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  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
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14 décembre 2019 6 14 /12 /décembre /2019 10:59

Je tombe ce matin sur un fil de discussion sur un réseau social entre anciens camarades du PS et surtout de la vénérable Ligue de l'Enseignement plus que centenaire (fondée par Jean Macé en 1866 avec quelques francs maçons !) Mon sang ne fait qu'un tour vu la tournure des débats embrayés sur les saillies anciennes et nouvelles du camarade Jean Luc (Mélenchon) Mais très vite le fil des échanges personnels tourne aux insinuations et procès en bien-pensance ; nos ex militants deviennent milice de la pensée et dressent le mur des "cons"(sic) et l'on taxe l'Autre de macronien ou pire de facho refoulé… 

Je me souviens alors que j'ai milité de 1960 à 1980 auprès de la FOL de Loire Atlantique dans l'UFOLEA  et le cinéma populaire UFOLEIS quand je découvrais les classiques Eisenstein la fameuse scène de  l'escalier d'Odessa et les films de Joris Ivens sur le Vietnam. Oui les animateurs du réseau Education populaire de la Ligue étaient tous proches du PCF et tantôt pro soviétiques ou pro chinois tendance Mao, même s'ils en sont revenus. Grâce aux militants j'ai pu chanter le "chant des partisans" d'Ana Marly  devant le mur des fusillés de Châteaubriant avec Jean et Elisabeth Wiener et Robert Manuel comme récitant. Oui, j'ai chanté puis dirigé le "Temps viendra" sur un texte de Romain Rolland  " les hommes un jour sauront la vérité le lion s'étendra près de l'agneau" puis à Saarbrücken lors des échanges se jumelage avec Nantes le "chant des Marais" des révolutionnaires allemands des années 30.Merci aux derniers hussards de la République, mes maîtres Pr Lenoir et Martinet de la Chorale JB Daviais

Puis ce furent tout naturellement les FFC (Francs et Franches Camarades) dont je devins Formateur National aux cotés de Jean Naty Boyer , Roger Bocquié et Monique Bermond; encore de la camaraderie me direz vous après les Eclaireurs et éclaireuses de France où j'animais les jamborees en Vendée et dans le Cantal tout pénétré des valeurs du vénéré Baden Powell.

De retour vers la ligue, je découvrais les belles actions de l'OFFICO branche de la Coopération Internationale de la Ligue dirigée par Albert Jenger de 1950 à 1980 puis par Poli, Coursin et Barberousse et donc les réunions dans les étages du 3 rue Récamier. Militantisme bénévole pour des Formations des Inspecteurs marocains à Poitiers , puis des promotions émérites de l'ENS de Tunis puis des actions au sein de l'OFAJ  dans des camps d'été européens en Forêt noire ou de l'OFQJ à l'inoubliable Francofête de Québec en 1974 sur les plaines d'Abraham.

Ci dessus inauguration de l'Hôtel de la Ligue de l'Enseignement au 3 rue Récamier Paris 7è ,le 30 octobre 1909 .L'entrée décorée donnait accès à une grande salle de conférence devenue en 1929 un cinéma puis en 1959 le théâtre Récamier qui a fermé ses portes pour des raisons de sécurité en 1978. L'immeuble sert toujours de siège central à la Ligue.

A quel moment tout cela a basculé ? A quel moment quelque chose s'est cassé dans ce parcours de militant ? 

Des désillusions d'une Caravane Chantier OFFICO au Sénégal en 1970, puis la découverte de la coopération technique au Niger en 1971-72 enfin une Caravane en Laponie en 1973 . Mais le sursaut eut lieu en Avignon en 1975 quand, chargé par l'OFFICO d'un Stage pour Tusisiens au Château de la Barbière dans le quartier aujourd'hui sensible du même nom, je découvris que mes idéaux se fissuraient peu à peu.Le conflit entre jeunes algériens du quartier épris des jeunes tunisiennes finit en bataille rangée, les uns voulant protéger celles là, les autres voulant trop de bien à celles-ci… bref l'animateur de quartier voyant son travail de terrain sabordé et remis en question dénonça les intrus. La police ne voulant pas se mêler d'une affaire trop délicate. Le Consulat de Tunisie à Marseille et la direction de l'Offico réglèrent le problème en écartant les brebis galantes ou galeuses c'est selon…

Mes réflexions sur l'action de terrain que j'avais amorcées avec la Ville de Nantes (alors de droite André Morice) dans des colonies pour "jeunes adolescents en rupture" préfiguraient les vertus du  "vivre ensemble" prôné par Najat Belkacem  épouse Vallaud, pas encore née dans sa banlieue lyonnaise laquelle en validant les travaux du Conseil d'Etat en 2016 sur la réforme du collège s'attira les lots de critiques usuelles suscitées par de telles propositions: baisse du niveau, laxisme, renoncement aux ambitions culturelles de l'école etc.... Depuis je me suis écarté de la Ligue et seul mon collègue et ami Michel Rance a poursuivi en Poitou puis dans le Gers jusqu'à devenir Président de Fédé 32 et infatigable promoteur du Festival de Jazz de Marciac (JIM).

