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  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
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3 mai 2021 1 03 /05 /mai /2021 14:27

Ce titre provocateur il est vrai fait référence aux Dix ans des Guignols de l'Info aujourd'hui moribonds et retweetés ici ou là ou en mode replay sur Youtube. Toute leur vivacité et leur insolence n'a pas pris une ride dans le contexte actuel pré électoral.

Mais revenons à ce qui fait le quotidien d'un habitant du #Clapas en mode confinement depuis un an , ainsi désigne-t-on la métropole endormie d'une bouillonnante Occitanie restée dans les mains des cénacles socialistes à la mode Rabelaisienne où s'écharpent "les hypocrites, bigots , matagots, marmiteux boursouflés que l'on a vu s'invectiver, fustiger et persifler" lors des Municipales de juin 2020 et qui reprennent du service pour les Cantonales et Départementales avec l'indéboulonnable Kléber Mesquida Seigneur ou saigneur de l'Hérault disent les mauvaises langues de @Mesquidout..Tout cela sent le cassoulet de Castelnaudary et comme dirait De Gaulle :"les petites soupes sur les petits feux"

J'avais rédigé des chroniques du piéton de Paris, puis de Buenos Aires, de Montevideo , de Lima et de Cartagène de las Indias et me voilà poussé à transcrire les chroniques de dix ans d'un piéton du Clapas, moins colorées, moins exotiques et plus acides. Il faut dire que l'insécurité culturelle qui gagne chaque jour du terrain en lisant les chroniques de JC Aubert (ex Agglo reconverti en faits Divers sur Metropolitain) , ou les entrefilets plus laconiques du MidiLibre de Montpellier par Yann Marec ou Olivier Biscaye vous invitent être prudent dans les rues sombres passé le couvre feu de 19h toutes terrasses éteintes. Je me souviens être allé dans un théâtre des quartiers nord Jean Vilar ou Beaux Arts Tabard  écouter Annie Lebrun au milieu  de ses fidèles adorateurs et m'être remémoré cette phrase de Tristan Bernard " Venez armé car le lieu est désert "; aller en tramway au Domaine d'O écouter une amie Rebecca Finet est une expérience et le retour vous laisse vers minuit des souvenirs mitigés... On passera sur les mésaventures du Théâtre National des  Treize Vents au Parc Gramont confié au Sergent Rodrigo Garcia qui exécutait des homards vivants sur scène et autres happenings picaresques dont j'avais pu apprécier il y a 50 ans à Nantes son Dieu et inspirateur espagnol Fernando Arrabal puis Armand Gatti à Avignon. (j'ai chroniqué ici sa prestation calamiteuse qui lui a valu son éviction)

Si le coeur vous en dit, la Gazette de Montpellier  ( toujours friande d'annonces insolites dès le Mercredi) signale qu'on donne des lectures dans une boulangerie de la Paillade dans l'esprit des Arabesques et parents et enfants y dégustent les pâtisseries orientales faites maison.

Si vous avez opté pour la randonnée de 11 kms vers les plages de Maguelone ou de Palavas, sachez qu'il vous faudra lutter avec les engins électriques et les marathoniens en tous genres, adeptes du forcing : personne ne doit entraver leur performance entre Lattes et Antigone:  timing oblige ! Les marcheurs parlent peu et tiennent aussi la cadence quelque soit leur âge et forme physique. Reste aux piétons du bord du Lez à s'exclamer sur ce bel Eurasier ou ce ShowShow entre des centaines de York et Chihuahuas en veillant à leurs déjections nombreuses. J'ai pu en faire l'expérience en promenant mon Labrador dans sa poussette lors de sa fin de vie entre le Parc Méric et son Centre de balnéothérapie de Près d'Arènes.

Rester regarder les enfants dans les parcs aménagés du Port Marianne c'est connaître les horaires où le "vivre-ensemble" prôné par les municipalités écolo-socialistes, n'existe pas : à chacun sa tranche horaire et ses coutumes.Le français y est incongru et l'arabe dialectal marocain très prisé dans les bars à chichas , sauf en période de Ramadan où le bassin Jacques Coeur a des allures  de Jardin des Tuileries .

Les pique niques de l'Association de Quartier Port Marianne montrent bien que la mixité là encore ne s'est pas opérée et que le woke et la cancel culture ne passe , pas pas plus que le verre de Sauvignon

Ceux qui profitent le plus de cette métropole polyglotte et festive sont sans compter les étudiants qui désertent le vendredi soir pour retourner en  famille en Lozère ou dans les Cévennes, et surtout les étudiants Erasmus de toute l'Europe et quelques étudiants en FLE que j'ai pu héberger en AirBnB d'Amérique Latine , d'Asie ou de Scandinavie.On les croisait jadis à l'Espace Jacques d'Aragon où des Assos comme Théavida promeuvent les échanges linguistiques et culturels. Le souvenir que leur laisse Montpellier est surtout un sens de la fête dans les discothèques aujourd'hui fermées comme la Villa Rouge ou DanceFloor de la Grande Motte.Même les Maisons de Quartier soigneusement subventionnées et  encadrées par la Municipalité  accueillent des cours de danses pour seniors et des soirées colombiennes ou mexicaines comme partout ailleurs. Les résultats PISA de l'Université Paul Valéry ne valent pas qu'on s'y éternise tant l'atmosphère y est peu propice à la recherche et aux performances. Le télétravail a sûrement changé la donne .

Les soirs d'été approchant et le couvre-feu élargi en juin à 23h verra les Milongas de l'Esplanade et la terrasse de l'Insensé s'animer les vendredi d'après Ramadan pour quelques happyfew qui étalent leur grâce provinciale dans un cercle de l’entre-soi où se saluent le Juge, l'Avocat, le Chirurgien et la Baronne de Caravète. Si vous voulez profiter de l'esprit Tangolero que vous avez connu à San Telmo , essayez l'esplanade des Droits de l'Homme où des étudiants latinos ou lozéro-cévenols vous accueillent et vous invitent pour le simple plaisir sur des pistes bien choisies. La majorité restante se contentera des Estivales et de leurs beuveries occitanes où même un ami chinois de Shangaï trouva les crus au verre fort médiocres.

Mais me direz vous quelle insécurité culturelle dans tout cela: la description bon enfant des vagabondages du piéton du Clapas semble une promenade de santé au soleil et pour peu qu'on y retrouve les ami.e.s marocains, brésiliens, colombiens, chiliens ou estoniens... rien ne laisse entrevoir le climat d'insécurité propre à toutes les métropoles que nos élus se gardent bien de commenter. Il aura fallu la visite du Président à la Paillade pour que la presse nationale découvre que les "petits Pierre" ont déserté vers le sud et que les mères de la Mosson et de Celleneuve étaient déjà venues réclamer plus de mixité sociale sous les fenêtres de Philippe Saurel. Rien n'a changé et si le duo Nicollin Delafosse déplace le Stade vers l'Avenue de la Mer : (enjeu stratégique déjà sous Georges Frêche pour un Tramway indésirable vers les plages,) les problèmes resteront à ciel ouvert et à fleur de peau entre Perpignan, Béziers, Nimes et Marseille sur des trafics bien établis qui pèsent sur l'insécurité dont le Maire actuel se veut le plus résolu des adversaires ( prenant bien soin de renvoyer comme ses collègues la responsabilité vers l'Etat protecteur qui n'a rien fait et joue la carte de la décentralisation des pouvoirs) .

Un autre regard pourrait être porté, plus optimiste, plus bienveillant , moins amer et moins critique, mais il suffit de lire le courrier des lecteurs des quotidiens régionaux et nationaux consacrés à cette ville sans compter les réseaux sociaux très attentifs au quotidien et au bien être de ses habitants, pour mesurer que la tâche est immense et que comme je le notais plus haut, que cette Surdoué n'a pas encore trouvé les élus qu'elle mérite peut-être. La faute à son entrisme et à son chauvinisme dans le sport et son manque d'ouverture face à la ville rose qui lui a ravi son destin et dont elle a beaucoup de mal à se relever . 

 

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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 13:56

Il est un adage qui veut que l'amour dure 7 ans selon Beigbeder, mais pour ma part c'était plutôt 6 ans pour les contrats à l'étranger fixés par une Lettre de Mission en bon et dû forme acceptée rue La Pérouse et confirmée lors de la prise de fonction en poste à l'Ambassade ou au SCAC. Et cela pendant presque 30 ans avec des retours dans l'administration à savoir l'Académie d'origine à l'Administration centrale pour les plus chanceux avec l'indice de corps afférant.

En ce qui concerne les affectations en Amérique, en Afrique ou en Europe, il est demandé au candidat de se conformer aux us et coutumes du pays d'accueil et de pratiquer l'interculturel et l'ouverture linguistique qui va avec. On est prié de laisser derrière soi ses schémas de pensée technocratiques, religieuses ou philosophiques emmagasinées à l'ENS de Saint Cloud pour s'ouvrir à la culture de l'Autre. Ce condensé m'aura permis de diffuser quelques préceptes basés sur mes acquis à la Sorbonne3 dans un Diplôme de Didactique des Langues et des Cultures en Europe illustré par mon  vécu d'expat missionnaire (comme on disait sous la IIIè République quand fut créée la Mission Laïque pour contre balancer les Missions religieuses en Afrique au Levant et en Asie) C'est ainsi que je fus invité par les universités de Lexington (Kentucky) Santiago ( Galice) Windhoeck ( Namibie) et bien sûr nul n'est prophète, à Nantes et au Mans dans un cours de Master Pro sur les Stéréotypes interculturels dans l'apprentissage des langues en Europe.

Alors 3 ans ou 6 ans à travers le monde au gré des régimes politiques de Pompidou en 1972 à Mitterrand en 1981 puis Chirac en 1995, le temps de pratiquer les aimables partenaires locaux et de laisser sa marque éphémère dans un Institut ou Centre Culturel, dans un Projet d'appui au français , ou une Coopération éducative balbutiante, et l'heure de la retraite sonne . C'est alors que certains se refusent à décrocher et restent en local pour jouir des bienfaits du néocolonialisme ambiant au sein d'une ONG ou dans des missions d'expert européen avant que le Ministère de la Coopération puis des Affaires Etrangères enfin de l'Agence Française du Développement ne leur signifie que le jeu a assez duré.

Voilà comment après des allers retours à travers l'Europe où j'avais conservé des amitiés musicales et culturelles, je me suis retrouvé sur ce quai de Cythère à Montpellier en bordure du Lez d'où je vous écris à à présent.

En 2011, celui qu'on appelle  "l'Impérator" est encore là et vit ses derniers jours de gloire depuis son Château en l'Hôtel de Région au coeur d'Antigone  tout comme le Surintendant à la Musique qui lance ses derniers feux sur l'Orchestre National de l'Opéra de Montpellier qui ne deviendra que l'ombre de lui même avec des successeurs dont je reparlerai plus loin.

La traditionnelle grand messe des nouveaux arrivants a lieu au Corum en présence de Madame la Maire Hélène Mandroux (devenue Honoraire) entourée de son équipe socialiste. On vous remercie d'avoir choisi la Surdouée comme on l'appelait alors et on vous gratifie de discours pleins de promesses. Le globe-trotteur que je suis croit à des jours heureux dans cette capitale régionale de Septimanie où il ne connaît personne comme nombre de nouveaux arrivés regroupés par grappes autour des petits fours et du vin du Pic St Loup. 

C'est après que le "nouveau" déchante. Ou bien il intègre les centaines d'Associations subventionnées par la Municipalité ou l'Agglo présentes lors d'une Journée faste sous un soleil généreux , ou il s'inscrit à toutes les conférences de l'Université du Tiers Temps qui réunit quelques nostalgiques des architectures religieuses ou mythes grecs présents dans son quartier avec les copies de Poséidon , Diane, Vénus d'Arles et Samothrace ou bien il caracole dès tôt le matin vers la Gardiole ou la Matelle et escalade le Pic St Loup avec des trekkeurs entrainés et peu loquaces. On lui a dit qu'il ne fallait sous aucun prétexte manquer les rendez-vous incontournables sur la Culture méditerranéenne:  Cinémed , Fête du Livre et Festivals de Danses orientale ( en hommage aux migrants) ou Festival Arabesque (pour la clientèle marocaine....) Les deux premières années sont donc consacrées au terrain où personne ne se parle et où la vieille gauche radicale toise l'intrus.

Mes "acquis de l'expérience" comme on dit aujourd'hui auraient dû me pousser vers le Département FLE de l'Université Paul Valéry mais là l'accueil est mitigé et on  n'est pas trop pour le mélange intergénérationnel, chacun à sa place et mon parcours interculturel semble gêner l'entresoi. Les chorales occitanes et revival pullulent ici et n'ont pas besoin de chef de choeur en leur Maison où se côtoient tous les styles et tous les âges. Je comprends vite qu'Il faudra donc  prendre ses quartiers d'hiver ici et ses quartiers d'été ailleurs...

N'étant pas Baron de Caravète depuis 3 générations comme le nouveau Maire et Président de la nouvelle Métropole issu du sérail du grand Georges Frêche récemment décédé à son retour de Chengdu (Chine), je dois trouver des réseaux constitués mais la tâche s'avère difficile comme me l'a confié une parisienne qui a dû lutter pour pénétrer RadioAviva et le Centre Communautaire puis la Maison de la Poésie squattée par des locaux.  Bonne chance et surtout patience. Après dix ans , et deux années blanches de Covid9 où toute activité sociale est impossible, il était temps de faire le bilan.

Quand en 2020 on pense à réélire un nouveau Maire, on pense à celui qui venait de renverser la table des partis et des groupuscules du mundillo montpelliérain : mandat vécu comme un échec pour certains à cause de problèmes relationnels avec les autres Maires de l'Agglo et ses administrés. Un autre va lui aussi déclarer renverser la table et se jouer des alliances pour rétablir la socialie avec les écolos les communistes et les progressistes de tout poil. C'est à ce moment que je suis appelé pour constituer les propositions Culture avec l' outsider milliardaire syrien Mohed Altrad.

