chasseurs à cheval, venait d'y être reconnu et arrêté. Ce jour-là même il devait arriver à son régiment qui formait, ainsi que le mien, la première ligne, et nos dispositions étaient prises pour fuir ensemble une terre que nous voyions à chaque instant s'ouvrir pour noua ensevelir.

Mon amitié pour mon frère, qu'une conformité de malheurs et de hasard a toujours rendue indissoluble, me retint malgré l'imminence du danger que je courais moi-même. Je devais d'autant plus le redouter que je venais de recevoir l'avis anonyme que j'étais recherché et que je n'avais que peu d'instants pour me sauver. En effet disposé à tout braver, plutôt que de fuir sans mon frère, j'avais pris mon parti, lorsque je fus saisi, chargé de fers et conduit de cachots en cachots jusqu'à Paris où j'arrivai dans les premiers jours de septembre.

Déposé à la Conciergerie, quel fut mon étonnement et ma joie lorsqu'au milieu d'une foule de prisonniers j'y distinguai mon frère qui m'avait précédé de quelques heures ! Nos transports pendant un instant nous firent oublier dans quel lieu nous étions, mais notre position nous parut de plus en plus effrayante, lorsque nous vîmes chaque jour le nombre des victimes qu'on pre­nait parmi nous et que tout nous portait à croire qu'un semblable sort nous était réservé. Accoutumés dans les combats à braver sans aucune émotion la mort et ses approches, nous en vîmes les horreurs avec quelque frayeur ; cependant surmontant l'accablement où cette affreuse perspective nous plongeait, nous songeâmes à éviter le danger présent, et pour le reculer et nous faire oublier en quelque sorte, nous nous fîmes transférer à l'hospice des prisonniers alors à l'archevêché, assurés d'y trouver-la maladie et peut-être une mort plus douce que celle qui nous menaçait.

Nous passâmes ainsi l'hiver de 1794. à 1795, et des événemens que nous étions loin de prévoir ayant ap­porté des changemens dans le gouvernement qui nous furent avantageux, nous subîmes un jugement au tri­bunal révolutionnaire et obtînmes notre liberté. Mais on voulait nous faire rejoindre les corps dont nous sortions et nous renvoyer aux frontières. Cependant nous solli­citâmes un congé de 20 jours, sous le prétexte de venir à Nantes mettre ordre à nos affaires, mais bien plutôt pour pouvoir rentrer dans notre chère Vendée. Nous la rejoignîmes donc cette chère patrie, mais ses ruines fumaient encore, et quoiqu'elle jouit alors de quelque repos par suite du traité de pacification conclu entre Charette et les représentants du Peuple, il était facile de prévoir qu'il ne serait pas de longue durée. La Ré­publique, au lieu de remplir les conditions souscrites, ne cherchait qu'à surprendre les chefs vendéens et à diviser les généraux. On voulut traiter en vaincu un peuple qui, fier de sa valeur et de ses succès, était loin de céder à la force. Tous les jours on lui proposait quelque lâcheté et chaque fois on l'irritait davantage.

Ce fut dans ces circonstances que j'arrivai au sein de ma famille. J'y étais à peine depuis quelques jours que M. Charette, voulant se mettre en mesure contre les agressions méditées par ses ennemis et donner à ses troupes des chefs- qui eussent sa confiance, m'envoya chercher et me conféra le commandement de la divi­sion de Machecoul.

J'étais à peine installé dans ce nouvel emploi que nous fûmes obligés de courir aux armes et que la guerre écla­ta dans la partie commandée per Charette. Nos ennemis avaient réussi à détacher momentanément Stofflet de la cause commune, afin de nous écraser les uns après les autres. Nous devions succomber, mais notre cause nous en faisait un devoir, et notre résistance devenait encore glorieuse si toutefois elle fut inutile.

