" Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
Alors que se met en place, au pas de charge, un régime personnalisé, autoritaire, méritocratique, méprisant pour le dialogue social et la dignité humaine, Sud éducation s'engage, plus que
jamais, dans le combat contre la hiérarchie. Refus de l'injustice, de l'arbitraire, du secret, respect de l'individu, collégialité, démocratie restent ses principes.
Ordre, cajoleries et efficacité
Dans l'éducation, la hiérarchie est établie par des statuts pyramidaux : Ministre, Recteurs, Inspecteurs d'Académie, Inspecteurs pédagogiques, Proviseurs, Principaux... D'autres pouvoirs sont consacrés par l'usage, directeurs d'école ou conseillers pédagogiques. Les Tos, les ATSEM, les aides-éducateurs et les salariés à statut précaire occupent, de fait, le bas de cette échelle. Mais, s'il n'existe pas de hiérarchie sans volonté de s'imposer, elle ne fonctionne pas sans la soumission de ses assujettis. Cette adhésion du dominé passe souvent par «l'achat» de cette indignité.
Ne voit-on pas souvent les individus «méritants», les courtisans zélés, voire les mouchards, comblés des récompenses les plus variées. Les meilleures conditions de travail, d'horaires, de
carrière, les promotions discrétionnaires, les titularisations, les primes ne leur sont- elles pas
attribuées en priorité ? Leur justification n'est-elle pas l'efficacité engendrée par le bon
fonctionnement des services ?
«Sans hiérarchie, pas d'efficacité, pas de fonctionnement rationnel».
¨ La hiérarchie nuit à la à la probité, à l'éthique et ruine la dignité en favorisant l'autoritarisme, voire le despotisme, le harcèlement et le clientélisme. Elle encourage les pathologies qui se nourrissent de ces comportements.
La lutte contre la hiérarchie est cruciale pour l'instauration d'une éducation démocratique au service de la population et surtout des plis démunis.Le système hiérarchique sacralise les principes d'autorité et de subordination au service de la notion d'ordre. Curieusement le terme «hiérarchie» n'apparaît qu'en 1332 dans le vocabulaire français. 11 puise son origine dans le latin médiéval, sur des racines grecque, alors que la Grèce antique l'avait ignoré. Démocratie et hiérarchie seraient-elles incompatibles ? C'est le système féodal, avec ses rapports de subordination, qui l'impose dans le cadre du développement du pouvoir royal. C'est donc une réalité ancienne, étendue à l'ensemble de la société et, bien sûr, très développée dans notre système scolaire. Mais comment cette «merveilleuse» machine sociale s'organise-t-elle et se justifie-t-elle ?