Deux mois d'intenses préparations et d'échanges fructueux avant le volte face de juillet 2020 où le candidat face à Philippe Saurel et Michael Delafosse (tous deux anciens compagnons de route et disciples de Frëche), anciens adjoints de  Mandroux à l'Urbanisme et à la Culture successivement ) aligne ses cartes et veut lui aussi renverser la table avec les Insoumis , quelques écolos, un clown animaliste Gaillard et les NoussommesMontpellier !

Cet attelage improbable ne séduit pas les montpelliérains frileux et peu enclins au changement qui lui préféreront le bon vieux socialisme radical incarné par un ancien de l'UNEF rallié depuis à Hidalgo et aux pires des Ecolos (suite à la Rencontre de Tours Aout 2020) sur un programme laîcard que je réprouve  tant il est à double tranchant. Voir une adjointe à l'Education et une adjointe aux Cultes s'afficher à la rupture du Jeûne de Ramadan à la Mosquée Averroes est un mauvais signe envoyé aux militants socialistes et athées.

Mais puisque les réseaux sociaux semblent faire la loi face à une presse locale inféodée à la famille Baylet (radical socialiste et peut-être SFIO depuis 3 générations) je m'efforce de suivre les fils d'actu tant de l'AggloRieuse, de LengadOc, du MidiLibre et de la Gazette sans oublier des blogs comme Lokko.fr ou LePoingMontpellier ayant depuis longtemps fui les radios locales comme RadioAviva communautariste et associative, très éloignée de l'esprit des RadioLibres.

Une place à part doit être faite à l'initiative du Blog de Montpellier Histoire et Patrimoine tenu de main de maître par Fabrice Bertrand grand spécialiste et passionné de l'histoire locale qui nous abreuve d'anecdotes, d'archives, de reportages et de sorties de terrain à travers une ville rêvée, idéalisée dont on admire les vestiges.

Elle est ce que l'Histoire a faite et sublimée par le visionnaire Georges Frêche et son architecte urbaniste catalan Ricardo Boffil. Les commentaires du Blog sont assez éloquents, tous laudatifs et émerveillés par la connaissance de son animateur, ils reflètent la mémoire des habitants du cru et la curiosité des autres qui se sont greffés peu à peu sans forcément s'y intégrer. Il est déconseillé depuis un an de critiquer la politique en cours et les sujets qui touchent au programme du Maire Président sont résolument censurés depuis que Fabrice est rentré dans l'équipe municipale.

Qui s'y frotte s'y pique .  Quelle indépendance perdue !

On peut espérer que la reprise des activités culturelles dès cet été 2021 redonnera un semblant de lustre à cette ville endormie. Personne ne remplacera le tandem Frëche/Koering lorsque je découvris avec France Musique les Concerts et MasterClasses d'Aldo Ciccolini  au Corum et France Culture avec les Rencontres de Pétrarque de Finkielkraut. En qualité d'Agent artistique depuis 10 ans, aucun musicien n'a pu pénétrer la camarilla de l'Orchestre Opéra (National, excusez du peu...) jalousement gardé par la Duègne de Lorraine qui a totalement épousé la politique municipale et régionale et surtout ses subventions et prodigalités pour un maigre résultat il faut l'avouer. la Cour Régionale des Comptes a pointé les dysfonctionnements amenant la Municipalité a nommer un ancien Préfet au Conseil d'Administration pour éviter les dérives et dépassements....C'est dire... Depuis, omerta sur le Corum, on ne communique plus et la presse est priée de se taire.

Toulouse offre d'autres perspectives du côté du Capitole et les rencontres annuelles à Aix (Accord Majeur) , Berlin (Fevis) ou Paris (FranceFestivals) n'évoquent que rarement les Artistes en résidence à l'OONM comme les Ombres, Hervé Niquet, Nathalie Stuzmann et l'avenir du recrutement par tirage au sort (sic) n'annonce rien de bon . Attendons donc patiemment qu'un nouveau Directeur artistique et Chef accepte de se soumettre aux dictats de la CGT du spectacle toute puissante et à ses vetos administratifs . Dans le milieu,  les caprices des musiciens fonctionnaires choyés depuis des années par la Région et la Métropole ont fini par lasser Koering et Scarpitta . Les regards se tournent vers d'autres Orchestre Nationaux plus novateurs.

Le Festival de Radio France que je suis depuis plus de dix ans a su donner, grâce au carnet d'adresse de René Koering un éclat et une visibilité artistique tant à son orchestre qu'à toute la région , depuis son éviction et celle de son successeur, on  n'assiste à une programmation de potes et de réseaux autour d'une camarilla secrète qui gère des budgets publics dans la plus grande opacité , le tout dilué dans un saupoudrage régional sur les villages d'Occitanie (100 000 spectateurs en 2018 affiche sa Com) comme le pratique René Martin (qui bénéficie de son aura de la Folle Journée contrairement à JP.Rousseau)  avec le Festival de La Roque d'Anthéron qui irrigue la vallée du Rhône et l'agglomération de Marseille. On est ravi de retrouver la famille Capuçon et les artistes préférés de JP Rousseau mais quid des manifestations populaires Place de l'Europe ou Place Rose. Voilà un an que dans le plus grand secret on gère la pénurie sans grands moyens mais surtout sans grande inventivité comparativement à ce qui se fait ailleurs et les exemples sont nombreux de spectacles de qualité qui ont su innover dans des lieux et des conditions difficiles. Quels liens subsistent entre ce Festival et la Maison mère Radio France (Sibyl Veil)  et France Musique ( (Marc Voinchet) ?

C'est là que j'ai eu à  m'interroger sur la succession des adjoints à la culture tant à la Ville qu'à la Métropole depuis dix ans et à interroger le Conseil Régional d'Occitanie sur l'utilisation qui est faite des deniers publics entre Arabesque, Moco, TohuBohu, ZAT et Tropismes. La nomination des copains Régis Penalva et Numa Hamboursin s'est faite dans le plus grand secret contre l'avis des étudiants aux Beaux Arts comme l'éviction de Nicolas Bourriaud pour un maigre et contesté bilan au MOCO qui veut dire ceci dit en passant  morve en espagnol ).

Qu'importe...La presse locale relaie mais ne commente pas, à part l'Agglorieuse et le site Lokko.fr qui m'ont parfois aidé à démêler le vrai du faux dans ce marigot d'immondices que charrient les réseaux sociaux.

Le statut de témoin dans cette vie municipale et métropolitaine m'amène à un repli comme pour beaucoup,de montpelliérains, certains privés de leur Agora des Savoirs, d'autres de leur (très chère) Université du Tiers Temps , d'autres de leur Chorale de quartier, que sais-je encore.

Il faut avouer que sur ces dix ans , si les rencontres ne sont pas aussi riches qu'à Paris ou en période de Festivals, j'ai pu croiser et échanger avec nombre de figures de l'intelligentsia parisienne dans les rencontres de la Librairie Sauramps ou du Musée Fabre ; au hasard Eric E Schmitt Maffesoli, Juge Bruguiere, Onfray,  (avant qu'elles ne deviennent confidentielles et sans intérêt car trop politiquement orientées par l'idéologie dominante) Les Rencontres annuelles de la Comédie furent un grand moment d'échanges sur l'actualité culturelle avec JF Khan, E.Todd, Philippe Meyer, Abdelwahab Meddeb etc... On peut craindre le pire à un an des présidentielles dans le climat délétère qui enveloppe le confusianisme local des Rencontres de Pétrarque savamment orchestrées par les censeurs de "l'esprit d'ouverture" de France Culture à la mode Sandrine Treiner Sibyl Veil (toutes deux macronistes), dans les Jardins du Rectorat, et ce, sur fond de Françafrique !

Où sont les "référents" de quartier justement chargés de mettre en oeuvre cette "démocratie participative" dont les trois candidats de 2020 se gaussaient ? En fait de démocratie participative, le citoyen importé subit chaque jour les tweets du Maire Président , l'un sur sa Charte, l'autre sur les Migrants naufragés, un autre sur son ralliement à Anne Hidalgo ou à Eric Ciotti . Il n'est que de suivre son fil quotidien pour mesurer du manque d'ambition et d'engagements que le Sommet franco-africain  qui doit se tenir en Juillet 2021 ( en plein FestivalRF, tiens tiens...) mettra un peu plus en lumière aux yeux du monde lors de la venue des chefs d'Etats africains autour du gouvernement au complet. La mise en scène des "petits Pierre" à la Paillade n'était qu'une répétition de cette dérive républicaine à base de clientélisme et de laisser faire sur coups de menton sécuritaires de l"Adjoint préposé.

L'engagement me direz vous ? Après dix ans de tentatives d'intégrer les forces vives de cette ville tant vantée par Dame Mandroux en 2011, que reste-il ? Un sentiment de lassitude où l'on est convoqué à des défilés folkoriques de la Saint Roch ou à des festivals antillais , marathons et tohubohus , entre rap et street art , finalement quelle différence avec le mandat de Saurel ? L Assemblée des nouveaux arrivants 2021 aura bien lieu au Corum et le Maire Président vantera son année , ses grands chantiers immobiliers, son nouveau stade,son Parc Montcalm et ses pistes cyclables et ses 500 followers applaudiront sur les réseaux sociaux de l'oiseau bleu : "Bravo Michael , enfin le Maire qu'on attendait ! ".

Pour ma part je pense que depuis 10 ans, Montpellier a les élus (pardon camarades) qu'elle mérite.

 

 

 

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12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 09:27

https://www.dailymaverick.co.za/article/2021-03-11-the-namibians-for-whom-czechoslovakia-is-forever-home/

Passionnant article qui rappelle l'exil des jeunes Namibiens en RDA , ceux qu'on appelait les Ossies qui placés par la Swapo en 1985 devaient être les fers de lance de la Namibie de demain et seront d'éternels schizophrènes partagés entre deux cultures.

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12 février 2021 5 12 /02 /février /2021 16:56

Raphael Enthoven: Gentleman twitter par Elisabeth LEVY
Causeur. Critique féroce de Twitter, vous utilisez quotidiennement ce réseau social. Comment justifiez-vous cette contradiction ? 
 Raphaël Enthoven. À raison de deux heures par jour, j’y passe un temps fou. Mais c’est du temps gagné. Twitter donne accès à l’ensemble des passions, des opinions, et surtout des préjugés en présence. L’anonymat libère l’insulte et offre à la loupe de l’éthologue des spécimens parfaits. L’enjeu de mon travail est de repérer la mauvaise foi et d’y remplacer l’invective par l’argumentation. Sur Twitter, je suis un poisson-pêcheur. J’en fais partie, tout en y prélevant ce qui m’intéresse. Et la chasse est toujours excellente. De ma fausse terrasse, j’observe, comme à l’opéra, des discours antagonistes produire des comportements identiques. C’est un régal pour les yeux et l’esprit. Twitter est un concentré d’agora. 
« Un concentré d’agora » ?! Vous énoncez là le malentendu consubstantiel aux réseaux sociaux : la confusion entre la foule et le peuple… Cette confusion entre la plèbe et le peuple remonte au XIXe siècle, lorsque Marx disait du prolétariat qu’en raison de ses souffrances, il était fondé à incarner « l’humanité tout entière ». Or, Twitter se présente comme le médium de la plèbe, c’est-à-dire le porte-voix de ceux qui se vivent comme les exclus de la fête médiatique, les ignorés des « médias officiels ». En tweetant, je me suis confronté d’assez près à des opinions qui, à tort ou à raison, pensent d’elles-mêmes qu’elles n’ont pas droit de cité. En cela, il s’agit, aussi, d’un concentré d’agora.
Certes, mais comment voulez-vous introduire de la nuance auprès d’ennemis de la nuance ? Mon ennemie n’est que la foule. D’où la nuance est bannie, et où chacun abjure sa singularité au profit d’un slogan. Mais pris singulièrement, chaque individu qui compose la foule est aussi intelligent qu’un homme peut l’être. Or, en répondant posément à l’homme des slogans, on arrive parfois à produire le miracle d’un vrai débat, avec de vraies distinctions, des amalgames qu’on récuse et des échanges d’arguments.

Mon amie Marylin Maeso (qui enseigne la philosophie) excelle à transformer des disputes en discussions. Son fil twitter est une machinerie socratique d’où j’ai vu, parfois, des porcs ressortir en galants hommes, des gauchistes devenir hamoniens, et des gens de droite s’intéresser à Merleau-Ponty ! Une merveille…

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13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 18:43

Quand en cet été de 1951 je fus extrait de chez ma nourrice Mme Blanchard, depuis mes terres sarthoises de Rouessé Fontaines où ma famille adoptive était venue me cueillir un beau dimanche matin alors que je partais en charrette avec les autres pupilles vers la messe dominicale, commença pour moi une nouvelle vie, une renaissance .

Ma mère et mes parrains et marraines me déposèrent comme je l'ai raconté dans un précédent ouvrage, au pied d'un marronnier dans un parc immense à deux lieues de la Loire  au coeur du vignoble.

C'est là que l'enfant de 4 ans  découvrit très vite un univers mystérieux et enfin un havre de paix après avoir été balloté des centres de triage de la DASS depuis St Vincent de Paul, Denfert Rochereau, le Morvan, et enfin la Sarthe...

Pour atteindre ma chambre au premier étage, il fallait escalader cet escalier monumental à mes yeux que surplombait une cuirasse aussi géante qu'impressionnante. C'est elle qui allait plus tard me servir pour mes déguisements  du 14 Juillet faisant l'admiration des invités du "Château".

Qui avait abandonné là un jour de 1948 ses effets militaires, uniformes, épées, képis, casques, cartes d' Etat Major , aquarelles et  tableaux et même sa bibliothèque privée ?

Je ne tardais pas à mener mon enquête jusque dans le grenier voisin qui me livra les premiers indices. Il s'agissait d'un mystérieux absent...

 

Commandant Habillon du Régiment de Berry au Bac ,un Hussard !

Pourquoi avait-il occupé la demeure familiale pendant presque 25 ans de 1924 à 1948 et pourquoi y avait-il brusquement abandonné toute trace de son séjour disparaissant dans l'histoire et même dans la mémoire des témoins de l'époque ? Seules deux tombes abandonnées dans le cimetière de Saint Julien mentionnent le nom de la Famille Marié et d'un certain Ernest Habillon , mort en 1938. ( Il s'agit du père du Cdt .)

