" Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
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COMPTE RENDO D'UNE EXPERIENCE DE COOPERATION CULTURELLE AU SENEGAL
A
Lu sous-développement
Il semblerait utile de rappeler la nate d'information communiquée par la Ligue Française de l'Enseignement, lee Eclaireunen et Eclaireurs de France. et les Francs et Franches Camarades dans le calendrier den activités 70:
"Accueilli sur place, par de jeunes Africaine, des mouvements homologues, chaque groupe participera & des tâches de coopération technique qui consti-tueront un moyen concret d'approche den problèmes africainn. Parmi les acti-vités possibles, cituns: l'éducation sanitaire et nutritionnelle, l'alphabéti-mation, des activités manuellen. Les participans s'intégreront autant que possi-ble à la vie communautaire locale."
Après 4 semainen pannées au Sénégal, confrontés aux multiples problèmen énumérés ci-dessus, un bilan semble nécessaire sur l'action réelle entreprise. On ne peut pas dire que nous ayons rencontré le problème de la faim, à proprement parler? Jamais au cours de notre séjour, nous n'avons été confrontén
avec den spectacles de désolation et de minère.
Voici à présent quelques réflexions sur des impressions recueillien tout au long de cette approche des problèmes sénégalaisı
Tout d'abord 11 y a DAKAR, bien sûr: DAKAR, ville internationale de 500.000 H. que nous pourrions présenter sous les rubriques du dépliant officiel: "Dakar Utile";" Dakar moderne"; "Bakar pittoresque" jet pourquoi past
Dakar la nuit...
Copendant, cette plate-forme internationale prestigieuse cache derrière cette façade de buildings,de magasins, de boulevards, une vie secrète qu'il faut connaitre; il semble de plus en plus aux diren den Dakarois que la capitale
du Sénégal est en passe de devenir un " Chicago des annéen 30 par sa recrudescence de banditisme, de meurtres,de violence. 7 La prostitution des femmes de 14ann à 30 ans,le carrefour dans le traffic de la drogue, (yanba, coca...) Cela fait beaucoup de maux et la situation ne semble mullement s'améliorer
Comment se répartit la population de DAKAR:
1) les Toubabs ":les anciens" patrons", c'est à dire les européens demeurés au Sénégal, en général tout ce qui est blanc, pourri par l'argent, une minori
qui ne vit que par et pour l'argent sans se soucier du problème noir et de 1'amélioration du niveau de vie. Un milieu clða qui s'ouvre difficilement. 2) La minorité noire qui tient les rinzes, presque tous des truands et crapu pans envergure qui exploitent consciemment etsystématiquement loure frèren de peau, Plus impitoyables que les "toubabs" eux mêmes.
3) Les Libanais qui détiennent tout le grand et petit commerce de DAKAR, tous spécialisés dans l'import-export, ils font rarement bon ménage avec les
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nénégalais. Fourtant,cape lee Libansis:pas de commerce,pas d'affaires...
4) La minorité intellectuelle demeurée au pays dans l'enceinte universitaire quand elle ne se trouve pas en Surope dane len Universitén depuin des années. 5) in minorité dirigeante divisée politiquement en clans, où les rivalitén
de personnes sont fréquenton, malgré un attachement certain au régime préei-dentiel de Mr Senghor Réunis sous l'étiquette du parti, unique, 1'11.F.S., chacun essaie de jouer sa carte pour gravir les échelons et parvenir & un Donte important.
6) La manne des travailleure noire qui vit de plus en plus difficilement dans la banlieue nord de Quakam ou dans les bidonvillon de la Médina. Un peuple três méfiant qui se révèle sympathique quand on a su gagner ca confiance.
7) la manne des chomeurs sans cesse grandissante, où l'on rencontre den licennén en droit, des bacheliers, des file de paysans réduite à cirer les chaussures ou à vendre des babioles au marché noirtils constituent toute la pègre dakaroise qui importune, après l'avoir amusé, le touriste et le visiteur. Ces banabanas sont de plus en plus nombreux et presque inchiffrables...
8) les infirmes (tuberculeux, lépreux, paralytiques,...)qui hantent les couloirs et entresols, préférant cette liberté de corps en sursis au confort relatif des hôpitaux et centres spécialisés aménagés autour de Dakar. Cette désaffection des hospices, centres, révèle leur désir d'indépendance. Ce rapide tableau dressé saus nos yeux ent certainement incomplet cependant il révèle une capitale dont les problèmes sont alarmants pour qui veut bien les regarder en face et oublier la carte postale séduisante de la presqu'il du Cap Vert:"paradis du touriste"; ce qui n'empêche pas de faire la promenade classique, d'ailleurs pleine de charme vers Gorée, Soumbedioune, og Sandaga... Ensuite, il y a.... tout le reste: Tout ce qui n'est pas DAKAR ou sa proche banlieue, tout ce qui veut vivre et prospérer.
