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" Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal

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les influenceurs politiques a Montpellier

Super cocotte dresse l'inventaire des spécimens locaux les plus connus: Léana Attika, Doume Santini, Exorciste Municipale, Willy Coramberk pour les anonymes; Bérengère Dubus, Marouan de la Pinardière, Eric Puglisi, Akkim Djenadi pour ceux qui signent». Dans n'importe quelle campagne, quand tu arrives, les premières choses que l'on te demande, c'est le nombre d'abonnés et celui des faux comptes », précise l'un d'entre eux.

Des écuries déguisées

La véritable spécificité des influenceurs politiques, c'est qu'ils n'ont pas de neutralité vis-à-vis de l'actualité politique car à la différence des autres, leur communauté est souvent fondée sur un message politique. Responsable du RN dans le Clapas et administrateur de la page << Montpellier politique - véritable carrefour numérique des influenceurs politiques, des candidats et de leurs équipes eurs equipes de communication, Thierry Tsagalos n'est pas dupe: beaucoup de compte anonyme font la campagne d'un candidat et sont donc dans la critique de Michaël Delafosse». Parmi les principaux, Léana Attika» et « Exorciste Municipale, d'ap-parences similaires dans leur constat, ne roulent pas sous les mêmes couleurs. « La confrontation des points de vue, c'est assez simple: ça like, ça partage, ça encour-age... et puis il y a les autres, ceux que ça dérange. Ceux-là mettent souvent l'émoticône clown ou celui qui rigole. Ils n'ont pas grand-chose à dire, mais ils essaient de ridiculiser la publication», indique Éric Puglisi. Certains autres se font une spécialité de dessouder un candidat, comme Willy Coramberk qui ne passe rien à Isabelle Perrein ou « Super Co-Cote dédié à l'adjoint à la sécurité de Michaël Delafosse. Le tourmenteur de Sébastien Cote s'en explique: « on a le pire élu en matière de sécurité de tous les temps, un vrai clown, il était fondamental de lui donner un avatar sympathique». Pour la précédente campagne municipale, le même procédé, ridiculiser l'adversaire, a été utilisé avec succès par la page « Un si grand Saurel». Vieille comme le monde, cette tactique satirique fonctionne à plein régime avec les influenceurs surtout anonymes. Parmi ceux qui sont identifiés, l'approche est moins ironique et plus ouverte. Marouan de la Pinardière indique refuser l'anonymat car il n'a rien à cacher, j'assume les propositions que je fais."

Le syndrome " Gorge profonde"

Direct , Eric puglisi concède: "franchement pourquoi je me cacherais? Ça fait plus de vingt ans que je bosse comme commerçant, j'ai été musicien , j'ai vécu et travaillé dans le centre ville , j'y ai fait des concerts [...] Alors publier sous mon nom, c'est juste logique. [...] Ça donne plus de poids, plus de crédibilité. Et puis, l'anonymat, c'est pratique pour critiquer sans assumer; moi, je préfère le débat franc, même si ça pique un peu ». Parmi les caractéristiques principales de l'influenceur politique, la recherche de « vérité >>> semble incontournable. « La critique, les dénonciations sur les réseaux entrainent de façon quasi-systématique une réaction du pouvoir en place. Nous sommes des lanceurs d'alerte », affirme Marouan de la Pinardière. Souvent, le cas des influenceurs politiques est perçu comme une ingérence, au local il s'apparente davantage à une guerre de colleurs d'affiche. <<< Tout le monde a des faux comptes. Quand Delafosse est critiqué, c'est toujours les mêmes qui le défendent », détaille un 

anonyme. Le tout fonctionne comme une arène démocratique. « On vit un nouveau moment de la démocratie. Avant, on râlait au comptoir ou dans sa bagnole, mais ça restait là. Aujourd'hui, les réseaux, c'est un vrai comptoir géant: on débat, on échange, on se rend compte qu'on n'est pas tout seul à penser différemment. Et ça, ça change tout. Si on écoute la presse, Montpellier est une ville de gauche. Mais quand on regarde les réseaux, on voit une autre réalité. Il ya des gens qui se disent: "Ah, en fait, on est nombreux à penser autrement !" Et du coup, ils se lèvent de leur canapé un dimanche matin pour aller voter, parce qu'ils réalisent qu'il y a aussi des candidats qui portent une autre vision... et surtout des électeurs ! », plaide Éric Puglisi.

Pour quel apport

De manière quantifiable, en poids électoral, il est peu aisé de répondre à l'échelle communale sur l'apport des influenceurs politiques locaux aux scrutins, principalement au regard du faible intérêt porté aux élections municipales. A Montpellier, depuis le XXIe siècle, le taux de participation n'a jamais excédé les 53%. Peut-être que 2026 sera un tournant? Interrogé sur le sujet lors des dernières législatives, Jamil Jean-Marc Dakhlia, professeur en Sciences de l'information et de la communication, n'était guère plus euphorique: c'est difficile de le prouver. Mais c'est un événement important dans le débat démocratique [...]. C'est un élément de plus qui aide les citoyens à faire leur propre opinion. Soit à la conforter, soit à la nuancer ou éventuellement à la changer. Nous ne sommes pas dans le secret des consciences, donc on ne sait pas exactement quel en est l'impact ». Même marginal, il marque les esprits des « experts et des observateurs des campagnes. Est-ce qu'« Un si grand Saurel a contribué à la défaite du maire sortant en 2020 ou a-t-il bien fonctionné car l'opinion montpelliéraine était déjà convaincue ? Si l'histoire de la poule et de l'œuf semble inar-rêtable, la multiplication des influenceurs politiques dans les Municipales du Clapas, par contre, démontre que l'expérience de 2020 a marqué puisqu'elle est reproduite. Interrogé sur sa per-ception en tant qu'influenceur politique, Éric Puglisi répond à beaucoup d'interrogations: « Honnêtement, j'aimerais vraiment me considérer comme un influ-enceur politique... mais pas pour mettre en avant un candidat ou pour me retrouver sur une liste. Je ne cherche pas un travail pour 2026. Ce qui m'importe, c'est d'informer. Prenons l'exemple des ZFE: on nous a dit que c'était pour protéger la population contre les émissions de particules fines et de gaz à effet de serre. Et ces mêmes personnes nous proposent maintenant l'installation d'un incinérateur à plastique, qui est tout aussi dangereux et toxique pour la population. Si des types comme moi n'en parlent pas, cette horreur s'installera sans que la ville soit informée. Voilà: l'influence, pour moi, c'est ça. Alerter, partager, faire réfléchir, et défendre l'intérêt général ». Plus clash, Marouan de la Pinardière se voit même comme un éducateur: « Michaël est un bon mec, entouré par une bande de zgegs à l'exception de quelques-uns». Combler un vide, apporter quelque chose au débat, semblent les motivations le pluspartagées par les influenceurs politiques. << Si tout va bien j'arrête, comme tout va mal je continue»; doit-on forcément croire un de ceux qui préfèrent garder l'anonymat?

Henri Viala

l'AggloRieuse n°1156 12 Nov 2025

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