Il faudra attendre l'informatique et internet qui m'ont permis d'avancer dans mes quêtes généalogiques tant pour mes origines, parents biologiques et mon ADN que pour mon entourage adoptif . Et c'est par le réseau de "Geneanet" que je reçus en février 2012 les réponses à mes questions par 3 messages d'un certain Max Tissot , apparenté au Commandant, et qui lui aussi menait son enquête de son côté.

Essayons donc de reconstituer le passé de cet inconnu du "Logis Chamborant" puisque c'est ainsi qu'il avait décidé de rebaptiser la propriété familiale pendant les 25 ans de son séjour. Le locataire et ses proches la famille Marié y faisaient adresser leur courrier.

Comme le mentionne sa carte d'identité en date du 1 janvier 1939 , Ernest Habillon est né le 17 janvier 1868 à Commercy dans la Meuse.1,75m cheveux blancs, type créole. Il était le fils du Sieur Jean Habillon Lancier au 3è Régiment en garnison à Commercy  et de Constance Parent cantinière au Régiment. Les témoins de sa naissance sont Joseph Lutz  et Pierre Louis Pingat, brigadiers au 3è Régiment de Lanciers

Engagé le 25 janvier 1886 à l'âge de 22 ans aux 15eme Dragons de Libourne il poursuivra sa carrière de militaire jusqu'au 17 janvier 1924 où il prend sa retraite chez son beau frère à l'âge de 56 ans.

Il se marie le 6 aout 1908 à 40 ans avec Marie Louise Elisabeth Georgé son aînée de 14 ans , divorcée de Nicolas Emile Parisot. C'est un amateur d'aquarelle qui se plaît à dessiner ses menus et l'arrivée de sa dulcinée à la garnison de Verdun.  Marie Louise qui meurt le 13 juin1938 avait pour soeurs Félicie et Julie .C'est Félicie qui épouse Edouard Marié le beau frère d'Ernest Habillon.

La cuirasse correspond à Ernest HABILLON  Sous-Lieutenant du 1er Escadron - 1ère Compagnie du 13e Régiment de Cavalerie de Berry au Bac.


Lors de sa retraite chez les Marié qui louèrent pendant 25 ans "la Crétinière" à Monsieur Théophile Bretonnière, le Commandant Habillon était chef d'escadron en retraite (cavalerie), officier de la Légion d'Honneur croix de guerre et croix du combattant, médaille commémorative de la guerre 1914 - 18, médaille interallié, Officier d'académie, chevalier du mérite social....

 

Un tableau représente le Défilé du 14 juillet 1926 à "la Crétinière"  où le Commandant passe en revue la basse cour et les chats guidés par sa belle soeur ! Il existe chez les Tissot un aquarelle de Pornichet où la famille Marié avait une villégiature.

Il faut signaler que le Commandant Habillon qui habite à St Julien au "Logis Chamborant", rend régulièrement visite à Edouard Emile Marié Directeur d'Ecole à Montrevault à 30 kilomètres et dessine en aquarelle un menu pour sa fête du 13 octobre 1926. Au menu : potage parmentier, bouchées exelsior, poulet chasseur, salsifis concellois (!) filet de boeuf nature, salade des bords de l'Eure, , desserts, gâteauxde fruits, café, eau de vie de St Pierre , Vin de Perpignan en carafe, Mas Guidette, Muscadet du Layon, Grand Pic Quéribus 1906.

Sieste non mentionnée rajoute Max

La vie semble s'écouler dans une parfaite félicité entre les Marié et l'illustre Commandant qui selon la presse locale, participe aux commémorations et cérémonies locales en qualité de membre émérite du Comité des Anciens Combattants et Président du Souvenir Français pour le canton du Loroux Bottereau dès février 1927.

Il est nommé le 8 juin 1929  Président du "Groupe de Nantes des anciens élèves des écoles pré-militaires et enfants de troupes" . C'est à ce titre qu'il préside des manifestations patriotiques de la Chapelle Basse Mer à Barbechat aux côté des élus  ou remet des Croix de guerre aux anciens combattants de 1932 à 1938.

A signaler que le 29 décembre 1937 décède à la Crétinière Madame Veuve Edouard MARIE , née Georgé, Directrice d'Ecole Maternelle en retraite. Le faire part de décès publié dans le Phare de la Loire mentionne "Le Commandant Habillon et son épouse, son beau frère et sa soeur, la famille Tissot, ses enfants".

On a peu d'informations sur les dix années qui vont voir l'occupation allemande et la Résistance: rien sur les appels du Général de Gaulle, l'ancien Hussard de 14-18 relit les faits de la Grande Guerre , révise ses cartes des batailles et les traités militaires. Sa bibliothèque retrace la littérature allemande mais aussi la poésie et la philosophie.

C'est donc à présent Max Tissot descendant de la famille Tissot-Marié qui me livre à partir de 2012 la suite d'une histoire grâce aux Carnets et agendas du Commandant. A partir de sa mémoire d’enfance de toutes les villégiatures évoquées alors par ses aïeux.
Le Commandant Habillon a donc laissé des souvenirs postérieurs à son passage à "la Crétinière" lorsqu’il est venu s’installer à Harchéchamp (Vosges) où est né en 1951 Max Tissot.
"Il avait sa chambre dans la grande maison familiale et des objets personnels dont un grand portait en uniforme qui impressionnait fort l’enfant que j’étais.
J’ai conservé ses carnets de notes des années 47 à 52 et je m’en suis inspiré pour “m’imprégner” de l’histoire familiale de l’époque.
Si je dis “m’imprégner”, c’est que mes parents, surtout mon père,  sont restés assez muets sur le passé du Commandant et sa présence au logis familial.
"

Monsieur Bretonnière fait quitter les lieux à Ernest Habillon par lettre recommandée après la révélation de ses faits de collaboration.
 
Il a en effet été arrêté le 30 aout 1944...interné le 5 octobre 1944 à Choisel (Yvelines-78)...puis libéré le 1 décembre 1944. On peut d'ailleurs s'interroger sur ces 2 mois de détention .
 
Dans une lettre datée du  9 janvier 1945, Mme  Bitar écrit à la famille Tissot à la suite de la libération de Nantes : « ….donc, à l’entrée des FFI, chacun était en folie et ne demandait qu’à crier te hurler. Quelqu’un propose « allons chercher le Commandant Habillon, car la première besogne avant est de punir les collaborateurs ! » Toute la foule partit donc aux Loges, plusieurs centaines, et je le vis au milieu entre les soldats qui le gardaient des coups de pieds que lui donnaient les enfants par derrière, sur les cotés, pendant que cette foule hurlante criait « au poteau ! traitre ! vendu ! fumier !, etc … » » .Ils le conduisirent à la mairie pour être jugé par le capitaine avec la fenêtre ouverte où toute la foule attendait et toujours criant. Il lui dit «  vous avez dénié la victoire de l’Allemagne ( ?), il répondit « oui ! », « vous un officier de l’armée française et il lui lit l’article de « Phare » et lui enleva sa légion d’honneur.
Il fut reconduit de la même façon, gardé la nuit et emmené le lendemain matin à la prison de Nantes où il est resté 9 mois ( ou 3 ?) couché sur la paille avec de la vermine car son linge qu’il pouvait envoyer à laver à St Julien était rongé de puces et dedans des brins de pailles.
Il vient d’être renvoyé et se promène dans le bourg pas plus gêné que s’il venait de faire un beau voyage !
Je vous assure que malgré que j’étais fâchée avec lui car je n’avais pas craint dès le début de lui dire ma façon de penser, je fus prise d’une crise de larmes quand je le vis trainé dans la rue.  C’est un grand enfant qui avait besoin d’être dirigé. Piètre soldat, si l’armée en avait beaucoup de ce genre, ce n’est pas étonnant que nous avons été si bien défendu.
»
 
le 13 février 1945, le Cdt Habillon, il avait alors 77 ans, a été condamné à 5 ans d'indignité nationale par la Chambre Civique de Nantes (motif ? il avait adhéré au groupe “Collaboration” selon un article de journal, vraisemblablement Pétainiste...),
 Le 13 mars 1948, 2 gendarmes lui remettent la lettre du ministre des forces armées l'informant de la perte de son grade à compter du 15 février 1945 par suite de sa condamnation à 5 ans d'indignité nationale , rayé de la Légion d'Honneur, suspension de sa pension pendant  2  ans, interdiction de porter aucune décoration.
 Il adresse cependant à M. Bretonnière  avec qui il entretenait de bons rapports pendant 25 ans son portrait avec cette dédicace:" A Monsieur Bretonnière, le souvenir amical de son locataire pendant 25 ans."

Outre cette dégradation morale et cette mise en quarantaine pour faits de collaboration qui restent à prouver selon le dernier témoin Joseph Bagrin fermier métayer de la Crétinière qui a bien connu cette période, le Commandant qui a perdu tout son prestige et les honneurs de sa gloire passée doit assister à la maladie de sa soeur Louise. Le Cdt note méthodiquement " malade, nuit bonne, laxatif, 5 gouttes de digitaline"Sa soeur qui souffre: " nuits pénibles, difficultés respiratoires, ne peut pas uriner, somnolence avec cris inarticulés, ne parle pas..."

Le lendemain,, vendredi 2 janvier 1948, Louise est morte à 8h25 " à ma rentrée de la messe", "tout en ordre, à 10h  , Louise est exposée au Salon , à 10H15, venue du Docteur , ne veut pas que je lui paie son déplacement .... Dû un bifteck à Dupré, pas de lait..."

Après avoir quitté son "Logis Chamborant " alias  "la Crétinière" le Commandant cherche asile dans la famille et s'installe à Harchéchamp ( Vosges ) le 17 septembre 1948, il est le 114è habitant du village...." sa décision intervient en juin 1948  alors qu'il apprend de Jeanne (?)  et Zet (Kaplan)  que les Mercier  Jean ( Branche Georgé Wohlgemuth) ne viendront pas à Saint Julien ....Il écrit à Lucienne  pour lui demander de le prendre avec eux" ( seul ici, il va falloir que je trouve une solution à cette triste situation: que le Bon Dieu me conseille!"

A 81 ans, , le Commandant Habillon voyage encore beaucoup et  a des projets: Reims, Bar le Duc, Chalons/Marne, Paris, Rouen, , Caen, Nantes, Tours, , Lourdes...

En 1951, le 26 octobre, le Cdt se lève  à 5h du matin pour quitter Clermont  et prendre le train, il arrive à NeufChâteau  à 21h27... Il va souvent en cure à Evaux les Bains dans la Creuse où il retrouve des militaires retraités comme lui et écrit fréquemment au Colonel de Bouchaud de Bussy.

Contrairement à la famille Tissot qui semble dans la nécessité, sa comptabilité en janvier 1948 affiche 24607 francs en numéraire et 20691 francs en CCP. En 1947, le Cdt aura touché  195.184 francs de pension de retraite. Il défalque  9340 francs de pension pour sa soeur Louise.
Le 21 aout 1956, à 88 ans, il envoie une carte postale qui témoigne qu’il vit encore…Il lui reste 4 mois à vivre car il décède le 6  décembre 1956 au Kremlin Bicêtre.

Un grand remerciement à Max Tissot qui m'a confié l'état de se recherches sur le Cdt qu'il a consigné en 2005On apprend ainsi qu' Edouard Emile Marié Directeur d'Ecole à Tours puis à Montrevault (dans le Maine et Loire ) a dû connaître les frères Bretonnière eux aussi Directeurs d'Ecole à Vallet et à Saint Julien . Il fut le père de Lucienne Tissot (née Marié épouse de Marc Tissot) elle même mère de Marcel Tissot père de Max.

Merci à Michel HIVERT passionné par l'histoire locale et la généalogie des lieux de m'avoir communiqué la photo de la cuirasse toujours en bonne place dans le grand hall d'entrée.


 


 

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25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 00:11

La dame de Duwisib  Eduardo GARRIGUES (Editions Planeta MR 2007)
Au début du XXè siècle, une femme nord-américaine  fascinée par l'Afrique et par un amour impossible.
Jayta Humphreys , héritière d'une riche famille nord-américaine , était connue à cette époque comme la Dame de Duwisib  pour avoir vécu dans un château de pierre construit dans un endroit perdu au milieu du désert. Dans les années qui précédèrent la Première Guerre mondiale  elle se rendit en Namibie avec son mari , un capitaine allemand appelé Hansheirich Von Wolf , pour se consacrer à l'élevage de chevaux pur sang.
Connaisseur de l'Afrique et ambassadeur en Namibie durant plusieurs années, Eduardo Garrigues nous fait revivre une histoire réelle qui fascinera tous les lecteurs qui ont aimé ses Mémoires d'Afrique.


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En arrivant en Namibie comme Ambassadeur , après avoir été affecté comme jeune ambassadeur au Kenya, se présenta à moi une rencontre émouvante avec l'Afrique qui m'avait toujours fascinée et qui me servit d'inspiration pour écrire la nouvelle Lluvias de hierba (Planeta,1984). Cependant le sud ouest africain était bien différent de l'Afrique orientale que j'avais connue 20 ans avant, tant pour le paysage que pour le style de vie, même si les deux pays conservaient des traces évidentes du processus traumatisant jusqu'à l'indépendance, qui dans le cas de la Namibie était beaucoup plus récent.
En franchissant avec mon véhicule tout terrain lors d'un voyage à travers le désert, je me sui trouvé de façon inespérée face au Château de Duwisib, qui paraissait flotter sur les dunes et les pierres environnantes. La vision de ce miroir de pierre stimula mon imagination et immédiatement j'ai voulu savoir qui avait eu l'idée de construire cette demeure au milieu de nulle part. A mon retour de voyage, poussé plus par la passion et la ténacité du chasseur que par la curiosité intellectuelle de l'écrivain , je me suis mis à enquêter sur la vie et les secrets de ce couple formé par l'officier allemand Hansheinrich von Wolf et la jeune newyorkaise de la haute société Jayta Humphreys qui avaient fait construire ce château.