Je dois avouer que les actions de bénévolat après 30 ans de "Coopération culturelle et technique" en Amérique latine, Afrique sahélienne puis australe ou Yougoslavie et  Egypte… On disait alors ACCT  m'ont tenu éloigné des grandes lignes de la Ligue qui restera marquée par le Congrès International de l'Education Laïque de Dakar en Juillet 1970 avec Léopold Senghor et Abdou Diouf. J'en ai fait ici, le compte rendu sur les valeurs de l'Universel

Ce que je vois dans ces discussions d'anciens camarades c'est une suite de procès d'intention qui ont pour signification "Choisis ton camp camarade !" comme une injonction sartrienne reprise par Cohn Bendit et Goupil (les deux Dupont de l'Elysée)  ,ou le polémiste Gérard Miller branche armée des grosses têtes de  Laurent Ruquier mais sans rire sur LCI…Toutes ces intimidations et admonestations adhitlerum comme dirait l'essayiste et polémiste maudit par la gauche Philippe Murray (dont le 4è tome du Journal vient de sortir aux Belles Lettres.)

A Montpellier, sur le terrain  de la Paillade ou de de Celleneuve , terres de mission des équipes socialistes en mal de nouveau clientélisme, je vois la Ligue au plus près des associations pro-palestine, indigénistes et racialistes antiblanc, la repentance est le crédo incontournable.

L'ordre de mission reçu par le Ministère de la Coopération et du Développement (rue Monsieur) puis Ministère des Affaires Etrangères et Européennes (DGCID Jack Batho cis Boulevard des Invalides puis rue de la Convention) avait pour priorité de repérer les futures élites dirigeantes et forces vives des jeunes nations comme le Niger, la Namibie, le Malawi ou le Botswana mais depuis, le mot Coopération a été proscrit et confié à l'Agence française de Développement et aux ONG, Volontaires du Progrès etc... On peut penser ce que l'on veut du travail de développement où l'assistanat est désormais associé à du néocolonialisme, les forces vives des pays "sous développés" devenus "en voie de développement" ne sont pas aux rendez-vous et les vagues migratoires ont submergé et anéanti les efforts de l'OFFICO. 

Qu'aurait pensé Albert Jenger (un ancien pionnier de l'OFAJ Auberges de jeunesse d'après guerre ) et son entourage franc maçon de pareilles collusions  ? Quant à militer si ce mot, loin des milices de la pensée a encore un sens, je préfère œuvrer sur le terrain des idées comme le fit loin de toutes les chapelles et courants qui traversaient son siècle, mon parrain Maxime NEMO (1888-1975) autodidacte et qui aurait fait sienne aujourd'hui la phrase de Didier Van Cauwelaert 

"La bienveillance est une arme absolue". 

Lire Lettre à un ami laïque de Maxime NEMO 

 

Lire: La ligue de l'enseignement une histoire politique (1866-2016) de Jean Paul Martin (Presses Universitaires de Rennes)  http://books.openedition.org/pur/46771  Frédéric Chateigner et Joël Roman.Préface Jean Michel Ducomte.

Les ruptures des années 1980
Au cours des années 1980 les associations d’éducation populaire et le monde associatif en général traversent de nombreuses turbulences. La fièvre de l’animation socio-culturelle, qui avait dominé la décennie précédente, retombe ; le social et le culturel ont tendance à se séparer, tandis que le débat entre socio-culturel et culturel tourne à l’avantage du second1, auquel le ministère de Jack Lang offre des opportunités inédites, confirmant la coupure avec le monde de l’éducation populaire. La thématique de l’éducation populaire, qui avait été un peu oubliée, est cependant de retour, mais de manière incertaine en dépit de quelques velléités de relance lors de l’arrivée au pouvoir de la gauche2.
Plus que l’éducation populaire, c’est le phénomène associatif qui polarise l’attention. Les associations connaissent une croissance sans précédent : le rythme des déclarations annuelles passe de 11 000 en 1963, à 22 000 en 1973, pour atteindre près de 40 000 en 1980...

 

 

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