La Casamance est une enclave un peu à part au milieu des 7 régions adminis tives: Cap Vert, Djourbel, Fleuve, Sine-Saloum, Thiès, et Sénégal oriental. Elle est pour le Sénégal, ce qu'est la Bretagne à la France ou L'Ecosse à 1 Grande Bretagne. Longtemps en marge de la communauté sénégalaise, cette prov méridionnale que la République de Gambie isole du reste du territoire séne lais, a tendance a vivre sur elle même; Par son climat, sa végétation, ses tr ditions, ses peuplades, ses mentalités hospitalières, son attrait touristiq Les Casamançais, très particularistes n'ont longtemps supporté que d'asser mauvaise grâce la tutelle de DAKAR.L'UPS a eu beaucoup de difficultés à s'implanter dans cette région... Mais l'étude particulière de cette provi repliée sur elle même, bien que fort intéressante, semble déborder de not sujet actuel.
Comment se présente, à un caravanier français qui quitte DAKAR et pousse l'intérieur, une région agricole essentiellement rurale et traditionnell 16 SINE-SALOUM.
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LE SIME-SALOUN: Capitale régionale:KAOLACK (70.000 habitante)
Nous allone tenter de dresser un tableau objectif de la situation telle que nous avone pu l'entrevoir au cours de ce séjour au sein des populations rurales.
MEDINA-SADACK: Oron village de 1200 habitante sur la route qui rellie EAGLACE A ZIGUINCHOR à 5 Eme de la frontière Gambienne.
Bur Zee 1200 habitants1635 garçons et filles de moins de 25 ans soit 5% de jeune Médina-saback ent in chef lieu d'atrondissement qui regroupe plusieurs villages environnante, il dépend directement du département de NIORO du RIP situé à 28 Ens au nord, enfin de în région du Sine-Baloum dont in capitale est Kaolack et
le chef administratifile Gouverneur du Sine-Baloum.
Le village possèder
-une coopérative
-un magasin métallique ou hanger publio
-un poste sanitaire ou dispensaire avec un infirmier d'Etat.
-une école à 6 classes.
-Un Centre d'Expansion rurale (C.E.R)
-Une cellule d'Animation.
-Un groupe de l'Office National de Commercialisation Agricole at de Développeme
-Un poste de douane.
Nous voyons done que dans ce Secteur, des structures originales ont été mines e
place pour encadrer et animer les populations rurales.
Les représentants des différents Servicen au niveau de l'Arrondissement sont groupés en une Equipe polyvalente (infirmier, instituteur, agent agricole...)
formant le Centre d'Expansión Rurale (C.E.R) doté de moyens propres;
Chacun doit d'efforcer au sein de cette équipe de coordonner son action en vu d'objectifs concrets, définis chaque moic.
Dee"animateurs"et"animatrices" issus de chque village sont formés dans les Centres régionaux (N'DIBA) et encadrés par les "services de l'Animation" afir d'être un exemple et un stimulant pour leurs voisins.
Les producteurs agricoles sont organisés en Coopératives, assistées par les agences locales de l'ONCAD et par le Ministère du Développement Rural.
L'idée des promoteurs de cette organisation était la mise sur pied d'une vér table Administration du développement " parallèle à l'Administration autor
re classique, et espérée plus dynamique.
es résultate non négligeables semblent avoir été obtenus mais on admet auj d'hui que les structures ainsi généralisées étaient trop lourdes.
Faute de moyens matériels et financiers, faute parfois de cadres compétente. ou suffisamment dynamiques, il est arrivé que tout le beau mécanisme ne sot
qu'un circuit paperassier de plus, sans efficacité,
Le contrôle des Préfets et des Gouverneurs a dûêtre renforcé sur l'Adminio
tion dita "de Développement".
Beaucoup de mécontents aujourd'hui, certains regrettant même le départ des colonigateurm:le prix d'achat de l'arachide ayant considérablement diminué !
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L'explication semble clairer la culture de l'arachide en devenue impopulaire" et les paysans sénégalais rendent le système coopératif responsable de tous cen maux.
In partant d'une idée eaine et générmeuse, note Philippe DECRAENS dane don récent article "le malnice paysan" (Le Monde-Aout70) en voulant soustraire len acriculteurs à in rapacité den traitants qui travaillaient pour leur compte. on les a livrée à l'exploitation aveugle et pesante d'un système étatique.
La remise en cause catégorique de la formule coopérative n'est évidemment pas r le fait de toun, cependant il nemble bien que la coopérative constitue pour les paysans un organisme bureaucratique d'Etat ne tenant pas compte de leurs besoins réele.
Actuellement, les huileries Lesieur installéen au Bénégal ne tournent guère qu'à 60% de leur capacité...ce qui laisse supposer de graven conséquences pour l'ensemble du pays...