Les Von Wolf avaient voyagé en 1907 vers ce qu'une ère ce qui était à l'époque le Sud-ouestAfricain Allemand avec le désir d'acheter un grand domaine (latifundium) pour se consacrer à l'élevage de chevaux de race, et comme jusqu'alors plusieurs des meilleures terres près de la capitale coloniale étaient déjà distribuées,ils durent aller s'installer dans le district lointain de Maltahöhe,là-bas dans les contreforts du désert de Namib. Rien n'a été facile dans l'expérience africaine de ce couple excentrique pareille, et ils ont dû suer  de sueur jusqu'au sang avant d'apercevoir un éclat de lumière dans leur ambitieux projet. Et quand sept ans après leur arrivée dans le  territoire éclata la Première Guerre mondiale, le couple a dû rentrer en Europe, en abandonnant la somptueuse demeure qu'ils avaient construite avec tant d'illusions et le troupeau comptait alors plus de trois cents chevaux. Pour ne pas avoir à les soigner, les nouveaux propriétaires du ranch les ont laissés en liberté et on peut encore croiser les descendants de ces chevaux galopant à travers le désert,car ils avaient réussi à s'adapter grâce au sang de reproducteurs arabes qui courait dans leurs veines. Cependant,durant la période que les Von Wolf ont passé dans le Sud-ouest africain beaucoup de choses sont arrivées, y compris la sensationnelle découverte de diamants à Luderitz, dont l'exploitation explosa du jour au lendemain provoquant un solennel mirage dans uns des lieux les plus riches de la planète...

Enquêter sur la façon dont s'était écoulée la vie des premiers habitants de Duwisib,n'aurait pa dû être une tâche trop difficile pour moi,étant donné qu'à peine cent ans s'étaient écoulés depuis que le couple Von Wolf avait vécu là; d'autant plus que les excentricités de ce mariage avaient laissé une trace indélébile dans la société coloniale de leur époque. Mais,à la suite des deux guerres mondiales, ce territoire avait changé plusieurs fois de Gouvernement colonial et de nomenclature, en passant de l'Allemagne à l'Angleterre et après à l'Afrique du Sud, jusqu'à atteindre l'indépendance en 1990.
Pendant tout ce temps, le château de Duwisib conserva son imposant aspect extérieur et son mobilier intérieur en partie grâce à la sécheresse du désert, dont l'action est comparable à celle des glaciers qui vomissent de temps en temps le corps momifié de quelque animal antédiluvien devant le regard abasourdi d'un groupe de touristes. Mais en revanche si l'environnement du ranch avait évolué ainsi que le population de la contrée de Maltahöhe. C'étaient déjà les mêmes familles de fermiers qui habitaient dans les environs du château, puisque plusieurs des contemporains des Von Wolf avaient été déplacés par le tourbillon des guerres. Certaines familles allemandes restaient encore dans la contrée  dont les parents ou grands-parents avaient vécu là au temps des Von Wolf, comme les Voigt ou les Burgsdorff.


Comme Hansheinrich et Jayta étaient morts sans enfants, il était impossible de localiser dans le territoire des parents directs des premiers habitants de Duwisib. Et quand j'ai réussi à trouver un descendant de leurs amis ou de personnes - le fils du charretier boer Esterhuizen qui avait transporté les meubles pour le château depuis la côte, à travers un désert épouvantable - j'ai vérifié que  dans l'esprit de ces personnes se mêlaient les faits réels qui croyaient rappeler avec mythes générés autour des Von Wolf, car leur style de vie peu conventionnel avait favorisé un tas de rumeurs et de commérages dans la société traditionnelle de la colonie.
Et quand il m'est arrivé que puisse trouver  un événement de leurs vies en Europe, j'ai découvert avec une grande angoisse que les bombardements impitoyables de l'aviation alliée pendant la Deuxième Guerre mondiale avaient réduit à des décombres la belle ville de la Dresde, où Jayta et Hansheinrich s'étaient connus. les fichiers militaires de Potsdam avaient aussi pris feu,me privant d'enquêter sur l'incident obscur arrivé pendant la guerre au sud de la colonie qui avait coûté au capitaine Von Wolf sa carrière militaire. Par chance, les archives nationales de la Namibie étaient restées presque intactes, en esquivant les orages des changements dans l'administration et dans les langues officielles . Mais, par malheur, les documents correspondants à l'époque coloniale allemande étaient,comme il était logique, en allemand... et je ne parlais pas cette langue.

Le même que le non-voyant doit avoir confiance pour pouvoir marcher dans les yeux et les jambes d'un guide d'aveugle, j'ai réussi à résoudre mon ignorance dans la langue de Goethe avec deux collaboratrices magnifiques :l'une a été la charmeuse Katherine Stern ,ancienne fonctionnaire des Archives nationales de la Namibie, que, avec mains habiles, rétrécies par l’arthrose, remua comme un huron entre des liasses et des dossiers de fichiers anciens , en sortant à la lumière des documents relatifs à l'achat de terrains de la part du capitaine Von Wolf, qui a voulu acquérir à tout prix une grande propriété rurale étendue, peut-être pour surpasser un certain complexe social, le même qu'il s'était fait appeler. baron Von Wolf, sans avoir hérité ce titre. Avec l'aide de Kathy Stern j'ai réussi à évacuer un grand nombre de procédures judiciaires auxquelles le capitaine véhément était intervenu comme un demandeur ou un défendeur. Comme d'autres membres détachés de la société coloniale allemande, du capitàn vous étiez penchants à consommer de l'alcool dans des proportions adaptées à votre taille gigantesque. Par quelques anecdotes réelles, comme votre tentative désespérée de trouver des diamants dans le désert, vous sembliez avoir souffert aussi des hallucinations que le soleil tropical produit à ceux qui s'exposent à votre châtiment sans les précautions dues. Et vous avez aussi été avec l'aide de Kathy Stem j'ai réussi à localiser dans les Archives nationales la majorité des photos qui apparaissent dans ce livre. Danke schön, Kathy.


L'autre fée marraine qui m'aida à récupérer les effluves d'un style de vie et d'une culture ensevelis dans le temps sous les sables du désert a été l'ancienne secrétaire de l'Ambassade d'Espagne, Karen von Bergen, qui avait une grande facilité pour les langues, en connaissant parfaitement tant l'allemand que l'anglais ainsi que l'afrikâans, qui continuait d'être la langue franche dans toute l'Afrique australe; et bien qu'elle ne l'eusse officiellement jamais étudié, Karen avait même des rudiments d'espagnol. Mais son don  des langues me n'aurait pas été si utile s'il n'avait été accompagné d'un instinct adroit pour adapter à des termes littéraires - ou des documents confus, comme la correspondance de Von Wolf avec les autorités coloniales, des descriptions de batailles sorties des rapports de l'État-Major l'allemand pendant la guerre coloniale ou même les actes judiciaires qui portaient l'en-tête de l'aigle impérial : "Im namen der Deutsche Kaiser !"


Bien qu'il serait impossible de citar à tous ceux qui m'ont orienté dans mon travail de reconstruction de l'atmosphère qui était respirée dans le château de Duwisib, je crois qu'au moins je dois mentionner Günter von Schumann, secrétaire de la Société Scientifique de la Namibie (Namibia Wissenschaftliche Gesellschaft). Entre autres documents intéressants, Günter me transmit le manuscrit dactylographié avec les souvenirs d'un vieux vétéran de la guerre coloniale devenu un chercheur de diamants, Max Ewald Baerike.
Le manuscrit de Baerike - qui a été plus tard publié par la même Société Scientifique quand j'étais déjà parti de Namibie - avait circulé de main en main pendant plusieurs années ayant été utilisé comme témoignage de référence dans des livres d'histoire et de voyages comme ceux d'Olga Levinson, Lisa Kuntze ou la saga du célèbre écrivain des moeurs sud-africaines Lawrence Green, qui après avoir conté dans l'un de ses livres sa rencontre avec Duwisib expose une théorie suggestive sur la connexion freudienne qui expliquerait le désir du capitaine Von Wolf de recommencer à vivre avec sa femme dans le même lieu que celui où des années avant avait échoué sa carrière militaire. En  tout cas, Baerike vous racontait ses anecdotes avec tant un réalisme et un sens de l'humour que, même avant d'avoir été écrit, ses histoires s'étaient incorporées à la mémoire collective et circulaient dans les bars de Windhoek dans des petites soirées nostalgiques, en rappelant l'époque à laquelle les Allemands dominaient encore ce territoire.

Baerike raconte comment il fit connaissance avec Hansheinrich et  Jayta quand il passa avec un groupe d'aventuriers par le château de Duwisib en route vers le Paradis fabuleux des Hotentots, légendaire gisement de diamants dans la recherche duquel plus d'un explorateur avait perdu la vie dans le désert. Mais dans mon livre c'est Jayta qui raconte la visite au château de ce groupe d'aventuriers, ce qui peut-être est une pirouette littéraire qui semble raisonnable, puisqu'il est certain que les deux se sont connus et ont entretenu une certaine amitié.
Je dois dire que quand je suis arrivé à cette partie de la  narration (un roman historié ou une histoire romancée) s'était déjà créée une complicité entre le personnage et l'auteur; et je me débrouillais avec tant d'aisance au sujet de ce qu'ils ont été - ou ils ont pu avoir été - je percevais les sentiments et les réactions de Jayta Humphreys, et dans plus d'un occasion je suis arrivé à deviner les choses qui étaient arrivées à la protagoniste de mon récit avant que les limiers qui s'étaient mis sur la trace de la Dame de Duwisib ne pussent me confirmer qu'ils s'étaient effectivement produits dans la vie réelle.
L'un des limiers qui d'une forme plus efficace et désintéressée m'a aidé à se familiariser avec mon personnage apparût déjà que j'eusse quitté la Namibie,en étant ambassadeur à Oslo - a été mon ami norvégien Peter Ness. Peter compila avec son ordinateur dans des fichiers de journaux Européens et Américains, en trouvant beaucoup de nouvelles relatives à la famille de Jayta Humphreys. Son grand-père Frederick avait été un docteur homéopathe célèbre que parvint à être très riche en vendant ses recettes et qui lègua à sa fille une partie de sa fortune. Et son beau-père, John Gaffney - marié en deuxième noces avec la mère de Jayta - a été un avocat prestigieux d'origine irlandaise, un ami du président Roosevelt, qui le nomma Consul à Dresde, ce qui permit la rencontre entre la fille de sa femme et le capitaine Hansheinrich von Wolf .

Les articles de journaux américains et Européens que mit à jour Peter m'ont permis d'approfondir ce qui avait été l'environnement social et la mentalité de Jayta, dont la mère a été présidente de l'Association de Femmes Américaines, congrégation des femmes libérales et progressistes, et qui inculqua à sa fille une formation très différente de celle qui prévalait dans la société coloniale allemande.
Toute ces informations se révélèrent essentielles pour moi, puisque Jayta Humphreys n'a pas laissé d'écrits ni une seule page de journal et une seule lettre qui se conserve, ce qui complique sans doute le travail du biographe mais ce qui a facilité la liberté créatrice du narrateur de quelques mémoires apocryphes. On pourrait dire que, dans ce livre,tout l'environnement historique est authentique et toute la péripétie personnelle est fictive si vous n'êtes pas parce que dans des certains cas pourrait arriver le contraire. Comme l'expliquait don Miguel de Unamuno dans le prologue inoubliable du roman "Brouillard", les personnages que nous appelons «de chair et d'os» peuvent avoir été inventés tandis que ceux que nous nommons personnages de fiction peuvent sembler absolument réels.
J'espère que cette nébulosité unamunesque a accompagné le lecteur tandis que vous survoliez les dunes du Namib, et j'ai espoir que ces notes sur le gestation du récit ne vous ont pas volé la fraîcheur de l'intrigue qui a dû imprégner votre lecture.
Tolède, le 12 mars 2007
Traduction de l'espagnol : Patrick Chevrel ancien Chef de projet au SCAC de l'Ambassade de France à Windhoek (Namibie) et Directeur au FNCC - Centre Culturel Franco-Namibien de Windhoeck (Namibie) .

Eduardo Garrigues gagne le Prix Café Gijôn de la nouvelle en 1961 avec "Le chant du coq de bruyère",  finaliste du Prix Sésarno reste en 1971 avec "les Leçons de ténèbres" et, en 1973, le Prix Pio Baroja de contes avec le Sixième Article.
Après il a su combiner la profession de diplomate avec sa vocation littéraire et sa passion pour les lieux exotiques et l'aventure. L'ambiance trouble du Kenya postcolonial lui inspira le roman "Pluie d'herbe", publié par Planète en 1984 et à New York par MacMillan. Par la suite vous publiez À l'ouest de Babylone, recréation de l'épopée de Gilgamesh dans le désert nortearnericain. Son poste d'ambassadeur en Namibie le familiarise avec l'atmosphère et les paysages de "La dame de Duwisib", le roman basé sur le personnage réel de Jayta Humphreys qui vécut dans ce territoire au début du XXè siècle et dont la mentalité avancée heurtait une société blanche qui conservait les cicatrices d'un rebellion native durement réprimée. L'auteur a basé sa narration sur une recherche exhaustive de l'époque et sur l'environnement de la protagoniste, en incorporant au récit de nombreux documents et photographies.
Eduardo Garrigues UNE DAME DE DUWISIB
Au début du  XXè Siècle. Une femme nord-américaine fascinée par l'Afrique et par l'amour impossible

Une image de Royal Geographical Kiel et Une photo un homme valeureux Munoz Bai
Un connaisseur de l'Afrique et de l'ambassade en Namibie pendant quelques années Eduardo Garrigues nous rapproche d'une histoire réelle que fascinera  tous ses lecteurs que ont aimé "les Mémoires de l'Afrique".

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15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 18:05

Le français au MALAWI

Qui connaît le Malawi ? Sans doute vous revient-il en mémoire les missions humanitaires d'Angelina Jolie et surtout de Madonna qui ont débouché sur des adoptions
Madonna s'y est engouffrée aussi mais sans succès : Depuis 2006 et son coup de coeur pour le Malawi, Madonna ne manque jamais une occasion de revenir dans le pays de son enfant adoptif David. La diva de la pop chercherait à obtenir l’adoption d’un deuxième enfant malawien, mais la famille de celui-ci n’est pas d’accord. Quand Madonna veut, souvent elle a. Mais cette fois il semblerait que la chanteuse se heurte à un refus non-négociable. Elle souhaite adopter la petite Mercy James, une orpheline du Malawi âgée de 2 ans, et a formulé plusieurs offres à la famille de celle-ci.