Je me préparai aux combats et, voulant répondre à la bonne opinion qu'avait le général de mes sentimens et de ma bonne volonté, je le rejoignis avec ma division et l'accompagnai au combat des Essars qui fut notre première affaire depuis la reprise des hostilités. Je le suivis ainsi dans plusieurs occasions. Cependant obli­gé de le quitter pour venir dans mon gouvernement en chasser quelques partis qui y avaient pénétré, j'étais occupé de ce soin lorsque le 21 juillet, sachant qu'un corps de 200 grenadiers s'était porté dans la forêt de Ma­checoul et menaçait mon quartier général, je marchai de suite à sa rencontre avec quelques chasseurs à pied et une trentaine de cavaliers et lui livrai un combat qui le mit dans une déroute complète. Je lui fis une quin­zaine de prisonniers et ordonnai de le poursuivre jus­qu'à son cantonnement d'où j'avais l'intention de le dé­busquer quelques jours après. Mais outre que mon che­val venait d'être tué sous moi, j'avais reçu moi-même une blessure grave qui me força de quitter ma divi­sion pour chercher une retraite plus sûre pour me faire guérir. Je me retirai chez M. de Goulaine qui parta­gea avec moi la seule chambre qui lui restait et me donna son propre lit. J'avais fait au général le rapport de cet événement ; il eut la bonté de me donner quelques louis pour remplacer mon cheval, et ordonna au chirurgien Favreau, qui était de service à son quar­tier général, de me venir joindre et de ne pas me quit­ter jusqu'à parfaite guérison. Je fus retenu sur le lit

pendant environ quatre mois ; alors, mes forces me permettant de me faire mettre à cheval, je rejoignis encore le général et combattis en plusieurs rencontres.

Cependant vers le 20 du mois de décembre, le besoin de repos que nécessitait ma blessure et la permission que j'en obtins du général me ramenèrent dans ma di­vision. J'y fus accompagné par M. de Couétus, général en second de l'armée, qui, m'honorant de son amitié, désirait également prendre quelque repos et choisit pour cet effet ma maison. Nous y étions à peine que nous recùmes l'invitation de nous rendre chez M. de l'Epinay-à sa terre du Clouzeau.

Quelque précaution que nous primes pour y arriver, notre séjour chez cet ami fut connu du commandant du poste de Challans qui nous y fit surprendre par un détachement sorti de nuit et se hâta de nous livrer à une commission militaire avec deux autres chefs qu'il avait pareillement surpris. Une condamnation à mort fut le résultat de notre jugement, mais l'état où m'a­vait mis ma blessure, la fermeté de mes réponses et des moyens de défense que j'employai plutôt pour mes camarades que pour moi, firent naître en ma faveur dans le coeur de quelques-uns des militaires qui composaient la commission un intérêt que j'attribuerai toujours à la divine Providence qui m'inspirait et voulait me sauver. Un d'eux présente une proclamation signée de moi, qui défendait sous peine de mort les assassinats sur les grandes routes, et fait valoir en ma faveur quelques traits d'humanité. Ils vont aux voix une seconde fois, et la peine de mort est remplacée par là détention jus­qu'à la paix générale. Je m'attendais à mourir et l'eusse préféré mille fois à la douleur de survivre à mes infor­tunés compagnons. Je ne pouvais me séparer du mal‑

heureux M. de Couétus ; il fut arraché de mes bras, con­duit à cinquante pas et assassiné à coups de bayon­nettes le 28 décembre 1795, six jours après avoir quit­té Charette.

Pour moi, détenu pendant quelque temps à Challans, je fus bientôt après mis en route pour Saumur où je gardai la prison pendant environ un an. C'est de cette ville que je m'évadai avec quelques autres Vendéens au mois de décembre 1796. J'errai pendant quatre mois dans la Vendée ; enfin j'obtins, par le moyen du géné­ral de Sapinaud, un sauf-conduit de la part des géné­raux qui commandaient le département et je fus mis en surveillance dans ma municipalité. J'ai depuis été poursuivi au dix-huit fructidor et obligé de me ca­cher pendant quelques mois. J'ai toujours conservé les mêmes sentimens d'amour et de fidélité pour mon Roi, et, si depuis la guerre de la Vendée je n'ai pas eu le bonheur de lui être utile, personne du moins ne pourra me faire le reproche fondé d'avoir démérité aux yeux des véritables Royalistes. Je ne crains point la censure la plus sévère sur ma conduite publique et privée. Mon frère, dont le sort a si longtemps été lié au mien, e combattu auprès de Charette jusqu'à la prise de ce gé­néral et n'a fait sa soumission que quelques jours après.

Cy-joint un jugement du tribunal révolutionnaire de Paris, un congé de la Commission de l'organisation des armées de terre et un jugement de la commission mili­taire de Challans, servant à l'appuy des faits articulés dans l'exposé cy-dessus.

Certifié exact et sincère par moi soussigné.

(signé): Félix Dubois,

chef vendéen.

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Chevrel 24/09/2013 22:53

http://shenandoahdavis.canalblog.com/archives/2013/06/11/27379761.html

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