"D’autres raisons invitent à une modification de nos rapports avec le continent.
La question de l’immigration en provenance d’Afrique noire était secondaire dans les années 1960 ; elle pose aujourd’hui un problème crucial. Les rapports privilégiés que nous
avons avec ces Etats accélèrent le courant migratoire. La multiplication des échanges et des regroupements, l’intimité des relations et les connivences ou multiples interventions qui en découlent
sont autant d’éléments qui viennent gonfler le phénomène et décrédibiliser les politiques de restriction que nous tentons de mettre en place.
Le meilleur exemple en est l’afflux déraisonnable d’étudiants africains en France. Il est naturel qu’un certain nombre de ces étudiants, francophones de surcroît, aient accès aux universités
françaises, mais à condition d’être soumis à un minimum de sélection et de venir y faire des études qu’ils ne peuvent faire sur place et qui seront utiles plus tard à leur pays d’origine. Ce n’est
évidemment pas le cas, et le système des préinscriptions en universités, tel qu’il fonctionne aujourd’hui, sert en réalité à bon nombre d’entre eux de filière d’immigration. Si nous accueillons
beaucoup d’étudiants africains, nous en recevons en revanche trop peu issus des régions du monde les plus dynamiques ou les plus avancées. Cette situation est symptomatique d’une réalité plus
générale : très tournée vers l’Afrique, continent globalement à la traîne, la France est moins présente sur les terrains d’Europe, d’Amérique et surtout d’Asie, où se joue véritablement la
compétition mondiale.
Les ambitions et l’énergie qu’elle continue d’investir dans son ancien pré carré sont aussi celles dont elle aurait besoin pour renforcer sa présence dans des zones géographiques plus importantes
sur le plan économique ou géopolitique. Le choix de la facilité paraît incompatible avec les nouvelles exigences de la mondialisation."
Extrait de l'Article du Monde du 26 Mai 2007 sur les relations de la France et de l'Afrique: plusieurs diplomates sitgnent cet article qui analyse les nouvelles relations qui
s'imposent aujourd'hui entre la France et le Contient africain.