Sa mère étant morte en lui donnant la vie, la fillette a dû être recueillie dans un orphelinat. Mais Mercy James a encore de la famille, et son oncle aimerait en récupérer la garde. Le problème est qu’il doit lutter contre un adversaire de poids : la Ciccone. Celle-ci, malgré le refus répété de l’oncle de l’orpheline, multiplie les offres auprès de la famille pour les persuader de lui laisser la fillette.

En effet, la star veut à tout prix donner une petite soeur à son fils David Banda, adopté au Malawi en 2006 sur fond de polémique. Le feuilleton ne fait sans doute que commencer… La petite famille, Madonna et ses quatre enfants, est arrivée dimanche en Afrique. Le but de cette nouvelle visite ? Si les rumeurs envisagent une troisième adoption, la star a lancé hier la  construction d’une école pour filles, baptisée « Raising Malawi Academy for Girls ». La Madone a posé la première pierre de ce projet de 15 millions de dollars soit près de 10 millions d’euros, qui devrait ouvrir en 2011. Cet édifice, pensé sur le modèle d’une école construite en Afrique du Sud par Oprah Winfrey, a pour vocation de donner une chance aux petites Malawites des quartiers pauvres en leur offrant une éducation de qualité.  J.DLR.

Patatras : 27/10/2009 "Ne l’appelez plus jamais Esther. La Kabbale et Madonna, c’est fini. À cause de supposées malversations de l’organisation religieuse dont elle est membre depuis quinze ans, la quinqua à biceps se retrouve au coeur d’un vaste scandale humanitaire. La fondation Raising Malawi ne construira pas l’école pour filles promise en grande pompe par la star des stars il y a un an. L’ONG, coprésidée par Madonna, fait l’objet d’une enquête du FBI: une grande partie des 18  millions de dollars collectés pour le projet aurait été détournée par le Centre de la Kabbale,  à Los Angeles. Le Malawi, où Madonna a adopté deux enfants, l’a mauvaise. N’est pas Angelina Jolie qui veut ! Selon le tabloïd «Daily Mail», l’inoxydable Madone aurait décidé de se consoler de sa déception kabbalistique en jetant son dévolu religieux sur l’Opus Dei, un courant dur du catholicisme. Lourdes bientôt en socquettes et col Claudine ? "

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 Le but de ma mission en Afrique australe en 2000 en qualité de "Chef de projet pour l'appui au français" au sein du Service de coopération et d'action culturelle de l'Ambassade de France en Namibie ( SCAC ) était de fédérer les associations de professeurs de cette zone anglophone du sous continent africain. Les échanges virtuels au sein de la FAPFAA elle même membre de l'AFPFAA dépendant de la FIPF se sont concrétisés par un déplacement au Malawi comme cela fut le cas avec les pays voisins de Zambie et du Botswana.

La situation politique au Zimbabwé (ex Rhodésie) ne permettait pas d'envisager des réunions ou stages sur Hararé même si le vol Namibian Airlines faisait une escale technique entre Windhoeck et Francfort.
Nous voilà donc Marie Hélène Galvagny  chef du département de Français à l'UNAM et moi même embarqués pour le vol via Johannesbourg puis nouveau vol de la South African Airways vers Blantyre ancienne capitale du Malawi 800000h. Blantyre a été fondée en 1876. Elle a été nommée d'après la ville du même nom dans le South Lankashire, en Écosse, où est né l'explorateur David Livingstone.
Enfin, accueil par le Directeur du Centre Culturel à Lilongwe capitale administrative, qui faisait  aussi fonction de Consul car le Malawi lorsqu'il dépendait alors de l'Ambassade à Lusaka en Zambie.

Après 2000, le Service culturel puis service culturel et de coopération technique de l'ambassade de France à Lilongwe (Malawi).
La coopération avec le Malawi commence dès 1965. Deux dates principales marquent le développement de la présence culturelle et la coopération française au Malawi : l'ouverture du centre culturel français de Blantyre le 15 novembre 1973, la signature de l'accord de coopération culturelle et technique le 20 septembre 1975. L'ambassade de France ferme en 1996. Le centre culturel français de Blantyre est maintenu, seul établissement français du Malawi. Il est transformé en centre de coopération culturelle et linguistique (CCCL) en janvier 1997 et dépend de l'ambassade de France à Lusaka. Il sera fermé à l'été 2011. Désengagement de l'AFD qui a d'autres priorités !!!
Une antenne diplomatique a rouvert au Malawi dans les locaux de l'ambassade d'Allemagne.

La découverte du terrain a été soigneusement planifiée par notre collègue qui connaît tous les ressorts de ce pays. Visite des Écoles et Lycées mais aussi de l'Université superbement implantée sur un campus à l'anglaise où les uniformes se prélassent sur les gazons impeccables sous le regard de professeurs britanniques.

 
Pour le logement de cette semaine exotique, notre ami a choisi l'"Hôtel de France": quel plus beau symbole. Le couple qui tient cette charmante enclave francophone a fui la Sierra Leone avec 2 sacs et leurs cassettes de chansons françaises. Revenus se faire une santé et reprendre des forces à Toulon, ils ont eu le mal de l'Afrique et ont voulu tenter leur chance au Mozambique puis au Malawi.


La réunion des associations Mozambique, Malawi et Lesotho peut donc commencer et c'est là que je propose l'organisation d'un stage régional des professeurs de français en Namibie dans le Lodge d'Epako avec des intervenants français et canadiens.  Les problématiques du français langue étrangère sont les mêmes malgré les contextes politiques aussi le tour de table s'avère des plus riche comme je m'en ferai l'écho dans la revue de la FIPF adressée au CIEP de Sèvres.
La partie touristique dans le pays le plus pauvre du monde va révéler bien des surprises dont l'excursion au nord le long du lac Malawi vers Chipoka au bord de Kasankha Bay ne manqua pas de nous surprendre avec ses plages de sable blanc face au Mozambique.

Le Malawi jouxte la Zambie, la Tanzanie et surtout le Mozambique dans lequel il est profondément enchâssé. Les pays francophones les plus proches sont le Burundi, le Rwanda, le Zaire. L'océan Indien n'est pas fort éloigné non plus. L'espace économique francophone est toutefois relativement réduit: le Malawi n'est par un pays prioritaire pour la France elle-même !

Néanmoins, depuis 1980, date de la signature du premier protocole financier entre les deux Etats, elle occupe une place non négligeable dans un certain nombre de secteurs au sein desquels elle a su se maintenir grâce à la qualité des relations qui ont été établies.

Situation linguistique Pour simplifier on dira qu'il existe une langue nationale, le Chichewa (langue bantu), qui est la langue véhiculaire, que l'anglais n'est couramment pratiqué que par une élite, qu'il jouit du statut de langue officielle et peut être considéré comme une langue seconde. Dans ce contexte, où vivent par ailleurs très intensément plusieurs autres langues bantones, le français fait figure de première langue étrangère, place sans commune mesure avec l'influence politico-économique du monde francophone sur le Malawi mais révélatrice d'une appréhension de notre langue comme trait pertinent de l'africanité.

Enseignement - Taux d'alphabétisation (15 ansl - Taux de scolarisation primaire ..... - Nombre d'élèves (86/87) : dans le primaire 942.539 · dans le secondaire 25.177 · dans le technique 560 · dans le supérieur 2.167 · public extra-scolaire 10.517 (Malawi College of Distance Education)

Ecole normale d'instituteurs 1.954 29 % (85/861 48 % La langue française dans le secondaire Le nombre des établissements offrant cette matière s'élève à :

29 écoles publiques ou subventionnées;

03 écoles privées non subventionnées et suivant un programme d'études malawites;

04 écoles privées non subventionnées suivant un programme d'études britannique (parmi ces dernières, il convient de mentionner " Kamazu Academy ", propriété du Président de la République, établissement d'élite accueillant les meilleurs élèves du pays, une institution qui a fait couler déjà beaucoup d'encre et tourner pas mal de pellicule).

Donc, 36 lycées, sur un total de 80, où le français est obligatoire pour deux ans, puis optionnel. Où vivent aussi, souvent, des clubs de français. 39 professeurs malawites, pratiquement tous formés à "Chandellor College", 3 belges et 1 zairois enseignent dans les établissements publics et privés à programme malawite.

Dans l'enseignement prive a programme britannique exerce une majorité d'expatriés (à " Kamuzu Academy": 1 coopérant français, 1 britannique, 1 canadien).

Environ 3000 élèves apprennent notre langue. mal an, subissent les épreuves du Junior Certificate (après deux ans d'études) et quelques 350 celles Certificate of Education (après quatre ans d'études). 1700, bon an of Education du Malawi

La langue francaise dans le supérieur

Au niveau supérieur, il existe un département d'études françaises à l'Université du Malawi dont la vocation est double: il dispense un enseignement général sur la langue et la linguistique française, et il assure en même temps la formation des formateurs. La plupart des étudiants se destinent, en effet, à l'enseignement du français. Il est intéressant de noter que deux des postes qui existent au département sont occupés par des Malawites, titulaires de doctorats, et que grâce aux accords bilatéraux franco-malawites un troisième poste est pourvu par la France. Ce département emploie aussi un professeur français recruté localement. Les effectifs étudiants oscillent entre 50 et 60, nombre dont la modestie est due au grand problème des débouchés (peu nombreux, hormis l'enseignement, pour ceux qui ont fait du français). Il est question de se tourner, dans un avenir proche, vers la Faculté des sciences ... Et de renouer avec l'Ecole d'infirmières (Il y a deux coopérants français dans le secteur médical) l'école Polytechnique, la Faculté d'agriculture (un projet caprin français).

La langue francaise et les publics non-captifs

Un nombre de plus en plus important de Malawites se rendre compte que le français n'est pas seulement une académique, mais qu'il est avant tout une langue communication et un instrument précieux de recherche dans disciplines. Le Centre Culturel du Malawi, à Lilongwe et à Blantyre, ainsi que le Bureau d'Action Linguistique de Lilongwe s'efforcent de répondre à cette demande en organisant des cours de français général à trois niveaux (2 à 300 étudiants) et des cours pour publics spécifiques qui touchent presque 150 étudiants (hôtellerie et tourisme, finances, pilotes et mécaniciens d'hélicoptères, personnel de l'aéroport civil, informatique, diplomates, postes, douanes ... projets en agriculture, secrétariat, santé ... ). commence à discipline de grande différentes Les supports vidéo ont été récemment introduits et donnent lieu à des sessions de formation adaptée et à une production de matériel pédagogique adéquat .

La langue francaise hors des espaces pédagogiques

En dehors des secteurs que l'on peut imaginer à partir de l'évocation de publics spécifiques (Finances la Banque Centrale du Malawi a des relations avec la Banque de France et plusieurs organismes en Afrique de l'Ouest... Armée les pilotes et mécaniciens d'hélicoptères sont formés en France ...Informatique Bull-France est établi au Malawi ... ), on veut parler ici surtout de la radio (la téléyision n'est pas encore opérationnelle au Malawi, et la francophonie se dessine à peine au niveau du livre, du film ou de la radio éducative et ...tout venant, mais en français!). Un inventaire des stations reçues dans des conditions convenables, et où la langue française est utilisée, a été ébauché. Les possibilités d'écoute de Radio-France Internationale ne sont hélas pas des meilleures.

L'A.M.E.F. Cette association n'est pas uniquement celle des enseignants de français, originalité à souligner. Elle est "Association malawite pour l'enseignement du français" et accueille, à ce titre, tout individu intéressé par la propagation de la langue française au Malawi, Membre de l'A.P.F.A., elle-même commission géographique de la FIPF, l'AMEF se voudrait à l'instar du Centre Culturel Français du Malawi, du Bureau d'Action Linguistique, du Service de Coopération en tant que tel ou du Poste d'Expansion Economique, investie dans des tâches visant à la réalisation de motifs francophones dans le tissu social malawite.

Son opération phare est un concours de théâtre en langue française, reconduit tous les ans depuis le début des années quatre-vingts. En 1989 a été lancé un concours de rédaction (les copies recueillies sur le sujet des "contes traditionnels du Malawi" pourraient être la base d'une future publication). Un bulletin devrait reparaître d'ici peu ...

N.D.R.L. : Ce texte est publié malgré quelques réserves de détails avec l'assentiment du Docteur Francis Chilipaine, Professeur à l'Université du Malawi, Président de l'AMEF et membre du Bureau International de la FIPF. Il est l'auteur de "la morphosyntaxte contrastive  du verbe en français et chichewa" chez l'Harmattan.

ILE MAURICE Signalons la publication, grâce à la collaboration de l'association mauricienne des enseignants de français de deux recueils : - Anthologie des récits courts du XIXe siècle à l'Ile Maurice: Textes inconnus d'auteurs Mauriciens présentés par Vicram Ramharai. - "La rue cases-nègres" actuel Président de l'AMEF.

"The lost history of Malawi"  site Facebook sur l'histoire de ce pays.

Blog sur Amazing Malawi  (Sympa)

Revue Univers du Français FIPF - CIEP Sèvres N°43 de Septembre 1989.

Depuis devenue "Dialogue des Cultures"

 

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14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 11:36

Comme cet article savoureux de Jean Michel Filippi et tellement juste semble avoir disparu du Blog sur le Cambodge https://www.publikam.com/

Je vous le restitue tel qu'il apparaissait naguère en juin 2015  même s'il n'a pas perdu ni en actualité ni en  véracité et peut s'appliquer à toutes nos représentations du Réseau actuel. Il semble être à nouveau inséré dans la version actuelle du Blog 2020 :

https://www.publikam.com/pages/divers/ambassade-petit-dictionnaire-ethnographique.html

L’ambassade. Petit dictionnaire ethnographique
12 vendredi Juin 2015
Posted by Jean-Michel Filippi in Découverte du Cambodge, Français, Vie quotidienne≈ 2 Commentaires
Mots-clés: ambassade, Cambodge, Jean-Michel Filippi
« Un jeune homme brrrrrrrrillant ce Bernard Henry Lévy Strauss… »,les ressources de l’écriture ne permettant hélas pas de rendre compte des gloussements de l’intéressée. Et son ambassadeur de mari de s’empresser : « Henry Lévy tout court ma chère… ». En tout état de cause, BHL devrait davantage travailler son image diplomatique et on ne saura hélas jamais si la confusion était à mettre au bénéfice du célèbre ethnologue ou plus prosaïquement du pantalon.
Ah oui, la scène se passe à l’heure du thé dans l’ambassade de France d’un petit royaume asiatique.

