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  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
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18 janvier 2018 4 18 /01 /janvier /2018 22:30

Il y a dans ces petits moments de vie ramassés entre quatre fauteuils autour d'un café allongé du matin, toute une part de plaisirs minuscules où chacun vient confier qui ses bobos, qui ses ressassements , qui ses attentes et parfois ses bonheurs enfuis... Il y a là,au cœur de ce quartier de Montpellier qui n'intéresse ni les politiques du "Château Nouvel", ni les étudiants en sociologie trop pressés de répondre à leurs tweets ou impatients de surveiller leur page Facebook. Et pourtant dans cette cérémonie du matin qui a ses règles propres que connaissent bien Chérifa et Assia, officie tout un petit monde qui ne raterait pour rien ces rencontres furtives et innocentes.

Il y a ceux qui guettent la presse matutinale de la bayletterie où l'édile local ne manquerait lui non plus pour rien de figurer à la Une dans ses autocélébrations ou effets d'annonces sans surprises. Ceux qui cherchent du regard la voisine et ses chiens dont chacun s'enquiert de la santé et puis il y a  Fanny qui joue le soir le rôle de figurante dans le Genèse de l'argentin Rodrigo Garcia au HtH : (Humain trop d'humain ) pas n'importe lequel puisqu'elle est pour quelques minutes Marie Madeleine , grimée et perruquée pour l'on ne la reconnaisse pas. Il ne manquerait plus que ça que ses voisines de la résidence la découvrent nue sur scène entre deux apôtres lithuaniens et polonais !

Il y a aussi les juifs pieds noirs  qui toisent les voilées de l'Ecole Jaurès, en maugréant et regrettent l'âge d'or où dans le  Casa des années 50 ils ont laissé leurs plus beaux souvenirs. Voilà les handicapés du Lez qui lancent leurs chaise à toute allure sur la place pour attraper le dernier tramway pour Garcia Lorca. Les anonymes enfin qui ont poussé à Paris mais on posé leurs valises à Castries ou Jacou et rejoint les radicaux de gauche  pour faire la nique aux francs maçons frêchistes. Celles qui ne parlent pas et récupèrent leur baguette ou le pain de la veille avant de disparaître vers la passerelle de Caravètes. Toujours à l'heure le retraité jurassien qui emmerde les actifs et veut son pain de seigle à 12h45 à l'heure de pointe quand mon neveu profite lui de sa pause pour s'offrir la formule quotidienne (qui soit dit en passant a augmenté de 1€ en ce début d'année !)

Comment ne pas  oublier la maman des jumeaux que l'hélicoptère a sauvé en les emmenant à la Timone à Marseille et nous a fait des frayeurs, ou cette anonyme qui remplit sans relâche ses petits carnets en marmonnant  tandis que l'autre récupère ses sacs de pain de la veille pour ses chiens, ses chats ou ses migrants.

Dans ce tourbillon de vie commune, on n'entend pas le bruit des pièces de monnaie qui consacrent ce patrimoine de l'Humanité qu'est la sacro sainte baguette du Pétrin.

Soudain sortis d'on ne sait où voilà deux colosses sortis de StarWars qui pénètrent dans la boutique après avoir abandonné leur moto de service, je veux parler de la police municipale qui elle aussi fait une halte au Pétrin rue des Barques. après avoir coursé quelque jeune receleur.

Et c'est ainsi chaque jour que Dieu fait même si Myriam la boulangère arrive plus tôt que d'autres dès 5 heures pour ses petites salaisons, et que la deuxième équipe elle arrive vers 15 heures quand tous , étudiants retraités et chômeurs ont laissé place nette mais la ritournelle reste changée: " Je vous la coupe ? " , "Autre chose" ," Bonne journée", Formule panini ?

L'équipe municipale ignore ces rituels et ferait bien de se rapprocher de ses administrés et pas seulement pour la cérémonie des vœux du vendredi 19 janvier dans ce Hall glacial et sans âme où l'on en viendrait à regretter de payer ses 1600€ de taxes d'habitation.

Le Pétrin des Barques
Le Pétrin des BarquesLe Pétrin des BarquesLe Pétrin des Barques

Le Pétrin des Barques

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commentaires

A
Bonjour,

Antoine de Tounens m'a amené sur vos pages. Je vous cité sur http://saintyrieixlaperche.wordpress.com

Bonne fin de semaine
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M
Merci à St Yrieix de me rappeler la triste et fascinante résistance du peuple Patagon décrite par Jean Raspail et leur lent génocide par leurs envahisseurs espagnols, argentins et chiliens...
M
https://reporterre.net/Une-boulangerie-pour-inserer-les
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