" Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
Voilà donc le 32è Festival International de la Roque d'Anthéron bien lancé dans ce cadre magnifique du Château de Florans à quelques kilomètres d'Aix mais aussi dans divers lieux environnants aussi prestigieux que dont l'abbaye de Silvacane ou le château de Lourmarin.
Ce qui change cette année, ce sont les sponsors , exit Mercédes Benz pour la marque Peugeot qui amène le soliste
(pardon le maître) Nicholas Angelich jusqu'aui pied de la scène. Petite mine mal rasé et le pantalon dévissé, il rentre avec un vilaine toux d'un tournée en Australie. Il salue
les amis dont René Martin.
Le jeune et brillant Bertrand Chamaillou ( qui remplacera Aldo Ciccolini) jouera ce soir en duo avec la maître Angelich sur le Steinway qu'il a choisi et que lui a préparé l'accordeur officiel Denijs de Winter Exit donc une fois encore le Bechstein et le Steingraeber & Söhne qui serviront aux master class ou au magazine des festivals de Stéphane Grant dans la Cour voisine de l'Ecole Victor Hugo.
Tandis que s'affairent les techniciens des équipes de France Musique et d'Arte Live Web qui a mis pas moins de 10 caméras sur le coup pour ces Nuits de la Roque, on
peut observer ceux qui restent mains dans les poches ou bras croisés (et ils sont pléthore) mais dûment badgés du collier rouge de France Musique donc apriori intouchables: on reconnaît dernière
ses lunettes noires A.L (ancien de France Musique justement) ou de jeunes "mignons" qui servent de groupies et accessoirement d'assistants stagaires qui jouent de leur chèche et de leurs
coordonnés ton sur ton. (Le bermuda rose est très tendance..).Ils courent et virevoltent pour apporter les bouteilles d'eau ou tendre le micro aux invités de Stéphane.
Il y a à l'entrée principale l'inébranlable J.P mains sur le ventre du matin au soir qui donne les ordres et surveille son petit monde et va même jusqu'à compter les bottes de foin, orchestrer les navettes des rondes des attelages de pianos conduites par des manutentionnaires bénévoles.Il se fendra même d'un phrase décisive à l'égard de mon chien," vous devriez le faire piquer à son âge plutôt que de le traîner dans les festivals". Sans doute un ancien adjudant chef ou capo qui trouve là une reconversion toute trouvée au sein du CREA.
Mais revenons aux artistes, aux vrais et pas seulement les stars comme David Fray, David Kadouch, ou Claire
Désert,
c'est dans les allées du parc que
l'on croise Emmanuel Strosser ou Frank Braley sur son vélo ou Anne Queffelec qui sort de son logeco climatisé.
La douce et timide Anny Hwang dont la réserve naturelle contaste avec l'exhubérance de l'arménien Vahan Mardirossian . Il y a aussi tous ces jeunes solistes en duos ou trios qui se préparent pour leur concert dans les villages environnants, ils révisent leur partition à la terrasse de chez Nanou, rue de l'église tandis que les salariés du festival , les professeurs et solistes vont en face .
C'est le matin qu'il faut être au pied de la grande scène pour assister aux essais, accords, mises en place et derniers ajustements entre le Varsovia et les heureux élus de cette programmation 2012 . Manquent à l'appel Brigitte Engerer disparue au moins de juin ou le fidèle sdes fidèles le maître Aldo Ciccolini âgé de 81 ans et souffrant. Manquent aussi 2 violons de l'orchestre polonais arrivés trop tard pour la répétition.
Au service de presse Adda et Aline doivent gérer les arrivées et départs en accord avec la Dir Com (Isabelle et Marie) et faire la revue de presse du matin dans les
journaux locaux, nationaux et étrangers. J'ai pu observer que YB critique musical de la revue Zibenline de Marseille s'acquittait fort consciencieusement de sa tâche lors de la Nuit carte blanche
au professeur Jacques Rouvier et annotait les interprétations des deux élèves du professeur à savoir David Kadouch et David Fray.
Il s'éclipsera quand même en deuxième partie.
Parmi les festivaliers assidus depuis 30 ans, celles (âgées et fortunées) qui ne manqueraient aucun concert et ont loué au mois dans un des rares hôtels du village, les propriétaires de gîtes et chambres de d'hôtes qui font leur plein du 23 juillet au 22 août et connaissent tous les solistes et musiciens de leur ami "René", celles qui règlent leur gestion immobilière ou leurs gardes d'enfants par téléphone.Il y a aussi les curistes du Château qui font leurs exercices de qi gong ou leur marche quotidienne sous les séquoïas tricentenaires.
On ne peut pas manquer non plus la grande famille des Martin au complet, car cette petite entreprise familiale est devenue une multinationale qui
gère derrière le CREA de Nantes ,non seulement les Folles
Journées de par le monde (Bilbao, Tokyo, Prague...), le festival de la Roque mais aussi la maison de disques Mirare.
Parmi les marchands du temple associés, la librairie Dobrée, le disquaire exclusif, le photographe officiel Christophe sans oublier les services de restauration qui doivent assurer plus de 1000 couverts lors des nuits à l'entracte entre 20h et 24h.
On quittera à regret le Parc de Florans et ses eaux bruissantes qui descendent de l'Orangerie du château au son des "master class" installées sous les platanes géants dans un trio de Schubert ou de Brahms, impatients de le retrouver en 2013; mais d'"ici là Esther et son équipe de l'Unité documentaire musique d'ARTE nous gratifiera en septembre de prises de vues uniques sur la grande scène des Nuits dans des soirées Théma.