Culture

Comme on vient de le voir, les préoccupations culturelles ne sont pas lettre morte dans le milieu diplomatique.
A force de parler avec la modestie de rigueur de la France comme « l’exception culturelle », on a fini par oublier ce que cela recouvre ; hélas pas grand chose exceptions faites d’une ignorance totale de la géographie et des langues étrangères.
Et pourtant phénomène unique au monde, l’exception culturelle existe bel et bien dans sa pure vision bureaucratique au sein de l’ambassade, cela s’appelle le service culturel.
A sa tête un conseiller culturel, généralement recruté dans le sérail et énarque de préférence : la culture est donc affaire d’état.
D’instinct, notre conseiller culturel se méfie comme de la peste de l’intellectuel français local et le voit au mieux comme un hurluberlu incontrôlable qui dérange sa mission. Vous pensez, un type qui a l’idée saugrenue de parler la langue du pays, pire qui fraye avec les indigènes dont il étudie la culture… Pas sérieux tout ça !
Et en plus, il ne sait même pas se tenir correctement, au lieu de s’exprimer en bonne vieille langue de bois dans les cocktails en sacrifiant aux règles sacro-saintes de l’ivresse mondaine, le voilà parti à étaler une connaissance du pays pour le moins incongrue.
Bienheureux le conseiller qui se tient à bonne distance de ces égarements. Il sait qu’après le Népal, ce sera le Nicaragua puis le Cameroun et notre « expert dans l’art d’être expert » se doit de disposer d’un discours éloigné des contingences locales et qui a donc l’avantage indiscutable d’être reproductible à volonté.

Mondanités

L’art de vivre diplomatique a ses codes et y déroger est un exercice pour le moins périlleux.
Là les choses sont plus complexes et bien se conduire nécessite un apprentissage ardu. La règle numéro 1, c’est le « surtout pas de vagues », le quai d’Orsay a horreur de ça ! Mieux vaut s’en tenir à une saine gestion du quotidien sans velléités de dépasser l’anecdotique. Traduction : se complaire dans l’évocation de potins tout en concluant au bout de deux heures qu’il ne s’agit pas de prêter foi à ces racontars ; arborer un air grave avec un superbe « voyez-vous en haut lieu… », ou pour les plus talentueux, prendre l’air entendu de circonstance pour faire comprendre qu’on est dans le secret des dieux.
Toute issue qu’elle soit de 3 révolutions et 5 républiques, la France contemporaine n’est absolument pas prête à se débarrasser de ses préjugés nobiliaires. Rien de tel pour une ambassade que de disposer de la particule de service qui permettra à l’épouse du premier conseiller d’évoquer le casse tête inhumain de son plan de table : « vous croyez que ce serait bien vu de placer la baronne au centre ? ».


Les choses se compliquent éminemment lorsqu’on ne dispose pas d’un authentique hobereau à portée de main, qu’à cela ne tienne on s’en fabriquera un. Les candidats ne font généralement pas défaut. L’aventurier intelligent, donc expert en vanités humaines, débarqué au bout du monde on ne sait trop comment et qui a eu l’idée préalable de se fabriquer un petit titre bénéficiera de toutes les attentions.
Question moeurs, l’ambassade a l’esprit large et une certaine homosexualité est très bien vue. Mais attention, le non dit est de règle : surtout pas de discours revendicatif ! Le portrait du gay diplomatique de service ne varie guère d’une ambassade à l’autre : quelles que soient ses fonctions, il est souvent féru de protocole et pourra soulager votre angoisse dans la seconde qui suit en vous expliquant où placer à table général et archevêque.
C’est en même temps l’arbitre local des élégances qui connaît tout de la grande couture, avec un air de reproche tolérant accompagné d’un hochement de tête gentiment sceptique, il se fera un plaisir de refaire le noeud de cravate du premier secrétaire avant la cérémonie du 14 juillet.

Diversité culturelle

En désespoir de cause, la France a fini par inventer « la diversité culturelle ». Un véritable ballon d’oxygène pour nos ambassades qui ne savaient plus trop sur quel pied danser : une authentique virginité idéologique.
Contrairement au Japon et à l’Amérique honnie dont les diplomates doivent faire montre d’une bonne connaissance de la langue du pays, le personnel des ambassades de France a toujours mis un point d’honneur à cultiver une ignorance superbe de la langue locale.
Le concept de diversité culturelle aurait pu provoquer une véritable révolution chez notre personnel diplomatique. Imaginez un consul fraîchement débarqué s’enquérant avec angoisse de la meilleure façon d’étudier le Hindi ou le Swahili… La révolution n’aura heureusement pas lieu et l’unique objet de « la diversité culturelle » restera bien évidemment le Français.
Notre ambassade a désormais une cause qui va mobiliser toutes ses énergies. On se casse la tête à fabriquer des slogans du style : « soyez différent, parlez français ! ». Il y aura toujours des méchants pour se demander ce que le Français apporterait en termes de différences par rapport au Coréen ou à l’Arabe, mais fi de ces sceptiques et sus à ce Sabir écoeurant qu’on nous impose d’outre atlantique.
En jouant un peu avec les statistiques, on apporte la preuve que le Français progresse dans l’enseignement local et on stigmatise les entreprises françaises installées dans le pays et qui emploient l’Anglais.
Tout rituel a ses moments forts et celui de « la diversité culturelle » se tient aux alentours du 20 mars au moment de la fête de la francophonie.
Notre petit royaume qui a connu tous les cataclysmes possibles et imaginables du 20ème siècle ne sera pas épargné par cette dernière épreuve ; n’a-t-on pas décrété en haut lieu la nature francophone de ce malheureux pays ?
L’ambassade mène la danse : spectacles, chansons, petits écoliers en chemise blanche proprette rassemblés pour la circonstance qui arborent des sourires mécaniques, à quoi il faut ajouter les discours fleuves des membres de notre bureaucratie culturelle émaillés de perles qui feraient pâlir d’envie les pages les plus féroces du « Dictionnaire des idées reçues ».
L’ambassadeur n’est pas en reste, après avoir expliqué que tout va évidemment pour le mieux, le voilà à seriner les sempiternels slogans en débitant à l’occasion des trouvailles pour le moins géniales du genre : « le Français, c’est la liberté et la démocratie ! ». Ouf ! Voilà au moins un argument de poids pour exonérer les présidents de sanglantes dictatures francophones d’Afrique.
Les moins bien intentionnés feront la peu charitable remarque qu’à défaut de disposer d’une vision politique, il restera toujours la langue qu’on peut aisément transformer en politique.

Divertissements

Cette foison d’activités pour le moins épuisantes est suivie d’un repos bien mérité. A l’ambassade on arrive aussi à se détendre.
Suivant le style et l’humeur du maître des lieux, ça peut aller du cocktail gentillet au bien célèbre « allez tout le monde dans la piscine » et notre Bidochon local de s’émerveiller de cette promiscuité réjouissante avec ses plus hauts représentants.
Les dîners organisés pour les hôtes illustres ne manquent pas de piquant. Un Gérard Depardieu constitue à lui seul un véritable casse tête : « il est si bien quand il ne boit pas ». Et que dire de Jean Mascolo qui n’entend pas aller dormir avant d’avoir fait un sort à la prune de l’ambassadeur ?
Et puis vient le 14 juillet. La ruée vers la cochonnaille, fromages et autres délicatesses dont notre hexagonal en exil s’est senti privé l’année durant. Bien sûr, ce n’est plus comme avant, le pinard est proche d’un gros rouge qui tache, restrictions budgétaires obligent, enfin, on met les restaurateurs français locaux à contribution et l’un dans l’autre…
A l’occasion, le grand souci de l’ambassade est de lutter contre l’intrusion illégitime de la charmante demoiselle locale qui n’hésite pas sacrifier son gagne pain nocturne pour témoigner d’intenses sentiments patriotiques avec son compagnon français occasionnel : on veille !

Intendance

Le quidam moyen qui ne comprend rien à l’esprit de sacrifice qui anime notre corps diplomatique s’inquiètera du coût de ces représentations de par le monde.
Voilà bien le côté rat du Français à l’oeuvre, est-ce qu’on demande aux ouvriers comment ils font pour s’acheter des voitures ? Il lui sera doctement rétorqué qu’on s’emploie à faire des économies sérieuses.
Salaires gras du personnel diplomatique à faible imposition, frais de représentation, personnel d’entretien des locaux, ça fait cher…Tsk, tsk et la grandeur de la France dans tout ça ? Elle vaut bien une représentation digne de ce nom !
Désemparé et à court d’arguments, notre sceptique pourrait encore faire remarquer que la représentation de la France dans certains pays est sans doute disproportionnée eu égard aux bénéfices commerciaux que la France en retire. Quel épicier lamentable, on lui parle de belles choses, de grandeur et voilà qu’il se livre à des estimations vulgaires. Le quai d’Orsay dans son légitimisme ne condescendra pas à discuter de ces broutilles, ce n’est pas dans la politique de la maison.
Dans un livre célèbre, Simon Leys faisait jadis remarquer à propos de la Chine que de nombreux pays qui ne s’embêtaient pas à y entretenir des relations diplomatiques y obtenaient pourtant en matière commerciale des résultats bien supérieurs aux nôtres.

Jean-Michel Filippi

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14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 10:13

De mes itinérances européennes de Grèce au Danemark et d'Espagne à la Laponie sans oublier Grande Bretagne et Italie je passerai outre car le bac en poche c'est vers l'Allemagne et l'Autriche sur les pas de Mozart que se sont orientés mes voyages en 1967. Je me souviens avoir tenté sac à dos et autostop de passer le mur vers la Tchécoslovaquie, vite rappelé à l'ordre par les Vopos tout comme les gardes frontières autrichiens. Non mais ! Je récidiverai en 1990 entre Magdebourg en(RDA) et Berlin (RFA) vite stoppé et interrogé à CheckPoint Charlie avec mon véhicule alors immatriculé en Yougoslavie et quelques cartes d’État major oubliées négligemment sur la banquette arrière....
Dans les années 60 on ne parlait pas encore d'"Europe Europe,Europe !" qui ne faisait pas encore  sursauter quelques cabris comme l'avait pointé le Général De Gaulle.Quand commencent mes grandes transhumances de plus de 35 ans , le Général a été chassé par la volonté du peuple et un référendum démocratique. Il ne passera pas outre comme certains en 1985 sur l'adhésion à l'Europe par des traités impies
.


Mais revenons à l'année 1970 et une première échappée belle vers le Sénégal où la Ligue Internationale de l'Enseignement à travers son Office central pour la Coopération internationale (OFFICO) a déccdé de m'envoyer au Congrès International de l'Education de Dakar en juillet 1970 : découverte de notre Ambassade,et des jardins de la Présidence à l'ombre du Président Abdou Diouf qui me dépassait de 4 têtes . J'eus l'imp(r)udence de livrer mes confidences et de faire un selfie avec un inconnu qui se révélait être le chef de la sûreté nationale. Qu'importe cela ne m'a pas empêché de filer vers le Sine Saloum à Kaolack où débutait mon chantier de co-opération entre enseignants français et sénégalais. Quelle aventure en effet: 3 semaines pour bâtir une Maison des Jeunes et une Ecole un dispensaire à Maïné Soroa sans oublier quelques virées nocturnes en Gambie voisine (pour faire le plein de bières anglaises...!)
Mais c'est vraiment l'année suivante que je pus commencer une mission officielle au Niger après une journée de préparation à Orléans en mai comme François de Négroni le décrira en 1977,les mécanismes et utopies coloniales dans "Les colonies de vacances", Portrait du coopérant français dans le tiers-monde, Hallier-Albin Michel, 1977 (réédition:l’Harmattan,préface de Michel Siméon, 2007)(2)
C'est donc en juillet 1970 que l'avion d'UTA me déposa sur le tarmac de l'aérodrome de province qu'était alors l'aéroport de Niamey. Rien à voir avec ceux de Dakar et de Nouakchott que j'avais foulés l'année précédente.
Nous sommes alors dans le système Foccart (1) le Monsieur Afrique du Général de Gaulle et ses agents sont alors tous puissants à l'Ambassade pour surveiller et éventuellement punir les jeunes et fringants coopérants qui ont échappé aux 3 ans du service militaire à Baden Baden...Ici, me lance d'emblée mon Adjudant-chef Fulenwarth en claquant des talons,"on se soumet ou on se démet"(sic) Bien, le ton est donné. Reste à définir ma mission au Centre pédagogique auprès du Ministère de l’Éducation Nationale sous les ordres du tandem Tranchart et Dupanloup ,incontournables pédagogistes qui règnent en maître sur ce pays avec force méthodes dans un réseau très structuré et efficace. Pas question de transiger ou d'émettre des opinions contradictoires. Exécution donc ! Ceux qui se sont échappés du droit chemin ou enfreint les règles du bon usage :certains Bretons en majorité se sont vus sanctionnés par un exil à l'est au bord du lac Tchad à Diffa où leur chute dans l'alcoolisme était inévitable.Trêve de chouchen, les Corses règnent encore en maître dans la capitale et à Maradi, Zinder ou Agadez.