Dans cette steppe sahélienne dont la beauté austère ne peut dissimuler la pauvreté du sol, on mesure le dénuement de ce joune étatidans cette brousse sablonneuse, où les pluies sont rares, pousse l'arachide, fragile et unique ressource agricole du pays.
-"Quand l'arachide va, tout va..." a-t-on coutume de dire ici. On comprend done les raisons de l'inquiétude générale devant les résultats de la dernière récolte-la plus faible que le Sénégal sit connue depuis 14 ans !
Le paysan vit pauvrement, le chef de famille ponsède une concession où il vit entouré de ses femmes,de nen frères derrière une paliosade limitant son domsine. Il partage son temps entre la culture du mil et la récolte den arachides dans le champ collectif; les bénéfices sont répartis ennuite par les Agents de la Coopérative locale.
"Théoriquement payée au producteur 17,50 francs CFA par Kilogramme, l'arachic n'est guère achetée que 10 à II franen CPA par le paysan doit rembourser å la coopérative les sumences, los engrais, les fongicides, le matériel agricole" note un rapport officiel récent.
Les conséquencen de ce malaise, explique que le paysan sénégaláás préfère: -soit vendre son arachide hors des circuits autorisés -ce qui explique l'importance des des exportations clandestines vers la Gambie à 3 ime A travers champset où le produit est payé au comptant et à un prix souvent plu élevé.
noit cultiver le mil et d'autres céréales en parties destinées à la consor mation familiale.
La nourriture principale est à base de rin, de mil, de manion, de boeuf e de mouton. Quelques troupeaux rares de quelques dizaines de totes ayant chacune moins de 100 kgs, les vaches sénégalnines donnant I ltre à 1,5 Litre contre 20 au Danemark...! Chaque famille parvient à survivre modentement sans que le problème de la faim ne pose avec accuité, cependant on note, une désaffection très nette des jeunes pour les travaux des champs, ceux of pré férant tenter leur chance A Kaolack ou à Dakar munia de leur Certificat d'Etudes Primaires,
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Si tout le monde semble apparemment avoir son minimum vital dans ce secteur.
la situation n'en reste pad moins alarmante pour l'aveniri Nous avons ainsi constaté une carence très nette de moyens en faveur de la femme de brousse, laquelle demeure dans un état d'ignorance complète des règles élémentaires de lfhygiène et de la nutrition.
Si la femme de brousse a un sens économique plus développé que la citadine. elle demeure cependant prásonnière des traditions familiales et très attachée mu passé.Si tout le peuple sóndagalais est profondément religieux, attaché aux croyances, il se trouve ainsi confronté entre son attachement fidèle au passé et entrainé vers le progrès technique et scientifique. On a pu constater que même le jeune garçon de brousse ayant passé une année A 1'Université de Dakar, retrouvait son village, sa famille,ses coutumes et conservait le même attachement et un authentique respect pour ceux-ci... Un exemple caractéristique, celui du ramadan, où pendant un mois, toute activité cense au Sénégal. Le peuple entier se voue aux prières et aux exercices religieus ce qui fait dire aux camarades musulmanst au cours du ramadah, les meurtres et les assassinats diminuent de 90%, n'est-ce pas remarquable! Beaucoup pensent que c'est là un fléau pour le pays, quand on songe que pour
un mois et demi d'inertie, toute l'économie du pays se trouve bouleversée... Nous pourrions reprendre la phrase du sociologue anglais: H.G WELLS qui disaits Nous sommes engagés dates dans une course entre 1'EDUCATION et la CATASTRO-PHE!
Il semble bien en effet que le plus grand mal qui assaille ce jeune état soit le faible niveau de conscience des masses illétrées; il ne faut pas oublier que l'Ecole est encore facultative et que bien peu de fils de paysane s'aventurent sur ses bancs...
Faut-il aussi rappeler le rôle néfaste des"griots"et" marabouts" qui outre leure rôles de troubadours, conteurs, historiens, poètes, maintiennent dans les villages les croyances religieuses, lp plus souvent exploitant les pauvres esprits contre des services ou même de l'argent. Ces parasites pour le pays promettent à ceux qui leurs font confiance, purification, éternité, immunité... Songes que le sénégalais passe plus de temps à palabrer au soleil et à prier (5 prière par jours au moins) qu'à travailler. Bien sûr cela vient son tempérament, enclin à la flånerie, peutere à la paresse !
Sans vouloir donner des conseils & nos amis Sénégalais, ils n'en n'ont pas benoin d'ailleurs, surtout pas de nous les conclusions provisoires que nom avons jugé bon de tirer reflètent une certaine inquiétude cependant quand à l'avenir du Sénégal, nous dirions même une angoisse mais doyons moins pessimistes.