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  • : " Le bonheur se trouve là où nous le plaçons: mais nous ne le plaçons jamais là où nous nous trouvons. La véritable crise de notre temps n'est sans doute pas l'absence de ce bonheur qui est insaisissable mais la tentation de renoncer à le poursuivre ; abandonner cette quête, c'est déserter la vie." Maria Carnero de Cunhal
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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 18:19

Les souvenirs les plus importants sont dans notre mémoire mais les souvenirs matériels ont ausi un rôle puissant qu'on mesure d'aut(ant plus lorsqu'on les perd.Ils sont la chair du temps comme le suggère le titre du livre de Belinda Cannone  docteur en littérature comparée, romancière et essayiste paru chez Stock;
C'est le journal d'une perte qui part d'un cambriolage dans la "maison des champs" dans le Cotentin;on avait emporté deux malles dans lequelle l'auteur tenait serrés ses journaux intimes, carnets-laboratoire, photos, correspondance et tout son passé qui a disparu d'un seul coup d'un seul... les choses volées ne sont pas seulement des choses que l'assurance peut remplacer mais surtout des souvenirs.Belinda-Cannone.JPG
 « Le 11 mars 2011, lorsque je suis revenue dans ma maison des champs, j’ai découvert que des cambrioleurs étaient passés et qu’ils avaient emporté deux grandes malles dans lesquelles j’avais rangé tout mon passé : plusieurs décennies de journaux intimes, vingt ans de carnets de travail, toutes mes photos et ma correspondance. En somme, situation sans exemple en temps de paix, je venais de perdre la totalité de ma mémoire. Étrange deuil à traverser : j’étais celle qui avait perdu son bien le plus précieux et, en même temps, ce qui était perdu était… moi-même.
Face à dépouillement si radical, à tristesse si atroce, le soir de ma découverte j’ai commencé à tenir le journal de ma perte pour essayer de l’assimiler. Qu’est-ce donc que la mémoire ? Et l’oubli ? Pourquoi être si attachée à des journaux intimes ? Qu’est-ce que j’avais perdu en perdant toutes les lettres d’amour ? Qu’est-ce que le présent ? Etc. Chaque fois la réponse tenait à la nature de cette sorte d’écrits : liés au vivant, à l’individu, au singulier, ils sont comme la chair du temps, périssables et pour cela même infiniment précieux. Il fallait résister à la mélancolie. Je lui ai opposé le désir du livre. » B. C.
 "J'ai entrepris d'écrire un journal de deuil pour essayer de comprendre ce qui se passait devant cette perte, qu'est-ce que représe,ntaient ces journaux, ces souvenirs et qu'est-ce que la mémoire ?" "Je me suis interrogée sur l'origine de ma douleur"
Ces souvenirs perdus amènent à l'idée d'un moi qui est perdu. "J'ai été emputée de ma mémoire et en quoi est-ce grave d'avoir perdu sa mémoire, et à quoi elle nous sert". "Ce qui importe c'est ce qui reste dans la mémoire, non pas cet empilement des ans mais surtout le processus du moi qui change de jour en jour et se tranforme.Le résultat du processus c'est moi aujourd"hui, de même que j'ai mes livres qui sont le résultat d'un certain processus d'invention, mais l'histoire de la fabrication de moi même, qui n'intéresse peut-être que moi d'ailleurs,et ce sont des journaux intimes dont je parle là,et qui sont presque irréparables".
Le journal de la perte fait aussi revenir les pertes familiales,c'est à dire que vous perdez vos souvenir mais aussi vous rejouez l'histoire de la perte d'un membre de la famille,cela fait jouer psychiquement quelques deuils.
"J'étais à la fois le sujet et l'objet du deuil,j'étais à la fois celle qui avait perdu et qui avait à négocier en elle même cette perte,mais ce qui avait été perdu était moi même ceci étant, c'est vrai que des pertes profondes comme celles la,réactivent sans doute en nous la perte, la grande perte et du coup on entre en mélancolie et je suis passée par cette phase mélancolique que le journal était sensé combattre pour retrouver le désir de vivre".
Est-ce qu'on ne peut pas dire que ce journal est un symptome au delà de la perte matérielle et un symbole de ce qui de toutes façons doit s'oublier,c'est à dire qu'il y a une difficulté dans la vie à retenir tout le passé,et que c'est difficile de le larguer d'un seul coup,et c'est cela qui est absolument terrible,mais qu'en même temps, de toutes façons ça doit s'effacer.
"Mais ça s'efface, j'ai une mémoire particulièrement peu fiable d'une part et d'autre part je n'ai pas le goût du passé,c'est à dire que je n'allais jamais voir dans ces carnets , ces lettres ou ces photos".
Il y a donc une superstition, car votre peur de l'amnésie,amène à ce que ça se réalise,on provoque ce qu'on redoute.
"Et c'est une grande vérité psychologique,c'était important pour moi de savoir qu'il y a avait quelque part conservé ce temps passé; ce n'est pas que je m'y référait mais c'était quelque part et en effet ça me rassurait.D'autre part je crois quand même qu'il y a une vérité qui peut ressortir en continu des journaux ou de la correspondance,et ça ce n'est pas vrai qu'on l'a en mémoire".
Mais je continue ce renversement, est-ce qu'il n'y a pas du coup à réinventer son passé,et est-ce qu'il n'y a pas malgré la présence de ces témoignages, de la photo qui nous dit que quelque chose a été effectivement,est-ce qu'il n'y a pas toujours un travail qui fait qu'on réinvente,et donc il y a une condamnation à l'invention ? Chair-du-temps.jpg
 Se réinventer dans la réinvention de soi est un de mes mots d'ordre existentiel.
Est-ce qu'on n'est pas tenté à l'inverse parfois de se dire: je me débarrasse de ces vieilles lettres d'amour de toutes ces photos,pour repartir à neuf ?
"Hélas je ne me sentais pas lestée par elles,puique justement je n'y avais pas souvent recours.
le processus de réinvention de soi et du chaque jour est un jour nouveau, je le vivais déjà comme ça".
"Je me disais je suis comme l'avare qui a sa cassette, qui ne va jamais puiser dedans mais qui se rassure des avoir qu'elle existe.
D'où la présence nécessaire de ces restes matériels,qui sont des résidus de notre vie, c'est si important que cela ?"
"Pour moi ça l'était et j'ai intitulé ce livre "la chair du temps" parce que je me suis aperçue  une fois que je les avais perdus,que précisément ça n'était pas n'importe quels papiers,c'était des traces de singularité, la mienne dans mes journaux mais celle des autres aussi; je dis que quand il y avait des lettres de ma grand mère qui est morte,et de touites sortes de gens car il y a vingt ans on écrivait toutes sortes de lettres,dans ces lettres il y avait la graphie de ma grand mère et c'était comme une trace charnelle d'elle même,et c'est difficile d'avoir perdu ça et c'est vrai que ça réactive le sentiment d'une nouvelle perte".
Du coup votre journal se batit un peu sur les traces de la recherche d'un temps perdu de Proust, et de Sarraute pour essayer de retrouver les choses dont les traces sont définitivement passées.
"J'ai essayé de reconstituer ce que représentait la perte, le souvenir, la mémoire et de voir ce que ça voulait dire pour moi".
Alors aujourd'hui est-ce que vous allez scanner tous vos journaux intimes ?
Et bien je ne le crois pas car je fais le pari qu'on ne me volera pas une deuxième fois.
Et vous faites le pari de la perte et de la réinvention nécessaire ?
Oui absolument.  
       
       
          
          

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