Durant mes deux premières années, je dois assister les Inspecteurs nigériens et propager la bonne parole du Père Dupanloup et du Révérend Tranchart Inspecteurs et auteurs du catéchisme de français langue seconde en vigueur.(on ne parle pas encore de Français Langue étrangère dans les pays du "champ" qui relèvent du Ministère de la Coopération ou Rue Monsieur. La diffusion de méthodes de FLS passe par le tout puissant CREDIF de St Cloud épaulé par l'éditeur Didier.
Pour avoir voulu émettre des idées pédagogiques toutes personnelles, je serai affecté à Filingué au bord du fleuve Niger puis ramené au Lycée de Jeunes filles en terminales et chargé de la Radio scolaire avec Suzanne et Jean Jacques Robert de RFI tandis que mon collègue Jean Pons est affecté à la Télévision scolaire.L'ami Jean Pons grand artiste au demeurant avait rencontré sa charmante épouse Marcelle Henriette Jelinek Mercédes au Casino de MonteCarlo fréquenté par son père l'ingénieur Jellinek , celui là même qui donna le nom de sa fille "Mercedes" au premier véhicule de l'usine Daimler-Benz de Stuttgart. Quelle coïncidence ! C'est en donnant des cours de piano à sa fille que j'en appris plus sur cette étonnante infirmière des femmes peules et touareg qui les soignait bénévolement.Elle repose dans le caveau familial de Jellinek à Nice mais j'ignore ce qu'est devenue sa superbe Mercedes Benz noire, dernier vestige de cette fabuleuse époque où elle suivait son père de Stuttgart, Vienne, Budapest et les casinos de la côte d'Azur jusqu'à Monte Carlo où elle rencontra Jean Pons, sculpteur de son état et adepte des jeux.(4)
Le Centre culturel franco-nigérien en est à ses balbutiements quand, non loin de là on installe l'unique feu rouge de la capitale qui dessert le pont Kennedy pour régler le flot des chameaux et des rares Peugeot.Le jeune coopérant est invité à opter pour la résidence du plateau où les jeunes recrues du Lycée La Fontaine (dont mon ami Michel Rance) un  peu désœuvrés ont le choix entre la piscine de l'Intercontinental ou des Rôniers où se lient des idylles avec les beautés locales surtout peules.

Mes plus beaux souvenirs sont sans doute cette nuit du cinéma en plein air à Filingué,où la population est là toutes générations confondues, massés sous le baobab qui offre les meilleures places au balcon, le gouverneur est avec sa femme et sa fille qui sont dans la même classe de 5è, et mes collègues ont transformé "la vache à eau" avec un astucieux système de douche , il suffit de s'installer dans le siège de la 2CV et de bénéficier des bienfaits d'une eau à température ambiante.Un incident a émaillé ce séjour lorsque le prof de physique a eu la mauvaise idée de tomber amoureux de la femme du Directeur du Collège !

Allez zou, Tranchart et Dupanloup (qualifiés de "voyous" (sic) par la motion du Collège Mariama, ci-dessous-(3) n'ont pas tergiversé et expédié l'impétrant à la capitale.
C'est de cette capitale de Niamey que lors de mes cours de littérature ayant fait l'objet d'une inspection en bon et dû forme sur Ionesco que survinrent d'autre incidents majeurs que mon ami Michel Rance a rappelé à ma mémoire défaillante, il s'agit de la visite du Président Georges Pompidou et Madame en janvier 1972.

Tous nos lycéens et collégiens sont massés sur le parcours officiel entre l'aéroport et l'Ambassade et l'armée est sur les dents. Le Président Diori Hamani et Michel Foccart avaient pourtant bien fait les choses comme me l'assurait Robert Schumann que je croisais lors d'une réception officielle.(photo ci-contre)

 


La voiture du Président français une DS blindée décapotable est bien arrivée de Paris avec la vaisselle et le linge de l'Elysée,

Madame Claude Pompidou ayant souhaité visiter les classes télévisées au bord du fleuve comme le mentionnait la Croix: "Pendant que le président de la République poursuivait ses entretiens politiques, Mme Georges Pompidou se rendait dans un petit village de la brousse, près de Niamey, où elle a assisté, dans une école, à une séance de télévision scolaire. Comme il n’y a pas, au Niger, suffisamment d’instituteurs, c’est la télévision qui mène la lutte contre l’analphabétisme. Un émetteur central diffuse dans vingt-deux écoles, réparties autour de Niamey, des programmes élémentaires d’enseignement. Les enfants qui bénéficient de cet enseignement - 800 au total - on les appelle ici les élèves TV. Il s’agit là d’une expérience pratiquement unique au monde, et M. Georges Pompidou a assuré le président Diori Hamani que la France lui apporterait son concours pour étendre cet enseignement". Toutes les hordes médiatiques ont investi mes classes au nord de la capitale, pas de chance elle visitera les classes au sud vers le parc du W.et pourra distribuer les cadeaux aux jeunes élèves. Pourvu que le jeune élève chargé d'alimenter la classe en électricité maintienne son rythme de pédalage régulier car en effet,la France a bien équipé les écoles de téléviseurs mais point en électricité !"  Chauffe Mamadou chauffe !


"Les deux présidents Hamani et Pompidou ont parlé de la télévision scolaire du Niger, pays qui s’est lancé il y a maintenant cinq ans dans une expérience unique au monde. Les résultats obtenus ont été suivis par les spécialistes de nombreux pays. Les deux chefs d’Etat, de leur côté, sont tombés d’accord sur l’intérêt de l’expérience et la nécessité de l’amplifier.
Mais il serait ridicule que le Niger, après avoir été le théâtre d’expérimentation des méthodes d’enseignement audiovisuel les plus modernes, soit aujourd’hui pénalisé, alors que la Côte-d’Ivoire a trouvé les crédits nécessaires pour lancer en grand la "télévision scolaire" souligne la presse locale. Chauffe Mamadou, chauffe !

Mais déjà le bruit court dans la capitale car on a eu vent de sacs de farine jetés sur le cortège de nos deux Présidents. Les membres su SDEC de Foccart n'ont pas tardé à mettre la main sur les insolents et à remonter la piste jusqu'aux instigateurs...

De jeunes coopérants du Lycée (sans doute futurs insoumis sinon objecteurs de conscience) qui auraient instrumenté ceux du Collège Mariama (3) comme le révèlent des archives. La presse locale de l'époque semble les exonérer de toute compromission sinon adhésion : "Les plus impressionnés par une telle littérature semblent être les coopérants venus par générosité, qui ont honte d’être confondus avec des Français ou autres Européens dont le désir est de s’enrichir vite, non sans se comporter comme avant la décolonisation"...

Il est vrai qu’il existe dans les pays francophones un sentiment fortement ancré selon lequel la coopération française est un bien du ciel et que la remettre en cause pourrait avoir des conséquences incalculables et catastrophiques. Soit. Mais il ne s’agit nullement, et nous l’avons maintes fois précisé ici, de tourner le dos à la France. Au contraire. Il s’agit de lui apprendre à considérer les Etats francophones comme des partenaires qui ont, eux aussi, des intérêts à défendre. Des intérêts parfois convergents, d’autres fois divergents."


Les lycéens de Niamey, en grève depuis le 31 janvier, manifestaient de la sorte leur sentiment quant à certains aspects de la coopération franco-africaine.
Pour important qu’il soit, le problème n’est pas propre au Niger. Il l’est d’ailleurs certainement moins ici que dans d’autres pays voisins. Dès à présent, les Etats africains devraient se montrer très exigeants et beaucoup plus sévères à l’encontre d’abus totalement inadmissibles accomplis par une certaine catégorie de "coopérants"
.

Ma mère venant d'arriver de France pour un séjour exotique auprès de son fils unique est inquiète car l'Ambassadeur veut réexpédier manu militari dans leurs foyers les impétrants par le premier transaal dès demain matin 7H. Diantre !
Je demande un sursis pour raison personnelle et obtient de rester sur place jusqu'en septembre pour surveiller les "biens français" dont le Lycée La Fontaine. Ma mère pourra ainsi visiter le pays grâce à l'obligeance de la femme du Commandant Miollan qui supervise le camp militaire voisin. Mes amis de Radio France Internationale étant en France m'ont laissé en garde leur villa et leur chien. Le séjour se passe sans dégâts majeur jusqu'à mon retour. Tous ces aléas ne m'empêcheront pas de recevoir les trois filles de l'Adjudant Chef qui viennent d'arriver par le DC8 du vol UTA ou Air Afrique et de découvrir cette nouvelle famille lors d'une soirée d'accueil dans "ma" villa ! Il était temps car les après midi aux Rôniers commençaient à devenir monotones. Bien sûr entre temps, j'avais trouvé à occuper mon temps libre en participant à la chorale à l'Ambassade d’Israël et à donner des cours de piano à un expatrié et aux deux filles de l'Ambassadeur de Suède entre deux soirées au "Fofo"  boite de nuit mémorable de la ville. Écart vite pointé par un sbire de nos services spéciaux et dont j'aurais à m'expliquer devant l'Attaché militaire , agent du SDEC et particulièrement pointilleux sur le sujet de ma mission dont il convient de refixer les règles malgré le contexte instable.

Le retour en Septembre 1972 sera brutal avec une affectation en collège dans l'Académie de Nantes et pour des cours de Français langue maternelle cette fois ci.
Il faudra attendre sept longues années pour me voir offrir par la Rue LaPérouse cette fois, les postes de Tunis, Thessalonique ou Mexico au choix et m'extraire d'un collège Jean Rostand de Mayenne, entre temps j'ai épousé l'une des filles de l'Adjudant-Chef et suis devenu père d'une petite Anne née en février 1975.   .  

C'est deux ans plus tard en 1974 qu'un regrettable incident,va survenir et défrayer la chronique lorsqu'une énième révolution de Palais, comme nous en connaissions depuis plusieurs mois, va voir le président Diori Hamani chassé par une faction armée du Colonel Seyny Kountché et sa femme est tuée. Le président Hamani est exfiltré par Foccart vers la France et l'Ambassadeur est en résidence à Paris jugé "non désirable". Et oui cela existe des Ambassadeurs qui règlent les affaires courantes depuis les Bureaux de la rue Monsieur au mieux au Quai d'Orsay sans lettre de créance dûment accréditée.

1-Jacques Foccart à l'Elysée
Désormais, il existe deux directions distinctes. Celle des Affaires d’Afrique-Levant, et celle des Affaires africaines et malgaches, regroupant tous les Etats du sud du Sahara, confiée à M. Philippe Rebeyrol, ex-ambassadeur de France au Cameroun.
Le secrétariat d’Etat aux Affaires étrangères chargé de la coopération, dirigé par Yvon Bourges, et le secrétariat général à la présidence de la République pour les Affaires africaines et malgaches de Jacques Foccart, conservent les mêmes attributions et continuent de coiffer en fait l’essentiel de la coopération franco-africaine. Ce conservatisme, après toutes les annonces de réorganisation, suscite de nombreux commentaires à Paris. On s’explique mal, en effet, que "l’évolution" annoncée par Georges Pompidou l’an passé se limite à une mini-réforme administrative du Quai d’Orsay.
Pourquoi rien n’a-t-il changé ?
Si le langage nouveau utilisé par Georges Pompidou lors de son dernier périple africain avait suscité quelques espoirs parmi les jeunes cadres africains, il n’en fut pas de même de la part de certains chefs d’Etat. On dit à Paris qu’une démarche analogue à celle de 1969 (au cours de laquelle la majorité des chefs d’Etat d’Afrique francophone étaient intervenus auprès de Paris pour réclamer le retour de Jacques Foccart à l’Elysée) aurait été effectuée quelques mois à peine après le premier périple africain de Georges Pompidou. Les auteurs de cette démarche auraient informé l’Elysée de leur crainte de se retrouver face à un appareil diplomatique français totalement ignorant des "réalités africaines".

2-. « Les colonies de vacances » par François de Negroni (2007)

D’une appropriation à l’autre : genèse de l’humanitaire

Destin singulier que celui de ce livre dont la première édition de 1977 fit scandale et qui, réédité trente ans plus tard, ne semble pas avoir pris une ride ; fait en apparence paradoxal car si la société coopérante, qui constitue l’objet de l’étude, justifiait à l’époque des effectifs pléthoriques,  plus de 800.000 Français…ont séjourné dans le tiers-monde depuis le début de l’assistance technique, elle ne concerne plus aujourd’hui qu’une poignée d’individus.

D’emblée, l’auteur pose la singularité de sa démarche car à une approche traditionnelle qui décrit les assistants techniques comme instruments au service de la coopération, il se propose de les appréhender en tant que groupe temporairement expatrié, contraint de recréer à partir de données nouvelles une structure sociale et beaucoup plus explicite : faire le portrait du coopérant, c’est donc dévoiler le signification de cette démarche singulière et par là même la fonction réelle du séjour dans le tiers-monde.

L’ouvrage propose une véritable grammaire du monde coopérant à travers les catégories du social et de l’idéologique déclinées dans les termes de l’unité et de la division eux-mêmes informés sous les angles du mythe et du réel. Cette charpente narrative qui sous-tend l’ouvrage ne laisse en rien préjuger de sa lecture qui se fait d’une traite et où le sociologue – écrivain, qui a aussi été coopérant, nous trace des portraits pleins de vie et de mordant.

Le mythe

Vu sous l’angle du mythe de l’unité sociale, la société coopérante se présente comme une mise entre parenthèses des différences sociales, ce qui suppose l’établissement de toute une série de stéréotypes qui semblent avoir survécu à l’assistance technique. Ainsi, les différences d’âge, au club on a toujours vingt ans…les plus vieux s’empressent de sacrifier à cette cure de jouvence et font merveille dans la décontraction dynamique, les petites foulées, le franc parler argotique; le personnage du coopérant se construit en dénégation du colon : le journal de tout brave assistant technique recèle l’épisode de bande dessinée dans lequel ce jeune homme candide et frais d’haleine défie un affreux colon couperosé surpris dans des conduites ou des propos racistes ; la description du rapport à la foule indigène en dira long à ceux qui ont observé les bataillons de l’humanitaire sous les tropiques : la démarche modestement chaloupée, le regard curieux et avenant, le sourire bienveillant, ils offrent à tous leur sympathie débordante et s’attirent fugitivement celle des mendiants du coin qui les escortent un moment mais se dispersent vite en constatant que ces belles âmes sont incorruptibles.

A cette belle unité apparente que le texte détaille en exemples des plus croustillants, dont l’excellent passage sur la sexpatriation, l’auteur oppose la réalité d’une division sociale qu’il analyse très finement dans les portraits du grand et du petit bourgeois coopérants.

Pour illustrer le mythe de la désunion idéologique, l’auteur segmente la société coopérante en cinq types idéologiques auxquels correspondent des archétypes. Là aussi se succèdent des portraits tracés avec un humour souvent cruel. La recherche de l’innocence a son archétype dans l’éco-sexologue  qui  …part en pèlerinage dans les communautés villageoises et chaviré par une hospitalité mécanique qui lui fait oublier sa complète extériorité, y découvre pêle-mêle la croissance zéro, les plantes qui guérissent, la nourriture macrobiotique…  Le ressentiment brut  est associé au technocrate autoritaire  pour lequel  il n’y a…qu’une manière réaliste d’en finir, c’est d’insérer le monde rural dans le cadre formel de l’exploitation capitaliste : les paysans, bien dressés sur le plan technique et soigneusement dirigés, se transformeront alors tout naturellement en entrepreneurs et dégageront un surplus qui permettra l’industrialisation du pays.   Le ressentiment travesti  avec le socio-économiste  pour l’illustrer, semble un type particulièrement en vogue dans l’humanitaire du sud est asiatique contemporain, qu’on en juge par l’analyse qu’en fait l’auteur à propos de l’Afrique des années Soixante :  l’idéal, pour ces pays, est plutôt de parvenir à intégrer la modernité tout en gardant le bénéfice de leur différence, de concevoir un modèle qui tiennent compte de leur identité culturelle, ce qui serait fort bien si le sujet de la phrase n’était pas  l’idéal, car les relations de nos socio-économistes  avec la société indigène sont fondées sur des nécessités contradictoires. Leur volonté paternaliste de fréquenter les autochtones, de les traiter en êtres dignes et responsables, a pour corollaire un besoin absolu de reconnaissance, le désir impérieux d’être considérés comme indispensables.  La mauvaise conscience  se fonde sur le principe que  le sous-développement est le résultat de la colonisation  et qu’en conséquence  la coopération ne saurait être conçue autrement qu’en termes de réparation historique ; l’ennui est que la décolonisation n’a rien changé à l’essentiel en ce que les rapports traditionnels de subordination demeurent et voilà notre coopérant transformé en  animateur qui supplée à son incompétence par des artifices pédagogiques qui sont eux-mêmes plus que sommaires et appris sur le tas , ainsi la dynamique de groupe ou  la non-directivité. Le dernier type, l’idéal ascétique, pose que  la subordination des pays pauvres n’est pas le résultat d’une imposition arbitraire et leur exploitation n’est ni épisodique ni marginale par rapport à la dynamique capitaliste : elle en est un rouage nécessaire… ; il reste donc à notre coopérant, joliment qualifié par l’archétype  pied-rouge,  une marge de manœuvre des plus réduites :  justifier sa présence au côté des damnés de la terre, damnés dont il se sent si proche qu’à travers les petites misères qui sont faites à son existence empirique de coopérant, il peut apprécier le niveau d’oppression qui pèse sur le pays .

Le réel

Cette désunion idéologique relève du mythe et l’auteur le montre bien dans la partie de son ouvrage consacrée à la réalité de l’unité idéologique. Ce thème permet de replacer l’épisode de l’assistance technique dans le flux des rapports entre l’occident et le tiers-monde, rapports conçus sur le mode de l’appropriation. D’une première période marquée par la découverte occidentale du monde et par une expansion aux intérêts commerciaux appuyée par le prétexte idéologique d’évangéliser la terre aux visions ultérieures beaucoup plus sophistiquées, les modes d’appropriation vont composer avec l’indigène : de l’ignorance pure et simple à une prise en compte aux modalités diverses ; ainsi, la mauvaise conscience et la culpabilité proviennent d’une tendance humanitaire, apparue à l’apogée de la colonisation, qui milite pour une association librement consentie, une communauté pluri-raciale…La décolonisation  n’empêche pas les intérêts occidentaux de demeurer sensiblement identiques même si le discours est contraint de s’adapter à cette situation nouvelle et le projet proposé relève désormais de l’appropriation chaste. Pour notre assistant technique,  alors même que la colonie se trouve historiquement abolie, il ne cesse de la reconstituer symboliquement dans sa pratique effective. Il délimite avec intransigeance les règles qui lui interdisent de s’immiscer dans les affaires intérieures locales, mais sous le prétexte de leur montrer l’exemple, il se substitue tout le temps aux autochtones, capturant ainsi à la fois les hommes et les choses.

Le fait que l’assistance technique ne soit aujourd’hui qu’un phénomène marginal qui ne justifierait plus une étude de cette ampleur, n’enlève rien à la pertinence de l’analyse de François de Negroni. D’une part, l’auteur montre que la coopération est intégrée au flux des modes d’appropriation dont elle constitue une forme douce, d’autre part, à l’assistance technique va succéder un autre mode d’appropriation, l’humanitaire, qui n’a encore jamais fait l’objet d’une analyse détaillée de ce type. Prémonitoire, l’auteur conclu dès 1977 : Ne voit-on pas déjà l’occident, par delà les séparations officielles et en guise de cadeau de rupture, recentrer le vieux projet d’appropriation sur un humanitarisme sans frontières… "   Jean-Michel Filippi 22 mars 2012

3-

Motion des ELEVES DU COLLEGE MARIAMA

" Nous tenons d'abord à préciser que nous ne faisons pas la grève ni contre la direction, ni contre le corps enseignant. Notre grève se fait au niveau gouvernemental, en signe de protestation contre l'arrivée de cet impérialiste très entreprenant mais maladroit qu'est 'le grand Pompidou'. Nous exigeons un peu d'honnêteté vis-à-vis du peuple sans instruction et sans enseignement de la part de nos grands. En effet, l'heure de la démystification a sonné. Il faut faire connaitre aux paysans le vrai visage de la France, qu'ils sachent qu'elle n'est pas seulement la France qui nous a aidés à 'sortir de la nuit' comme le disent les gouvernementaux mais aussi et surtout, qu'elle est la source de nos maux et de nos misères. C'est elle qui divise l'A.O. pour mieux régner. C'est elle qui, enfin, continue à sucer goutte à goutte le sang de notre peuple. Pourquoi faire naitre partout le culte du blanc ? Nous ne voulons pas d'un Niger exploité et où, les dirigeants se comportent en valets de l'impérialisme, mais d'un Niger indépendant dans toute sa dignité. Le gouvernement fait exprès de retarder la colonisation de notre pays, avec ce voyou zélé qu'est monsieur Tranchart. Pas d'élites, pas d'ennuis. Notre grand politicien et son directeur et son directeur de conscience, 'l'océan de connaissances', BOUBOU HAMA, se rendent-ils compte de ce qu'ils infligent à la nation ? Nous savons très bien que Pompidou et sa bibiche viennent pour procéder au ramassage des derniers grains d'uranium. Nos richesses ne s'envolent pas ; c'est nous-mêmes qui les étendons à bon marché à chaque pays. Le gouvernement français a bien choisi ses valets afin que ceux-ci accomplissent efficacement la tâche qui leur est assignée ; celle-ci consiste à endormir la conscience de la masse analphabète et à lui assurer une main mise sur nos biens. Bien que le Niger soit un pays pauvre, notre budget est passé dans la construction de nouvelles routes soi-disant que le 'grand Pompidou' ne peut supporter la poussière. Et sans réfléchir on a doublé l'impôt.

Compte tenu de tout ceci, Nous, élèves du Collège Mariama, décrétons une grève de protestation du samedi (matin) 22 au mercredi (soir) 26 janvier 1972. "

VIVE LE PEUPLE NIGERIEN, VIVENT LES SCOLAIRES NIGRIENS.

4- Biographie de Jean PONS

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Pons_(1936-2016)

À l'âge de 14 ans, Jean Pons est élève dans l’atelier du sculpteur Maurice Prost au studio Marie Émilie Rolez1. L'année suivante, il est admis à l'École des Arts décoratifs de Nice, section sculpture1.

Au cours de sa troisième année de formation, sa mère et son nouveau compagnon ne peuvent plus assumer les frais de ses études. Six mois avant l’obtention de son diplôme, il doit quitter l’école pour travailler. Il fera plusieurs petits boulots. Il travaillera notamment dans une maison de photographies, vendra des tissus, mettra en couleur, à l’aquarelle, des documents imprimés…

En juin 1956 il épouse Marcelle Jellinek Mercedes. Tous deux vivent pendant plusieurs années à Roquebrune-Cap-Martin-Village, dans un mas sur les hauteurs où ils restaurent une pension de famille.

En 1963, contraint de partir pour des raisons de santé, ils déménagent pour la montagne dans le petit village de Montadroit, département du Jura, près d’Arinthod.
L’atelier « Montjoie » est créé. il y enseigne la sculpture, la peinture et l’aquarelle et accueille aussi bien des amateurs que de futurs professionnels en formation de longue durée.

Jean Pons est a souvent participé a des initiatives sur les questions d’environnement, de justice sociale, de défense des droits de la région.

De 1967 à 1677, il est au Niger, à Niamey, avec sa famille. Il travaille pour la télévision scolaire où il gère un service en enseignant les principes technologiques, à partir de matériaux locaux. Les émissions de la Télévision scolaire du Niger sont diffusées dans les classes de brousse. des amis ayant participé a cette initiative ont précisé que ceci se faisait grâce à des téléviseurs alimentés par batteries, et exploitées par des moniteurs nigériens spécialement formés.

Jean Pons est l’auteur de plusieurs œuvres, notamment une Vierge à l’Enfant commandée par l’évêché et qui a été exposée dans la cathédrale de Niamey.

L’âme poète, il écrit également dans des recueils des poèmes, comme Le Séquanais et sera l’auteur de contes pour adultes. Ainsi on pouvait aussi le rencontrer comme conteur lors de « soirées contées » au coin du feu.

Jean Pons meurt le  à l’hôpital de Gap. Il est enterré dans la région d’Arinthod.

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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 00:02

La Rose de Marrakech
Extrait du Petit Marocain du 25 novembre 1954
Il faut être poète pour donner suffisamment de vie aux mots qui décrivent la Rose. On ne peut se lasser d'admirer ce chef d'oeuvre de la nature dans toute sa splendeur et on ne peut la définir.
Mais sa beauté n'est pas tout ! Il faut entrer en ligne de compte, sa valeur, sa variété, sa durée, son nom, son parfum, sa rusticité, sa vigueur, la beauté de son feuillage.
Parmi les plus beaux produits d'hybridation, deux variétés splendides, ont été obtenues par Monsieur Maillard à la Targa. Ce qont "Prélude" rose parme et bleutée et "Baccarat" rose luminescente présentée au festival de Cannes et dont la marraine est Madame Bao DAÏ. Ces deux variétés sont visibles chez Monsieur Maillard à la Targa. Sa courtoisie et sa genrillesse mêlées d'une clarté d'esprit et d'une connaissance approfondie de son métier de rosiériste permet de définir avec précision , l'évolution, la vie et le laborieux travail qu'est l'obtention de produits nouveaux par hybridation. Dans quel milieu, dans quelle terre le rosier vient-il dans les meilleures conditions ? Il lui faut une terre profonde, argilo-siliceuse, mais il faut abandonner l'idée d'une plantation dans des sols uniquement argileux ou uniquement sablonneux et secs.
On obtiendrait alors des rosiers rachitiques dépourvus de vigueur au feuillage chlorotique.
Depuis 1929, des essais sur"Rosa Laxa" et sur "Polyanta" n'ont donné que des résultats insuffisants au point de vue longévité.
Mais rapidement on s'est aperçu que les meilleurs portegreffes étaient "l'Indica-Major".
Puis Monsieur Maillard expérimentait des porte-greffes originaires du Texas qui donnèrent d'excellents résultats.


Au point de vue variétés, la rose est infinie. Plus de 12000 variétés ont été mises en commerce. Certaines variétés ont acquis une bonne réputation au Maroc et en Afrique. Il n'est pas possible de mettre au commerce une variété reconnue bonne dans les pays du Nord. Il y a donc lieu de procéder sur place à l'étude de toutes les variétés. C'est le rôle que Monsieur Maillard s'est fixé à Marrakech. Pour avoir une idée de grandeur et de l'importance d'une telle tâche, Monsieur Maillard commence son étude sur environ 1000 semis pour ne mettre cinq ou six ans après que deux ou trois variétés au commerce.
A citer entre autres, comme variétés éminemment industrielles: "Rouge Meilland, Dame Edith Hélène, Comtesse Vanda¨,Eclipse, Texas, Monique, Virgo, Madame A.Meilland". A côté de grandes productions, il y a toute une gamme de coloris plus éclatants, plus riches mais qui ne donnent pas le rendement des grandes variétés industrielles à savoir : "Grand Gala, Tzigane, Symphonie, Charles Mallerin, Altesse, Eden rose, Monte Carlo, Hélène de Roumanie, etc..."
Toutes ces roses représentent des grandes fleurs. Dans ces espèces ont fait la la petite fleur en grappe et en beaux massifs toujours fleuris pour égayer les jardins. Il y a aussi l'espèce naine que l'on emploie pour la décoration des tables, des rocailles. Elle est très difficile à obtenir au début. Par la suite elle a été magnifiée par l'altitude dans les Grandes Alpes.
Marrakech est l'un des plus gros centres marocains de production de roses coupées.Cependant, il convient de signaler des efforts non négligeables de rosiéristes de la région de Casablanca qui ont entrepris la culture de rosiers sous serres pour la commercialisation de la "rose coupée". Ces roses Marocaines de qualité égale à celles de France, représentent sur ces dernières  l'avantage de la fraîcheur et de la durée supérieure en vase. Mais le Maroc ne peut supporter la comparaison avec la Côte d'Azur. La production marocaine suffit à peine à la consommation locale et les exportations sont insignifiantes.


Cet exposé sur la "Rose Marocaine" et plus particulièrement sur la Rose de Marrakech a été réalisé grâce à l'obligeance et à la gentillesse de Monsieur Maillard qui exploite un domaine à la Targa au nom de "Roseraie de Marrakech" où l'on a pu admirer tous les spécimens des variétés citées et comprendre l'amour que cet hybridateur a apporté à l'accomplissement d'une tâche si dure, mais en compensation, en compagnie de fleurs si belles.

 


Michel TAKIS
 

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